‹ Pompéi (volume 3)Chapitre 20 sur 70 · CELL · texte numérisé non relu

CELL

Tee ï anses des divinités avan Re frantnrac reuses des divinites avec les reatures

tallenz t2bhlhns > INTNI = > À NI € mortelles, tableaux inspires par le SOUL Fig. 74. — La muse Uranie, des scènes érotiques. des sujets em-

P. 12 tés à |” nr dricrin les fans

: pruntés à l'amour. Puisque les dieu:

avaient eu des passions humaines.

nétait-il pas juste de leur faire jouer, avec plus d'autorité. dans des

tableaux propres à flatter les passions, les rôles &

Aussi que de fois on rencontre, sur les murs des maisons pompéiennes, Danaë, Europe et le taureau divin fig.-75, p. 122), Jo,

Léda, Ganymède et Jupiter, le roi des dieux. sous ses multiples mêta-

morphoses; Apollon poursuit, sur le bord du Pénée, Daphné

A sa | ne que Le ieu

du fleuve, touché de son effroi, change en laurier, tandis qu'un petit amour, épouvanté de cette catastrophe, lève les bras au ciel: Vênus et

Mars fuient en vain la maligne curiosité des dieux: Mars descend à travers les airs vers Rhéa Silvia tandis que Vénus visite le beau chasseu

Adonis qui meurt entre ses bras; Bacchus console Ariane de l'abandon de Thésée ; sur un rayon de blanche lumière, Diane descend vers Endymion, ou aSsise près de lui,.le prend par le menton. Nombreuses aussi sont les aventures des demi-dieux et des héros : Hercule et Omphale,

Fig. 75. — Europe et le taureau (p.120).

Méléagre et Atalante, Thésée et Ariane, Andromède et Persée, Héro et Léandre (fig. 76, P. 122). Pyrame et Thisbé, Phèdre et Hippolyte, Dédale et ses merveilleuses inventions, Hylas ravi par les nymphes, des Faunes et des Satyres surprenant les nymphes endormies, Cyparissus et sa biche (fier 77, D: 122).

Les mythes célèbres de l'antiquité grecque ne couvraient pas moins les murs de Pompéi : l'expédition des Argonautes et ses nombreux épi-

sodes ; les travaux d’'Hercule, Thésée et le Minotaure ; la chute d’Icare

Fig. 76. — Héro et Léandre (p. 121).

et de Phaéton; la lutte d'Apollon et de Marsyas; Narcisse, les Niobides et surtout le cycle troyen si vivant dans les imaginations et les récits des poètes ; Achille reconnu

à la cour du roi Lycomède ffig. 78,

P. 123) ; sa lutte avec Agamemnon, et sa colère ; la députation des Grecs; la défaite d'Hector et la prière du vieux roi Priam ; le cheval de bois entrant dans Troie, tel que le décrit Virgile.

Les tableaux de genre aussi ne sont pas rares : des musiciens et des musiciennes ; la leçon de cithare, chère aux peintres du troisième style; des peintres exerçant leur art,

des scènes d’auberge et des dis-

putes, des scènes de tragédie et de comédie, des courses de bateaux,

des sujets empruntés à l’amphithéâtre, au cirque, à la palestre; une course de taureaux (VI, 16, 28):

l'animal fuit pendant que le toréador, enjambant le cadavre d’un taureau, lui enfonce sa lance dans l’épine dorsale ; un second toréador agite un voile; un amphithéâtre localise la scène; des scènes de la vie populaire, particulièrement au Forum (Vie publ., fig. 18, 19, p. 28, 29); un boulanger vendant ses pains dans une boutique volante; des scènes de la vie de tous les jours, des femmes à leur toilette, des banquets, des sacrifices privés. Nous ne parlerons pas des sujets obscènes. Les peintures représentant des combats sont rares.

Fig. 77. — Cyparissus et sa biche (p. 121).

Les paysages se rencontrent un peu à toutes les époques, plus spécia-

PPS MP NN ENRAES 123

lement pendant la période du troisième style; des palais, des villas dans une campagne accidentée ; à l'arrière-plan des montagnes (fig. 71, p.1 15) ; des édicutes, et des arbres étranges, sur des rochers bizarres; des campagnes minuscules parsemées de petits édifices, de ponts contournés, qui font songer aux capricieuses fantaisies de l'Extrème-Orient ; ailleurs, des

Photo Alinari.

