L'amphithéâtre ^p
combats d'animaux entre eux, par exemple un ours contre un taureau, une lionne contre un cerf, un tigre contre un ours ; on y voyait aussi les préparatifs d'un combat de gladiateurs : deux gladiateurs à demi armés sont debout : le maître des jeux, avec sa baguette, marque les places des combattants : 1 un des gladiateurs, à gauche, sonne dans une grande trompette recourbée l'annonce du combat; celui de droite, assisté de deux servants reçoit de l'un son casque, de l'autre une épée. A gauche, deux gladiateurs assis attendent leur tour. A chaque extrémité du tableau une Victoire ailée tient une palme et présente la couronne destinée au vainqueur. L'ne autre peinture provenant probablement aussi de l'am-
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phithéâtre représente deux gladiiiteurs dont liin, grièvement blessé au bras d'où le sang coule, a laissé tomber son bouclier ; son adversaire se prépare à lui donner le coup de grâce si l'intervention des spectateurs ne s'oppose pas à l'issue funeste du combat tîg. 5,3. p 97 .
Un autre monument de Pompéi, le tombeau d'Umbricius Scaurus, a fourni, sur les combats de l'amphithéâtre, des renseignements pleins d'intérêt. Ce sont des bas-reliefs découverts en 181:;. Peu à peu effrités et finalement entièrement (l('lruils. ils rcjirésentaient des combats de gladiateurs et d'animaux, souxenir des jeux donnés à l'occasion des funérailles de cet im])ortant personnage. Les gladiateurs y figuraient avec indication de leurs noms et du nf)mbre de victoires qu'ils axaient remportées. Bebrix. quinze fois vainqueur, est opposé à Nobilior qui compte (mze victoires, sous les regards de deux gladiateurs victorieux lun quinze fois, l'autre trente fois. Ces bas-reliefs que nous ne pouvons décrire ici en détail, figuraient six groupes de combattants sous les armes et dans les attitudes les jdus variées C'était une image vivante de ces jeux cruels. 11 est regrettable c|ue les originaux aient disparu i Icureusonent .Mazois nous en a transmis un lrè> bon dessin In de ces gladiateurs a laissé tomber son bouclier et semble prêt à fuir, action honteuse qui, à l'occasion de ce fait même ou d'un autre semblable, a été consignée dans un graffite de Pompéi gravé sur un mur de l'aile gauche du petit atrium de la maison tlu Centenaire 111. 7, 6 ; ce graffite offre en outre cet intérêt qu'il est daté de l'an 15 ajirès J -C. : Oj/hiosiis a fui le 6 novembre, sous les consitltits de Dnisiis César et de M. Jiiniits Norbamis. Une mention semblable, mais non datée, a été relevée dans la maison lie Siricu^ W . 1. 17 : Polvciirptts a fui.
Sur le même tombeau figuraient de curieux et intéressants comliats d'animaux entre eux et de bestiaires et d'animaux, combats souvent mentionnés dans les programmes sous le nom île vemitio (chasse . On y voyait les animaux les jdus xariés : des lions, des panthères, des sanglier.s, des loups, des chiens, des cerfs, des taureaux, des gazelles, une l)anthère et un taureau attachés l'un à l'autre par une corde assez longue jjour leur laisser la liberté des nnjuvements ; l'imjiossibilité de la fuite devait porter au plus haut point la fureur de ces animaux.
Les graffites i)rouvent ipie le ])euple attachait à ces jeux un grand intérêt : on y voit par exemple que Félix combattra contre les ours. qu'Auctus de la troupe de Julius a triomphé cinquante fois, que Severus vient de remporter sa cinquante-sixième victoire. <iue M. Vinicius Vitalis et Q. Petronius Octavus ont obtenu leur congé, que Mansuetus promet.
LA PALESTRE. — L'AMPHITHEATRE
s'il est vainqueur, de faire hommage de sa palme à ^'énus ; celle ci, d'ailleurs, semble favoriser les gladiateurs : Celadus, l'un d'entre eux, est appelé : siipiriitm piicllariiin et dccits piiellariim.
