‹ Pompéi décriteChapitre 26 sur 33 · EP. F. Q · texte numérisé non relu

EP. F. Q

PORTICVS

FACIENDAS

. . . OERAVIT

Le Forum e'tait fermé tout autour par les arcs de triomphe dont nous avons parlé , et par des grilles de fer. Une marche qui l'environne sur les côtés empêchait aux chars d'y entrer.

N. 1 et 2. Maisons près de la Basilique, lygo. Elles n'offrent que les restes de leur ancienne heaulé. On distingue dans la seconde un atrium h 4 colonnes {tetrastyluni)^ des mosaïques et des marbres précieux , et une chambre à coucher , où parmi les ornemens les plus délicats, on voyait une jeune fille surprise par un jeune homme au moment où elle fait un sacrifice à Priape.

Le petit appartement souterrain est fort curieux.

]^." 6. Maison d^^donis.iSîO.Dans la petite rue du Théâtre ^ on trouve des restes de peintures, une fontaine qui avait des grilles de fer pour empêcher que ceux qui passaient sur le marchepied contigu n'y tombassent, et un de ces autels publics qu'on élevait souvent devant 1rs Divini-

tes peintes sur le mur extérieur des habliiition.';.

L'agréable demeure d'Adonis est siiuée d .ks le trivïum , et présente un bel atrium toscan orné de petites chambres à coucher. Dans une de celles-ci j le tableau d'Andromède sauNee par Persée est digne d'admiration , ainsi que celui de Vénus qui se dévoile devant Adonis assis et fatigué de la chasse. Il est curieux que M. Gandy {r^%^ ait voulu reconnaître dans celte jeune fille 777/^3 une Diane ^ et dans le chasseur ^ dont la léte est ceinte d'une étoile et d'une auréole de lumière, un Endymion. Toutefois il ne rejette pas l'autre idée.

De ce point là , on a la perspective de toute la maison. On y voit la noble salle d'audience , l'endroit du repas h l'ombre d'une treille , et le tricliniuni ( en forme de sigma G ) , qui servait pour les convives , quand ils surpassaient le nombre des Giâces , sans arriver cependant à celui des Muscs.

Le 29 Mai 1826 , S. M. la Reine avec sa famille Royale et LL. A A. RR. le Prince et la Princesse de Salerne se rendit à Pompéi, oii Elle fut reçue par IM. le Marquis Ardlti Surintendant des excavations.

Les recherches furent commencées vis-à-vis de la maison que nous venons de quitter, dans une eham!>re couverte d'une voùle solide où, à couse des squelettes qu'on y trouva , en présuma que des infortunés s'y seraient réfugiés pour se

sousiiMirr au péril d'une mort immîneiile ; et. qu'ainsi il était probable que dans cet endroit, comme dans d'autres circonstances semhlibles, on devait trouver quelque cliose de pre'cienx, que CCS malheureux auraient cru pouvoir sauver dans ces momens funestes.

En effet, lorsque la ft)i!ilîe fut exëcuie'e . on découvrit un grand nombre de monnaies d'or , d'argent, et de bronze, des anneaux et de menus olijets en argent , paimi lesquels des cuillers dont une fut particulièrement observée à cause de son manche qui représentait un pied de chèvre.

On coniinua ensuite une autre excavation dans deux chambres qui servaient de boutiques, où l'on trouva des vases de bronze et de terre cuite , des lampes, quelques poids, d'autres ustensiles, et une patère de bro^ize digne d'être observée.

A pi'ine S. M. fut-elle partie, que le Mar^ quis yirdlti ordonna qu'avec une extrême diligence on continuât les fouilles de la chambre souterraine dans laquelle on avait trouvé ces objets précieux , et qu'on conservât les terres déjà décombrées afin de les examiner plus en détail.

Voici ^pendant un conipie exact de tout ce que l'on trouva dans les fouilles précédentes et dans celles des jours postérieurs. Le tout est actuellement déposé dans le Musée Royal de N api es.

Or. Soixante six monnaies.

Sejit anneatix.

Une paire de pondriiis d'ureillos.

Argerd. Mille et cinquante monnaies.

Un couvercle de vase avec son manche.

Cinq cudlers de dilTercnles grandeurs.

Une petite coupe.

Quatre petits fr.igmens.

Bronze. Un nombre infini de monnaies.

Verre, Un vase rare en forme de verre à boire.

Un morceau de cristal de roche semblable à une noix, objet peu commun.

Les squelettes des malheureux propriétaires de ces trésors étaient sept ; leurs crânes sont intacts et les dents fort bien conservées , circonstance que quelques-uns attribuent à ce que les anciens ne faisaient pas usage de sucre , ni de liqueurs spiritueuses telles que les nôtres. Ces squelettes avec ceux qu'on a trouvés jusqu'à présent à Pompéi , excèdent le nombre de cent soixante. Ainsi la quantité des malheureux ensevelis vivans dans cette catastrophe , n'est pas si peiite qu'on se le figurait d'abord. Au contraire il est très-rare de n'en pas trouver dans les lieux publics ou particuliers. Gomme les habilaiions , du côté de la mer, ont un étage inférieur qui appuie d^un coté sur la colline directement opposée au Vésuve , les malheureux qui avaient leiardé leur fuite choisissaient prélérablement cet endroit. Ils s'y recouvraient de la même manière que nous le ferions nous-mêmes étant surpris par une grande pluie

au niillf 11 fies rues. Voilà pourquoi Ja chamLre dont nous avons parlé , quoique irès-ordiuaire , avait servi d'asile à ces infortunes qui étaient ceriaincaient du nombre des citoyens les plus riches et les plus dislinyiiés de Pompdi.

En retournant sur le Forwn ^ on apeiçoit une habitation en ruines. On y dëlerra les squelettes d'un homme et d'une jeune fille, peut-être un père et sa fille. Le premier avait sur lui une bourse avec 27 monrinies d'or et 5o d'argent ; la seconde, deux bcai;x bracelets d'or. Un troisième squelette avait un paquet avec d'autres monnaies d'argeni. Ils éiaieni dans l'appartement supérieur.

