VDNATIO ET XII. KAL. MAI
MALA ET VELA ERVNT O. PROCVRATOR. EELICITAS.
La famille gladiaiorienne de Numérius Po~ pidius Rufus , donnera le 29 octobre une chasse dans Pompéi ; et le 20 d'avril on mettra les perches et les tentes dans V amphithéâtre. Oclai^ius Procurateur. Vivez heureux.-
Voilà une affiche pour des houtiques , qui étaient à louer avec leurs chamhres supérieures.
INSVLA. ARRIANA
POLLIANA. GN. ALirr. NIGID, MAI.
liOCANTVR. EX. I. IVLIS. PRIMIS, TA.RERNAE
CVM PERGVLIS. SVIS. ET. CAENACVLA
IQVESTRIA. ET DOMVS. CONDVCTuR
CONVENITO. PRIMVM. GN. ALIFf.
NIGIDI. MAI. 5ER.
Cet avvis public en osque , est peint à côté de la maison àlActéon , dite de Saîluste.
EKSVC AMVIANVR. EITVNS. ANTER. TIVRRT. XII. INI.HEI.SARIJSV. PVPH.PHAAMAT.MR.AAEIRIIS.V.
11 annonçait peut-être aux voyageurs , qu'a-
22g Viinl la douzièriie Tour on trouvait l'Auberge de Sarinus. ■ — L'Abbé lannelU croit , qu'on y parle d'un aqueduc, qui venait du iS'rtr/?o à Ponipéi .
Des Soldats enfln , e'crivirent dans la rue secrète du petit tlie'âtre une de leurs aventures avec une certaine Tychc , et y ajoutèrent , sous le consulat de M. Messala, et de L. Lentulus ; (l'an 3 avant J. C. ) Peut-on trouver quelque chose de plus plaisant ?
Toutes les inscriptions sont écrites en rouge ou en noir avec un pinceau. On Jes recouvrait quelquefois de blanc ( album ), et on y écrivait de nouveau.
Menus objets.
( Dans le Musée Royal )>
Tout ce que l'on découvre à Pompéi est transporté à Naples , et c^est le Musée Bourbon qui en est l'héritier.
Allons dans ce dernier. La collection des verres est unique dans l'Europe. Les formes des lasses sont si belles et si délicates , que ni l'Amour , ni les Muses n'en ont jamais présenté des pareilles aux lèvres d'Horace et d'Anacréon.
Cette coupe ressemble à la mammelle d^ Isis^
ce pciii vase de parfanis à un boulon de rose qui s'ouvre, et un verre à ceue ilcur, que Pline appela si bien , le premier essai de la nature occupée à produire le lys.
Voilà le cabinet des commesiihles , et des objets précieux. Ici sont des œufs , des pains , des pâte's^ du grain, des caroubes, des dattes, des amandes , des figues sèches, des raisins secs, des noix, du millet, des pommes de pin, des noyaux de pèches, de l'huile, et du vin condensé dans des amphores de verre , du levain attaché à une serviette , des osselets d^agneau , un œuf d'auiruche, et des coquilles d'escargots; avec des lacets, du fil, des filels , du savon, des flacons empaillés , des draps , du linge qui était dans la lessive. D''or\ des colliers , des anneaux , ( un avec deux mains qui se serrent en signe de fidélité ) , des bracelets , une épingle avec un génie Lacliique pour une initiée d'Isis , des pièces d'étoffe , une bulla, des galons, et des feuilles entassées pour dorer. D'argent ; des bassins , des trépieds ^ des plais, des cuillers, quelque fourchclie, des casseroles avec des bas-reliefs, un passoir pour le vin, des miroirs, des vases figurés, des anneaux, les bas-reliefs delà mort de Cléopâtre, et une agraffe où est gravé un guerrier romain armé de toutes pièces , et le char du Soleil qui précède ses pas. — Un encrier rond de bronze avec de l'encre coagulée , des terres colorées ( avec dQS minéraux ) , une petite meule pour les meltre
en pale, et une palette avec une belle teinture de rose déjà préparée pour peindre.
Voici les chambres des bronzes , avec les ustensiles de cuisine j les vases pour l'eau chaude , les poêles à frire , et les formes pour les peiils pâles. Les trous des passoirs de bouillons sont travaillés avec tant de finesse, qu'ils paraissent brodés sur le voile ; ils sont même argentés. Les anciens se servaient des plus précieux métaux là où. nous employions les plus vils ; éiaient-ils plus magniru|ues et plus polis que nous ? — Parmi les tables en mosaïque, et les pavés de toutes ces salles j les plus admirables sont certainement ceux qui appartiennent à Pompéi et à Herculanum.
