‹ Pompéi (volume 2)Chapitre 7 sur 33 · PO M PHI · texte numérisé non relu

PO M PHI

Encc, (ils de Venus et d'Anchise. c/iii\ Troie prise et ineendice. amena en Italie les Troyens survivants, avec les choses sacrées et les pénales du peuple troyen, ... fonda la ville de Laviniiini oii il régna trois ans. Une nuée s'éleva et on ne le vil plus II fui mis au nombre des dieux et appelé dieu de la patrie

Rom II lus. fils de Mars, fonda la ville de Rome et y régna quarantehiiit ans. Chef de son armée il tua le chef de l'armée ennemie, Acron, roi des Ceninenses et. le premier, consacra à Jupiter Feretrius les dépouilles opimes. Reçu au nombre des dieux, il fut appelé Quiriniis...

Peut-être la série continuait-elle sur quelques-uns des quarante piédestaux qui ornaient le portique est du Forum.

Les Romains prodiguaient les statues; à Rome, le l-"orum riant par trop encombré, les censeurs procédi'^rent plusieurs fois à l'enlèvement de celles dont la situali(m n'était pas entièrement légale. En Afrique, le conseil d'un municipe dut prendre une mesure analogue, les statues étant si ])ressées sur le forum de cette ville (ju'il était difficile aux vivants de se frayer un passage dans la fofèt des illustres défunts l'()m])éi n'en vint i)as à une telle extrémité; la brièveté de son existence la ])r(>tégea contre cette invasion. .Mais, .sans le Vésuve, le Forum de Pomjjéi, comme les autres, aurait été bientôt encombré. Xous sommes peu renseignés sur les statues du Forum pompéien ; elles furent enlevées après la catastrophe et, avec elles, les inscriptions gravées sur les plaques en marl)rc de leurs piédestaux; presque tout le marbre de Pompéi disparut ainsi. Les quel- (\w< inscriptions restées en place sont celles, à plusieurs exemplaires, de .\\ llolconius Rufus, cinq fois duumvir, tiuin(iuennalis et. au commencement du I" siècle après J-C, un des citoyens les plus iiniiorlaïU.s de la colonie dont il devint le patron; il fil, aver son frère Celer, reslaurer le théâtre. Ou lui avait aussi érigé une statue en costume militaire, rue de l'Abondance, en face des termes de Stabies. l'n autre patron de la colonie, Q. Sallustius est connu par l'inscription de sa statue. Tous les patrons de la colonie durent d'ailleurs recevoir l'honneur d une statue au Forum : L. Cornélius Sylla qui fut le premier, M Claudius Marcellus, neveu et gendre d'Auguste, pleuré en si beaux vers i)ar \'irgile et qui eut aussi une statue au forum triangulaire. Les décurions votèrent encore des statues au I-'orum à des citoyens qui a\aient bien mérité de la ])alrie, à des duum\irs. à C. Cuspius Pansa, par exem])U'. à l'mbricius Scaurus à

qui après sa mort, une décision du conseil décréta l'emplacement d'un monument funéraire, une somme pour les funérailles et une statue équestre au Forum; à .M. Lucretius Decidianus Rufus furent érigées deux statues au Forum, l'une de son vivant, par M. Pilonius Rufus, dont il était le bienfaiteur ou le parent, l'autre, après sa mort, par le conseil des décurions Nous voyons d'ailleurs, sur une des peintures représentant des scènes qui se passent devant les portiques du Forum, des statues équestres occupant bien les places où aujourd'hui se dressent encore leurs piédestaux dépouillés (voy. fig. i8, p. 28).

Les grands piédestaux qui. à l'extrémité sud du Forum, masquent la curie, étaient sans aucun doute réservés aux membres des familles impériales, d'Auguste à Vespasien. Sur le haut piédestal du centre percé d'une arche, se dressait une statue d'Auguste. Par des arguments que nous ne pouvons reproduire ici mais qui entraînent la conviction, M. Aug. Mau a restitua leurs piédestaux aux personnages impériaux. Le piédestal de droite supportait la statue équsstre de Claude ; à gauche s'élevait la statue en pied d'x\grippine et, un peu en avant, sur un piédestal plus petit, la statue équestre de Néron, futur héritier du trône impérial.