Fig. 78. — Achille reconnu par Ulysse à la cour du roi Lycomède (Naples Musée national) (p. 122.).

monuments grandioses, des ports entourés de jetées et de portiques, de grands temples avec leurs majestueuses colonnades. Parfois les scènes mythologiques, par exemple Persée et Andromède, Apollon et Marsyas, la chute d'Icare, n'ont été que les prétextes de beaux paysages. NET naturel de rencontrer, dans un pays d'art alexandrin, des paysages égyptiens. Il en existe à Pompéi. Citons ceux de la maison d'Apollon (VI, 7, 23), d'un petit pavillon de la rue de Nola (III, 5, 9), d'une petite maison de la quatrième région (IV, 0, 33). Aux paysages on peut rattacher des vues de déserts couverts de rochers où les animaux inoffen-

sifs, chevaux, daims, sont poursuivis et déchirés par des fauves (VI, 2, ASE EN SES EENE Sec)

Les personnages isolés, divinités ou mortels, se rencontrent à profusion, garnissant les centres des grands panneaux, peuplant les architectures du quatrième style.

Fig. 79.— Portrait de Paquius Proculus, boulanger et décurion, et de sa femme (p- 11-12, 124-125).

Les Romains sont à juste titre regardés comme d'excellents portraitistes. Ils l'ont prouvé par les médailles et le marbre autant que par la peinture. Leurs portraits sont très réalistes, très vivants et nous les devinons ressemblants. Parmi les plus remarquables, il faut mentionner ceux de Paquius Proculus, boulanger et décurion et de sa femme ARSER 6; fig. 79, p. 124). Celle-ci tient ses tablettes et, dans une attitude méditative, en rapport avec l'expression de sa physionomie, cherche, le stylet appuyé aux lèvres, la pensée qu'elle doit écrire ou la forme qu'il convient de lui donner. Près d'elle, son mari, brave homme si la figure n'est

ME SMPIEINADUER ES 125

pas trompeuse, cherche de $on côté, le menton appuyé sur un rouleau de parchemin Si l'on en juge d'après les physionomies, c'est la femme qui trouvera.

ee charmante tête de femme, aux boucles tombantes, coiffée d’une résille, tient, comme la femme de Paquius Proculus, d'une main les

Fig. 80. — Mars, Vénus et les petits amours (p. 126-127).

tablettes, de l’autre le stylet appuyé aux lèvres. Un beau portrait de femme, avec des boucles d'oreille et un diadème en or, ornait la maison d'Holconius (II, 4, 4). Dans une des chambres de la maison de Lucretius Fronto (V, 4, c),-deux enfants dont l’un, coiffé du pécase, porte le caducé, attribut de Mercure, sont certainement des portraits, sans doute ceux des fils du maître de la maison. Enfin, si l'on veut bien se convaincre que les portraitistes romains ne flattaient pas toujours leurs modèles, il suffit de contempler un portrait peint dans la maison de Siricus (IV, 1, 47). Les

traits sont d’une vie, d'une vérité frappantes ; mais les oreilles écartées

et larges comme les anses d’un vase, la tête ronde et comprimée, la bouche trop contournée, ne donnent pas une haute idée de la beauté du modèle ni de son intelligence.

Il existe un peu partout, sur les murs de Pompéi, des petits tableaux carrés représentant des victuailles de toutes sortes ; tous les produits des eaux, de la terre et de l’air, animés ou inanimés, y passent. Nous avons là un catalogue figuré complet des choses que mangeaient les Pompéiens. Les Grecs appelaient Xenion (choses des étrangers) les dons de comestibles qu'ils faisaient à leurs hôtes ; par extension ce nom fut donné aux peintures qui représentaient des comestibles {voir un sujet analogue sur une mosaïque, fig. 68, p. 112; Sur un vase, fig. 106, p. 148).

Nous voyons dans les peintures de Pompéi des petits personnages très actifs, mêlés à tous les événements, aptes à tous les métiers; ce sont les petits amours ailés. Ils réconcilient Mars et Vénus, donnent à Pâris le coupable

conseil d'abandonner (Œnone puis le guident vers Hélène dont le

Fig. 81. — Amour sur un char : ; trainé par des dauphins (p. 127). cœur est encore insensible. Ils

pansent Adonis blessé, déroulant les bandelettes avec l’habileté d’un interne, puis, devant leurs efforts inutiles, pleurent en se frottant les yeux; ils pleurent aussi près d'Ariane abandonnée et conduisent vers elle Bacchus, le consolateur ; ils dirigent vers Endymion les pas de Diane et sont présents à leurs amours; témoins de la métamorphose de Daphné que poursuit Apollon, ils lèvent, éplorés, les bras vers le ciel ; ils assistent Léda et le cygne divin, suivent dans les airs le taureau entraînant Europe sur les mers et l’hippocampe qui porte Vénus à la surface des flots. Ils cherchent à guérir Narcisse et à éteindre dans l'onde où il se mire la torche de son fatal amour : a cheval sur un dauphin ils présentent à Polyphème la lettre de Galathée, aident Thétis à porter à Achille les armes qu'a forgées Vulcain ; célèbrent le banquet des Vestalia où ils couronnent les ânes ; prennent place dans le cortège nuptial d'Hercule et d'Hébé. Ils triomphent de la force, jouant avec les armes de Mars retenu près de Vénus, essayant

