‹ Pompei et les PoméiensChapitre 2 sur 5 · DIALOGUE · texte numérisé non relu

DIALOGUE

Le libraire. — Ni scc, ni romanesque , ni léger, ni lourd, que vous faut -il donc?

Le voyageur. — Un petit livre exact et consciencieux, à la portée de tout le monde.

Le libraire. — Il n'y en a pas; c'tst d'ailleurs impossible à faire.

L'auteur à part. — Qui sait?...

dS^

Le paysage antique.— Histoire de Pompéi avant et après sa mort.

— Comment elle fut enterrée et déterrée. — Winitelmann prophète. — Les fouilles sous Charles III, sous Murât, sous Ferdinand.— Les fouilles actuelles: M. Fioreili. —Aspect des ruines.

— Ce qu'on y trouve et ce qu'on n'y trouve pas.

Un chemin de fer va maintenant de Naples à Pompéi. Êtes-vous seul? Le trajet dure une heure; vous avez juste le temps de lire ce qui va suivre en interrompant votre lecture pour regarder de loin en loin le Vésuve ou la marine, Teau claire enlacée par la courbe molle des promontoires, une côte bleue qui s'approche et devient verte, une côte verte qui s'éloigne et devient bleue, Castellamare qui pointe et Naples qui fuit. Toutes ces lignes et ces couleurs existaient déjà du temps que Pompéi fut détruite : l'île de Prochyta, les villes de Bajae, de Bauli, de Neapolis et de Surrentum portaient le nom qu'elles ont gardé; Portici s'appelait Herculanum; Torre Annunziata s'appelait Oplonte ; Castellamare , Stables; Misène et Minerve désignaient les deux extré-

mités du golfe. Cependant le Vésuve n'était pas ce qu'il est devenu ; fertile et boisé presque jusqu'au sommet, couvert de vergers et de vignes , il devait ressembler aux pittoresques hauteurs de MontSant' Angelo, vers lesquelles nous roulons; la cime seule, trouée de cavernes et remplie de pierres noires , dénonçait aux savants un volcan « depuis longtemps éteint. » Il devait se rallumer dans une éruption terrible, et depuis lors , constamment, il fume ou flambe , menaçant les ruines qu'il a faites et les villes nouvelles qui le bravent; couchées à ses pieds.

Que vous attendez-vons à trouver dans Pompéi? A distance , l'antiquité paraît énorme ; ce mot de ruines éveille des idées colossales dans l'imagination surexcitée du voyageur. Qu'on ne se crée pas de déceptions : c'est la première règle en courant le monde. Pompéi fut une petite ville de trente mille âmes : à peu près ce qu'était Genève il y a trente ans. Comme Genèveaussi, merveilleusement située, au fond d'une vallée pittoresque , entre des montagnes fermant d'un côté Thorizon, à quelques pas de la mer et d'un ruisseau, fleuve autrefois, qui s'y jette, elle attirait des personnages de distinction , mais était peuplée surtout de commerçants, gens fort aisés, sensés, prudents et probablement hon-

LA VirXE EXHUMÉE. 7

nêtes. Les étymologistes , après avoir épuisé , dans leurs dictionnaires, tous les mots qui consonnenttr^---^ Pompéi , se sont accordés à faire dériver ce nom d'un verbe grec qui signifie envoyer, transporter; d'où ils concluent que nombre de Pompéiens faisaient l'exportation, ou peut-être étaient des émigrants envoyés de loin pour former une colonie. Toutes ces opinions ^ont des conjectures , il est inutile de s'y arrêter.

Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que la ville était l'entrepôt du commerce de Nola, de Nocera, d'Atella. Son port, qui pouvait recevoir une armée navale, abrita la flotte de P. Cornélius. Ce port, cité par quelques auteurs, a fait penser que la mer venait baigner les murs de Pompéi ; quelques guides ont même cru découvrir les anneaux qui retenaient les câbles des galères. Par malheur, à la place que l'imagination des contemporains couvrait d'eau salée , on su;*prit un jour des vestiges d'anciennes constructions; il est donc reconnu maintenant que Pompéi , comme beaucoup d'autres endroits rive- . rains , tenait son port à distance.

