CLOS
Les comptoirs sans va-
PL
ses d'aucune sorte appar-
tenaient certainement à des
boutiques; on chercherait en vain à spécifier quelles
choses précises s'y ven-
Fig. 62. — Restitution d'un cabaret (p. 120). daient. La rainure du seuil
des boutiques où glissaient
les volets de clôture était, à son extrémité, généralement interrompue,
faisant place à une petite porte qui, les volets fermés, permettait l'entrée.
Le musée de Pompéi conserve le moulage d’une de ces clôtures. Usée ou
brisée, la rainure était en tout ou en partie, remplacée par une barre de fer
(IV, 2, 42). Sur le côté intérieur des montants d'une boutique (IV, 12, 14)
deux lignes parallèles tracées à la pointe ont indiqué à l’ouvrier l’endroit précis du seuil où il devait creuser la rainure, et sa largeur.
Les auberges étaient assez nombreuses à Pompéi, surtout, comme dans toutes les villes, près des portes. Deux, derrière la porte d'Herculanum se faisaient vis-à-vis (VI, ins. occid., 1-4; VI, 1, 2-4). La maïison aux deux tricliniums et d'autres encore près de la porte de Stabies étaient des auberges (II, 7, 6-12), peut-être aussi les constructions décou-
vertes, il y a quelques années, en dehors de la porte du Vésuve On les reconnaît à la place plus grande qu'elles occupent, au nombre des chambres et des pièces communes, à la grandeur des fourneaux, aux trottoirs abaissés en pente pour donner accès aux voitures ; aux graffites inscrits sur les murs. Un client de l’une des auberges que nous venons de mentionner
Fig. 63. — Boulangerie avec le four et les moulins (p. 122-124).
(1, 7,.6-12) a écrit en vers sur la muraille la cause de son mécontentement :
Miximus in lecto, fateor; peccavimus hospes; Si dices quare : nulla matella fuit.
« Hôte, j'ai... »; mieux vaut ne pas traduire.
T1 existait aussi des hôtels dans l’intérieur de la ville. Celui de Sittius, à l'enseigne de l'éléphant, avait un triclinium avec trois lits et une installation commode; du moins l'affiche le disait (IV, 1. 45). T1 avait de vastes sous-sols où était l'écurie et, à l'entrée, une borne pour aider les cavaliers à monter. Non loin de là (IV, 11, 11) un autre hôtel beaucoup plus grand, a, dans un vaste jardin, des cabinets particuliers. Dans une
auberge de la même région (IV, 12, 35), des voyageurs ont écrit sur les
murs la mention de leur passage et quelquefois aussi leurs impressions :
un prétorien de la première cohorte y a passé la nuit et aussi un brave
Fig. 64. — La fournée trouvée dans un four (p. 124).
homme nommé Vibius Restitutus, désolé d'être séparé de sa femme
Urbana ; C, Julius Speratus souhaite toute sorte de prospérité à Pouzzole
sa patrie. Un foulon nommé Cresces fréquentait une auberge de la rue de Nola (V, 2, 4). Quand il avait bu, sa bienveillance universelle s’étalait
Fig. 65. — Quelques-unes des opérations du métier de foulon (p. 125).
sur les murs, sur toutes les colonnes du péristyle. Vivent Les Salinenses, écrivait-il, et ceux de Nocera et les Campanienses; tous les faubourgs, toutes les villes voisines avaient ‘leur tour. Il noubliait pas non plus ses concitoyens : Vivent les Pompéiens, ni sa corporation Vivent les Foulons, et ïl signait afin que personne n’en ignore : Cresces foulon.
Une des industries les plus fréquentes à Pompéi est celle de la boulangerie. Dans presque toutes les îles, il y a un ou
plusieurs boulangers. Les moulins occupaient la cour. Un cône plein, debout, en pierre dure, fixé sur une base immobile en formait la partie infé-
rieure. La partie supérieure, composée de deux cônes creux réunis par leur
sommmet,ressemblait assez à un sablier. Le cône inférieur s’emboîtait exac-
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tement sur le cône plein et, en tournant, écrasait par le frottement le grain que l’on versait par l'ouverture du cône supérieur renversé. Deux trous percés extérieurement à la jonction des deux cônes de la partie supérieure recevaient les barres qui mettaient le moulin en action {voy. fig. 63,