Le terre-plein situé en avant du temple de Jupiter tenait sans doute lieu de tribune. Le grand escalier qui descendait de ce temple aboutissait, à mi-hauteur, à une large plate-forme qui ne communiquait avec le Forum que par deux petits escaliers étroits, placés à chaque extrémité. Le temple de Castor au Forum romain, que nous savons avoir été employé comme tribune, présente une disposition analogue.

Enfin, pour en finir avec l'aréa du Forum de Pompéi, revenons au piédestal de la statue d'Auguste placé devant les trois bâtiments municipaux, en face du temple de Jupiter. C'était un arc en briques, haut de cinq mètres seulement et percé d'une arche unique, probablement un de ces arcs appelés Janus, comme on en voyait plusieurs sur le Forum romain. On connaît d'autres forums provinciaux qui, à l'imitation de celui de Rome, avaient leurs Janus. Celui de Pompéi faisait, comme nous l'avons vu, double emploi et servait de piédestal à la statue d'Auguste.

Les Romains entourèrent leur Forum d'un portique surmonté d'une galerie supérieure. « Les Forums, chez les Grecs, a écrit \'itruve, sont carrés, entourés de doubles et amples portiques dont les colonnes serrées soutiennent des architraves de pierre et de marbre que surmontent des galeries. Ce n'est pas ainsi que doivent être construits les forums des villes d'Italie parce que nos ancêtres nous ont transmis 1 usage d y donner des combats de gladiateurs ; les colonnes doivent donc, pour qu on

puisse voir, être plus espacées. Sous les portiques, les boutiques des changeurs et, au-dessus, les tribunes seront disposées de la façon la plus commode pour les affaires qui s'y traitent et pour la perception des impôts. 11 faut (ju'il V ait proportion entre les dimensions du Forum cl la population, sans quoi la ])kicc pourrait manquer ou le Forum, trop peu rempli, paraître vide. La largeur aura les deux tiers de la longueur ; la forme sera donc celle d'un rectangle, dimension plus commode j)our les spectacles. Les colonnes de l'étage supérieur seront d'un tiers moins hautes que celles du 'oas qui. clani ])lus chargées, doivent être plus fortes. »

Le Forum de Pomjjéi transformé correspond exactement à la description idéale donnée par Vitruve. Le portique dont les Romains l'entourèrent, de la même hauteur que le portique en tuf des Samnites, est cependant plus solide, la pierre employée ]jar les Romains étant plus résistante ; c'est un calcaire blanc, imitant de loin l'effet du marbre : il ne fut pas nécessaire de soutenir par une poutre la faiblesse de l'architrave. Comme le portique samnite, le jjorlique romain était d'ordre doric[ue et la galerie supérieure d'ordre ionique. La grâce, la légèreté du premier portique font défaut à cette œuvre massive ; le génie romain la mar(|uée de sa lourde empreinte.

Comme au î"orum de Rome, de larges dalles recouvraient le sol.

Le tremblement de terre de l'an 63 renversa le portique et l'éruption du \'ésu\e le sur])ril en pleine reconstruclion ()n jjoussait les Iraxaux avec une grande activité : tout le côté ouest était sur le point d'être achevé, les colonnes debout, les architraves déjà prêtes à être posées.

Du côté est. il ne reste pas de colonnes, soit c^u'on ne les eût pas encore taillées, soit que les matériaux aient été, comme beaucou]) d'autres, enlevés après la catastrophe. Sur le bord de l'aréa, en avant du monument d'Eumachia, gisent les fragments de l'architrave sur laquelle est gravée, en belles lettres, l'inscription dédicatoire de cet édifice. Devant le marché les deux étages du portique, plus richement ornés que dans les autres endroits du Forum, sont construits en beau marbre de Carrare.