Notre petite ville fit peu de bruit dans l'histoire. Tacite et Sénèque la proclament célèbre , mais les Italiens de tous temps ont aimé les superlatifs Vous y trouverez de très-vieilles constructions procla-

mant une origine ancienne, et des inscriptions osques, rappelant l'ancienne langue du pays. Quand les Samnites envahirent toute la Campanie, comme pour la livrer plus facilement à Rome, ils occupèrent probablement Pompéi qui figura dans la seconde guerre samnite (310 ans avant Jésus-Christ), et qui, se soulevant avec toute la valléeduSarno, de Nocera jusqu'à Stabies, repoussa une incursion de Romains et les refoula sur leurs vaisseaux. La troisième guerre samnite fut, comme on sait, une sanglante revanche , et Pompéi devint romaine. Bien que le joug des conquérants ne fût pas très-lourd (les municipes gardaient leur sénat, leurs magistrats, leurs comices et ne payaient qu'un tribut d'hommes en cas de guerre), les populations samnites, affolées d'autonomie, se soulevèrent deux fois encore : d'abord après la bataille de Cannes (elles se jetèrent alors dans les bras d'Annibal ) , puis contre Sylla , 1 2^ ans après : ce qui montre la ténacité de la résistance. Les deux fols , Pompéi fut reprise , la seconde fois en partie démantelée et occupée par un détachement de soldats qui n'y restèrent pas longtemps. Voil\ toute l'histoirede cette petite ville. Les Romains l'habitaient volontiers, Cicéron y possédait une maison dont il parle dans ses lettres. Auguste y envoya une colonie qui fonda le faubourg d'Au-

guste-Félix, administré par un maire. L'empereur Claude eut une villa dans Pompéi : il y perdit un de ses enfants qui périt d'un accident singulier. Cet impérial gamin s'amusait, comme font encore ceux de Naples, à lancer des poires en l'air et à les happer lorsqu'elles retombaient , l'un de ces fruits Vétouffa en s'enfonçant dans sa bouche. Mais les marmots de Naples font ce tour d'adresse avec des figues, ce qui le rend infiniment moins dangereux.

^ Nous allons donc visiter une petite ville soumise à Rome, beaucoup moins que Marseille ne Test à Paris , un peu plus que Genève ne Test à Berne. Pompéi n'avait presque point affaire au sénat ni à Temper^ur. La vieille langue, la langue osque, avait cessé d'être officielle, les autorités commandaient en latin. Les bourgeois de l'endroit étaient citoyens romains, Rome ét^nt reconnue comme capitale et comme patrie. La législation locale était subor-. donnée à la législation romaine. Mais, sauf ces réserves , Pompéi formait un petit monde à part, indépendant et complet. Elle avait un diminutif du sénat, composé de décurions, un abrégé d'aristocratie représentée par ses Augustales répondant aux chevaliers, enfin la plèbe ou le peuple. Elle nommait ses prêtres , convoquait les comices, promul-

guait les lois municipales , réglait les levées militaires , percevait ïes impôts , choisissait enfin ses gouvernants , ses consuls ( les duumvirs rendant la justice), ses édiles, son questeur, etc. Ce n est donc pas une ville de province que nous allons parcourir, mais un petit État qui avait gardé son chez soi dans l'unité de l'empire et, comme on l'a dit également, une miniature de Rome.

Une autre circonstance donne un intérêt particulier à Pompéi. Cette cité, qui n'eut pas de bonheur, avait été rudement secouée, en l'an 63 avant Jésus- Christ, par un tremblement de terre. Plusieurs temples croulèrent, outre la colonnade du Forum, la Basilique, les théâtres, sans compter les tombeaux et les maisons. Presque toutes les familles s'enfuirent, emportant leurs meubles et leurs marbres ; le sénat hésita longtemps avant de permettre que la ville fût rebâtieetledésert repeuplé. Les Pompéiens revinrent; mais les décurions voulurent que la restauration fût un rajeunissement. Les colonnes du Forum se relevèrent aussitôt avec des chapiteaux à la mode; Tordre corinthien-romain, adopté presque partout, changea le style des monuments; les vieux fûts recouverts de stuc furent rhabillés à la diable pour la coiffure nouvelle qu'on leur voulut imposer, les inscriptions osques disparurent. Il en

résulta de lourdes bévues au point de vue de Tart, mais une consonnance qui réjouit ceux qui aiment les monuments et les villes d une seule venue. Le goût y perd, mais l'harmonie y gagne ; vous allez parcourir un ensemble de constructions qui portent leur âge et donnent une idée très-nette et très-vive de ce que devait être un municipe, une colonie romaine, au temps de Vespasien.

On s'était donc mis à rebâtir la ville, et la reconstruction était poussée assez activement en grande partie grâce aux dons des Pompéiens, notamment des fonctionnaires ; les temples de Jupiter et de Vénus (nous adoptons les noms consacrés), ceux d'Isis et de la Fortune étaient déjà debout, les théâtres se relevaient, les jolies colonnes du Forum s'alignaient sous les portiques, les maisons repeuplées s'égayaient de vives peintures, le travail et le plaisir s'étaient ranimés, la vie circulait, la foule se pressait à l'amphithéâtre, quand éclata tout à coup la terrible éruption de 79. Je la décrirai plus tard ; je rappelle seulement ici qu'elle ensevelit Pompéi sous une grêle de pierres et un déluge de cendres. Ce formidable réveil du volcan détruisit trois villes sans compter les villages , et dépeupla le pays en un clin d'œil.

