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La farine retombait sur le bord de la base qui dépassait un peu (même fig.). À côté dans une salle, la table en pierre servait à façonner
Fig. 66. — Foulerie de la rue de Stabies (p. 125).
le pain. On peut voir, rue de Stabies (IT, 3, 10) un moulin remis en état.
Le sol du four, dallé de larges briques, était recouvert d’une calotte également en briques, sauf l’assise inférieure construite, ainsi que la bouche, en pierre dure pour mieux résister au choc de la pelle. Devant la bouche, une longue table en pierre communiquait par une ouverture avec la chambre du pétrin. L'enfourneur n'avait qu'à y présenter sa pelle pour recevoir la pâte préparée ou pour donner le pain cuit qu'il venait de retirer du four. Dans les fours les mieux établis, une chambre de chaleur protégeait la calotte et, en avant de la bouche, une cheminée emportait la fumée (voir fig. 63, p. 121. — IV, 2, 22). Au pied du four un réci-
pient plein d'eau servait à éteindre, quand il prenait feu, le chiffon avec lequel on nettoyait le four (fe #63, pre
Pendant la cuisson, une plaque en tôle, munie d'une poignée, fermait les fours. Plusieurs ont été trouvées en place et, dans le four, les pains qu’on n'avait pas pu retirer, trop cuits, carbonisés même, mais ayant conservé leur forme (fig. 64, p. 122). Quelques-uns portaient, marqués avec un sceau, le nom du boulanger.
Aux boulangeries, attenaient une ou deux boutiques de vente. Les
Fig. 67: — Doliums de marchands d’huile et autres denrées (p. 126).
planches, sur lesquelles étaient posés les pains avaient comme support un ressaut en maçonnerie courant tout le long du mur ({V, 4,1, 2; VI, 14,22; L 3, 27hon bien despieds énpierresi{lMor 36). Une boulangerie considérable occupait un vaste espace dans la première région (I, 4, 12- 18). Elle avait deux fours, des moulins, six boutiques. La boutique d'angle (12-13) avait double devanture sur la rue de Stabies et sur la rue des Diadumeni, en face du beau quartier de la rue de l’'Abondance. La boutique 14, bien décorée, dallée en joli marbre servait sans doute à la vente des choses délicates, de la pâtisserie; dans la boutique 17 qui a deux doliums presque enfouis, on vendait la farine au détail.
11 est des boulangeries qui communiquent avec de riches maisons (IV, 2,3 et 5; IV, 2, 20, 22 et 38). Plusieurs boulangers étaient donc riches et influents, comme P. Paquius Proculus qui fut élu édile à l’una-
PRSMCABARETS "LESBOUTEIQUES:— LES MÉTIERS 125
nimité (voir ist. Vie priv., p. 11-12). Peut-être aussi des particuliers faisaient exploiter une boulangerie par leurs esclaves et tenaient à pouvoir, de-chez eux, les surveiller.
Une boulangerie a été installée dans une maison jusque-là bourgeoïisement habitée ; on a surélevé, pour en faire une cuve, les bords de l'impluvium (V, 3, 8). Cet exemple n'est pas isolé. Dans la quatrième région, un vieux et noble péristyle en tuf a été, avec toute la maison, complètement dénaturé par un industriel qui y a établi des cuves nombreuses, des pièces sombres et voûtées, une immense armoire. C'était un teinturier ouuniouon (LV 2uit, LV,2,,17-10}.
