C. Exacla in Capïto
Sous le huitième consulat de Fespasien Empereur Auguste^ et sous le sixième de Titus Empereur Auguste , vérifiée au Capitale.
N.° 5. Boutique de savon. On voit dans la pre -
mière chambre des tas de chaux qui, par la finesse,
par l'onctuosité de sa pâte, et par la dureté que
ses parties ont acquises en séchant, excitèrent
rétonncment des gens de 1' art.
Dans l'autre chambre , au niveau du pavé,
sont situés sept bassins où l'on faisait condenser
le savon.
Plus loin deux autres tbermopoles où l'on vendait
l'eau chaude , dont l'usage était fréquent chez
les anciens, et dont la grande quantilé nous fait connaître la nombreuse population de Pompéi. On trouve ensuite un réservoir couvert , qui fournissait l'eau à la foniaine voisine.
Comme les eaux du Sarno e'taient trop basses pour s'élever jusque sur la colline de Pompéi , on y avait peut-être suppléé par un aqueduc qui faisait une branche de celui de Serino. On découvre les ruines de ce dernier près du village voisin de Palma,
PJ^ Rue aux murailles publiques . N."4- Maison des Danseuses. An. 1811. Des décorations variées couvrent de toutes parts les murs de son atrium toscan. On y observe avec plaisir une bande de canards qui nagent dans un petit lac ; des perspectives de palais à plusieurs étages avec des jardins environnés de cyprès et de platanes; et enfin un jeune danseur avec un bras légèrement courbé au-dessus de la tête , et un pied qui tombe dans une attitude languissante. Dans cette situation si agréable et si délicate , il semble nous représenter le repos d'un Dieu. On voit ensuite quatre danseuses : elles sont pour nous les témoins des fêles, des danses et de la joie qui a dû tant de fois égayer cette habitation.
Dans cet Atrium on trouva un très-éle'sant vase de bronze, et un candélabre qui se haussait et se baissait à volonté.
La chapelle domestique se présente d.ms l'appartement suivant ; on y voit un autel dédié
à Isis et h Osiris, lis portent une corne d'abondance entre les bras. Harpocrate est au milieu d'eux , et impose silence avec le doigt. La chambre à coucher est à gauche. On y admire deux jeunes Divinite's qui se dépouillent gracieusement de leurs vétemens devant Cupidon ; un petit Génie avec des vases de parfums à la main ; des Amazones qui sont portées par des coursiers rapides ; des festons , des oiseaux , de nouvelles Danseuses , et des Bacchantes d'une beauté surprenante.
N.°5. Maison dH Apollon. An. 1811. On y entre par la porte secrète que l'on observe constamment dans toutes les maisons de Pompéi, et par laquelle , suivant Horace , le maître sortait en trompant le client , qui l'attendait dans la cour. ( Ep. 5. liv. 1. ). Un péristyle formé par d'élégantes colonnes y règne tout- h-reniour, et un jardin agréable en occupait, selon la coutume ^ le milieu. Un petit mur, (^/«fewm ), avec des canaux remplis de terre , faisait croître , entre les colonnes , les fleurs les plus suaves , et paraissait environner d'une guirlande de vives couleurs , ce cabinet de verdure. Au milieu , il y avait une table ronde en marbre avec un pied cannelé , pour les collations d'été. On trouva par terre un petit Apollon en bronze qui pinçait la Ijrej et dans la niche opposée , très- joli ment décorée , on voyait la biche de Diane en marbre ,
suivie de son jeune f^^on. Celte habitation e'iait donc sous la double protection des aimables enfans de Latone.
Dans une soirée d'été , lorsque le maître de Ja maison fatigué et assis au pied du sanctuaire, récitait des vers à la Divinité qui les lui avait inspirés , et il contemplait le ciel et ses astres étincelans qui lui souriaient , et il s'enivrait du parfum , que la fleur de belle nuit et les roses de Paestum éternellement fleuries exhalaient à ses côtés , je crois qu'il devait être heureux , et qu'il devait regarder l'existence comme un songe agréable.
Avant de sortir de cette maison , on aperçoit un autre appartement. Il est composé de deux petites chambres pour les domestiques près de la porte publique , d'un (itriiim avec son bassin , et de la chaaibre d'audience. On trouva dans cette dernière les fragmens d'un hiselliuin de bronze, avec des méandres d'argent; et suspendu à un clou , un tableau très-estimable , détaché d'un autre mur peut-être après le tremblement de terre de l'an 65. 11 représentait la Paix^ qui, d'une main tenait un rameau d'olivier , et de l'autre la corne d'abondance , et dirigeait son vol vers la terre , annonçant à toutes les nations que le triomphe de Rome n'était pour l'Univers, que le présage du repos et de la félicité.