Après la catastrophe, les habitants revinrent ce-

pendant ; ils pratiquèrent de premières fouilles pour déterrer leurs objets précieux; nombre de voleurs s'insinuèrent aussi (nous les surprendons comme sur le fait) dans la cité souterraine. On sait que l'empereur Titus eut un moment l'idée de la déblayer et de la relever : il envoya sur les lieux, à cet effet, deux sénateurs chaft'gés des premières études; mais il semble que le travail ait effrayé ces dignitaires, et que la restauration soit restée à l'état de projet. Rome eut bientôt des soucis plus sérieux que celui d'une petite ville perdue qui disparut bientôt sous les vignes, les vergers, les jardins et sous un bois touffu (notez cetle dernière circonstance), enfin les siècles^s'accumulèrent, et avec eux l'oubli qui couvre tout. Pompéi fut donc comme perdue. Les rares savants qui la connaissaient de nom ne savaient où la prendre. Lorsqu'à la fin du seizième siècle l'architecte Fontana construisit un canal souterrain pour conduire les eaux du Sarno à Torre Annunziata, le conduit traversa Pompéi d'un bout à l'autre, perçant des murs, suivant d'anciennes rues, rencontrant des substructions el des inscriptions ; mais nul ne se douta qu'on eût retrouvé la ville engloutie. Cependant l'amphithéâtre, qui, couvert d'une croûte de terre, formait un fossé régulier, dénonçait une construction antique ; et les

paysans, mieux informés que les doctes, désignaient, d'un nom mi- latin, la Cimta^ conservé par une tradition confuse, les terrains qui s'étaient accumulés sur Pompéi.

Ce ne fut qu'en 1 748, sous le règne de Charles III, lorsque la découverte récente d'Herculanum eut attiré l'attention du monde sur les antiquités enfouies, que des vignerons ayant heurté de vieilles constructions avec leurs pioches et déterré des statues, un colonel du génie nommé don Rocco Alcubierre demanda au roi la permission de pratiquer quelques fouilles de ce côté-là. Le roi y consentit et donna douze forçats au colonel. Ce fut ainsi que, par un heureux hasard, un ingénieur militaire découvrit la ville que nous allons visitér.^Il fallut huit années encore avant qu'on se doutât qu'on exhumait Pompéi ; les savants croyaient avoir affaire à Stables.

Dirai-je l'histoire des fouilles « mal conduites, souvent abandonnées et reprises par le même caprice qui les avait fait abandonner? » Cette opinion est de Barthélémy écrivant, en 1755, au comte de Caylus. Winkelmann, qui assista quelques années après à ces travaux, critiqua fort la lenteur des galériens auxquels ils étaient confiés. « Si Ton y va de ce train, écrivit-il, nos descendants à la quatrième génération trouveront encore à fouiller dans

ces ruines. » L'illustre Allemand ne croyait pas prédire si juste. Les descendants à la quatrième génération seraient nos contemporains, et le tiers de Pompéi n'est pas encore découvert.

L'empereur Joseph II visita les excavations le 6 avril 1796 et se plaignit vivement au roi Ferdinand IV du peu de zèle et d'argent qu'on y employait ; le roi promit de mieux faire et ne tint pas parole. Il n'y eut d'intelligence et d'activité, dans cet immense travail, que pendant l'occupation française; l'État, alors, réalisa l'idée de l'ingénieur Francesco la Vega , homme de sens et de capacité, et acheta tous les terrains qui couvraient Pompéi; la reine Caroline, sœur de Bonaparte et femme de Murât, prit goût aux fouilles et les poussa vigoureusement ; elle y accourait souvent de Naples, à travers six lieues de poussière. En 1813, il y eut jusqu'à quatre cent soixante -seize ouvriers occupés à Pompéi. Les Bourbons revinrent et commencèrent par revendre les terrains achetés sous Murât ; puis, peu à peu, les travaux continués d'abord assez vivement, se ralentirent, se relâchèrent ; de plus en plus négligés, enfin abandonnés tout à fait, on ne les reprit que de temps en temps, devant les têtes couronnées. On les préparait comme les surprises du jour de l'an : on éparpillait tout ce qu'on avait

SOUS la main sur des couches de cendre et de pierre ponce soigneusement recouvertes; puis, à l'arrivée de telle majesté ou de telle altesse, la baguette magique du directeur ou de l'inspecteur faisait sortir de terre tous ces trésors. Je pourrais nommer un à un les augustes personnages qui furent trompés de la sorte, à commencer par les rois des Deux- Siciles et de Jérusalem.