Les foulons formaient à Pompéi une puissante corporation. Il est possible encore de suivre dans leurs usines les diverses opérations du
Fig. 68. — Affiche électorale (p. 127, 129; Hist. Wie priv., p. 9-10).
métier. Ils nettoyaient les étoffes en les foulant de leurs pieds nus dans des cuves séparées par des petits murs sur le haut desquels, pour sauter, ils appuyaient les mains. Une série de peintures (musée de Naples) provenant de la foulerie de la rue de Mercure représente cet exercice et les différentes manipulations : les foulons sautent sur les étoffes, les soufrent, puis les cardent et les étendent sur une cage en claire-voie sous laquelle brûle du soufre dans un réchaud (fig. 65, p. 122). On les mettait ensuite sous presse; une foulerie de la rue de Mercure (ML neo conservé le corps de construction dans lequel la presse était renfermée. Dans cette foulerie et dans celle de la rue de Stabies (VI, 14, 51) on a trouvé un dépôt de la terre smectique, savon naturel, avec laquelle les étoffes étaient nettoyées; on se servait aussi, pour cet usage, d'urine ou de potasse. La foulerie que nous représentons ice 100, pu123)008t celle de la rue de Stabies ; c'est une maison particulière transformée en foulerie. Après avoir traversé son joli atrium qui a conservé l’'impluvium, la vasque, la base de la statue-fontaine et le cartibulum, on rencontre, au delà du tablinum, au lieu du jardin, les longues cuves, et les endroits où on foulait. Sur le mur de gauche une peinture représente les foulons célébrant la fête de Minerve leur patronne. Ils banquettent et boivent tant que le vin, mauvais conseiller, les met aux prises et la fête
se termine devant le tribunal où comparaissent les accusés et le plaignant couvert, des pieds à la tête, de blessures.
On voit en grand nombre à Pompéi des établissements plus où moins importants où de grandes cuves en plomb ou en terre cuite reposent sur un foyer. Ce sont sans doute des teintureries. Ces établissements sont
particulièrement nombreux dans la quatrième région puis dans la sixième et dans l’île première
de la cinquième.
Dans deux boutiques de la rue du Forum (IV, 4, 13- 14) la direction des fouilles avait réuni de grands doliums
en terre dans lesquels on vendait de l'huile, peut-être aussi des grains, des légumes secs, des olives (fig. 67, p. 124). Ils n'y sont plus aujourd’hui.
Parmi les industries pompéiennes, il faut signaler aussi la tannerie. Il y en avait une derrière le monument d'Eumachia. On la reconnaît aux sertables en pierre sur lesquelles on raclait les peaux et aux cuves où on les laissait macérer entre deux couches de tan; la maison d'habitation était grande et luxueuse. La plus
Fig.69.— Colonne d’ascension pour les eaux et fontaine au pied; rue de Stabies (p. 129-130, 132).
instructive tannerie de Pom-
péi, la plus considérable et la mieux conservée, avec ses vastes cuves au nombre de quinze, ses tables, ses distributions d’eau est située dans la première région (I, 5, 2). Celui qui est bien au courant des procédès de la tannerie peut en suivre là toutes les opérations qui n'ont guère changé depuis les temps anciens. On a trouvé dans cette tannerie des outils de métier, entre autres le tranchet et le racloir à deux mains.
C'était un usage chez les anciens de mettre des vases dans les sépultures, sans compter l’urne funéraire où étaient recueillis les ossements. Les familles qui venaient conduire le défunt à sa dernière demeure ou
célébrer son anniversaire achetaient souvent, pour les déposer dans la
tombe, des vases et des lampes. Aussi des ateliers de poteries s'étaient installés près des sépultures voisines de la porte d'Herculanum, à peu près à la hauteur de la villa de Diomède et du côté opposé. Une sage restauration les a sauvés de la destruction imminente. Les fours se composent d'un foyer sur lequel repose une plate-forme perforée de petits trous par où passait la chaleur du foyer et recouverte d’une calotte ; par une ouverture semblable à celle des fours du boulanger on y déposait, pour la cuisson, les vases modelés.
Fig. 70. — Une fontaine publique (p. 130).
