CHAPITRE II
Le l'nrum triangulaire et son temple. — Les remparts. — Les portes.
Le Foriini triaiigitUiirr II. 7 . — Ce n'est pas au Forum qu'il faut demander les plus antiques souvenirs de Pompéi A l'extrémité sud de la coulée de lave sur laquelle la \ille fut posée, une plate-forme se projetait en avant dans la ])laine, comme un promontoire. Ce n'était pas le point le plus élevé du rocher mais c'en était le plus avancé. Il put, pour cette raison, être considéré par les premiers occupants de ce territoire comme un lieu jdus facile à défendre, comme un poste derrière lecjuel une ville pouvait s'abriter, protégée par son acropole. Et, de fait, sur cette pointe on voit les restes d'un temple c^ui remonte au Vi° siècle avant notre ère, une sépulture conservée à travers les siècles avec un soin pieux, un puits, sans doute contemporain du temple et entouré, à une époc[ue plus tardi\e, d'une élégante colonnade, enfin, sur le coté, des autels d'aspect archaïque qui ne purent être érigés, suivant l'usage, devant l'escalier du temple, la place étant occupée par la sépulture.
Quels furent les constructeurs de ces édifices ? Est-ce une colonie grecc|ue c^ui, au moment où s'élevaient les temples antiques de Pœstum et de Sicile, vint, sur cette côte, ériger celui dont nous voyons les restes? Mais comment explic^uer alors que l'on n'ait retrouvé de cette colonie grecque primitive aucune autre trace, ni maisons, ni inscriptions? Partout, il est vrai, à Pompéi. on rencentre l'influence des Grecs, mais nulle part on ne peut constater leur présence.
Une plate-forme factice, surélevée de cinq degrés au-dessus du sol, supportait le temple fig. 2, p. 6\ Hauts de 35 centimètres environ, ces degrés n'avaient pas pour but de faciliter l'accès du temple vers lequel on montait par un escalier de huit marches construit au milieu de la façade.
Le temple était périptère, c'est-à-dire complètement enveloppé d'un portique ; eptastyle, ce qui signifie que sa façade comptait sept colonnes. Les chapiteaux, d'ordre dorique, ressemblaient à ceux de Sélinunte; les colonnes, cannelées, avec diamètre décroissant de la base au sommet, unissaient à la puissance et à la solidité, la grâce. Au centre, au milieu d'un espace libre, jikis large que n'en laisse d'habitude la colonnade des temples grecs, s'élevait la cella. On appelle cclla la partie essentielle du temple, le temple proprement dit. l'endroit où, sur un ])iédestal, se dres-
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Fig. 2. — Le plateau du temple Ju Forum triangulaire avec ses cinq degrés (p. 5-6'.
sait la statue de la divinité titulaire. La cella du temple du fnruni triangulaire se composait de deux pièces; dans la seconde se trouvait la statue de la divinité princi])ale adorée dans ce sanctuaire.
Quatre chapiteaux mutilés, deux tronçons de colonnes, toute la plateforme avec ses cinq degrés, l'escalier, la sépulture et les autels, voilà ce qui reste de ce temple détruit avant l'an 79 et dont les anciens ont enlevé les matériaux (voir fig. 2, p. 6^. Le tuf, dans sa construction, se mêlait à la pierre du Sarno. Une couche de stuc dissimulait, sous une surface douce et polie, les rugosités de la pierre et, sans aucun doute, avait reçu les vives couleurs de l'architecture polychrome de ces temps-là.
Quelle divinité vénéraient dans cet édifice les lointains ancêtres des Pompéiens dont nous avcms retrouvé les squelettes? Un torse de statue
rapporté par les fouilles a posé la candidature d'Apollon ; une biche en terre cuite a fait penser à Arthémis : ces deux divinités peuvent très bien avoir eu un même temple. Mais une inscription osque, peinte sur un mur de l'île de la cinquième région, indique, précisément dans cette direction, un temple consacré à Minerve. 31inerve, on le sait, était vénérée à Pompéi ; elle semble avoir eu, sous sa sauvegarde, les portes de la ville. Près de la porte .Marine, en effet, on a trouvé, dans une niche, sa statue en terre cuite ; une tête de cette déesse en haut-relief orne la clef de voûte de la
Fig. 5. — Forum triangulaire : mur de la sépulture, à gauche; escalier et soubassement du temple; les trois autels ^p. 8).
porte de Xola ; une niche, vide aujourd'hui, dans le mur de la porte de Stables, a sans doute donné, comme à la porte Marine, asile à une statue de la même divinité. Son image est peinte sur un mur de la neuvième région; plus d'un laraire. celui entre autres de la villa de Diomède avaient reçu ses statuettes.
