‹ PompéiChapitre 17 sur 40 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LA PARTI!-; CRECOUE

Le péristyle, le triclinium, l'oecus, l'exadra, le jardin. — Les communs,

le premier étage.

L'ancienne maison n'avait, à Farrière du tablinum. qu'un petit jardin qui, derrière un portique plus ou moins beau suivant la richesse de la maison VI. I, lo; II, 2, 5, g; 1\', 12, s), occupait souvent toute la largeur du terrain disponible. Quand les cuisines abandonnèrent l'atrium on les construisit souvent aux dépens du jardin ; nous en avons un exemple dans la maison du chirurgien, la plus ancienne de Pompéi ('VI, i, lo). Enfin, la maison trop à l'étroit se déversa autour du jardin qui prit alors une forme rectangulaire et fut entouré d'un portique appelé péristyle (voir fig. 22, 9, p. 50) sous lequel ouvraient les pièces nouvelles. Ce furent d'abord les pièces de service et les chambres des esclaves que bientôt on relégua plus loin, dans de nouveaux communs ; dès lors au Itixe de la maison, le péristyle ajouta la beauté de son jardin, l'élégance de son portique, l'ordonnance des vastes appartements qui l'entouraient.

Fig. 41. — Péristsle de la maison du Centenaire (p. 78).

POMPKI

Fig. i\2. — Péristyle de la maison des Capitelli figurati (p. 78. 92".

Les dimensions du périsU'le variaient suivant l'importance de la maison. Celui de la maison liu Centenaire III. 7.

6) était un îles ])lus grands fig. 41, p 77 ; sur un seul de ses cotés il avait un second étao-e. Quelquefois le périslvle a])iiuyé contre un mur ou placé dans un angle, n'était orné de colonnes que sur trois IV, Q, 47) ou même sur deux de ses côtés (VI. 14, 20). Dans la maison des Capitelli tigurait (IV, 4, 57), un des côtés s'appuie à un mur duciuel sortent en relief des colonnes engagées 'fig. 42, p. 78". Certaines mai-sons avaient deux péristyles à la suite l'un (le l'autre; il en est ainsi dans les maisons d'Ariane (IV. 4, 51 . — *^S4'- 4.i- ]'• 7'", '^^ 'l*^' l'aune :(\'I. 12 son du Cilhariste il, 4, 5-, ils s'étendent à côté l'un de l'autre ; dans la maison de Castor et Pollux (VI.

Q, 6), le péristyle sépare les deux atriums.

Autour du ijéristyle rayonnent des ])iècesd"usagesdivers voir fig. 22, 12, p. 50 Les chambres à coucher sont reconnaissables aux signes indiqués plus haut p. 73 .

Souvent elles donnent sur le péristyle ])ar une porte aussi large qu'ellesmêmes, qui, ouverte pendant les chaleurs, reste fermée pendant les

: quelquefois, comme dans la mai-

'■'b- 43- — Péristyle de la maison d'Ariane (p. 78).

LES DIFFÉRI';NTKS parties de la maison pompéienne 79

temps froids ; dans le dernier cas, on utilise une petite porte de côté donnant sur une chambre voisine ou sur un corridor A'I, 1 1, g .

Le plus souvent, la salle à manger prenait jour sur le péristyle ou, quand le péristyle manciuait, sur le jardin. La salle à manger des maisons anciennes s'appelait ccimciiliim et occupait l'étage supérieur. Plus tard ce fut le tablinum puis une des pièces voisines ivoir fig. 22. 7, p. 50). ou tout autre pièce. Dans quelques maisons, le tablinum a continué à servir de salle à mangerfVL 16,28 ; L 3, 3 ; L 4. 22 1 . Sousl'influencegrecque, la salle à manger ])rit le nom de triclinium emprunté aux trois lits à trois places qui entouraient la

petite table, ineusa (fig. 44, LecLUS medlUS

p. 7g) : au centre, le l cet us incd/'iis, lit du milieu; à la gauche du médius, le Irctns siimnuts, lit du haut ; à la droite, le Icctits innis, lit du bas, plus long que les autres parce que les jambes du convive n° 3 étaient étendues vers l'extérieur; devant le lurditts IcctilS et entre les deux autres la table, nicnsa.

trouvait sa place. Le Icctiis iinits était celui du maître de la maison qui y occupait la place n" i ; à côté de lui, n"" 2 et 3, se plaçaient sa femme et un tle ses fils ou un affranchi. Les deux autres lits étaient réservés aux invités, le ledits médius cependant aux hôtes plus distingués. La place n" 3 de ce dernier lit était la place d'honneur, appelée place consulaire parce que, si un consul figurait parmi les convives, c'est là qu'on le plaçait. L'hôte honoré se trouvait ainsi auprès du maître de la maison ; les deux plus dignes après lui occupaient les places i et 2 du même lit.