Les programmes de spectacles peints sur les murs nous fournissent de nombreux renseignements relatifs aux jeux de l'amphithéâtre. On y apprend la nature du spectacle, combien de couples de gladiateurs combattront, à quelle troupe appartiennent les combattants. De riches particuliers, souvent des duumvirs, entretenaient à leurs frais ou recrutaient pour le spectacle qu'ils devaient offrir des troupes de gladiateurs que
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l'un appelait /'(7/»///j gladiatoria . Ceux qui entretenaient des troupes permanentes en tiraient sans doute du profit en les louant. On connaît les troupes de JM. Festins Ampliatus, de Cn. AUeius Nigidius Maius qui habitait la maison de Pansa, de O. Monnius Rufus, de M. Popidius Rutus, de D. Lucretius Satrius \'alens, flamine de Néron, et de son fils, d'Aulus Suettius Certus. Il y avait aussi une troupe de Xeroniani et de Juliani. Les programmes indiquent encore que le vélum sera tendu, vela cnint. comme on le voit sur la peinture qui représente l'amphithéâtre [Hist. Vie priv., fig. 4, p. 7), et que l'on fera des aspersions d'eaux, sparsïoncs, ce qui peut aussi signifier des largesses au peuple ; c^uelquefois aussi on annonce des illuminations.
Mais quittons, pour revenir au monument lui-même, l'arène et les hommes qui, afin d'amuser le peuple, y livTaient des combats souvent mortels.
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Tout autour du podium, les gradins s'élevaient jusqu'au sommet de l'édifice fig. 52, p. 95). Afin d'éviter les frais d'un mur très élevé comme celui du Colisée on avait creusé en cuvette le sol qui, jusqu'à une certaine hauteur, formait une pente sur laquelle les gradins s'étageaient ; à la ])artie sujjérieure les gradins s'ap])uyaient à un mur circulaire soutenu par une série d'arcades fig. 54, p. 99 . Ces gradins ne furent pas placés de suite et les deux magistrats qui donnèrent à leur ville ce monument l'ont livré avec des pentes de gazon sur lesquelles le peuple s'arrangeait de son mieux ; les gradins inférieurs sans doute a\'aient été seuls construits. Mais, peu à peu. l'édifice s'acheva; en effet, des inscriptions gravées sur le sommet du podium apprennent que des duumvirs et des édiles, au lieu de donner les jeux par lesquels il était d'usage de remercier le peuple après l'élection, employèrent l'argent à faire placer dans l'amphithéâtre une ou plusieurs sections de gradins. ],a ]ilui)art de ces inscriptions existent encore.
Comme dans les deux théâtres, les gradins de l'amijUithéâtre étaient divisés horizontalement en trois cavea séparées par des passages ou précinctions et, verticalement, en tv/z/c/ limités par des escaliers (fig. 52, p. 95). Les gradins du bas, ceux de lima cavea, plus larges et moins élevés que les autres devaient recevoir des tapis, des coussins ou des sièges. Dans la partie centrale de l'ima cavea, en face de la porta lib/tuiftisis, un espace fermé contenait des gradins jilus larges encore sur lesquels on pouvait ])lacer le biscll liiin. siège à deux places au([uel avaient dmit certains magistrats et que le conseil des décurions décernait à des personnages qu'il \oulait honorer. Au milieu de cet espace fermé, le second degré était interrompu sur une longueur de 3 mètres. C'est l'endroit réser\é au siège du jiersonnage qui ])résiilail le spectacle voy. sur notre %■ 52, P- 95. il droite .
La plus basse cavea comptait cinq gradins : celle du milieu douze, la summa cavea dix-huit. En haut de la snnmia cavea un ])romenoir large de toute 1 épaisseur du mur faisait le tour de l'édifice. .Sur ce i)romenoir s'éle\ait un mur auquel s'apjiuyait une voûte construite de manière à laisser, et à l'intérieur du côté des gradins et à l'extérieur, un i)romenoir assez large pour permettre une circulation facile ; ce mur était percé de portes correspondant aux escaliers des cunci 'voy. fig. 52. p. 95; 54, p. 99 et la voûte supportait une série de petites loges sans doute réservées aux femmes qu'un décret d'Auguste reléguait tout en haut de l'amphithéâtre.
On accédait à cette terrasse non jiar l'intérieur mais jiar cinq escaliers