Cette maison fut découverte en 18-26. Le maître la reconstruisait, lorsque l'éruption de l'an r-g la dépouilla des ornemens qu'on lui avait destinés. L'enduit des niur^ paraît encore frais. On y dislingue l'impression des byguetlcs , qui servaient h le battre pour le rendre plus solide. Un bel ornement en mosaïque est exécuté dans une chambre ; et une table à manger avec de très-beaux pieds de marbre était située vis-à-vis d'une conserve d'eau. Sur le pavé on trouva les restes d'un miroir de métal, un vase qui contenait du savon, et des monnaies d'argent.

Les habitations suivantes qu'on déterre actuel-lemcnt, n'offrent que la peinture d'un beau pays avec des cascades, et une /^s^c/ze assise avec un papillon dans la main et un chien à ses côtés.

Deux afi liim àc ers hahilalîons semLlonl avoir elé tirés d'un édifice public vendu pour l'usage parùculier. — Enfin on observe une belle salle d'audience, ornée au milieu de son entrée de deux colonnes qui y forment un cft'el tout- à-fait gracieux.

Ecole fie T'^erna. C'est une seule et vaste pièce décorée de niches et avec une tribune , où les enfans des deux sexes étaient problablement instruits publiquement , si ce n'est peiit-étre pas l'endroit de quelque corporation sacrée. Une peinture (7-) trouvée à Pompéi et qui pourrait représenter ce Forum et son Ecole , nous démontre tout ce que les Classiques ont écrit à ce sujet. — Derrière une des ses portes on lit une recommandation du Maître au Magistrat, c.

CAPEr.IiAM. D. V. I. D. O. V. F. A^ERNA CUM DISCENTIBUS,

Edifice d'Eumachia. An. iS^^o.

Il est rectangulaire et d'architecture romaine. Dans ses parties extérieures et intérieures il est d'ordre corinthien. Sa façade domine le Forum.

Il est composé de trois parties, le Chalcidique , la Crypte et les Portiques.

Le Chalcidique , espèce de vestibule spacieux , orné de niches, et qui devait être recouvert de marbres et soutenu par 16 pilastres , présentait sur son architrave Tinscriplion suivante :

iBi

EVMACHIA !.. F. SACERD. PVBL. NOMINE SVO ET M. NVMISTRT FUONTONIS FILI CHALCIDICVM CRYPTAM rORTICVS CONCORDIAE AVGVSTAK l lE- TATI SVA PECVNTAFECIT EADEMQVE DEDlGAViT.

Eujnachla fille de Lucius prétresse publique y en son nom et en celui de Lj. Fronton son fils, a construit à ses Jrais le Chalcidique, la Crypte et les Portiques de la Concorde, et les a dédiés à la Piété d Auguste.

Ce fut dans le ChaJcidique de la maison royale de Tlièbes, que Mérope , la hache à la main , alla trouver Egiste pendant qu'il dormait , le croyant le meurui( r de son lils. Et la nourrice d'Ulysse traversa le Chalcidique pour annoncer à Pe'ntilope l'anive'e de son époux (78).

Par une porie large on passe de ce vestibule dans les portiques intérieurs. Ils étaient formés de 43 colonnes de marbre de Paros d'un travail exquis , qu'environnaient de quatre côtés une cour découverte longue de 11g pieds et large de Kt moiiié.

Au fond, une niche magnifique contenait la statue, à ce qu'il paraît , de la Co7icorde. On. \oi trouva près de là renversée sans tête et avec des marques de dorure sur les bords de son manttau.

La Crypte forme un second ordre de portiques plus intérieurs et plus à l'abri de l'iniempériç

i83 tles saisons. On y trouva la trcs-LcllG statue de Ja prêtresse Euniac/iia élevée par les Tei/ituriers, ( FuUones ). Ce lieu était dédié à leur Collège et à celui de leurs prêtres (79) qui devaient y laver les vêteinens sacres, ce qui n^éiait pas permis aux profanes. On voit dans la cour des petits sièges revêtus de marbre , à côté des citernes^ sur lesquels on exécutait peut-être cet office.

Les marbres les plus précieux , des païsages délicats ^ et des arabesques couvrent de tous côtés ce noble et somptueux édifice.

Temple dit de Quirinus, 1817.

Un sacrariuni s'élève à Pextrémiié d'une petite cour découverte: en face on voit un h^X autel de marbre grec orné d'un bas-relief, qui représente un sacrifice , et qui n'avait pas été entièrement achevé. Les murs sont partagés en grands carrés surmontés de frontispices.

Nous avons donné le nom de Quirinus à ce petit temple, ( qui avait peut-être servi pour le Collège des Quirites ) (80) , parce que non loin de la porte , on trouva un piédestal , qui devait soutenir la statue du fondateur de Rome , et sur lequel on lisait ^inscription suivante mutilée en quelques endroits :

ROMVLVS MARTIS J^-LIVS VRBEIM ROMAM

condi-m'Y et régna vit annos

DVO DE ÇW-ADRAGINTA ISQVE

PR.IMVS DVX DVCE HOSTIVM

ACRONE REGE CAENINENSIVM

inlerf-ECTO SP01.1A OP-ima

Jopi FERETRIO CONSACRA- fî^

heceptvsqve in deorv-t/i NVMERVM QViRiNi nomino

APPELLAT-;/* e^Kt

a Romanis.

Romulus fils de 3ïars fonda la ville de Ttomcy el y régna trente-neuf ans. Ce Chef fut le premier qui , aprèa avoir tué Acron général des ennemis et roi des Céniniens, consacra à Jupiter Férétrien les dépouilles opimes , et ayant été admis au nombre des Dieux ^ il reçut des 72;mains le notn de Qui ci nus.

Lieu du Décurionat. 1818. Avant d'enirer dans le superbe e'difice d'Auguste , il faut admirer une grande salle ou Senaculum faite en forme de demi-cercle très-ouverte du côté du Forum avec un autel au milieu, el décorée de bancs élevés , de niches, de coLnnes et jadis de statues'.

Je croit que c'est dans cette enceinte que /'O/die des Dàcurions tenait ses séances publiq^ues.

Temple (ïylugusfe 1821 cl 1822. On |)uuiTjit l'appeler la galerie des fêtes Pompéiennes. Son plan scmLle avoir été pris sur le Temple de Serapis à Pouzzole.