*- Ce n'est pas tout. Non-seulement on ne découvrait plus rien à Pompéi, mais on n'y conservait même pas les monuments découverts. Le roi Ferdinand trouva bientôt que les 25 000 francs consacrés aux fouilles étaient mal employés ; il les réduisit à dix mille, et cet argent s'égrenait en route, en passant par beaucoup de mains. Pompéi retombait peu à peu, n'offrant plus que des ruines de ruines.

Par bonheur, le gouvernement italien établi par la révolution de 1860 vint mettre ordre à toutes ces négligences et à toutes ces iniquités. M. Fiorelli, qui est Tintelligence, l'activité même (je ne dis rien de son érudition, prouvée par de nombreux écrits), fut nommé inspecteur des fouilles. Sous son administration, les travaux, vigoureusement repris, ont employé à la fois jusqu'à sept cents ouvriers. Us ont déterré, en trois ans, plus de trésors qu'ils n'avaient fait dans les trente années précédentes. Tout a été

réformé y moralisé dans la ville morte; le visiteur donne deux francs à la porte et n'a plus à payer les tas de guides, de porte-clefs, de gamins et de men^ diants qui le dévalisaient autrefois. Un petit musée,; établi depuis peu, fournit aux curieux l'occasion d'examiner sur place les curiosités découvertes : une bibliothèque contenant déjà les beaux livres de Mazois, de Raoul-Rochette, de Gell, de Zabn, d'Overbeck, de Breton, etc., etc., publiés sur Pompiéi, permet aux studieux de les consulter dans. Pompéi même ; des ateliers récemment ouverts travaillent continuellement à la restauration des murs lézardés, des marbres et des bronzes ; on y peut surprendre à l'œuvre l'artiste Bramante, le plus ingénieux restaurateur d'antiquités qui soit au monde, et mon ami Padiglione qui, avec une admirable patience et une fidélité minutieuse, découpe un petit modèle en liège des ruines déblayées, scrupuleusement exact. Enfin (et c'est le grand point), on ne travaille plus aux excavations de temps en temps, devant quelquesçrivilégiés, mais devant le premier venu et tous les jours, à moins que l'argent ne manque. J'ai assisté bien des fois pendant de longues heures, assis sur un banc de gravier qui cachait peut-être des merveilles, à ce rude et intéressant labeur dont je ne pouvais détacher mes yeux.

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Je suis donc en mesure de parler sciemment. Je ne dis pas ce que j'ai lu, mais ce que j'ai vu. Trois systèmes, à ma connaissance, ont été employés pour les fouilles. Le premier, inauguré sous Charles III, était le plus simple ; il consistait à creuser le sol, à déterrer les objets précieux et à recombler les fosses : excellent moyen de former un musée en détruisant Pompéi. Ce procédé fut abandonné, dès qu'on s'aperçut qu'on avait affaire à une ville. Le second système perfectionné peu à peu dans le dernier siècle, fut vivement poursuivi sous Murât. On se mit à l'œuvre sur plusieurs points à la fois, et les ouvriers, marchant les uns vers les autres, perçant et coupant la colline, suivaient les rues qu'ils frayaient pas à pas devant eux. C'était déjà procéder mieux ; mais on pouvait beaucoup mieux faire encore. En suivant les rues au ras du sol, on attaquait par le bas le coteau de cendre et de pierre ponce qui les obstruait, et il en résultait des éboulements regrettables. Toute la partie supérieure des maisons, à commencer par les toits, s'écroulait dans les décombres, outre mille objets fragiles qui se brisaient et se perdaient, sans qu'on pût déterminer l'endroit d'où ils étaient tombés. Pour obvier à cet inconvénient, M. Piorelli vient d'inaugurer un troisième système. Il ne suit pas les rues au ras du

sol, mais il les marque par-dessus la colline, et trace ainsi, parmi. les arbres et les terres cultivées, de vastes carrés indiquant les îles souterraines. Nul n'ignore que ces lies {isole, insulx), dans la langue moderne de l'Italie comme dans Tancienne, désignent des pâtés de maisons. L'île tracée, M. Piorelli rachète le terrain qui avait été vendu par le roi Ferdinand I", et cède les arbres qu'il y trouve*.... Le terrain étant donc acheté et la végétation écartée, les travaux commencent. On enlève la terre au sommet de la colline, et on la transporte sur un chemin de fer qui, du milieu de Pompéi, par une pente qui épargne les frais de machine et de charbon, descend déjà bien loin au delà de l'amphithéâtre et de la ville. Ainsi se résout la question la plus grave, celle des déblais. On en recouvrait autrefois les ruines, on en forma plus tard une montagne, on en construit maintenant le chemin de fer qui les emporte, et qui peut-être un jour les jettera dans la mer.