La boutique et l'atelier d'un cordonnier occupaient l’angle de deux rues (IV, 1, 41). Un centurion en retraite, Caesius Blandus, avait établi là, dans une boutique lui appartenant et communiquant avec sa maison ARR 40), un de ses anciens soldats qui exerçait ce métier. On a trouvé dans la boutique la table en pierre sur laquelle travaillait le cordonnier, les instruments de son métier. Lui-même avait gravé à la pointe sur la muraille le détail d'un travail qu'il avait exécuté.
On a mis au jour beaucoup d'instruments appartenant aux différents métiers : menuisiers, serruriers, maçons, etc. Ceux dont la provenance a été notée pourraient servir à reconnaître les industries exercées dans un certain nombre de boutiques. Nous avons aussi par les affiches électorales les noms de la plupart des métiers exercés à Pompéi (voy. Hisf..
Vreipre op. 10}
Les rues de Pompéi offraient, dans les quartiers populaires, dans la rue de Stabies par exemple, un spectacle animé : toutes les boutiques grandes ouvertes avec leurs marchandises exposées, les nombreux cabarets, la population très dense et habituée à vivre dehors, emplissant la ville de bruit et de cris. Tout le long. des rues ouvertes aux voitures, comme la rue de Stabies et la rue de Nola, des trous, traversant de part en part l'angle de la bordure du trottoir, tenaient lieu d'anneaux pour attacher les animaux. Il n’y en a pas dans la rue de l’Abondance, dont les deux extrémités ne sont pas accessibles aux voitures ni dans les rues bar-
rées par des bornes plantées au milieu de la chaussée (entre IIT, 1 et #2; entre VI, 12:et: VI “13)'oupartunerchainebmobrlettv2; 22). Les façades des maisons parfois étaient ornées de peintures (V, 4, 12; en face de VI, 16, 4; IV, 4, 22; IV, 8, 29) parfois ombragées d'une treille dont quatre briques en carré ou quelques pierres protégeaient le-pied.(V,4, 1: V,53,,2):" Une petitépierré.plantée contresle mule mettait a: l'abrirdes chocs AIT E en a TITI 28 ON #0 VERSER Çà et là, quelques colonnes abritaient sous un portique un bout de trottoir, par exemple, rues du Forum (IV, 4), de Nola (V. 4, 3-5) de la via della Marina (IV, À, 1-7). Devant les maisons des bancs invitaient aux longues conversations des soirs d'été avec les voisins. Si un angle de mur faisait une avancée, un banc commandant le trottoir permettait
de voir arriver de loin les HASSAntS MID SORA LVR Set 20 NPez LOMAN ENT 2e
Les affiches électorales couvraient les murs de leurs grandes lettres rouges (fig. 68, p. 125; voy. Hist. Vie pr., fig, 5, p. 9). On affichait aussi des avis de location : À louer dans l'Île Arriana, à dater du Premier juillet, des boutiques avec les chambres au-dessus (pergula). — À louer dans la propriété de Julia Félix des boutiques avec les chambres au-dessus, les bains de Vénus, un premier étage; les objets perdus ou volés avec promesse de récompense : Une marmite en
ul
Fig: 72. — Château d’eau situé près de la porte du Vésuve (p. 130-151).
cuivre à disparu de la boutique ; celui qui la rapportera recevra quinze sesterces ; celui qui fera connaître le voleur recevra...
Les promeneurs lisaient sur les albums (voir p. 27-28), des communications, des avis, des annonces de jeux, de spectacles. Aux boutiques les enseignes représentaient des dessins géométriques, des instruments de métier, des images parlantes : hommes portant une amphore pour un marchand de vin; chèvre pour une laiterie:; des petits cadres renfermant des rosaces, des damiers en pierres diverses, signalaient peut-être des fabricants de mosaïques, de marqueterie:; une auberge avait comme enseigne un éléphant.
Autour des fontaines les ménagères se pressaient. Un aqueduc haut placé dans la montagne, desservant plusieurs villes associées, amenait à Pompéi, par l’un de ses bras, l’eau qui, grâce à la pression, montait dans des réservoirs placés de distance en distance sur des colonnes et