Par une porte décorée dô deux ordres de colonnes , de plusieurs aulels et d'une file de piédestals pour des statues , on a le passage sur une place découverte et jadis environnée d'un péristyle , sur les murs duquel on avait représenté tout ce qui peut servir à un repas somptueux ; des poissons, un coq d'Inde, des corbeilles pleines d'œufs j des oies , des perdrix tuées et plumées , des vases pour les fruits , et une qua^iiité d'amphores pour le vin. Sur l'entrée , à gauche, on voit également peints des bœufs, des brebis, une corne d'abondance renversée sur des plats, des fruits dans des \ases , de petits génies qui entrelacent des fleurs et des guirlandes pour les distribuer aux convives , et Psyché avec des ailes de papillon qui suit son amant au banquet des udmours.

Adroite, est disposé un rang de onze cabinets pour les repas des citoyens les plus distingués, avec dts figures d'oies, qui en étaient le principal élément.

En face, s'élève une tribune ornée de quatre niches. Sur une base il devait y avoir eu le simulacre d'Auguste , puisque l'on trouva par terre un bras qui tenait un globe. On voit à coté deux belles statues, l'uue de L/'r/e- dans la flem

de l'âge et de la beauté , l'autre de Drums son fils; une draperie légère enveloppe les reins de cet aimable enllint (8i}.

Dans le sacellum coniigu l'on faisait les sacrifices sur un grand autel revêtu de marbres ; on voit encore l'endroit {fauissa) oii l'on posait les instrumens sacres. — Sur les bancs de maçonnerie, de l'autre côté delà tribune, on découpait les victimes et on les distribuait au peuple qui y entrait par une porte contiguë. On avait peint sur cette dernière des morceaux de viande , une liache pour les tailler , des oiseaux tués , une tête de cochon , et des jambons. — Au pied des bancs est un petit canal où coulait le sang des victimes ; c'est pourquoi ils étaient peints en rouge. On voit dans le fond un grand tableau où étaient représentés les deux jumeaux, les fondateurs de la suj'f rbe Rome , sur les genoux de Laurentla , et X^is Dieux qui les protègent d'en haut.

Du milieu de V atrium découvert s'élèvent dins nu dcdétagone , douze petits piédcitais pour les poutres qui devaient soutenir le tholus ou léger pavillon de bois : dans celte enceinte on préparait \es mets et on les distribuait. G^était une espèce de petite cuisine; on y découvrit un réi:ipient pour les eaux sales, plein d'arêtes de poissons qu'on y avait jetées. On trouva aussi plus loin des amphores qui av.ùent contenu des poissons dans la saumure,- et des va^es de bronze.

Une giaiide quatilif-c cje peintures embcllisseiit

pai'lout cet édifice consacré aux banquets , et f]ue les danseuses, le poètes et les acteurs devaient rt'jouir de tout ce que leur fournissaient de plus volu^jlueax Jes danses i>recf|ues et les souvejiirs de la gloire et de l'amour.

Ici une Bacchante est appuyée sur une jeune Actrice j là une belle Musicienne semble vouloir nous verser dans Tame le son de la lyre qu'elle pince , tandis qu' une de ses comptigncs est dans l'attitude du repos ; elle a cessé de toucher sa lyre, mais on voit qu'elle médite quelque nouvelle chanson : on dirait qu^elle attend l'inspiration de l'amour..

Tantôt on renconire un Guerrier de garde au sacrarium , et taniôt de jeunes et belles Prétresses qui offrent à leurs concitoyens des pavots et les pvésens de Gérés.

(Enon se plaint avec Péris de son infidélité , et de son abandon ; et Ulysse , triste et pensif , est à côté de son foyer et peut à peine retenir ses larmes devant Pénélope qui ne l'a pas encore reconnu. Ge trait d'Homère , peut-être un des pliis beaux delà poésie ancienne, était déclamé avec d'autres chants par les Rapsodistes dans les grands festins (82). — Enfin, près de l'entrée prin* cipale du Temple, on avait peint un Empereur assis sur un faisceau d'armes et couronné par la Victoire. Des vaisseaux disposés au combat nous rappellent la journée à^ Actium^ et réunissent pour la dernière fois Antoine et Auguste ^ le triumvirat^ et l'empire.

Des DivinÎLés et des Ge'nies , qui offrent des fruits sur uti disque ; des païsages et des Victoires sur des chars en pleine carrière ; des palais et des arabesques finissent d'orner ce beau monutnent destiné aux triomphes de Rome.

Ce temple était dédié à Auguste^ que Tibère avait déjà mis au rang des Dieux (83). — Vitruve qui place ce temple dans Je Forum , et les inscriptions sans nombre trouvées à Pomp.éi qui font mention des prêtres d'Auguste , ( les Augusiales ) et de leurs mhiislres (84) ; senibleni confirmer noire opinion. Ces dernieis et ient élus par deux magistrats , auxquels était confiée la chiirgc de procurer par le moyen des vœux publics , V exécution des solennités consacrées à Auguste. Et tous \cs signes du repas sacré , ( epuluni ) , et de la distribution des entrailles au peuple, (^visceratio y^ ainsi que les images des Ministres si souvent répétées dans ce temple , ne veulent-elles pas nous indiquer Thislo're de ce que ces inscriptions nous ex[)liqucnt brièvement ?

On apprend de Tacite , que les So laies Augustales étaient des prêtres qui sacrifiaient à Auguste. A quelques pas de l'entrée principale de notre monument , on lisait , sur un marbre, le fragment suivant , qui parle précisément de ces confrères , tjui devaient y avoir leur étyblissemeut.

.... AMIM AVGVSTALI SODALî AVGVSTALI Q.

D'ailleurs, outre les Lanqaels publics et les iéles (jue l'on céléL>rail en riionneur de la naissance et àes vicioires d'Auguste et de telles de SOS successeurs , Dion ( Liw. 58. Chap. a. ) 3i(/ns rapporte que le Sénat avait de'eré.é des fêtes et des chasses^ cCaiiiniatix que les quatre principaux Collèges d<'S Prêtres devaient faire exécuter^ sous la direction à^s udugustales , à Fanniversaire de la mort de Séjan. Dans notre monument , où ces fêtes et ces banquets ont dii avoir lieu , on voit encore des peintures de chasses d'animaux qni pourraient faire allusion à ce que nous rapporie Dlo-u

Près de la peiite porte on de'couvril une cassette avec sa serrure , où l'un avait déposé io56 monnaies de bronze , 41 d'argent , un bel anneau d'or avec une pierre gravée, et un autre d'argent. ^ ers la grande [.orie on trouva i>p autres monnaies de bronze. C'étaient les tributs de la bienfaisance publique. On y déi ouvrit enfin de grosses et larges vitres qui avaient servi de cbâssis pour les fenêtres : cette circonstance ne cessera d'exciter la surprise de beaucoup d'antiquaires.