On y recueillit aussi une belle cassette de bronze , avec des insirumens de chirurgie et des
méJicaniens ; et une peiiie statue de marbre représentant un jeune liommc avec le capuchon. Il dormait ; un vase était près de sa tête , et il tenait d'une main un panier par Tanse: une souris tâchait de s'y introduire (58). Tous ces objets rendirent très- intéressantes les fouilles de ce beau domicile.
N.° 6. Habitation dite dePupius. An. i8ii. Les mosaïques et les peintures, à présent très-effacées, y étaient distribuées avec magnificence et avec goût, bon plan, vu les difiicultés du lieu, mérite des éloges. On y découvrit, entr' autres objets, une table de marbre soutenue par un jeune Barbare.
Maison dite de Salluste. N.*^ 6 et 7. An, i8o5 à 1809. — \Jnfour public est la première de ses dépendances. A sa construction on le croirait de nos jours. On y voit trois moulins ; la chambre où l'on pétrissait le pain , le foyer pour l'eau chaude nécessaire à cet usage, et plus loin l'endroit oii on déposait le pain , quand il était cuit. Les vases contenant de l'eau, et les amphores avec la farine, étaient encore à leur place. Enfin il ne manquait rien pour rendre cet édifice à son ancien usage. On aurait été tenté de donner le mouvement aux meules des moulins , de mettre le feu au four , et de manger du pain frais avec de la farine de 18 siècles.
On parvient ensuite dans une boutique, où l'on voit un cabinet pour le vendeur , un foyer, et sept amphores encastrées dans le banc
de niaçonneiie : c'otaiL une hôtellerie. On préparait sans douic , dans les pciils fourneaux , un de ces mcls nationaux qui , dans chaque pajs , forment la base de la nourriture du peuple.
Les amphores devaient servir pour conserver le \'in, hs olives, les légumes, et la saumure^{gariim), de Pompéï^ qui était si estimée, et dont on iaisait un grand commerce (ôg). Cette boutique communique à l'habitation de Salluste dont elle fait partie. Ce qui fait présumer que les riches avaient eoutuuie d'y vendre en détail le produit de leurs terres et celui de leur indtistrie ; ce qui se pratique encore aujourd'hui à Florence , et dans nos Provinces.
La demeure de Salluste pourrait bien être appelée le sanctuaire des Grâces et du goût.
Mazois ^ le Chev. Gell el Gandy, Romanelliy et d'autres , en ont donné la façade, la restauration , les coupes , le plan , les vues pittoresqucsj les peintures , les détails, et enfin l'explication la l)]us complète.
Des pilastres avec des chapitaux , où un vieux Faune enseigne à un autre plus jeune à jouer de la flûte à sept tuyaux , en embellissent la porte. Une fontaine d'une singulière beauté était au milieu de l'atrium ; au bout de cette fontaine , une petite biche venait se désakérer dans une conque de marbre grec (Go). On voit autour de cette cour , les cham-
hres pour 1er. hommes de la famille , et pour les hôics. Plus reculée , et plus à l'abri du froid , était la salie des banquets , que les Patrons donnaient aussi quelquefois h leurs cllens. Les petits cabinets , près des portes et des chambres principales , étaient habiles par les esclaves , pour y être prompts à exécuter les ordres de leur maître. Vis-à-vis est la chambre ordinaire pour les affaires , avec ses salles accessoires aux côtés , (alae), et dans le fond , un petit jardin planté de lauriers et de narcisses. Le bain froid à l'extrémité d'un portique parfumé de roses et de violettes , la salle de danse , le triclinium pour les dînei'S d'été , ombragé d'une treille , près d'une petite fontaine ^ et un fourneau entre le bain, et \c triclinium pour réchauffer les boissons nécessaires à Fun et à l'autre , sont distribués à côté du jardin , et devaient former de cet endroit un
séjour des Dieux , un élysée
A main droite de V atrium, on arrive, par un passage étroit , à l'appartement secret. Le tableau qui recouvre tout le mur qui est en face , représente Diane nue dans le bain , punissant Acléon de sa téméraire curiosité. Il avertissait du malheur qu'aurait encouru le profane imprudent qui aurait tenté d'y pénétrer. Une cour environnée decolonnes octogones au milieu; dans le fond, le sacrarium de Diane; aux côtés, deux chambres à coucher, ornées de belles peintures et d'une précieuse mo-
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saïque de marbres variés; à droite , une salle de danse avec une table à manger ; à gauche, une petite cuisine avec ses accessoires : telle est la distribution de ce gynécée qui était sous la vigilance de la plus chaste des Déesses (61). L'infortunée maîtresse avait oublié dans sa chambre à coucher son petit vase des parfums, en or ; et ses Pénates et des monnaies de bionze.