Notre figure 44 (p. 79) représente bien la situation des convives, mangeant inclinés vers la table et accoudés sur le bras gauche ; on voit très bien comment, ainsi étendus, ils se faisaient presque vis-à-vis et pouvaient causer. Il ne faut pas croire cependant que, pendant tout le temps du repas, souvent fort long, ils restaient étendus dans la même position immuable. Pendant qu'on ne mangeait pas, les poses se modifiaient, on se retournait vers le voisin à qui on avait jusque-là tourné le

en

/ ro

OJ

Fig. 44.

Triclinium avec indication des places

des convives (p. 79).

PO M PKI

dos; sans doute, ceux qui. sur chaque lit. occupaient la place voisine du dossier ne se faisaient pas faute de s'y appuyer. On a trouvé dans les maisons de Pompéi quelques débris de triclinium. Chez C. Vibius (IV. 2, i8\ les trois lits étaient restés en place maintenus par les cendres qui les avaient moulés. L'un de ces lits aujourdliui conservé au musée de Xaples, a pu être reconstitué (fij{. 45, p. 80

Le triclinium se reconnaissait à la disposition de la pièce. Les grands tricliniums des riches maisons, particulièrement ceux du 2" style, étaient divisés en deux parties séparées souvent ])ar un jiilastre peint nu a]i])li(|ué. à droite et à gauche, contre le mur latéral. La peinture qui décorail le mur. le dallage du sol différaient dans ces deyx parties ; il en est

ainsi spécialement dans la maison du Lab\'rinthe(\'l. 11. 10^;. des Kpigrammes (V, i, 18), des Gladiateurs A", 5. 31. Dans la seconde partie, celle du fond, se dressait la table à manger avec ses lits ; la première partie était réservée au service. On reconnaissait aussi le triclinium à l'entaille faite dans le mur pour recevoir un des lits ou les

trois. On voit, très bien marquée, la place des trois lits, avec cniaillc ninins longue ])nur le summus lectus cjui est en effet jjIus court, dans la maison d'Ariane (IV. 5, 51, 32^, dans le charmant triclinium d'une maison assez modeste de la rue de .Stables, dont les peintures représentent des femmes jouant avec des paons (111. 1.7. dans une maison de la ]ir('inière région (1. 2. 2J^\ etc. La forme du sol un ]ieu inclini- des trois cotés vers les murailles latérah's et vers celle du fond, une mosaïque spéciale à cet endroit, un rond ou un carré en mosaïque mar(|uant la place de la table sont aussi les indices qui dénoncent le triclinium ^1, 5, is: 11.0, 9: VI. 16. 7: IV, I. 18).

Ouelquefois on a trouvé dans le triclinium l'autel sur lequel, avant le repas, se faisaient les libations IV, 7, 5; 1\'. 12, 23). Ces autels .sont rares, car, le plus souvent, on se servait d'autels portatifs qui ont disparu.

11 y avait des salles à manger d'hiver exposées au midi et des salles à

t'ig- 45- Lit d'un triclinium Jp. 80, 142).

LES DIFFERENTES PARTIES DE LA MAISON POMPÉIENNE 8i

manger d'été exposées au nord ou à Test. On pouvait aussi, dans beaucoup de tricliniums, fermer, quand il faisait froid, la grande porte ouvrant sur le péristyle ou le jardin ; le service se faisait alors par une petite porte de côté donnant sur un corridor ;IV, 2, 16; IV, 2, 18; V, i, 18; VI, 14, 381. Les fenêtres des tricliniums, généralement larges et peu élevées, se fermaient aussi à Taide de volets dont on voit encore les traces sur l'appui en marbre II, 4. 33; IV, 3, 6; VI, 7, 23, etc.).

Quand le nombre des convives dépassait neuf personnes on dressait

Fig. 46. — Oecus à colonnes de la maison de Méléagre (p. 81).

plusieurs tricliniums; parmi les salles à manger de Pompéi, il en est qui peuvent contenir quatre tricliniums.