Rue du temple tV Au^uUe. f^endeurs de fruits secs. — Qiiadrhiam. Des boutiques ornées de

] oinlures les plus gracieuses Lordeni îe s(Mit!e.r sur un double rang. On y trouva m ahondauce des figues sèches, des < liaL.i^'nes , des prunes, des raisins secs, et des fruits dans des vases de verre , des lentilles ( les premières qu'on a découvertes à Pompéi ) , de la graine de chanvre, un gâteau, dos morceaux de pâte et de p;iin , heaueoup de niunnaies , une petite romaine et différentes balances.

Dans une autre buuticjue on trouva une petite statue de bronze , qui représentait la Fortune ailée , d'un fini très-pre'cieux. Elle avait les bracelets d'or aux bras , dans un desquels on avait enchâssé une pierre pre'cieuse. Dans une autre enfin, on déterra une petite Kènus de marbre qui s'essuyait les cheveux, et qui avait la partie inlerieure voilée d'un drap peint en rouge.

Ce fut dans une de ces bouticpies que j'eus ordre de faire en 1829 une fouille devant S. M. le Roi de Bavière. La Fortune nous fut propice. S, M, rnême voulut un moment manier la bêche , et la terre reconnaissante, pour ainsi dire, à l'empressement de l'Auguste Hôie de JNoire Souverain lui prodiguait à chaque coup de plus abondantes faveurs. — On y trouva : de verre; 55o petites bouteilles ; 11 lacrimatoires ; un petit vase rond, à deux anses ; 55 petites fioles ; des pastilles pour collier. De bronze; 5i monnaies de différons modules ; deux cabarets circulaires ; deux pièces qui servaient de gamiiurc à des por-

les ; un pclil poids. De terre oui le : ii pois ; uu petit huilier ; un petit vase circulaire de la forme d'un superlie C(tiix , orné tout autour d'une pctiie guirlande de lierre, etc.

Un caùaretj N.° 5, est au coin de la rue. I! se fait distinguer par la belle enseigne d'un Bacchus qui presse entre ses mains une grappe de raisin ; une panthère est près de lui.

jRue derrière le Chalcidique. Pâtissier. On y découvrit un grand nombre d'ustensiles de cuisine et diffcrens moules de pâtisserie, dont un est eu forme de coquille , et un autre conserve des restes de pâle travaillée. On y trouva aussi \\\\ cachet avec des lettres pour estamper.

Dans d'autres boutiques on trouva une espèce de coin de plomb avec une belle tête de femme sur le style des monnaies de Naples et de la grande Grèce • des os d'animaux , ( très- communs dans tout Pompéi ) , vides en dedans pour y remuer les dés , ou plutôt pour des ustensiles de femme; un très-bel anneau d'or avec une cornaline, sur laquelle on grava l'allégorie intéressante d'un caducée avec la corne d'abondance ; une pierre précieuse avec la gravure d^ine aigle romaine; un fuseau , et des squelettes d'animaux.

]N.° 1. Uliahitation découverte l'an i8'25 devant S.M. le Roi de Prusse et formée d^m [letit nombre de cbambres. Au fond , il y a la cuisine et une fontaine avec des mosaïques par terre représentant dos dauphins et des canards. Sur les murs e>t

peinle la chapelle domesliqiie : Marfi est an fond d'un bois: et à quelque pas de lui, Vénas se regarde dans un miroir qui a la figure d'un tournesol; elle est dans la siuiatlon la plus languissante et la plus aimable ; ses yeux ëiinceilent ; elle a des bracelets , et elle est nue: nous n'avons pas encore vu d'image plus voluplueuse que celle-ci.

Petite Rue derrière te Senocuhim. — N." 5. Maison des noces d' Hercule. \ 820. Dans son tablinum est repre'sentee une nouvelle aventure du Dieu de la guerre avec la mère des Amours. A gauche on trouve l'appartement des bains, et des etuvcs. Une fontaine, dont il reste encore la petite base de marbre, s^élève au milieu du bassin, qui recevait l'eau de pluie.

Un péristyle et un vaste jardin sont disposes au milieu de l'appartement privé: on y voit deux viviers, au mi]i( u desquels il y avait ujie table de marbre soutenue par une petite colonne avec l'elligie d'un Génie, On y mettait dcs fleurs et des fruits pour les collations que l'on faisait au frais, et Ton répandait des libations de vin au Génie qui rappelait la brièveté de la vie et des plaisirs: Genium memorem brevis aevi. ( Horat. )

Dans la chambre du lit nuptial ( thalamus ) le mariage di' Hercule avec Déjanire est représente avec toutes ses particularités. Dans l'autre salle., la famille avec les parens se réunissaient et faisaient des danses et des festins pendant les jours

ilcs Charisies^ dt'diés h la CoacorJe domatique ei aux Grâces.

On passe de là dtvaiu un puits de 1 16 pieds de profoiiJcur , ( c'est-à-dire plus profond que toute la liautcur de la colline ). Il avait sa ]>oulie pour tirer los seanx, comme il est d'usage encore aujourd'hui parmi nous ; l'eau est à quinze pieds de hauteur, elle est polaLle, quoique un peu soufrée.

On voit ensuite un grand nombre de bouiiques , cntr'autres celles dos vendeurs de savon , avec de grands Ljissins pour le condenser ; il s'en trouvait encore une quantité. A terre sont les petites fosses pour la chaux, qui était très-endurcie. Par une porte intérieure on passe dans la belle habitation d'un de ces vendeurs.

Sur le mur d'une boutique qui a, selon la coutume, des vases introduits dans le banc de maçonnerie, on a représenté des poissons qu'on y vendait en saumure. — Dans une autre on trouva des os d'animaux entassés , qu'on amollissait sur le feu pour en faire des instrumens et dj autres ouvrages.