Dans la rue la plus proche de cette habitation, on découvrit 4 squelettes. Uae jeune femme fuyait avec trois de ses compagnes. A côté d^'elles, on trouva Sa monnaies, et une plaque orbiculaire en argent, qui pourrait être un miroir ; quelques anneaux d'or ornés de pierres gravées ; deux pendans d'oreilles , un lacet , et 5 bracelets du même métal.
An. 1808. Au coin de cette rue est la maison dite de Modeste , ou des fleurs avec une boutique où i'on vendait des liqueurs. Le tableau ou l'on voyait Circé qui présentait des boissons à Ulysse tirant son épée, et repoussant la Magicienne loin de lui , semblent une allégorie de la profession qu'exerçait le vendeur. Cette peinture est perdue , mais M."" Mazois qui a donné les dessins de cette maison , en a publié une copie. Ce tableau qui était très-intéressant fut exécuté par un artiste assez médiocre.
An. 180g. Parmi beaucoup d'autres ruines , on trouve la Maison dite du Sanglier , parce qu'on découvrit à son entrée un joli tableau
en mosaïque qui représenlail un san^lisr poursuivi par un chasseur et par un malin qui le tenait déjà par les oixilles, Au-dessus, on lisait le nom de ceux qui l'avaient fait : Festus cum TorquaLo\ et au-dessous était un combat de coqs.
Dans la cour d'une habitation qui était dans le voisinage, on eut le plaisir de trouver le bassin, qui recevait l'eau de pluie, tout de rouge antique et en forme de conque très-élégante. Idée neuve et heureuse , de l'effet le p!us gracieux.
Dans une autre , on trouva dans le bassin d'un itnplmnuîn une fleur de marbre blanc avec un trou pour un jet- d'eau. Ou voyait sculptés en relief sur trois feuilles , deux crapauds et un lézard.
En retournant sur la rue, vis-à-vis de l'habitation de Salluste , on en trouve une autre qni fut déterrée depuis 1775 jusqu'à 1780. Elle est entièrement ruinée et recouverte de tc?re. Dans^ l'étage inférieur, on observait une saile de compagnie, des bains pour les domestiques, un jardin, et V ergastulmn pour les esclaves. Rien de plus douloureux que d'entrer d^ins ces dernières retraites , dont chacune pouvait à peine contenir un seul homme , et où ces malheureux étaient condamnés à y être renfermés , et à payer le seul bienfait qui leur était arxordé dans ce monde, la vie.
N.°8. Une boutique de forgeron dans la({ueIleoii trouva un levier qui termine par un pied de porc,
avec beaucoup d'autres insuumens de i'ait, cl un four public d'une forme p'us ingénieuse que le premier , se prolongent vers le côlé gauche de ia rue.
An. 1809. L'habitation du boulanger était décerne et bien distribuée. Ou dislingue dans le Four les vases pour Teau près du puits; la chambre avec les pélrissoirs de maçonnerie , et celle où l'on faisait fermenter la pâte sur des planches disposées l'une sur l'autre le long du mur. Par Je moyen d'un grand trou, la pelle recevait la pâte de celle chambre , et par le moyen d'une autre, elle déposait le pain di^jà cuit sur une table dans la cliambre voisine. Le four est au milieu ; dessous est le récipient pour la cendre et la braise \ près de là on voyait peint sur le mur un sacrifice à la Déesse du lieu , et des oiseaux, images des Dieux Lares , qui en poursuivaient les mouches.
