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de là se dislribuait dans les iiuarlicrs environnanls voy. fig. 69. p. 1261. Deux larges rainures ménagées dans ces colonnes abritaient le tu3-au de montée et le tuyau de descente. Des tuyaux plus petits sembranchaienl sur les plus gros par Tintermédiaire de petites caisses carrées, en plomb comme les tuyaux 'I\\ 12. 28 . En face de la petite porte de la maison des Vettii, on voit, dans le trottoir laissé ouvert à dessein au pied d'une colonne, rembranchement de nombreux tuyaux en face VI, 15, 26 . Un peu partout, dans Pompéi, les tuyaux de plomb sont à découvert (I, 4. 20: II, 6, 7; II, 4, 17 etc., etc.l Ils courent parallèlement sur les deux trottoirs entre I\', 10 et 1\', 131 ou côte à côte sur le même I, 4, 21,; VI, 13. entre 12 el 15: I\', 10, 8-9), sortent de sous terre au bord du trottoir {IV. 10, 91, le gravissent iIV, 11, i), longent les murs des maisons IV. 12, 23, 24. 28 . passant dessous dV, 10. g; IV, 3, 25; VI, 15. 41 ou le traversant IV. 3, 241 ou encore entrent simplement dans la maison i)ar les fauccs II. 4. 15: \', i. i S ; lY . 12, 281. Des tuyaux jdus petits se détachent pour gagner les péristjdes I, 3. 3 ; II, 4, 4, ou les autres parties de la maison (II, 4, 17 , alimenter les fontaines et les petites statues des impluviums et des bassins (VI, 15, i) entrer même dans les colonnes des atriums (ui des péristjdes pour en ressortir en jets d'eau (VI. 15, I ; II, 4, 15 ; II, 4. 4; II, 12. '.'.8;. Des clefs livrent ou ferment le passage à l'eau, souvent dissimulées sous le cartibulum (IV, 12, 28 . Les tuyaux se déversent dans les cuves \'l. 14, 22; i\', i, 471, les piscines, les fontaines jjubliques. Ces fontaines sont voisines des colonnes; leur modèle est uniforme fig. 70, \). 127 sauf une dont la vasque est semicirculaire iprcs IV. 4, 32 : elles se composent d'une vasque carrée que domine un cippe orné de sujets divers par où l'eau s'échappait : tètes de 31inerve, de 3léduse, de Mercure, d'Apollon, de la déesse Salus, de lion, de tigre, de taureau, de renard : masc|uc tragique. Silène et son outre, coq posé sur l'urne, aigle enlevant un lièvre, gourde avec sa courroie, trois cercles concentriques. Les plus anciennes fontaines sont en tuf, le grand nombre en calcaire de l'époque romaine, deux en marbre au coin de IV. 4, 32; ])rès de IV, 15, i , Devant le tem])le de Ju])iter .^lilichios (I, 7, 28 et rue de Xola (V, I], deux bornes fontaines, sans bassin, sont protégées par un chasse-pierre 'fig. 38, p. 69 .
Les arcs de triomphe de Tibère au Forum et de la rue de 31ercure ont été utilisés comme colonne d'ascension pour les eaux. Au pied de l'arc de la rue de .Mercure, subsistent les restes de deux fontaines en marbre 'fig. 71, p. 128J.
En haut de la ville, à la porte du A'ésuve, on a décou\ert en 1902 un
château d'eau alimenté par un aqueduc (fig. 72, p. 12g, région VI). On n'en a pas encore suivi la canalisation. — Il faut, a dit Vitruve, construire à l'entrée de l'aqueduc, dans la ville, près des remparts, un château d'eau à trois émissaires de chacun desquels part un tuj^au, le trop-plein des deux émissaires de côté doit se déverser dans celui du milieu destiné aux lavoirs et aux fontaines jaillissantes : l'un des deux autres sera réservé aux bains, le troisième aux particuliers. — Le château de la porte du Vésuve ne devait pas fournir une grande quantité d'eau ; cependant il est de tout point conforme au précepte de Vitruve. Dans l'intérieur, au-dessus de la bouche d'entrée de l'aqueduc, une peinture représente le génie de l'aqueduc et, avec lui, trois njrmphes ; sans doute les nymphes des sources qui l'alimentaient.
Avant de gagner les émissaires, l'eau passait pardessus deux petits murs
qui retenaient les sables et les impuretés lourdes. Ce château desservait sans doute les quartiers bas, près de la porte de Stables.
Près du Forum, un réservoir (IV, 5, 17-18) était prêt, en cas d'accident ou de grosse réparation aux aqued es, à fournir sa réserve.