On voit ensuite les candélabres, les lanternes avec de petites feuilles de talc , et les lampes. Quelle élégance! Une souris ronge le lumiynon de cette lampe. — Sur une table de bronze marqueté avec des fleurs d'argent , s'élève un petit ]>ilaslre auquel sont suspendues des lampes à ])lusicurs lumières , ornées de têtes de taureaux; un petit Baccbus avec un verre à la main fuit sur une panthère , et un autel fume à quelque distance, — Des lampes ont la forme d^uu escargot : celles-là sont suspendues à un arbre effeuillé. Une était consacrée alsis et au Silence ; une autre à Cupidon. Le petit Dieu la tient dans ses mains et l'éteint ; le sommeil et les
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ténèbres rentraient alors dans la chambre a coucher.
Regardez ces ustensiles sacres et ces vases. Mais quelle foule de petits Pénates ! Trois Sphynx forment un trépied sur lequel était la corbeille mystérieuse.
Ici est une chaise curule , là un biseîlium . On portait par la ville, sur ce lit élégant, l'image îS! Apollon ; ou de Vénus pendant les fêtes d'^donis. Voilh enfin les armes , les bronzes à sonner , ( sonat aes ) , les serrures , les clefs , les cachets, les clochettes pour les animaux , des écrituires avec Fencre condensée, des augets pour des oiseaux, des réchauds ingénieux , et les insirumens de religion, d'agriculture, de musique, cl de chirurgie.
La toilette des Dames, ( que lès anciens appelaient par wornc mandas mnliebrl s) ^ est située près de là. Des peignes , du fard , des miroirs de métal , des cure-dents , des cure-oreilles , des
fuseaux , des épingles, des dés à coudre
Est-il possible? Un artiste ancien a travaillé tous ces objets ? Regarde-les , ô lecteur , et tu diras qu'on les a volés à ta maîtresse. Eh bien, tu sais maintenant que la coquetterie est plus ^ancienne que lu ne l'aurais pu supposer.
Sculptures *
Outre les statues dont nous avons parle , on en a transporte en difTérentes e'poqucs beaucoup d'autres à Naples , parmi lesquelles celles (T Apollon ^ d'une Vénus qui se cliausse un pied après être sortie du bain, de V Abondance ^ de Cérès , et d'un Enfant qui a du raisin dans une main et une oie dans l'autre; un bas-relief d'une Minerve et des Hermès d'un style imitant le grec ancien ; un Apollon de bronze de la hauteur presque naturelle , dans l'attitude de de'cocher le trait fatal , et un Hercule enfant de terre cuite avec une inscription osquedans laquelle il est pcut-eire nomme le meurtrier des dragojis. Enfin un Acteur et une Actrice masqués, monumens très- rares en terre cuite.
La superbe statue de Diane , qu'on voit dans la collection étrusque et grecque ancienne du Muse'e de iNaples, a e'te' retrouvée à Pompéi (99). Elle était colorée en or et en pourpre. Son style est une précieuse imitation de l'ancienne école grecque d'Egine (100).
Les belles et nombreuses statues qui devaient orner le Forum , le temple de Vénus et - les autres monumens , furent ou enlevées après la ruine de Pompéi ^ ou cndomiriagée? par le irciii-
Jjlemenl de terre, elles furent transporte'es dans quelque atelier de Statuaire où il flml espérer de les relrouver un jour. Quel gain immense pour l'antiquiié et pour les ans, si cette idée pouvait une fois se réaliser !
Peintures.
' Les peintures de Pompéi sont à détrempe avec de la chaux, quelquefois, mais rarement h. fresque. Le style est presque toujours gj'ec , pris au plus haut sens du terme. Le dessin est souvent correct et d'une finesse inimitaLle ; le clair- oh acur est Lien entendu ; la composition douce : le nu , r expression, les habits, et les plis d'une grâce et d'une franchise tout à fait propre des anciens. La perspective n'est qu'indiquée.
Les païsages sont touches avec hahilclc , mais pas si finis que ceux des modernes.
Les orncmcns sont des arahesqucs , cl les décorations y d'un goût séduisant , mais hizarre et périlleux. Marcus Ludius ^oiwdiin , en fut le maître au temps d'Auguste, c'est-à-dire dans une époque mémorahle pour la pureté du goût, et pour la perfection des lettres et des arls. On y a représenté des palais que seulement une iniaginalion en délire a pu inventer , et qui scm-
bleni avoir donné la vie aux moniimens mystérieux et enchantés des Maures. Architecture magique , dit Chateaubriand , comme les vieilles poésies des Troubadours , mais que les vcnis peuvent emporter , avec le sahle qui leur servit de premier fondement.