JN.o 2. Maison de la Pêcheuse. i823. Une cour avec une colonnade, le long de laquelle est construit un petit mur pour y mettre des fleurs , donur» le passage à une belle chambre à coucher. On y a représenté une Néréide, un Narcisse, dont le vissage est réfléchi par Tonde, et une Pêcheuse iugénne qui a jeié sa ligne dans la mer , et qui ailend

sa proie. Cnpldon sur un ccuoil la inonire avoc sa flèclie.

On observait, dans une boutique , le beau lalileau d'une danseuse qui, soutenue pir son compagnon, agitait dans l'air un tympanon et exécutait un saut difficile, mais gracieux et pittoresque.

Rue de la Fontaine cV abondance. N." lo. Maifion du sanglier, 1816. Elle a une entrée où est repi ésenté 6n belle mosaïque cet animal poursuivi par les chiens. Des dessins de fortifications avec des tours ornent le pavé de Vatrium.

]N.°9. Maison des Grâces. 1817. Dans la première chambre on découvre Uranie qui avec une petite baguette montre le globe céleste. A quelque distance sont peintes les Grâces. Le propriétaire a voulu nous enseigner par là , que les études sérieuses des sciences sévères , ne doivent pas être séparées du souris gracieux des sœurs de l'Amour.

Dans une autre chambre plus secrète, on voit le tableau d' Adonis expirant dans les bras de son amante ; un petit Amour pleure avec tant de vérité et de passion, qu'il semble avoir servi de modèle aux beaux vers de Bion et de Théocrite.

Les femmes célébraient le culte d'Adonis dans l'intérieur de leurs chambres ; il consistait à s'abandonner à la mélancolie , aux gémissemens et aux larmes (85).

Cette habitation appartenait à \\\\ Chirurgien qui était à la fois Pharmacien ,- puisqu'on y

trouva des medicamens et des Inslrumens , parmi lesquels celui pour extraire le fœtus , dont la forme est simple et inge'nieuse (86).

Rue des douze Dieux. Ils sont représenlés sur le haut du mur, et servaient à empêcher les passans de faire des ordures dans cet endroit. On lit sur ce sujet dans les Classiques :

Dnodecim deos , et Dlancnn , et loveni

Optimum maximum habeat iratos Quisquis hic miuxerit , aut cacaverit.

Au-dessous sont peints , selon l'usage , les deux Serpens.

Pinge duos angues : pue/i , sacer est lucus : extra Meile. ( Péri. Sat. i. )

Rue du Théâtre. — N.° 5. Maison dite de Fu~ scus. i8ig. Avant d'arriver à la place du Tlie'âtre , on parcourt un grand nombre de boutiques , qui attestent le commerce et les richesses de cette ■ville. On reconnaît à V enseigne les houtiques où l'on travaillait les mosaïques. Les fontaines, sur une de laquelle est sculptée une corne d'abondance , avec de beaux Lassins de marbre en carre's longs, sont prodigue'es dans celte rue.

La quantité des fontaines et celle des puits , des réservoirs et des citernes, ainsi que l'usage général des bains, des portiques, des jardins publics et par-

ticulicrs , et des galeries ouvertes sur la mer attestent la grande chaleur qu'on devait souffrir sur cette colline volcanique, et les mesures bien entendues adopte'es pour s'en garantir.

On trouva dans cette rue un vase de verre avec des œufs entiers , et gSg monnaies de bronze.

L'habitation de Fuscus a un beau gynécée , de mosaïques , et des décorations variées et ingénieuses sur le goût capricieux de Ludius. Des poissons sont représentés dans la chambre h manger, et des scènes amoureuses dans celle à coucher. On y trouva une quantité de vases de bronze y de verre , et de terre cuite ; un peut vase d'argent j deux pendans d'oreilles d'or , et un morceau de poix , qui , après tant de siècles , conserve encore l'odeur de cette substance.

Place du Théâtre.

( Découverte en iy65 , et après en tyy3 Jusqu'en iyg6^et enfin entièrement déblayée en t8/â.)

Monumens Étrusques,

Des portiques très-longs soutenus par des colonnes élégantes; les restes d'un Temple , ,i^\ rappelle le style des premiers monumens de l'Italie, la place de son bois sacré ; une margelle ( pu^

îeal ) , où ëlait ensevelie la fondra , soigncnsement entourée par Nitièbe, Meddis 'luticus , d'un rang de colonnes étrusques , comme l'exprimait l'inscription :

NITÎIRBIIS TK. MER. TUH. AAMANAPHER ;

lin long espace , sladiinn , pour la course ; la vue des plaines situées au dessous rpii semblent avoir jeté sur l'antique étendue des mers, un tapis de verdure et de fleurs ; voilà ce qui forme la plus ancienne partie de Pompéi , qui fut construite par les Etrusques , habitée par les Samnites, et que les Romains , maîtres de l'univers, objet de leur cupidité et de leur mépris, n'osèrent ni détruire, ni changer.

On peut se reposer sur un de ces hémicycles f|u'on rencontre ordinairement hors de la rue des tombeaux. — Le vent siflle entre les colonnes des portiques, comme jadis entre les vieilles forêts des Osqaes ; et le chardon sauvage détache quelque brin de ses légers flocons pour en orner les pièces dispersées d'une horloge (87). (( O Pompéi! Quels événeraens déplorables ont changé l'aspect de ton royaume florissant? Où sont tes rivages jadis couverts de mvires , la foule des marchands, et le peuple qui attendait dans les jardins de cette place les spectacles du théâtre contigii? Et où sont-ils les Etnif^quea qui te gouvernaient, et les Samnites ? Tout a disparu ! La nuit des siècles ramène la paix sur ces lieux, ainsi que le silence de la nuit succède à une j'^'urnée tu-

mul tueuse. O voyageur ! Honore les restes de deux peuples, que leur civilité et leur courage auraient pu rendre éternels , si l'on peut trouver sur la terre un malheur égal à celui qu'éprouva cette ville infortunée. »

Sur riicmicycle , où il y avait une horloge solaire, on lisait en marbre le nom de ceux qui avaient construit l'un et l'autre.

li. SEPVNIVS L. F. SAMDILIANVS M. HEI^ENNIVS A. F. EriDIANVS

Dvovm. I. D. scnoL. et houol.