De tous côtés, le temple de Pcjmpéi emplissait l'horizon. Pour ceux qui descendaient du nord sur les pentes du Vésuve, il projetait sa masse en avant de la ville qui, tout entière, se pressait derrière lui. Dans la vallée du Sarno, on le voyait d'en bas profiler sur le ciel bleu les lignes pures et sévères de son fronton polj'chrome. De la haute mer, soit en venant du large, soit après avoir doublé la pointe de Sorrente, les marins le saluaient avec joie, sachant qu'à ses pieds le port les attendait.
8 POMPKI
Devant l'escalier qui monlait au centre de la fas'ade du temple, à la place quaurait dû occuper l'autel principal de la divinité, un sin s4ulier monument attire l'attention. C'est une enceinte rectangulaire formée par un mur bas qu'entoure une autre muraille plus haute: elle a été reconstruite au 1 " siècle de notre ère, comme le prouvent sa maçonnerie, ses angles de tuf taillé en forme de briques. Cette reconstruction atteste son imiiortance. A cette place, il n'est pas admissible ([u'on ait élevé un monument secondaire et, étant donné qu'on y a trouvé des ossements humains et ijue son i)lan ne réi^ugne pas à ce que ce jietit édifice ait eu un caractère
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Fig.4. — Le Forum triangulaire; le puits et sa colonnade: le mur qui sépare l'aréa de la promenade; à droite le grand théâtre (p. 8, 9, Ki].
funéraire, je me range volontiers à l'avis de ceux qui }■ voient le tombeau du fondateur ou des fondateurs héroisés de la cité.
Sur le coté où ils ont été rejetés, mais toujours devant le temple, se dressent deux autels sur un même pavement et à côté un autre autel ou ])lutôt la base d une stèle, car, comme me l'a fait remarquer .NI R, Cagnat. on \iiil sur son sommet la trace d'un encastrement fig. 3, j) 7).
l'n j)eu en avant du temjjle. un jiuits va cliercher l'eau à une très grande ])rofondeur. au delà des couches de lave. A l'époque samnile. le ((uesteur .M. Trebius l'abrita sous une toiture ronde supportée par huit colonnes doriques, sans bases, dont il subsiste des tronçons fig. 4. p. 8). Ce petit édifice n'était donc pas, comme on l'a cru, un bidental destiné à signaler au respect des passants un lieu frappé de la foudre.
Plus tard, quand, au 11" siècle avant J.-C, au temps de la domination samnite, on construisit le grand théâtre dont les gradins sont taillés en partie dans le rocher cjui porte le temple (voir fig. 4, p. 8), cette place fut entourée d'un portique élégant et devint, pour les Pompéiens, un lieu charmant de promenade que les romains devaient embellir encore. Nous en parlerons à propos du grand théâtre auquel se rattache ce beau portique 'voir p. 84, î' .
Pompéi appar-
LiS riiiiparts (^plan A^ . — Les remparts tiennent, comme première origine, à une époque très ancienne. Ils furent, pendant les temps qui suivirent, exhaussés, modifiés dans leur structure, couronnés de créneaux, renforcés par des tours ; négligés pendant les longues périodes de paix, quand des guerres éclatèrent et des menaces soudaines de siège, on les restaura à la hâte là où ils étaient ruinés ; les matériaux de ces réparations contrastent avec les belles pierres employées dans la construction première. Enfin, démantelés et mis par les Romains
dans l'état où nous les avons retrouvés, ils servirent à la ville de clôture mais non plus de défense. Les remparts devenaient en effet inutiles à Pompéi qui, au moment où elle fut ensevelie, avait devant elle plusieurs siècles de paix.
Voici comment, tels que nous les pouvons connaître aujourd'hui, étaient construits les remparts de Pompéi. Notre figure 5 (p. 9; en donne la coupe avec une tour et la vue de la façade extérieure qui regarde Uv campagne. On avait élevé à la distance de six mètres deux murs parallèles, plus épais à la base qu'au sommet, dont la maçonnerie se composait de gros blocs de pierre du Sarno, puis de tuf. L'intervalle entre les murs était, à la partie inférieure, rempli avec de la maçonnerie, au-dessus avec de la
Fig. 5. — Coupe des remparts (p. g-12).
terre formant terre-plein à la hauteur des créneaux. Sur les faces opposées à la campagne, chacune des deux murailles était soutenue ]nir des contreforts dissimulés dans l'entre-deux sous le terre-plein, dans la ville sous un talus artificiel (fig. 6, p. io\ La hauteur du mur de devant, couronné de créneaux, variait de 8 à lo mètres, suivant les accidents du terrain sur lequel on l'avait assis. Derrière les créneaux, les défenseurs de la ville résistaient aux attaques de l'ennemi, protégés contre l'ouverture du créneau voisin jiar les sommets des contreforts émergeant du
Fig. 6. — Le rempart vu du côté de la ville avec ses contreforts autrefois recouverts de terre
et une tour (p. lo).