Rien de plus vivant que le travail des fouilles. Les hommes bêchent la terre, et des nuées de jeunes filles accourent, sans interruption, leur panier à la main. Ce sont d'alertes campagnardes racolées

1. L'argent qu'il en i étire sert à former la bibliothèque pompéienne dont j'ai parié plus haut.

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dans les villages voisins, la plupart ouvrières des fabriques fermées ou assoupies par renvahissement des tissus anglais et par la hausse des cotons. Nul ne se fût douté que le libre échange et la guerre d'Amérique eussent fourni des ouvrières à Pompéi. Tout se tient main tenant dans ce vaste monde. Elles accourent donc, remplissent leurs paniers déterre, de cendre et de lapillo, les chargent sur leur tête, avec Taide des hommes, d'un seul mouvement vif et prompt, et s'en vont ainsi, par groupes incessamment renouvelés, vers le chemin de fer, en se croisant avec leurs compagnes qui en reviennent. Trèspittoresques dans leurs haillons troués aux vives couleurs, elles marchent à grands pas dans de longues jupes qui dessinent les mouvements de leurs jambes nues et qui ti emblent au vent derrière elles, tandis que leurs bras, avec des gestes de canéphores, soutiennent sur leur tête la lourde charge qui ne les fait pas fléchir. Tout cela n'est point en désaccord avec les monuments qui apparaissent peu à peu sous la terre, à mesure que le sol s'abaisse. Si les visiteurs étrangers ne troublaient pas de loin en loin cette harmonie, on se demanderait volontiers, au milieu de ce paysage virgilien, parmi les festons de vignes, en face du Vésuve fumant, sous le ciel antique, si toutes ces tilles laborieuses qui vont et

viennent ne sont pas les esclaves de Pansa l'édile ou du duumvir Holconius.

Nous venons de parcourir l'histoire de Pompéii^ avant et après sa mort. Nous allons maintenant et trer dans la ville. Mais, avant tout, un avertisse ment. Ne vous attendez pas à trouver des maisot ou des monuments qui soient debout et couvai comme le Panthéon de Rome ou la Maison carrée i Nîmes. Vous seriez tristement déçus. Figurez-vou| plutôt une petite ville à constructions basses, àru€ étroites, qui aurait brûlé tout entière dans une nuitî" Vous allez la visiter le lendemain de l'incendie. L^ étages supérieurs ont disparu les plafonds ont croulé ; tout ce qui était en bois, planches et poutres, est en cendres; tout estdécouvert, plus de toitures ; dans ces bâtisses qui furent autrefois des habitations privées ou des édifices publics, vous vous promenez partout sous le ciel. Si une pluie survenait, vous ne sauriez où vous mettre à l'abri. C'est comme une ville en construction dont on n'aurait encore élevé sur le sol que le rez-de-chaussée. Voici une maison : il n'en reste que les murs inférieurs sur lesquels rien ne pose : vous diriez de loin un assemblage de paravents disposés pour une comédie de salon. Voici une place publique, vous n'y trouvez que des bases, des appuis qui rie por-

Travail des fouilles daus une ruelle de Pompéi.

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LA VILLE EXHUMÉE. â7

at rien, des fûts de colonnes sans galeries, des édestaux sans statues, des pierres muettes : le vide

le néant. Je vous conduirai dans plus d*un Ddple ; vous n'y verrez qu'un tertre en maçonnee, les murs latéraux et le mur du fond; mais pas } portique, plus de façade : où est Fart, où est le ieu? Les ruines de votre écurie, dans mille ans ici, ne seraient pas plus nues. Des pierres parmi, du tuf, des briques, de la lave , çà et là quelues plaques de marbre et de travertin, puis des races de destruction, peintures effacées, pavés dis* )ints, crevasses et lézardes; puis des traces de déouillement, car tous les objets précieux ont été pansportés au musée de Naples et je ne pourrai eus montrer que la place où furent le Faune, le larcisse, la mosaïque d'Arbelles et le fameux vase )leu. Voilà Pompéi pour le voyageur impatient qui rient y chercher Paris, ou du moins des ruines arrangées à l'instar de Paris, la tour Saint- Jacques, m exemple.

Vous direz, ami lecteur, que je vous désenchante, ^u contraire, je préviens votre désenchantement. Ne vous préparez pas des déceptions par des espérances intempérantes, ou par des prévisions mal fondées : voilà tout ce que je demande à votre jugement. Ne venez pas chercher ici les fastes de la