Des autels permanents, dédiés uns. Lares piiblici ou aux divinités protectrices, s'élevaient dans les rues (fig. 73, p. 131). L'un d'entre eux (III, 7, a) porte le nom de la déesse Sahis. Un autre (IV, i, près 41) est formé d'une meule de moulin renversée. Au-dessus des autels figuraient des peintures de divinités. Quelquefois, ces peintures tenaient lieu d'autel : telles, au coin de la rue de l'Abondance (II, 3, 11), les! images des douze grands dieux, un buste de Minerve (III, 2 19), une niche et.
Fig
Autel dans une rue de Pompéi (p. 131, 132)
entre les deux serpents, un autel peint iIII. 2, 12 . Jupiter peint au foml d'une niche IV, 4. 17 Près des autels, un banc invitait les passants au repos (%. 73. p. 131 : II. 2, 35; 1\', 7, 22: I\", 2. 22 Ces laraires publics prenaient aussi la forme d'une petite chapelle II, 4. 34: \'I. S. 14 .
La rue de l'.K^bondance se rattachait au Forum : des gens riches y habitaient; ses boutiques devaient être luxueuses surtout du côté sud. Interdite aux voitures, elle avait, comme la rue de Mercure, un aspect aristocratique, plus animé cependant fig. 74. ]i 133: voir la rue de Mercure. Hist. Vie pr.. fig. '. i. p 47 et plus haut. fig. 36. p. 62 : 71, p. 128 . Plus elle avance vers l'out-si. plu^ la rue de Nola fig. 37. p. 67; 75. p. 132 devienc aristocratique
Le vilain quartier de Pompéi. mal fréquenté, aux maisons suspectes, est voisin de la belle rue de l'Abondance et occupe tout spécialement les îles 10-14 '^Ip 1'' t|uatriènu" région La jjartie basse de la rue de Siabies représente le quartier pauvre et populaire, surtout dans la première région.
Les trottoirs étaient très élevés à Pompéi à cause de l'insuffisance des égouts, les fortes pluies et les orages envahissaient la chaussée. l)e> pierres plates, de distance en dislance, reliaient les trottoirs, utiles même l)ar les temps secs, car on pou\ait ainsi lra\erser la rue sans descendre et remonter la bordure élevée ; ])arfois aussi une marche taillée dans la bordure permettait de monter plus facilement là où les pierres plates faisaient défaut. Notre figure 6g p. 126 . nous uionlre ces pierres dans la rue de Siabies el. au fond, k- \'ésuve couronné île son nuage éternel. Dans la figure 37 p. (17), nous voyons les ornières que les roues ont creusées et. par là. comment les \oitures jjassaient entre les pierres.
Le dallage des rues est fait de gros blocs de lave ifig. 74, ]>. 133 .
Deux serpents sur les murs é(|ui\alent à l'avis bien cornu : défense de déposer Rue du Lupanar, les ih-ux serpents sont accompagnés dune in.scriplion : < // n'y a pi7S Je plinc ici pour les oisifs ; passi-, toi qui vomirais f arrêter. Ailleurs, à un homme en posture devant deux serpents : Cacator. redoute le châtiiiniit : à côté de lui se tient la l-"orlune. Près de deux .ser])enls on lil : Boinu sauté, cacator. pourvu que tu dépasses ce lieu Sur un mur de la rue de la maison des Noces d'argent V, i. a une inscription jieinle. en j^artie métrique, menace d'une peine le stercorarius qui serait surpris. Dans l'angle d'un mur masqué par un bloc de maçonnerie, une Minerve peinte rappelle sans doute au respect delà murailh' III. 2, près 19 .
Les graffites, inscriptions tracées à la pointe sur les murs, sont une des curiosités de Pompéi, On y surprend les idées, les pensées de la
LES CABARETS
foule dans leur saveur. Nous en avons parlé à plusieurs reprises à propos de choses diverses Hist. Vie priv., p. 55. 86 , d'événements historiques \Ihid.. 4, 0, 16), des élections Ibid., g-12., de la fidélité aux empereurs //'/'(/., 14 . des monuments iplus haut, p 31. 34, 81 ;, des sentiments religieux (p. 651. des acteurs ip. 841, des gladiateurs ip. 90,. 96, 971. des cabarets p. 118-123 , des auberges p. 121. izïK des métiers ip. 127^, chaque fois que l'occasion s'en présentait. I,a figure 76 (p. 135) donne le fac-similé d'un de ces graffites.
Fig. 74. — La rue de TAbonJance ,p. 152).