lerrc-])lcin tig. 7, ]>. 11. L'eau se déversait à l'extérieur ])ar des gargouilles (fig. 8, p. 12;. La seconde muraille, celle de l'intérieur, élevée au-dessus du terre-plein et de la muraille extérieure de deux mètres soixante, arrêtait et empêchait de tomber dans la ville les projectiles lancés contre les défenseurs, ce qui permettiut de les ramasser au pied du mur pour les renvoyer à l'ennemi fig 5, p. g; fig. 8, p. 12; fig. 10, p. 13^. On montait de la ville sur les remparts par les tours et aussi par des escaliers placés près des portes voir fig 11. p. 13 . Le mur intérieur était encore renforcé du côté de la ville ]iar le remblai en terre sous lequel disparaissaient les contreforts.
Dès une époque ancienne, des tours flanquaient le rempart On sait
LES PLUS ANCIENNES CONSTRUCTIONS n
que, au temps du siège de Sylla, il en existait douze. Des inscriptions en langue osque peintes sur les murs des maisons indiquaient aux troupes étrangères à la ville qui participaient à la défense la route à suivre pour aller à la section des fortifications où commandait leur chef. Une de ces inscriptions mentionne la douzième tour. C'est d'après les indications, celle qui est voisine de la porte d'Herculanum (voir plan A".
Vitruve recommande de faire les tours rondes ou à pans coupés, les tours carrées donnant prise aux machines de guerre qui entament plus
Fig. 7. — Les créneaux des remparts de Pompéi jp. 10).
facilement les angles. Celles de Pompéi ne sont pas conformes à ce précepte. Plus récentes que les remparts elles furent sans doute élevées au moment où, aux approches de la guerre sociale, on restaura à la hâte les fortifications de Pompéi négligées pendant la paix. Nous avons vu qu'elles existaient au moment où Sylla assiégeait la ville et que Tune d'elles conserve, à côté d'une meurtrière, le nom du général romain gravé par un soldat Hist. Vie priv., p, 5, fig. 3). Elles ont trois étages. Au rezde-chaussée une poterne ouvre au fond du fossé (voy. fig. 5, p. 9), permettant aux assiégés de faire des .sorties dans le cas où l'ennemi aurait pu amener ses machines au pied du rempart. Au premier et au second étage, le mur est percé de meurtrières (fig. 9, c, p. 12). Un escalier intérieur, ilu côté de la ville, monte à ces deux étages fig. 9, b. h' , b") et
à la terrasse supérieure entourée de créneaux. J,e second étage est à la
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Fig. 8. — La seconde muraille était plus élevée que la muraille extérieure (p. lo).
hauteur des créneaux du nuir extérieur et du lerre-]>lein ou chemin île ronde qui traverse toutes les tours, y entrant et en sortant par une arche cintrée fig. 9, cf \ fig. 10. j) 13 ; voir aussi fig. 5, p. Q;. Les tours faisaient, en deliors du reni]iarl. une saillie ]irononcée. KUes n'étaient pas distribuées également, mais, sans souci de la symétrie, conformément aux seuls besoins de la défen.se voir plan A). Trois. entre la i)orte d 1 leri-ulanum et la jjorte <lu \'ésuve. défendent la muraille ])lus accessible de ce coté. Il n'y en a pas entre la jjorte du Vésuve et celle de Capoue, mais les deux portes fortifiées valent bien des tours; une seule s'élève entre la porte de Capoue et la porte de Xola. une seule aussi entre la porte
de N(da et la jjorte de Sarno; trois protègent l'angle dans leciuel est
construit l'amphithéâtre ; une a été construite de chaque côté de la
jiorte de Xocera; ensuite la ])orle de Stables renforce seule le renqiart
jusiju'après le P'orum triangulaire. Devant toute la jiartie de la ville qui
s'étend entre le Forum triangulaire et la porte illlerculanum. le rempart
a dis])aru; t^uelques débris encore \isibles çà et là parmi les maisons
])ermettent d'en suivre le tracé (Insula occid. .
1 et 10 et II. 2. 391. Outre la porte .^larine,
deux tours défendaient ce coté puisque, sur
les douze mentionnées . nous n'en avons
trouvé que dix entre les portes de Stables
et d liereulanuui .^Uiis quand. \ers la fin
de la réi)ublique, les remparts de Pompéi
furent remis en état, on négligea ce coté
couvert de maisons descendant en terrasse
sur la roche escarpée et facile à défendre.