Une fontaine était auprès du vestibule ou p/opylœum de cette place. Une autre bassin recevait l'eau qui jaillissait de la moitié d'une colonne. Devant elle un petit piédestal soutenait la statue deMarccllus, laquelle n'y était plus, avec cette inscription:

M. CLAVDIO. C. F. MARCELLO PATRONO.

N." J. Maison découverte devant V Empereur Joseph II. — 1767 et après. — Elle a trois étages en amphithéâtre, et elle est située sur la même ligne que celle de Po/j/ô<? et de Diomède. La singularité qu'offrait le premier étage était une grande Basilique privée, qui donnait sur une agréable terrasse, et (pu peut être considérée, sçloiiM. Mazoisj com~

nie un exemple 'précÏGUxdc T Oecus corinthien dont parle P^itruve ^ ( liv- 6. Ch. 5. ). Le coup-d'œil que pre'sentait cet appartement devait être surprenant, lors |u'on voyait, à travers Vatrium^ le tablinnm et les colonnes de la Basilique , un des plus beaux tableaux que le ciel de la Gampanie pût ofirir.

Le second e'iage contenait la salle de conversation , et les triclinimn d'été et d'biver ; et le troisième, l'appartement des bains. On y admirait l'ctuve avec 4 niches , où l'on reconnut le squelette d'une femme avec un vase à la main. On trouva près d'elle des ornemens en or, et les fragmens d'une sirigile d'argent.

La dispositioQ simple et b en entendue , qui faisait concourir la nature dans toute son amabilité à rendre agréable et riant ce petit édifice, nous fait connaître combien en sont éloignées nos plus superbes maisons, et combien il serait facile d^y introduire d'utiles cbangemens qui seuls pourraient élever au niveau de l'antique , la triste et déclinanie architecture de nos jours.

On trouva dans cette maison des insirumens de musique à vent très-curieux.

]lN.° 1. Curie Isiaque. 1797- Un escalier du haut duquel le Déniiurgue , on le Prophète dictait les leçons sacrées , ou faisait des libations ; un autel près duquel était renversée la statue d'un jeune homme nu; et des colonnades couvertes composent la Curie Isiaque de Pompéi. On lisait

^99 peu loin «le Ja sLaïue : M. lvcRetivi dcciu. — Le bassin des lusirations était près de Ja porte , et l'eau d'une funiaine , coqhiîc dans tous les monnmcns public , j.iillissait d'une colonne pour rafraîcbir Tair et les assistans.

Dans les trois cliambrcs voisines on trouva des mains d'ivoire et de verre qui faisaient la figue et dont on se servait pour amulètes contre \q. fascinwn , des vases de cuisine , et des ustensiles sacres. — Une inscription osque trouvée près du mur qui divise cet édifice du temple d'Isis, nous fait savoir que les Architectes muncipaux de Pompéi avaient examiné les batimens qui composaient les >; parties principales de ce local; et que le MedcUasUiticus et le Questeur après les avoir reconnus et approuvés, les avaient dédiés a Isis (88).

Noire édifice y était nommé Curie Pompéienne Careiiai Pampailanai,

Nous devons ceue interprétation à M. lannelliy qui depuis long-temps travaille à l'illustration des anciens dialectes Italitjues, et qui nous donnera bientôt des notices importantes sur un nouveau système des liiéroglyphes égyptiens y comme il nous fait espérer.

Temple cTlsis. J764 et suiv. C'était Ja Divinité la plus vénérée, et la plus ancienne du paganisme. Protectrice du port et du commerce de Pompéi^ on l'appelait Pélagique. — A l'entrée, on trouva Ja petite cassette de Ja charité publique, et non loin

iaoo de Jà deux élcgans Ijassins | our Icau hislmle. Mais qui e'iait ce Dieu dépeint au fond de ceLLo niche? C'était le fils d'Isis , le Silence^ qui i'ini- ])osait avec le doii^L , en montrant sa mère dans le fond du sacrariitm.

Sur ce i^rand aulcl on faisait des sacrifices ; sur cet autre, qui est vide, on mettait les cendres des victimes.

Il y a un bain dans une cLambre souterraine. Une ou deux [)crsonncsy pouvaient descendre à la fois. On y purifiait les initie's. Sa petite porte est ornée d un frontispice, et cnNiroiinée de murs recouverts d'élcgans bas-reliefs en stuc. Ils représentent des initiés qui prient ; V^énus avec Mars; et Mercure, qui emijrasse une INymphe , peutéire Proserpine , véiue légèrement et couronue'e de fleurs. Des Amours, des dauphins, et des Génies t,emblent voler , en portant des cassettes sacrées.

La Cella avec son petit vestibule formé par sis coloiines cFordie corinthien s'élève au centre de Vatriuni découvert. Sur le podium était peut-être la statue de la Déesse , et le Hiérophante s'y faisait voir enveloppé dans ses mystérieux vêtemens, au milieu du Lruit des sistres , des tympanons et des hymnes.

On y trouva deux crânes humains , et dans deux cotTres de bois brûlés enir'autres objets une irès-peiile tasse en or, et deux candélabres de bronze tr»:s-bien couservés.

Un petit piédestal est à chaque côte de l'escalier: on y avait placé une pierre plate calcaire avec des liiéroglyplies (89). D'autres autels et d'autres niches sont aux côtés de là cclla , derrière laquelle il y avait aussi dans une petite niche une statue de Bacchus , auj. : au Musée , mais remplacée par une copie, que j'y ai fait remettre, avec son inscription :

N. POriDIVS. AMPLIATVS PATER. P. S.

Cette statue était dorée et peinte en divers endroits.

Des portiques et des autels environnent toute l'enceinte du Temple. Leurs colonnes offrent un mélange confus des divers ordres d'architecture. En général ce temple ressemble beaucoup à celui de V^énus (90).

Dans un angle h droite, on voyait la petite statue dTsis que j'y ai fait remettre en plâtre, et que Cécilius Phœbus lui avait dédié selon que nous l'indiqué l'inscription suivante. — Cette statue était dorée et peinte en rouge en plusieurs endroits.

li. CAECILIVS

PHOEBVS

POSVIT. li. D. D. D.

A Tangle opposé on voyait la statue de Venus Anadyomcne dont le cou , les bras et la partie in-

férienrc éuient dores et la draperie peinte en bleu.

De Va. on passe dans la saUe des mystères , orne'e de peintures et d'un pave en mosaïque ; sur le sol on lisait:

N. rOPIDI CELfilNI.

N. POPIDI AMPLI ^VTI.

COE.NELTA CELSA.