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grandeur romaine.Cesontd'autres impressions qi vous attendent à Pompéi. Ce que vous allez voi c'est une ville entière, ou du moins un tiers ville ancienne éloignée, détachée de toute ville m< derne et formant quelque chose de complet et d' sole que vous ne trouverez nulle autre part. Ici, p de Capitole rebâti, ni de Panthéon consacré au Di catholique, ni d'Acropole couronnant une cité h varoise ou danoise, ni de Maison carrée transfoi mée en salon de peinture et décorant un bouleva! contemporain. A Pompéi, tout est antique et vieux au moins de dix-huit siècles : le ciel d'abord, le paysage, lamarine, puis l'œuvre de l'homme, ravagée sans doute, mais non transformée par le temps. Les rues ne sont pas repavées, les hauts trottoirs qui les bordent n'ont pas été abaissés pour les pié-j tons de notre temps, nous marchons sur les pierres que foulèrent jadis le marchand Séricus etTesclave! Épaphras. En entrant dans ces ruelles, nous quittons forcément l'année où nous sommes et lequar-| tier que nous habitons : nous voilà transportés dans un autre âge et dans un autre monde. L'antiquité nous envahit , nous absorbe, et, ne fut-ce qu'une heure, nous revivons Romains. Ce n'est pas tout. Je lai déjà dit souvent, le Vésuve n'a pas détruit Pompéi, il Ta conservée. Les constructions

^xliTimées se dégradent à l'air en quelques mois >lus qu'elles n'avaient fait sous la cendre en dixîiiit siècles. En sortant de terre, les murs peints reparaissent vifs et frais, comme si leurs peintures lataient d'hier. Chaque paroi devient ainsi comme ane page d'archéologie illustrée, nous dévoilant quelque point ignoré des mœurs, des costumes, des habitudes intimes, des croyances et des traditions, et, pour tout dire en un mot, delà vie antique. Les meubles qu'on retrouve, les objets d'art ou les ustensiles de ménage nous confient les secrets de la maison; il n'est pas un panneau vu de près qui ne nous dise quelque chose. Tel pilier a conservé l'inscription marquée à la pointe d'un couteau par un Pompéien qui n'avait rien à faire ; tel pan de muraille, daus la rue, destiné aux affiches, exhibe en grosses lettres l'annonce d'un spectacle, ou proclame la candidature d'un citoyen aux charges disputées de l'Étit. Je ne dis rien des squelettes, dont les attitudes racontent d'une façon saisissante les horreurs de la catastrophe et les luttes acharnées du dernier moment. Entin, pour qui sait voir, chaque pas est une surprise, une découverte, une confidence obtenue sur la vie publique et sur la vie privée des anciens. Muettes au premier regard, toutes ces pierres consultées parlent bientôt , se

confessent à la science, à Timagination qui les comprend à demi-mot; elles disent peu à peu tout ci qu'elles savent et tout ce qui se passait de mystérieux et d'étrange sur ces mêmes pavés, sous ce même ciel, dans ces temps miraculeux, les plus beaux de l'histoire, le huitième siècle de Rome et le premier de Jésus-Christ.

(JS^

L'auberge de Diomède. — La niche de Minerve. — Aspect et monuments du Forum. — Le temple antique. — Les ex-voto des païens. — La Bourse et la petite Bourse. — Le Panthéon : temple, abattoir ou auberge? — La cuisine et la religion. — Le temple de Vénus. — La Basilique. — Inscriptions des passants sur les murs. — Le Forum reconstruit.

En débarquant à la station , déjeunez d'abord à Isipopina de Diomède : c'est une auberge contemporaine qui a pris un nom antique pour faire plaisir aux voyageurs. Vos forces restaurées, vous gravirez le coteau de cendres et de déblais qui vous cachent les ruines ; vous donnerez vos deux francs au bureau et vous passerez par le tourniquet du contrôle, assez étonné de se trouver là. Ces formalités accomplies, vous n'avez plus rien de moderne à subir, si ,ce n'est la compagnie d'un guide en uniforme militaire, qui vous escorte pour vous surveiller (surtout si vous appartenez au pays de lord Elgin), mais nullement pour vous rançonner. Des écriteaux vous défendent, dans toutes les langues connues, de lui

offrir une obole. Vous entrez en pleine vie antique ; vous êtes Jîbre comme un Pompéien.

La première chose qu'on aperçoit est une arcade et une niche de madone. Sous l'arcade, s'ouvrent de vastes magasins qui servaient probablement d'entrepôt. On entre dans une rue montante et pavée, on passe entre le temple de Vénus et la Basilique et Ton arrive au Forum. C'est ici qu'il faut s'arrêter.

A première vue, Ton n'y distingue qu'un carré long, fermé au fond par un tertre régulier qui s'élève eiltre deux arcades ; des allées latérales s'allongent à droite et à gauche, entre des fûts de colonnes et des édifices délabrés. Çà et là , quelques pâtés de pierres indiquent des autels ou des bases de statues absentes. Le Vésuve, toujours menaçant, fume au fond du tableau.