On observe ensuite 4 moulins ordinaires formés par un cône concuve de pierre volcanique qui tourne sur un autre convtxe ; on recueillait audessous le grain moulu entre ces deux cônes. L'écurie pour les ânes qui tournaient les moulins avec les yeux bandés , était vis-à-vis. Dans les temps moins civilisés, les gens de distinction ne dédaignaient pas d'exercer cet art. Plutarque fait dire à Thaïes que dans File de Lesbos il avait entendu une esclave étrangère qui, en tournant la meule (hantait ainsi. Dlouds^ o moulin, inouds ^
io5 puisque Plilacits , Rui de la giancL^ Mitilèna se fait ctns^i un plaisir de moudre. Djiis les temps de civilisation et de luxe, ce furent les esclaves, les femmes , les criminels, et les philosophes qui tournaient la meule. On avait déjà vu Cléanthe, Plante , Térence partager avec les ânes , leur pain et leurs travaux. D'ailleurs, à celle époque rusai;e des moulins à eau était généralement connu. — Caton (de re rust. cap. 22 )j établit même le prix pour les habiles meuniers de Pompéi.
ly." g. 3Iaison dite d^un maître de musique. An. 180g. On a dit qu'elle était ornée de tableaux de diflérens instrumens de musique, mais cela est faux. Deux y représenient une scène religieuse avec un prêtre qui est entre une femme assise et un guerrier; et Didon consternée au milieu de sa cour. Une femme qui est peut-être VAnna Soror de f^ irgile lui apporte la nouvelle du départ d'iinée , dont le navire qui fait force de rames est peint sur le haut du tableau. On trouva sur le pavé un fragment de cadran solaire , et différentes pièces d'os avec des trous (62). D'après tout cela , ou a tout bonnement conclu que celle habitation appartenait à un de ces maîtrr s de musique qui , dans une ville comme Pompéi , riche en théâtres et en acteurs, était chargé d^exercer les Chœurs pour les représentalions dramatiques , et pour les jeux scéniques si bruyans et si célèbres dans toute l'anliquilé.
Dans le larariani de ccUe pcliLe nuisoii on voit peints deux serpens , {génies iulêlaires ) , enireJacés autour d'un petit autel, et un prêtre, qui leur verse les libations sacrées.
N." 12 et i3 Demeure dite de Jules Polybe.^.i\. 1807.^/ suiv.Ow monte par deux entrées dans deux salles qui servaient de vestibules à celte habitation, et qui occupaient le lieu de V atrium Thuscanicum j singularité dont on ne pourrait jusqu'à présent citer un second exemple dans Pompéi..
De là on pénètre dans une cour environnée de portiques , dont les arcades étaient fermées par des cbi\ssis avec des vitres.
Celte maison éiait ornée de belles mosaïques. et de belles peintures. Les plus grossières qui représentaient en plus d'une couleur Jes grands carrés de l'échiquier, y formaient un effet extraordlnairement bizarre. Des morceaux de crépi avec des signes de dorure étaient tombés de l'étage supérieur qui devait élre magnifique. Sur les murs des boutiques qui constituent la face de cette habitation, on lit: C. L Pol D. Fir. I. />. Aequanus. — C. luliuin Polyhium. D: Fir, Falia rogat. Dans ces boutiques , Aequanus et Fatia se recommandent à la bienveillance du Duumvir juge C. Jules Polybe. C'est ainsi que, suivant l'opinion générale , les vendeurs avaient coutume d'écrire leur nom et celui de leurs Patrons, dont ils vo-iilaienl implorer la protection.
Pharmacie. N." 11. An. 1809. Elle avait pour
io5 enseigne un serpent, le Génie de rentlroil , qui mordait un fruit avec des feuilles , parfaitement semblable à une pomme de pin. On y trouva un grand nombre de prc'parations chimiques.
On découvrit dans cette rue un de ces cadrans solaires en marbre qu'on observe si souvent sur les places et dans les monumens publics de Pompéi. Il était fait pour rélévatiou du j ôle de 4^ dcijrés et contenait une partie de l'arc d'un cercle qui représentait l'éqnateur et son inclinaison vers l'horizon. Douze hgnes marquaient les heures ; celle du milieu indiquait la sixième , ou le midi ; le gnomon était situé en ligne horizontale. Ce qui rendait singulier ce cadran solaire , était l'élévation du pôle pour lequel il était fait, et qui convenait fort bien à la situation de Mempliis. Si Ton ne voulait pas supposer que les Pompéiens eussent eu une connaissance assez grande de la gnomonique , et par conséquent de la trigonométrie , on pourrait présumer que ces cadrans solaires sont les mêmes qui venaient de TEgypte , et qu'ils ont été tracés empyriquement , par le moyen de Yhémisphère de Bérose auquel ils ressemblent exactement (63).
Les boutiques qui se succèdent depuis l'habitation du Ckovagus ont été fouillées à différentes époques par les cultivateurs des campagnes situées au-dessus. Elles furent déterrées depuis 1H07 jusqu'à 1810. Dans quelques-unes ou observe unç
jo6 iiiclie très-peiite où l'on a Jorait les Dieux Lares et où on allumait une lampe en leur honneur.