LPHSEL'ETDNURTE"S 127

Fig. 82. — Course d’amours sur des chars tirés par des gazelles (p. 12

son casque dans lequel ils entreraient tout entiers (fig. 80, p. 125), enlevant avec de comiques efforts la massue et le carquois d'Hercule déjà vaincu par l'ivresse, chevauchant un lion couronné de fleurs et enrubanné qui fait des grâces ; ils chassent tous les animaux, les plus féroces comme les plus timides, font des courses à pied,

dans des chars traînés par quelques-uns de

Fig. 83. — Course d’amours sur des crabes

leurs compagnons ou le plus souvent, par les animaux les plus disparates : chevaux fougueux, griffons, dauphins (fig. 81,p.1 26), lions, tigres, cygnes, oies, gazelles (fig. 82, p. 127 — un char est culbuté ; en avant, le vainqueur a mis ses gazelles au pas et porte fièrement sa palme). Les amours courent encore sur des chevaux, des centaures, des tigres, des crabes (fig. 83, p. 127), des langoustes, etc., se livrent des combats, armés en gladiateurs ou en soldats, à pied ou à cheval, terrassent des animaux, jouent à la main chaude, à la corde, à cache-cache.

luttent éntre eux,:se font des peurs mutuelles ; avec Vénus ou seuls, ils pêchent à la ligne, au filet, au trident, et emportent dans un panier la pêche de la déesse. Ils saisissent en dansant les attributs des dieux ou se les disputent ; tenant l'un le rithon, l’autre la patère, ils imitent le pas cadencé des Lares ; ils osent même jouer avec la foudre de Jupiter, préparent pieusement des sacrifices ou.les offrent, amènent dans les laraires le porc, victime agréable aux dieux: du foyer, jouent de divers instruments. Ils exercent aussi, avec une grande gravité, tous les métiers : on les voit cordonniers, vendangeurs, fabricants d'huile et de vin, scieurs de long, foulons, orfèvres, parfumeurs, montreurs d'animaux savants, bateleurs,

CRT Le EU LE à dB: ARE LS IL RARES)

Fig. 84. — Les amours vendant du vin (p.128).

marchands de vin (fig. 84, p. 128), de couronnes de fleurs et de guirlandes qu'ils tressent. Des jeunes femmes les admirent tout petits dans les nids où ils viennent de naître ; des marchands et des marchandes les tiennent dans des cages et, les tirant par les ailes, les vendent aux imprudentes qui les achètent ; quelquefois ils se font punir, ayant sans doute poussé trop loin leurs impertinences : Vénus, leur mère, les fustige; mis aux fers, ils sont condamnés aux travaux des champs ; on leur lie les mains derrière le dos ou on leur rogne les ailes pour calmer leur trop grande activité. La maison de la Parete nera (IV, 4, 59), une maison voisine du temple d’Apollon (IV, vi, 5), le marché et, avant tout, la maison des Vettii (VI, 15, 1) ont présenté d’intéressantes peintures où figurent ces petits amours.

En opposition à ces charmants génies aïlés qui égaient les murs de Pompéi et mettent un sourire même dans des scènes tragiques, les pein-

tures nous offrent souvent des nains hideux, des négrillons grotesques aux difformités hideuses, caricature, contre-partie des petits amours. Ils font les mêmes choses, mais d'une manière toute autre. Armés, ils ferraillent entre eux, mais ils se battent et tombent de façon stupide ; ils livrent à des oiseaux, à des grues surtout, des combats héroï-comiques ; ils combattent avec le ceste, peignent des modèles vivants aussi beaux

Fig. 85. — Le sacrifice d'Iphigénie (p. 131-132).

qu'eux-mêmes, portent sur l'épaule des fardeaux équilibrés aux deux extrémités d’une longue perche, conduisent des barques où ils dansent lourdement, luttent contre des poissons monstrueux, vendangent une treille, exhaussant leur petite taille l'un sur des échasses, l’autre sur un panier renversé et, dans toutes leurs actions, ils sont ridicules. L'hippopotame et surtout le crocodile sont leurs ennemis personnels et le perpétuel sujet de leurs terreurs ; dès qu'ils les aperçoivent, ils fuient, s'embourbent, grimpent aux arbres, parfois tombent à l’eau et sont croqués.

Les acteurs de la caricature du jugement de Salomon sont aussi des grotesques : le roi avec son sceptre, entre ses deux assesseurs, l’assis-

Page 1