Regardez mieux, les colonnes cannelées sont en pierre de Caserte, en tuf ou en briques, revêtues de stuc, et élevées de deux marches au-dessus de la place. Sous le degré inférieur, court le canal. Ces colonnes supportaient une galerie sur laquelle on montait par des escaliers étroits et roides que le temps a conservés ; cette galerie supérieure devait être couverte. Les femmes s'y promenaient. Un second étage de colonnes, probablement interrompt!

devant les monuments, reposait sur l'autre. Hazois a reconstruit cette colonnade à deux ordres superposés, dorique en bas , ionique en haut , avec une exquise élégance. Le pavé de la place sur lequel on marche encore était en travertin. Voici déjà le Forum qui se relève.

Voyons les ruines qui Tentonrent. Ce tertre au fond était le soubassement d'un temple, dont la petitesse frappe au premier coup d'œil le nouveau venu. Tout le monde ne sait pas que le temple, chez les anciens, loin d'être un lieu de réunion pour les pieuses multitudes , n'était en réalité qu'une niche agrandie , renfermant la statue qu'on adorait. La maison sainte n'accueillait qu'un petit nombre d'élus convenablement purifiés, la foule restait dehors. Ce n'était pas le palais ^ mais la cellule du dieu. Cette cellule (cella) fut d'abord tout le temple ; elle était juste assez grande pour contenir la statue et l'autel. Peu à peu, elle s'orna d'un portique antérieur, puis d'un portique postérieur, puis de colonnades latérales, arrivant ainsi, d'embellissement en embellissement, aux riches élégances de notre Madeleine. Mais jamais les proportions de qos cathédrales ne furent adoptées par les anciens. Aussi le christianisme s'appropria-t-il rarement les temples grecs ou romains pour son culte. 11 préféra les

vastes basiliques , dont le nom royal prit un sens religieux.

Voici comment les Romains bâtissaient leurs temples. L'augure, c'est-à-dire le prêtre qui lisait l'avenir dans le vol des oiseaux, traçait dans le ciel, avec son bâton court, un vaste carré qu'il marquait ensuite sur le sol. Aussitôt des pieux étaient fichés sur les quatre lignes, et des draperies tendues entre les pieux. Au milieu de cet espace {Varea, l'enceinte du temple), l'augure dessinait une croix, la croix augurale , désignant les quatre points cardinaux : la ligne transversale fixait la limite de la cella; le point où les deux branches se rencontraient était la place de la porte; la première pierre se posait sous le seuil. Nombre de lampes allumées éclairaient ces cérémonies. Après quoi, le prêtre suprême, le Pontifex maximus^ consacrait Yarea, qui, dès lors, devenait immuable; si elle croulait, il fallait la reconstruire à la même place; le moindre changement, fût-ce pour l'agrandir , eût été regardé comme une profanation. Ainsi avait été consacrée la maison du dieu qui se dresse devant nous, au fond du Forum.

Gomme la plupart des temples romains, cet édifice est élevé sur un soubassement (podium) et tourné au nord. On y monte par un perron que coupe, au centre, une plate-forme où se dressait

peutrêtre Tautel *. Sur le podium, il reste des vestiges de douze colonnes qui formaient le portique antérieur ou le pronaos : douze colonnes, ai-je dit; trois de chaque côté; six de face (toujours un nombre pair aux façades , afin qu'une colonne centrale ne masque pas la porte et qu'on puisse arriver librement au temple parTentre-colonnementdu milieu). A droite et à gauche du perron, des piédestaux portaient autrefois des statues probablement colossales. Derrière le pronaos onreconnattlaplace où fut la cella; il n'en reste que le pavé en mosaïque et les murs. Des traces de colonnes permettent de reconstruire richement ce sanctuaire. On y peut élever (et on Ta fait sur le papier) deux colonnades : la première d'ordre ionique , supportant une galerie ; la seconde d'ordre corinthien, soutenant le plafond léger en bois peint qui n'existe plus. Les murs vêtus de stuc offrent encore de jolies peintures décoratives. Trois petites chambres souterraines, de construction très-solide, contenaient peut-être les archives et les caisses de l'État, ou toute autre chose.

1. D'autres, croyant que cet édifice était un senaculum , supposent que cette plate-forme servait de trtbune aux harangues. Une fois pour toutes, ce n'est point ici le lieu de discuter; j'admets, sur la destination des monuments, l'opinion commune.

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De quel dieu visitons-nous maintenant la maison? De Jupiter, dit l'opinion commune, sur la foi d'une statue colossale dont on a trouvé des fragments qui pouvaient convenir à l'image du roi des dieux. De Vénus, pensent les autres, car Vénus était la patronne de Pompéi. Nous retrouverons souvent le nom àe cette déesse. Divers membres détachés en pierre et en bronze, qui ne sont pas brisés à l'extrémité , comme s'ils appartenaient à quelque statue, mais polis sur toutes les faces et taillés de m anière à pouvoir être suspendus, ont été retrouvés dans ces débris : c'étaient des offrandes votives.