JS.*'io. U /lôtellerie de Fovtunata et une fontaine sur laquelle on avait sculpté un Aigle qui se lance sur un lièvre , terminent la rue. Il est probable que les dilïerenics sculptures exécutées sur ces foniaines servaient à les dislinguer , et à donner le nom à la rue où elles éiaieiu situées.
Rue des Thermes^ ]N." i. Habitation nommée de FEdile Pansa. An. i8i3 et suiv. Elle est environnée de boutiques et forme une île, insula., qui s'éiend jusqu'à la maison de Modeste. Au-dessus d*un four qu'on louait pour i'us.ige public , on trouva un bas-relief avec une figure obscène, et ces mots: Hiv habitat félicitas 5 ce qui se rapportait cerlainement à la fii^ure du pain qu'on y vendait, ou à s n abondance (64)'
La jnaisori de Pansa est une des plus belles et la plus grande de Pompci. Elle a un atrium découvett , chose rare d ins cette ville 5 et un pavé de marbre en pente pour l'écoulement des eaux. De superbes mosaïques en embellissent les chambres. C'est là que les jeunes gens de cette habitation reposaient sur des petits lits de plumes et sur des tapis de lonie, pendant les heures de l'après midi , durant l'été , et lorsque retournant de leurs occupations , ib s'abandonnaient au sommeil , ou au repos , qui leur devenait plus cher par la lecture d'un auteur favori , faite par un esclave.
En montant qnclques degrés , on parvient au second appartement, vis-à-vis duquel on voit une vos te chambre de compagnie , ( < xedra , ) et h-Fcntouii un magnifique portique soutenu par 16 colonnes. Il paraît qu'avant la destruction de la ville , le proprie'taire y avait fait un changement qui a beaucoup nui à sa beauté. D'abord, ses colonnes étaient d'ordre ionique, d'un bon travail, et quoiqu'elles fussent de simples pierres volcaniques , elles étaient néanmoins cannelées. Elles furent ensuite recouvertes d'une masse épaisse de stuc : on y ajouta de larges feuilles au-dessous, ainsi l'ordre ionique fut converti en composilc. Celte observaliau intéresse i'bistoirc des nris.
Au milieu du-pcrislyle, il y avait un jardin de fleurs, et un beau vivier avec des jets-d'eau. A droite, les chambres des jeunes filles avaient des figures de Nymphes gracieuses mollement coût bées sur des lits , dans l'attitude de la langueur et du repos. Une d'elles représente Danaé et la. pluie d'or^ l'autre une Naïade appuyée sur son urne.
A gauche de la chambre de compagnie sont les s iîjes pour les soupers d'hiver , et pour ceux d'été.
Après le repus , on passait dans le petit ca-binet suivant , oii l'on trouvait des fruits , les vins les pkis recherchés, et des pâtisseries. Ce'dessert délicieux était prolongé bien avant dans la nuit: on l'appelait coimni.isatio , en l'honneur de
Cornus , Dieu des Lanquets ci des féies nocturnes (65}.
Dans un eoin, on voit la cuisine avec ses accessoires et SCS fourneaux semblables aux nôire.*.. On y avait pratiqué une issue secrète afin que le cuisinier et les domestiques ne traversassent pas les apparlemms des jeunes filles, et celui du maître. Un de ces sacrifices ridicules, que l'on faisait à la Déesse Fornax y éiait re[ résenié sur le mur.
Winta Dea est Fornax : laeti Jarnace Coloni oranl. . . . ( Ovid. Fast. 2. )
Les murs sont couverts de ]ieiMlures qui offrent les images de toutes les victuailles nécessaires à un grand repas : un sand,dicr tout prêt à être cuit, des grives, un lièvre , des jambons; et une anguille mise à la broche.
Dans cet appartement privé on trouva 5 squelettes, dont 5 étaient d'enfans; ils avaient sur eux un pelit anneau en fil d'or ; deux médailles de !Ncron du même métal, 4 d'argent et une quantité de grandes et de petites en bronze ; entre les colonnes des portiques , des vases de plomb très-bien ornés pour arroser les fleurs , un vase d'argent historié à bas-reliefs , une lampe , 5 petites écuelles, et 2 tasses du même métal;, en bronze > les restes d'un bisellium , deux beaux candélabres , des strigiîes pour le bain , deux ailes d'un travail très-parfait, qui étaient peut-être tombées du simulacre d'un Génie ; et enfin plusieurs ustensiles de vene et de terie cuire.