‹ Pompéi (volume 3)Chapitre 10 sur 70 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La maison pompéienne fut, dès son origine, la maison latine, plus tard, la maison romaine telle que nous la font connaître les textes des auteurs, le plan de Rome sous Septime Sévère, des substructions antiques souvent peu intelligibles avant la découverte de Pompéi. Nous verrons la maison de Pompéi subir, comme les monuments publics, l'influence grecque mais sans perdre son caractère primitif de maison latine. L'influence grecque pourra l'agrandir, la prolonger plutôt, doubler, tripler même, par des appartements plus spacieux la vieille maison d'autrefois, mais elle n'y entrera pas, elle n'attaquera pas ses parties essentielles, qui, sous toutes les influences, sous toutes les dominations, conserveront leur caractère primitif.

La partie principale, le cœur de la vieille maison latine est l’atrium; c'est le développement de cette partie embryonnaire, son épanouissement qui a créé la maison romaine. La plus ancienne habitation connue dans l'Italie est la cabane que nous ont révélée les urnes trouvées dans Jes tombes du Latium et les substructions en terre, avec les débris écroulés de leurs toitures en bois, mises au jour dans plusieurs parties de l'Italie. Dans cette pièce unique s’accomplissaient nécessairement tous les actes de la vie domestique : on y conservait le feu et l’eau, on y faisait la cuisine, on y sacrifiait, on y mangeait, on y dormait, on y vivait pendant les heures que laissaient libres les occupations extérieures : la fumée du foyer domestique s'enfuyait, non sans noircir les murs, par la porte ouverte ou par un trou ménagé au centre de la toiture:

Tel était aussi l'atrium: le premier atrium fut une cabane mieux construite. Du foyer qui noircissait ses murs, il tira son nom : a/rium (de ater, noir) et, à travers les siècles, ce nom a survécu ; chez nous encore on appelle le foyer l’âfre. Le lit conjugal (forus gentalis) se

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dressait dans un petit renfoncement, en face de la porte d'entrée; dans un autre endroit, le foyer ; à une place moins sombre, sans doute près de l'ouverture où, dans les rayons de la lumière se jouait la fumée qui montait, la table sur laquelle on mangeait. Enfin, avec le progrès de la civilisation et les besoins nouveaux qu'elle engendre, l’atrium se développe, rayonne, s'entoure de chambres. C'est sous cette forme que nous apparaissent à Pompéi les maisons les plus anciennes.

Prenant comme type de la maison pompéienne, et aussi de la maison

romaine, la maison de Pansa, nous allons d'abord étudier dans cette

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