Ici sont dépeints des animaux : plus loin , des fruits. Aux uns, il ne manque que le souffle ; au"s. autres , que le goût.
On y trouve des plantes sauvages , des poulets et deux perdrix , dont une est morte. Rien n'est plus vrai que la perdrix morte. Le raisin , les ligues , les asperges semblent venir d'être cueillis 5 des oiseaux volent pour les héqueter.
On peut voir ces tableaux dans le Musée , ainsi que d^'auires plus beaux encore. Ariadne éveillée sur les rivages d'une île déserte, et le vaisseau de Thésée déjà bien loin. Phryxus sur le bélier, qui tend la main à Hellé qui est tombée dans la mer; Europe sur le taureau couronné de roses ; Psyché avec les ailes de papillon ; 3ïarsias et Olympus ; les Muses avec Apollon , ( on \q,s envoya à Paris en 1802 ) ; un Peintre peut-être la célèbre Lala qui dépeint un Hermès de Bacchus avec la barbe, et deux jeunes filles qui s'arrêtent sur l'issue et la contemplent; Oreste reconnu par Jphigénie dans le Temple de Diane; une Véiuis nue et qui sourit étendue dans une conque , sur les flols; Pénélope , qui refuse le conseil à'Eurynome de s'embellir avant de se montrer
h ses auiaiis ; Sophonlshe qui boit le poison ; une Victoire qui sacrifie à Minerve victorieuse du géant Pallas \ des bambochades ^ des Amours , et partout les Grâces. Elles ne dédaignaient pas d'emLellir même le domicile du pauvre.
Chaque Louiiqiie avait au dehors des e'chanlillons , où des Ge'nies invitaient les acheteurs, en leur montrant les objets qu'on y vendait.
Différens morceaux de peintures qui représentent un Forum avec de lonj^s portiques ornés de colonnes, de festons et de siaïucs, sont extraordinaireraent précieux. On y dlsiinguc les Curies des Magistrats avec des rideaux et des barreaux (le bronze 5 sous les portiques, des honjmes, des lemmes et des eni'ans habillés dinéreiunient , semblent écouter , ou parler , lire , vendre et acheter. On y observe des vendeurs de souliers, de draps ; des victuailles , et des fruits. Des maîtres d^école , et des écoliers punis ; des artistes qui dessinent les statues même du Forain ; des artisans qui travaillent , et d'autres qui badinent, boivent et se promènent; des pauvres qui demandent Taumone ; des chevaux qu'on dresse et des jumens qui ruent. Peintures inléressames qui -officnt de grandes lumières sur le Forum de Pompci et sur ses parties. On les détacha de l'iiabitation de Julie Félix , celle qui, comme nous l'avons vu, louait 900 boutiques, et qui était bi dévouée à Isis , à Priape et au Silence.
Enfin, des Nymplios apporieiu des mets, des vases, une petite corbeille couverte , et des fleurs. Un Centaure prend la fuite , stimule par une Bacchanle qui le monte; et à quelque distance on avait repre'senlé deux Centaures femelles^ l'une surmonte'e d'une Nymphe; et une autre qui en embrassant un jeune homme, chante alternativement avec lui, au son des cymbales et de la Ijre. Ces peintures embellissaient le murs d'une salle à manger, dans la maison de 1)1. Frugius ^ ( voyez pag. 68 ), et sont aujourd'hui au Muse'e. Les chants , les jeux et les danses succédaient aux soupers. On y voyait encore dépeints les exercices des Funambules et c|uelques-unes de ces charmantes Danseuses qui, enveloppées dans des robes légères comme le crêpe , ou demi-nues , au milieu des [larlums d'innombrables fleurs , s'abandonnaient à la joie de mille tendres mouveniens , pendant que l'aslre de Vénus leur prodiguait, des sombres sommets du Vésuve, ses rayons amoureux.
Toutes les peintures étaient dépeintes sur les murs , et exécutées ordinairement par des artistes d'une classe secondaire , et quelquefois sur dea originaux à\\n ordre supérieur. On y observe beaucoup de degrés différens démérite, et parconséquent beaucoup de styles. — Nous ne pouvons terminer cet article, sans faire des vœux,, afin que les artistes modernes , en étudiant mieux la peinture des anciens , atteignent cette précieu-
se immaginatioiî , celle ingénuiië , cl ce goût pnr lequel nos ancêtres seront toujours nos maîtres dans tous les arts.