Les portes. — Trois des huit portes dcjnt la muraille est percée sont complètement déblayées; d'abord celle tle la .Marine, en partie refaite à l'époque romaine. Sous la grande voûte, la route monte
Fig. 9. — Coupe d'une tour (p. n-i2).
très raide. trop raide même pour que les voitures aient pu beaucoup y
Fig. 10. — Le haut du rtnipart avec les créneaux, le second nuir et une tour p. m-ii).
Eig. II. — La porle de Stables vue de l'intérieur de la ville (p. 10, 14). circuler; mais à gauche, pour les piétons, on a ménagé un passage voûté
([ui compense par des marches la raideur de la ])ente; ses murs en opiis rrtiiiiliif/nii lui assignent une date voy. Hist. Vie priv.. p. 47 . Un peu avant la voûte, à droite, dans une niche, la statuette de Minerve veillait sur l'entrée de la ville. Également à droite, sous la voûte, s'ouvrait une crvpte qui aujourd'hui d<mne asile au musée de Pompéi. ha crypte et le passage étaient fermés par des portes demi mi voit encore les traces La porte de Stables, qui n'a pas été, comme celle de la Marine, refaite au commencement du i'"' siècle et surchargée de constructions modernes.
Fig. 12. — La porte de Noia (p. 1 j).
nous renseignera mieux sur les dispositions d'une i)orle fortifiée de lanlique Pompéi, Les battants de la porte, abrités par une voûte, ont laissé les traces de leurs gonds. Pour les forcer, les assaillants devaient .s'engager dans le long passage découvert, entre les deux murailles du haut desquelles les défenseurs les accablaient tle projectiles. ,\ l'inu-ricur delà \illc, à gauche pour qui regarde la ixirlc. un escalier mon le au rempart, à droite, une fontaine ornée d'un tète de méduse fournissait l'eau (fig. Il, p. 13;. Dans le mur du passage découvert, une niche, vide aujourd'hui, renfermait peut-être, comme à la porte Marine, une statuette de .Minerve. Cette porte a encore son ancien aspect, ses pierres de vSarno et de tuf bien appareillées. Si elle se présente à nos regards telle que l'ont restaurée les Samnites au memient de la guerre sociale, elle a
cependant conservé assez de restes de son état primitif pour qu'il nous soit possible de le reconstituer. Les deux murs solides du passage découvert existent encore; la pierre du Sarno dont ils sont faits atteste qu'ils datent de la première construction des remparts ffig. i, p. 3^.
Même disposition dans la porte de Nola qui, malgré quelques réparations où apparaît la brique, a conservé ses blocs posés sans ciment et une tête de Minerve sculptée en haut-relief sur la clef de l'arc qui regarde la ville fig". 12, p. 14 , Une inscription osque apprend que le chef de la
Fig, 13. — La porte d'IK-rculjnum ip. 15,.
ville, C. Popidius, a donné en adjudication les travaux de construction de cette porte et les a acceptés.
La porte d'Herculanum a été reconstruite en entier vers la fin du i" siècle avant J.-C. La route passe sous la voûte centrale ; à droite et à gauche, un passage également voûté est réservé aux piétons (fig. 13, p. 15). Ce n'est plus une porte construite en vue de la défense; elle n'a d'autre but que de fermer la ville pendant la nuit et d'assurer le service de l'octroi.
De la porte du Vésuve fig. 14, p. 16MI reste quelques débris et un beau morceau de rempart, depuis peu déblayé.
Au restes les plus anciens, il faut ajouter une citerne profonde, dissimulée au milieu des murs d'une maison de la rue de la Maschera ^IV, 14, 19) et construite en blocs de pierre du Sarno et de tuf sans ornements.
i6 POMPKI
Dans la maison 17-18 de Tilc ciniiuièmc de la sixième réafion. M Pais a fait dégager en igoi une colonne engagée dans un mur: une autre a été découverte dans la maison \'I, i4, if'-i8. C'est, avec deux ])ilastres (I, 5, i). tout ce qui reste d'une période très ancienne.
■Voilà tout ce que l'on connaît de la plus antique Pompéi : un temple grec qui remonte au vi" siècle avant J.-C. ; quelcjues débris : Cfilonnes et pilastres .Mais, autour de ce temjîle. aucune maison, aucun reste qui lui soit contemporain. La plus ancienne maison que nous puissions dater après ces restes vénérables parait leur être postérieure d'en\iron trois siècles: elle est du temps où la \'ille s'est enfermée dans son enceinte de remjiarl: les maisons en ])ierre du .Sarno sont disséminées sur loule la superficie de I'om])éi: elle semlde. dès ces temps reculés, axdireu la même étendue et à peu près les mêmes rues ([u'aujourd'hui. .Mais (|ue voyait-on .sur ce site au temps où fut construit le temple grec?
Fig. 14. — La porte du Vésuve pendant le tremblement de terre; bas-relief antique (p. 15'.