Souvent on écrivait des vers de poètes à la mode : de Virgile surtout, de Lucrèce, de Properce, de Catulle. On rencontre les premiers mots de ÏEiiéide et de La nature des e/ioses de Lucrèce
Il nous reste à parler des graffites familiers dont l)eauciiup ont trait à l'amour : d'abord ce principe : Personne n'esi beau s'il 11 a aimé. Puis un beau compliment à 'Vénus : ,-1 moi tous les amoureux. Je veux rompre les eôtes de Vénus et, à coups de trique, easser les reins de la déesse ; elle a pu percer mon tendre ewur. pourquoi doue ne pourrais-fe pas, avec mou bâton, lui briser la tête; ces vers sont certainement d'un amoureux éconduit ; peut-être de celui que repoussait Serena : Serena en a asse; d'Isidore, ou bien de Tertius qui recevait de son amie ce compliment : Que tu es laid! Tous cependant n'étaient pas aussi malheureux, celui entre autres qui a écrit ceci •
Bonne santé à qui aime ; périsse qui ne sait pas aimer ; périsse deux fois quiconque défend d'aimer! Et ces vers délicats : aujourd'hui la colère est récente encore, garde-toi de paraître ; crois-moi, si clic a pu lire raiiiiuir reviendra. Kt ceux-ci -.f écris, c'est l'ûmoiir qui me dicte et Cupidoii qui me guide ; ah ! qucj'e meure si. sanstoi, Je voudrais être un dieu! Un joli compliment : Vous n ave^i pas vu Vénus? Regarde^ ma petite amie, elle est pareille. On lit des vœux de ce genre : Bon/our S'icloria. piiisscs-tu. oit que lu sois, ctcniiicr liru-
P'g- 75- — L^ '■"S ^^ ^'ol* (P- 132).
reusement ! On voit ([ue l'habitude de saluer ceux qui éternuent est plus ancienne que le .Moyen iige ; et ces souhaits de bonne année : Heureux proiiier janvier à nous tous pendant de longues «7/2 ntV.v/ Quelques-uns signalent leur passage à un endroit : //;/ tel s'arrêta ici, ou une rencontre : Ici Romula et Staphylus se sont rencontrés ; mais Staphylus était volage car ailleurs on lit : Ici Staphylus a rencontré Qiiieta. Quelquefois c'est un simple salut gravé près de la porte, une carte de visite : Aeniilius à son frère Fortunatus salut, ou bien : Cresccs à Cissonius salut. Voici un gracieux conijiliment : Ccstilia, reine des Pompéiens, âme très douce, salut ! et des vœux moins aimables : Samius à Cornélius : Va te faire pendre ou : tombe malade !
Suit une malédiction contre un cabaretier : Puisses-tu être victime de tes fraudes, cabaretier : tu muis vends de Veau, et c est toi qui
bois ton vin ! On lit aussi des acclamations patriotiques : Vive Auguste, Vivent les deux Fabius! Roiuulits est dans le ciel; une tète de femme avec le mot Roma. La pensée qui suit est d'un parasite -.Celui che:; qui je ne dîne pas est pour moi un barbare; de même celle-ci : Bonne santé à quiconque m'invite à diner. Il en est qui écrivent leur dépense : huile, I livre, 4 as ; paille, 5 as; foin, là as ; salaire d'un Jour, 5 as; son, 6 as ; guirlande. 3 as; huile, 6 as: d'autres, ce qui leur est dû : Le 4 des ides de février : Vettia, 20 deniers, intérêts : 12 as ; Faustilla. 15 deniers, intérêts : 9 as. Voici un détail de basse-cour: La veille des calendes de mai /ai mis les a'ufs sous la poule. Ce qui suit est un fait divers : Le 27 septembre une femme de Pou;:;ole à accouché de
Fig. 76. — Fac-similé d'un gratfite (p. 135'.
trois fils et de deux filles. A Pompéi, comme partout ailleurs, il y avait des polissons ; leurs graffites que nous ne reproduirons pas le prouvent. Concluons par ces deux vers plusieurs fois écrits sur les murs de Pompéi : O muraille. Je suis surpris que tu ne te sois pas encore écroulée sous le poids des insanités dont tant de gens te couvrent '. Les graffites prouvent qu'il ne faut pas, à cause de ses peintures, de ses œuvres d'art et des influences environnantes, regarder Pompéi, à l'époque romaine, comme une ville d'esprit grec. Les Pompéiens employaient les peintres qui, par tradition, présentaient, comme autrefois, leurs modèles rarement renouvelés ; ils achetaient les œuvres d'art qu'on leur offrait ; mais leurs pensées, leurs lectures, leurs idées, étaient toutes romaines. Dans ces inscriptions écrites spontanément sur les murailles, ce sont les auteurs latins, les poètes particulièrement, dont les vers reviennent sans cesse ; les empereurs, les membres de la famille impériale y sont plus d'une fois acclamés. Pompéi était bien, en l'an 79 de notre ère. une ville complètement romaine.