PEUR OR UM
tréteaux (fig. 18, p. 28) ;: un aveugle en haiïllons conduit par son chien reçoit l’aumône : un amateur dessine, d'après nature, une statue équestre ; un chaudronnier couvre, avec le bruit de son marteau, les hurlements d'un écoliér qui reçoit dans l'école voisine une correction peut-être méritée (fig. 19, p. 29); et, au milieu du tapage de ces industries diverses, une femme présente à des magistrats une petite fille qui porte une tablette sur la poitrine. Toutes ces scènes se passent sous les portiques
Fig. 19. — Une école sous les portiques du Forum (p. 29).
du Forum dont, comme pour un jour de fête, les colonnes sont enguirlandées.
Il est à croire que, à certains jours seulement et à certaines heures, le Forum pouvait être ainsi encombré. Les édiles, à qui revenait la police de la ville et des marchés, veillaient certainement à ce que les règlements fussent observés et les permissions demandées.
Le Forum de Pompéi, une fois que la ville devint une colonie romaine, n'eut donc plus aucune importance politique. Pas plus que les décurions dans leur curie, le peuple dans ses comices n'avait l'occasion ni le droit de s'occuper d'affaire autres que celles qui concernaient l'administration de la ville et ses intérêts. Mais l'étude n'en est pas moins intéressante et curieuse. Les luttes et les agitations du Forum de Rome appartiennent à l’histoire du monde, elles ont un intérêt général et les auteurs anciens nous
les ont racontées. Sans la découverte des Forums de Pompéi, de Veleia, de Timgad et de leurs inscriptions, il eût été difficile de pénétrer les secrets de la vie plus humble et plus cachée d'une petite ville de province, soumise à l'autorité romaine il est vrai, mais s’administrant ellemême et c'eût été une lacune grave dans l'étude des manifestations de la vie publique chez les anciens.