C'étaient des initiés aux mystères d'Isis. Les peintures représentaient Z'rt/?y//zeo5tf cV lo , {l'Isis d'Egypte ) , et les figures de différens animaux qui y éiaient en vénération. On y voyait deux Hermès gigantesques avec la barbe et les cornes ; entre eux étaient des barques dont l'une qui était peut-être la barque d''I:k>rus ou du Soleil , contenait une cassette avec un oiseau; l'autre était gouvernée par un liomme. Deux serpens autour de deux bâtons surmontés d'une guirlande de fleurs; et au-dessous, une lionne. Une figure assise sur une chaise couverte d'un voile, et un serpent. Une autre , d'Isis , avec un manteau et un chapeau siu' la tête 5 elle avait dans la main gauche un sceptre; à son bras était suspendu ua seau; elle avait sous son pied une tête de mort, et à côté d'elle des serpens dont l'un est dressé, et l'autre entrelacé autour d'un arbre chargé de fruits. Toutes ces figures avaient sur la têie la fleur dti lotus, ou nènufar y {Nyuiphœa , plante

aqualique ) ; et faisaient allusion aux diverses opérations du soleil et de la nature (91). — Le serpent urœus , ou aspic e'tait le symbole de la vie et de la mort.

Dans cette chambre, on reconnut le squelette d'un prêtre qui était encore à table. Il avait mangé des œufs et des poulets , et avait Lu du vin. Les restes du dîner et les vases étaient renversés par terre. On y découvrit des fragmens de têtes , d^ pieds et de bras de marbre ap})artenant à des statues dont les corps étaient de bois.

Dans la chambre contiguë on trouva un grand nombre de symboles du culte d'isis, et une petite idole égyptienne dans une niche. Celait une garderobe du temple ; il y avait encore deux chaises et d'autres meubles.

Je m'écarterais trop de mon sujet , si je voulais rappeler ici toutes les épreuves , les cérémonies et les prières qu'on faisait ordinairement dans les mystères d'isis , et qui furent transplantes en Grèce , sous le nom cVEleusiniens. Aucun des auteurs anciens et modernes n^a pu en pénétrer assez évidemment le secret. Apulée, ( Metam. Lib. XL ) en parle aussi d'une manière énigmatique.

c( Je me suis approché , dit-il , des confins de la mort. Après avoir foulé à mes pieds le seuil de Proserpine , j'en suis revenu à travers tous les élémeus. Au milieu de la nuit le soleil me parut

2o4 briller d'une lumière plus eclalan te. J'ai comparu devant les dieux supérieurs et inférieurs, et je les ai adorés de fort près. »

Ainsi, l'inscription rpi'on lisait à Saisi sur le piédestal de la slaïue de Nephiis^ ( Jf.is ), n'a rien encore perdu de son ancienne vérité.

Je S7MS ce qui fut , ce qui est , et ce qui sera. Aucun mortel ria osé encore écarter le voile qui jne couvre. Le fils que jai enjanté est le soleil (92).

Cependant on croit que l'on enseignait dans les mystères isiaques une autre doctrine , celle qui concernait la vie future. Lorsque Lucius dit, qu'il arriva aux confins de la mort, et qu'il foula itux pieds le seuil de Proserpine ; n'est- ce pas une allégorie assez claire des craintes dont, il s^iniaginait être délivré par son initiation? Au reste, toute difïiculté s'évanouit par ces promesses que lui fait Isis: ce tu vii^ras heureux, tu seras plein de gloire scus ma protection. Quant ^ après ta mort , tu seras descendu aux enfers , tu Jiahiteras les Champs Eljsées... Si, par ton zèle pour mon culte , et par la pratique de la continence et des privations qui te seront imposées, tu mérites mes faveurs ^ sache qu'il est en mon pouvoir de prolonger tes jours au-delà du terme prescrit par le destin. » A l'espoir de jouir après la mort d'une félicité assurée se joignoit doue celui d'une vie longue et heureuse, espoir sur lequel il n'est jamais diOiciie de tromper

les hommes , parce que leur Lonlieur consiste à ce'der à la force de celte illusion (gS).

Après cela il paraît que M. de Hanimer ait enfin arrache ce secret aux siècles , et qu'il ait fait , pour la première fois, briller un rayon de lumière dans le sanctuaire ténébreux d'isis. Il parle sous l'escorte de Clément et Alexandrie, de trois espèces de mystères isiaques, c'est-à dire de la purification à l'entrée de la tombe j des petits mystères sur le jugement de la mort et sur la doctrine de la vie future j et enfin du passage aux plus grands mystères par la contemplation de la lumière éternelle, source de l'existence et de l'univers. Quatre étaient les preuves mineures, et trois les majeures pour les initiés (94)«

La chambre des victimes, et l'appartement des Prêtres sont sur la gauche du temple que nous venons de décrire. Il y avait çà et là dans la cuisine des objets ordinaires , une hache et un trépied.

Le Hiérophante où son Minisire avait rassemblé le trésor de la Déesse et s'enfuyait j mais la mort le suprit a l'entrée de la grande place du théâtre. On ramassa en i8i5 sous son squelette 36o monnaies d'argent , g d'or intactes , et 1^2 de bronze , des vases d'argent , des figures isiarpics très-singulières, des cuillers, des patères , des fermoirs , des petites tasses , toutes d'argent , im beau camée, et des pendans d'oreilles.

Au-dessus de la porte on lisait, sur un marbre :

N. POPIDIVS. N. F. GELSINVS AEDEM. ISIDIS. TERRAE. MOTV. CONLAPSAM

A FVNDAMENTO. P. S. RESTITVIT. HVNC

DECVRIONES. OB lilBERALITATEM

CVAf ESSET. ANNORVM. SEXS. ORDINI. SVO.

GRATIS ADLEG-ERVNT.

Niimérlus Popidlus Celsinus , fils dt? Numé- 7'iiis , ôâtit depuis les fondemens , et à sesfrais^ le temple d'Isis renversé par un tremblement de terre. Les Décurions V ont gratuitement associé à leur corps à cause de sa libéralité ^ quoiquil fût âgé de 60 ans (gS).

Petit temple de Jupiter et de Junon. 1766 et 1768. Un autel de tuf volcanique avec une frise dorique est situé devant le sanctuaire : il est d'un bon style. Il y en a même qui le comparent au sarcophage trouvé à Rome dans le sépulcre des Scipions , et transporté dans le Musée du Vaiican.