Des deux côtés du temple de Jupiter (c'est le nom généralement accepté ) s'élèvent , comme j'ai dit , des arcades. Celle à gauche est une porte voûtée qui, trop avancée et trop basse, ne répond pas à l'autre et dérange, on ne sait trop pourquoi, la symétrie de cette partie du Forum. L'autre arcade est évidemment une porte triomphale; il n'en reste que la carcasse en briques, des niches et des traces de demi-colonnes ; mais il est facile d'y replacer les marbres et les statues qui devaient décorer ce monument d'assez mauvais goût. Tel était le fond du Forum.

Quatre édifices considérables se suivent sur le coté oriental de cette place publique ; ce sont, en

allant du sud au nord, le palais d'Eumachia, le temple de Mercure, la salle du Sénat et le Panthéon.

Qu'est-ce que le palais d'Eumachia? Une inscription retrouvée en cet endroit dit ceci : « Eumachia , prêtresse publique , en son nom et au nom de son fils, a érigé à la Concorde et à la Piété auguste , un Chalcidique , une crypte et des portiques. »

Qu'est-ce qu'un Chalcidique ? Graves et longues discussions à ce sujet parmi les savants. Ils se sont accordés cependant sur un point, que ce devait être une sorte de construction inventée à Chalcis, ville d'Eubée.

Quoi qu'il en soit, ce palais très-dépouillé offre une vaste galerie ouverte, qui était assurément le portique annoncé plus haut. Autour du portique, régnait sur trois côtés une galerie fermée qui devait être la crypte. §ur le quatrième côté , c'est-à-dire devant l'entrée qui fait face auForum, s'avançait une sorte de porche, un large vestibule extérieur : c'était là probablement le Chalcidique.

L'édifice est curieux. Derrière le vestibule , se présentent deux murs non parallèles, dont l'un suit Talignement du Forum, et l'autre celui du portique intérieur. L'espace entre ce double mur est utilisé ; quelques magasins s'y cachent. Ainsi l'irrégularité

du plan est non-seulement corrigée, mais exploitée; les anciens étaient d'habiles gens. Ce portique s'appuyait sur cinquante-huit colonnes entourant une cour. Dans la cour, une grande pierre mobile, conservée avec l'anneau qui devait la soulever, couvrait une citerne. Au fond du portique, dans un hémicycle , se tenait une statue sans tête : peut-être la Piété ou la Concorde, à laquelle était consacré tout l'édifice. Derrière l'hémicycle s'enfonçait comme une niche carrée entre deux portes dont Tune, peinte sur le mur pour la symétrie , est un document utile et curieux. Elle est partagée en trois panneaux étroits et longs et munie de l'anneau qui aurait dû servir à la tirer. Les portes manquent partout à Pompéi, parce qu'elles étaient en bois, et qu'elles furent conséquemment consumées par le feu; aussi, cette peinture a-t-elle comblé de joie les savants : ils savent maintenant que les anciens s'enfermaient chez eux par des procédés exactement pareils aux nôtres.

Entre les deux portes , dans la niche carrée , la statue d'Eumachia (ou du moins une reproduction de cette statue) est encore debout sur son piédestal. C'est une femme de haute taille qui paraît triste et malade. Une inscription nous apprend que la statue fut érigée en son honneur par les foulons. Ces

artisans formaient à Pompéi une corporation respectable, et nous irons visiter la manufacture où ils travaillaient. Tout s'explique maintenant : l'édi- Ijce d'Eumachia devrait être le palais de l'Industrie. C'est ici la Bourse pompéienne qui se tenait en été dans le portique, en hiver dans la crypte ; le tribunal de commerce siégeait dans l'hémicycle, au pied de la statue de la Concorde, élevée là pour apaiser les querelles entre les négociants. Dans la cour, les gros blocs de pierre encore debout étaient les tables où reposaient leurs étoffes. La citerne e^ les cuves servaient à les laver. Enfin le Chalcidique était la petite Bourse, et les niches qui s'y voient encore devaient être les tribunes des jurés crieurs. Mais, qu'y avait-il de commun entre ce marché, ce comptoir de foulons et la mélancolique prêtresse? La religion entrait partout, même dans l'industrie et le commerce. Une porte secrète mettait en communication l'édifice d'Eumachia avec le temple voisin. Ce temple, celui de Mercure (pourquoi de Mercure?) ou de Quirinus (pourquoi pas de Mercure?) forme aujourd'hui un petit musée de débris précieux, l'entrée en est fermée par une grille, à travers laquelle on voit suffisamment le bas-relief del'autel, représentant un sacrifice. Un personnage, dont la tête est à moitié voilée, préside à la céré-

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