L'accès du Forum était interdit aux voitures. Du côté nord, à droite et à gauche du temple de Jupiter, des marches, des bornes en pierre ne laissaient le passage libre qu'aux piétons : il en était de nu-nic rue de l'Abondance ; rue délie Scuolc, un seuil élevé et. au beau milieu de la chaussée, une fontaine, arrêtaient les voitures ; la rue de la Clarine se heurtait aux deux degrés du portique. Le Forum pouvait aussi être fermé aux piétons. De chaque côté du temple de Jupiter, rue de la 31arine, rue

délie Scuole et de l'Abondance, au pied du petit escalier qui monte à la tribune supérieure, on voit encore, conservés en partie ou entièrement, les seuils des portes avec les trous dans lesquels les gonds tournaient sur leurs pivots et ceux où entraient les verrous. Quant aux édifices qui, outre leur façade sur le Forum, avaient d'autres entrées par où on aurait pu pénétrer, le marché par exemple ou la basilique, ils devaient sans doute, par ordre des édiles, fermer les portes donnant sur le Forum ; devant le monument d'Fumachia, et devant les Curies, le portique pouvait lui-même être fermé par une grille.

Trois escaliers donnaient accès à la galerie supérieure du l-'urum : l'un à l'angle sud-est de la basilique (II, i), un autre à l'angle nord est de la Curie II, 2, 11), le troisième, à l'extrémité nord du temple d'Apollon ( l'V, 7, 30; . De ces trois escaliers le dernier seul mettait le rez-de-chaussée du Forum en communication avec l'étage supérieur ; les deux autres ouvraient sur la rue et montaient directement à la galerie supérieure. Ce fait s'explique. Les jours de jeux ou de fêtes, surtout quand, avant et pendant la construction de l'amphithéâtre, peut-être aussi quelquefois après, on y donnait des combats de gladiateurs ou des chasses d'animaux féroces, l'aréa du Forum devait être rigoureusement close. Il est même douteux que les spectateurs aient pu prendre place tout autour dans la galerie du rez-de-chaussée. Comment établir, en effet, une clôture provisoire assez solide pour écarter tout danger? lit d'ailleurs il resterait bien quelcj^ue trace des trous où elle aurait été fixée. C'était tlonc par les deux escaliers extérieurs que les spectateurs montaient prendre leurs places dans les galeries supérieures. Cette disposition avait en outre l'avantage de rendre plus facile le contrôle. Quant à l'escalier intérieur, il servait les jours ordinaires pour monter aux boutiques de l'étage supérieur sans avoir à sortir du Forum ; les jours de jeux, il était utile pour le service et l'administration ; peut-être aussi quelques privilégiés, des habitués, des magistrats, les décurions, ceux qui donnaient les jeux, les maîtres des esclaves qui combattaient, avaient-ils, à certains moments, pendant les entr'actes, le droit de descendre par là sur l'aréa et dans les endroits où les gladiateurs attendaient le moment de paraître ou se retiraient après avoir combattu.

Comme le Forum romain et comme les autres Forums formés à sa ressemblance, le Forum de Pompéi était entouré des monuments essentiels à la* vie d'une cité. Il avait une Curie, image du sénat romain, des comices, une basilique où l'on rendait la justice, des temples et, sous l'un d'entre eux, comme au temple de Saturne à Rome, le trésor public, un marché. Des citoyens généreux y élevaient des monuments dont les inscriptions

dt'\aienl rendre leurs noms éternels. Les Pompéins issus des anciennes familles, ceux qui exerçaient ou avaient exerce les hautes fonctions municipales, les bienfaiteurs insignes tle la colonie étaient fiers de s'y promener à l'ombre des statues de leurs ancêtres et aussi des leurs.

I,a comparaison entre le Forum de Rome et le Forum de Pompéi révèle donc au ]3oint de vue monumental la plus grande analogie. Il en sera de même si nou> nous plaçons au point de vue moral. Nous savons peu de chose sur ce qui se passait au Forum de Pompéi au temps de l'autonomie osque ou samnite. Il y eut, sans aucun doute, comme à Rome, comme dans toute ville, les luttes électorales, les marchés, les fêtes ; mais il y eut aussi les discussions cjui intéressaient, non pas comme plus tard sous les Romains, la seule administration muniiiiialc, mais le gouvernement même, la ])aix ou la guerre, les intérêts vitaux du peuple. Les circonstances prêtèrent souvent aux incertitudes et, par là même, aux âpres débats. L'alliance avec Hannibal. avec les villes d'Italie soulevées pour la guerre sociale dût avoir, en même temi)s que ses partisans, des adversaires convaincus de l'inutilité de la lutte et de ses dangers. Le dernier acte de la vie samnite au Forum, le premier de la vie romaine, fut la ])romulgation à la tribune de la /c.v loIoiuiic Wiicriae Coriicl/ûc l'oiiipciûiUTiiiii ([ui, malheureusement, n'est pas parvenue jusqu à nous Elle fixait la situation respective des anciens habitants et des nouveaux colons, l'organisation municipale, la loi électorale. Fn même temps, on affichait le plan de la colonie [forma coloniac) indiquant la nouvelle répartition des terres : veteres rnigratc coloni.