Le buste de, Mijierve fut trouvé parmi les simulacres de terre cuite de Jupiter et de Junon .

Les chambres voisines servaient aux prêtres. On y trouva un petit berceau en terre cuite à l'extrémité duquel était fixé le buste d'un enfant, espèce d'ex vota.

Domicile dCun Sculpteur. 1796 et suiv. Des instrumens et des statues ébauchées ou à peine commencées encombraient Vatrium de cette ha-

bitaiion. On y trouva enlr'autres objets une horloge solaire, un morceau de marbre à moitié scié avec la scie encore dedans ; un œuf de marbre pour corriger les poules du vice de rompre les leurs : de la poix dans une marmite, des las de sable , enfin un bassin et un vase de bronze avec des bas-relief.

Sa partie privée se trouve sur un étage plus élevé.

Grand Théâtre. ( Fouillé d'abord en 1764 ; repris ensuite ; et enfin terminé en 1795. ) Sur la porte supérieure on lisait l'épigraphe suivante.

M. M. HOIiCONI RVFVS ET CELER

CRYPTAM TRIBVNAIi. THEATRVM S. P.

AD DECVS COLONIAE.

Lies deux Marcus Holconius Riifus et Celer, firent bâtir à leurs propres frais , pour V embellissement de la Colonie , le corridor couvert , les tribunes et le théâtre.

On trouva des fragmens d'une inscription presque semblable sur la scène.

Ce Théâtre fut donc bâti, à l'époque d'Auguste, aux frais des Rufus. 11 fat ouvert au public ou dédié à Auguste, l'an 22 du tribunat de cet Empereur (96).

Il présente , comme tous les théâtres anciens , la forme d'un demi-cercle , où sont disposés l'un sur l'autre , le long du penchant de la colline , des gradins de marbre qui , recouverts

2o8 de lapis ëlégans et de coussins , servaient de siège aux spectateurs. Il est divisé par des parapets en trois parties horizontales, appelées Caveae. Quelques petits escaliers, qui descendent des portes supérieures ( vojniforia ) le subdivisent en d'autres parties transvei'sales , appelées Cunei à cause de leur forme de cônes. Sur la première cavea, les Décurions, les Augustales ^ et tous ceux qui avaient le droit du biselllnni prenaient place dans les municipium; sur la seconde , les citoyens , et le peuple; sur la troisième , qui est plus élevée , ( summa cavea ) , les femmes. Elles étaient environnées d'un grillage de fer, pour empêcher de ne pas tomber. — Sur le parapet, entre les premières cavea , on voit la place destinée h 31. Holconius Riifus , Flamlne d'Auguste et Patron de la Colonie, comme l'indique une inscription. A côté étaient placées les statues de Néron sans barbe, et ^ uégrippine.

L'endroit du Théâtre que nous appelons \c parterre était nommé orchestre , {^orcho.stra^. C'était la place des principaux Magistrats. Chez les Grecs on exécutait les bals sur un plancher fait exprès. Ainsi les danseuses pouvaient faire parade de la légèreté et de la grâce de leurs mouvemens au milieu même des spectateurs, qui les comblaient d'applaudisseraens et d^éloges.

On remettait à ceux qui gardaient les postes une pièce d'os sur lequel on avait marqué la cavea , le cuneus , le gradin , la place , et le

nom de Y auteur du Drame. On en a trouve dans Pompéi , qui indiquait une tragédie d'Escliylc. Un tel billet coûtait quelque sou.

En face de l'orchestre est le proscenium, où les acteurs, les danseurs, et les mimes jouaient leurs rôles. Il était à 5 pieds de la hauteur du sol. Le siparium descendait par une ouverture de haut en bas , différemment que chez nous , et on y voyait quelquefois dépeint le sujet du spectacle.

Ou découvre vis-à-vis à\i proscenium 7 places dont celle du centre est en forme de demi-cercle ; on peut croire qu'elles étaient destinées aux musiciens appelés Timelici , du lieu de rorchestre où ils étaient employés. Aux deux bouts du proscenium sont deux tribunes, dont l'une était peutêtre pour celui qui dirigeait la musique, et l'autre pour le Président des spectacles.

Au fond, on voit la scène fixe , qui consistait en un mur décoré de plusieurs niches, et autrefois de 6 statues , et de trois ordres d'architecture d'un travail élégant et délicat. Au milieu est la porte appelée Regia , parce que c'était par là que sortaient les principaux personnages du drame : on en voit deux plus petites à ses côtés ( hospitalia ) , pour les rôles secondaires. Derrière la scène ( posiscenium ) , on trouve les chambres des danseurs et des acteurs.

On dressait les tentes ( vêla ) sur des perches situées au sommet du théâtre, pour garantir le peuple des chaleurs excessives du juur. On y ré-

pandait encore avec des macliines ingénieuses des pluies odoriférantes d'eau de safran. Un vasie réservoir qui recevait le canal du Sarne est tout près de là , destiné h cet objet.

La partie inférieure de Pompéi pouvait également se servir de ses eaux.

Ce théâtre , comme tous les autres moiiumens plus élevés de Pompéi, est ruiné et privé de ses marbres à Textrémité supérieure , qui ne put, par son éminence, être entièrement ensevelie par l'éruption.

On trouva près de l'entrée vers la grande place un tas de 699 tuiles plates et 696 creuses.

Odeon, oa théâtre da musique. i^Q>2 Qt I796. Il est à gauche du théâtre , comme le prescrit \itruve: Exeuntihus e Theatro ^ sinistra parte^ Odeum ; ( liv. 5. chap. g. ) Il ne se distingue de l'autre que par sa petitesse et par sa conservation. On donnait dans ce petit théâtre les preuves des drames et l'on y faisait les concours poétiques, où l'on proposait des trépieds pour prix.

Sur le sol est écrit, en lettres de bronze , le nom d'un des deux Surintendans des spectacles. —

M. OCVLATIVS M. F. VERVS II TIR. TRO I.VDIS.

Deux inscriptions nous apprennent que les Duumvirs C. Qainctius fils de Cajus , et M. Porcius fils de Jklcircus , par décret des Dé:u~

rions empruntèrent t argent pour hàlir le théâtre couvert y et f approuvèrent.

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