Dès lors le Forum se transforma et liientôt ne fut plus, comme nous l'avons vu, qu'un des nombreux Forums des villes romaines. Le théâtre était moins vaste qu'à Rome mais, comme les honneurs qu'on y briguait étaient, aussi bien qu'à Rome, les plus élevés auxquels les candidats pouvaient prétendre, la lulte n'était pas moins \i\e sur ce modeste Forum pompéien et les mêmes passions s'}' agitaient. C'est, en effet, au Forum c[ue se faisaient les élections et on voit la différence du droit entre les anciens habitants et les colons amenés par P. Sylla créer la lutte entre deux classes. Comme à Rome le Forum est le centre de la vie ])ul)lique ; c'est là que les duum\irs président le conseil des d('Turions. font, du haut de la tribune, des communications au jjcujjle. C'est au Forum que les praefccti temporaires nommés par l'empereur donnent les conclusions de leurs enquêtes; tel T. Suedius Clemens, chargé de trancher un débat entre des jjarliculiers et la commune : ^ Fn vertu de l'autoriti- déléguée par l'empereur César X'espasien .Vuguste, nous dit

rinscription qui a conservé le souvenir de cet événement, T. Suedius Clemens, tribun, ayant instruit la cause et pris les mesures, a restitué à la commune de Pompéi des terrains usurpés par des particuliers. «

A la tribune aussi on prononce des oraisons funèbres ; en effet, avec l'autorisation des décurions ou en vertu d'un décret spontané, les restes des citoyens qui ont illustré ou enrichi leur cité peuvent reposer un instant au Forum et c'est de là que partira la pompe funéraire. C'est au Forum que les magistrats prêtent serment ; aux jours marqués dans le calendrier, aux anniversaires de la dédicace des temples, on y célèbre des sacrifices (voy. fig. 33, p. 55). On y met en adjudication les travaux publics et on les déclare approuvés; on y paie les impôts ; on y distribue des sportules ; dans la basilique on fait du commerce, des affaires d'argent, on juge des procès, on vient entendre les avocats célèbres et aussi les conférenciers de passage. Les élections des magistrats, les inaugurations des statues érigées par l'administration ou par des particuliers, les dédicaces des temples sont l'occasion de repas publics, de fêtes qui souvent se célèbrent au Forum. Nous avons le programme très attrayant et très varié de jeux donnés sur le Forum de Pompéi : les fêtes commencent par un défilé ou procession, puis viennent des courses de taureaux avec des toréadors et leurs servants, des gladiateurs frappant d'estoc, des pugilistes comliattant par troupe et isolément, des pantomimes parmi lesquels le célèbre Pylade, de nombreux couples d'athlètes et de gladiateurs, une chasse avec taureaux, ours, sangliers, animaux variés, des distributions d'argent, des intermèdes de chant et de musique. C'est le résumé du programme des jeux donnés à trois reprises par A. Clodius Flaccus, duumvir Quinquennalis, pendant chacun de ses trois duumvirats, à l'occasion des fêtes d'Apollon ; le troisième duumvirat d'A. Clodius est de l'an 3 avant J.-C, la vingt-septième année du règne d'Auguste.

Outre la foule que ces grandes représentations attiraient au Forum, les citoyens qu'j' amenaient leurs affaires, les désœuvrés aussi en faisaient leur promenade favorite. Désirait-on rencontrer quelqu'un, c'est là qu'on était certain de ne pas le manquer. En même temps que l'on apprenait les nouvelles peu sûres répandues par les flâneurs, on pouvait, sur les albums, trouver les moyens d'occuper son temps pour les jours suivants. Les albums étaient des tablettes, des pans de mur que l'on recouvrait d'un enduit blanc pour y peindre, en lettres rouges ou noires, les annonces c|ue l'on avait intérêt à faire connaître au public. On n'y inscrivait que les choses d'actualité qui. une fois l'effet produit, devenaient inutiles : programmes de spectacles, annonces de vente de meubles.

d'immeubles, d'esclaves, avis au public, ordonnances de police de la part des édiles, adjudication*;, jugements, objets perdus, etc. Quand des circonstances nouvelles demandaient de nouvelles annonces, le dealbator passait une couche de blanc [Hist. Vie priv , fig. 6. p. 13) et on peignait de nouveau. 11 y avait des albums mobiles, consi.stant en simples tablettes ou planches suspendues. Une peinture de Pompéi représente, au pied des statues érigées en avant de la colonnade du Forum, des citoyens occupés à lire une longue affiche peinte sur un album qui, certainement, n'occupe pas cette place à titre définitif. .Sur le mur du monument d'Eumachia qui longe

Fig. 18. ^ Marchands de ferraille et cordonnier, au Forum 'p. 23, 28, 29/.

la rue de lAbondance. on a ménagé, dans un gracieu.x encadrement architectural en stuc, une série de panneaux formant, à proximité du Forum, un grand album. Xu moment où on l'a découvert, cet allium mieux conservé qu'auj(jurd hui, portait encore quelques-unes des dernières inscriptions qu'on y avait peintes.

La peinture représentant les citoyens de Pompéi occupés à lire une affiche ajipartienl à une curieuse série iiui fait saisir sur le vif des détails intéressants de la vie populaire sur le Forum de Pompéi. On y voit des marchands de drap et de toile, des boulangers et des pâtissiers, des fruitiers, des cordonniers prenant les mesures de leurs pratiques ou vantant leur marchandise dont de nombreux spécimens sont exposés sur une table au fond de la boutique (fig. 18, p. 28; ; un gargotier ambulant a allumé son fourneau portatif et sert ses clients : un marchand de ferraille et de pots en métal a étalé sa marchandise sur une table démontable que portent des

LE FORUM 2g

tréteaux 'fig. i8, p. 28} ; un aveugle en haillons conduit par son chien reçoit l'aumône; un amateur dessine, d'après nature, une statue équestre : un chaudronnier couvre, avec le bruit de son marteau, les hurlements d'un écolier qui reçoit dans l'école voisine une correction peut-être méritée (fig. 19, p. 29); et, au milieu du tapage de ces industries diverses, une femme présente à des magistrats une petite fille qui porte une tablette sur la poitrine. Toutes ces scènes se passent sous les portiques

Fig. 19. — Une école sous les portiques du Forum (p. 2g).

du Forum dont, comme pour un jour de fête, les colonnes sont enguirlandées.

Il est à croire que, à certains jours seulement et à certaines heures, le Forum pouvait être ainsi encombré. Les édiles, à qui revenait la police de la ville et des marchés, veillaient certainement à ce que les règlements fussent observés et les permissions demandées.

Le Forum de Pompéi, une fois que la ville devint une colonie romaine, n'eut donc plus aucune importance politique. Pas plus que les décurions dans leur curie, le peuple dans ses comices n'avait l'occasion ni le droit de s'occuper d'affaire autres que celles qui concernaient l'administration de la ville et ses intérêts. Mais l'étude n'en est pas moins intéressante et curieuse. Les luttes et les agitations du Forum de Rome appartiennent à l'histoire du, monde, elles ont un intérêt général et les auteurs anciens nous

les ont racontées. Sans la découverte des Forums de Pompéi. de Velcia. de Timgad et de leurs inscriptions, il eut été difficile de pénétrer les secrets de la vie plus humble et plus cachée d'une petite ville de province, soumise à l'autorité romaine il est vrai, mais s'administrant ellemême et c'eût été une lacune grave dans l'étude des manifestations de la vie publique chez les anciens.

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