Autour des péristyles on rencontre aussi de grandes pièces appelées omis (voir fig. 22, 13, p. 50) disposées comme les tricliniums; elles ont en effet le même usage. Il en est qui sont complètement entourées de colonnes, laissant entre le mur et les lits un espace étroit que les convives pouvaient utiliser pour gagner leur place et quelquefois aussi les esclaves pour le service. Ces beaux oecus à colonnes n'appartiennent qu'aux maisons très riches ; on en connaît trois seulement parmi les maisons découvertes à Pompéi ; ce sont les maisons de Méléagre (VI, 9, 2, fig. 46. p. 81), du Labyrinthe (VI. 11, 10) et des Noces d'argent (V, 2, a); ce dernier a été restauré et conserve une partie de la voûte antique.

Les Romains mangeaient volontiers en plein air. Nous avons parlé de

83 POMPKI

salle à man},a'r d'hiver et dété; il en existait en effet: mais, ([uand la sai son était clémente, c'est sur des tricliniums en maçonnerie, dont beaucoup existent encore, dans les jardins et dans les péristyles, sous le ciel, au milieu des fleurs que se prenaient les repas.

Certaines maisons plus modestes possédaient seulement, au lieu de tables à trois lits, des tables à deux lits: on les appelait alors bicHiiiiiiii . On en connaît un dans une maison de la première région d. 2. 20: voir aussi \'. 2. c\ ; les deux lits sont disposés en équerre et la table, de forme ronde, occupe l'angle rentrant: il pouvait contenir quatre personnes.

l-'ig. .^7. — Un biclinium ^p. S2).

Dans une autre maison de la iiiénic région (1. 2. 10) se voit un biclinium disposé de la même manière; mais il semble ([u'en le construisant nn ail ménagé la ]ilace d'un lit mobile, permettant ainsi, à l'occasion, de comjjléter le triclinium. Dans une maison de la cinquième région \'. 3. 11 le jietit jardin est orné d'une fontaine de rocaille de chaque côté de laquelle, sur un lit en maçonnerie, s'étendaient les convives : c'est un biclinium fig 47. p. ^2). L'espace compris entre les lits était occupé par la fontaine, en axant de laquelle une érhancrure permettait de placer la table.

Les bicliniums étaient rare- Meaucoup plus nombreux dans les jardins de Pompéi se voient encore les tricliniums en maçonnerie. Celui de la mais(jn de .Salhistc '\'I. 2. 4 est ])arti(ulièrement bien conservé. Il occujjait. dans le jardin, le f>>nil «l'une allée .sablée, bordée de fleurs: sur le mur.

des peintures représentaient un jardin dont la perspective prolongeait le jardin réel. Une colonne, à l'angle où manquait l'appui du mur. soutenait la vigne dont le berceau abritait la table et les convives; en avant, l'eau d'une petite fontaine se renouvelait sans cesse ; un bassin et une rigole par où l'eau s'échappait, entretenaient la fraîcheur (fig. 48, p. S^"). Tous les tricliniums des jardins pompéiens sont plus ou moins disposés ainsi. Dans une maison de la cinquième région (V, 2. 15I, sur chacune des colonnes placées aux angles du triclinium pour soutenir la treille.

Fig. 48. — Le triclinium de la maison de Salluste (p. 82-83, ^S- M^)-

des grappes et des pampres peints semblaient prolonger jusqu'au sol la vigne du berceau. Une maison avait deux tricliniums en maçonnerie, l'un abrité par une voûte, l'autre en plein air dans le jardin (V, 4, 13).

Près du triclinium se dressait, l'autel (I. 2, 24; III. 5, 10; III. 5- n) souvent portatif, comme ceux des salles à manger et, pour ce motif, aj-ant disparu. On en peut dire autant des fourneaux et des tables de service. Dans la deuxième région (II, 7. 6) une auberge possède deux tricliniums en maçonnerie, ayant chacun leur table de service ; celle du second de ces tricliniums, ingénieusement disposée, permet de mettre des plats à l'abri.

Des enfants ne prenaient pas place sur les lits du triclinium mais mangeaient assis devant une petite table située au pied du lit de leurs parents.

POMPKI

Diins une maison de la troisième région 111. 5- "!• ^u pi^tl tle Viiiiiis hctiis qui était celui du père et de la mère, existe encore, devant une petite table, le siège des enfants.

Vers le commencement de l'empire, la mode s'introduisit d'un lit de table semi-circulaire auquel on donna le nom de sigma à cause de sa forme imitant celle du sigma lunaire C Des peintures de Pompéi en représentent plusieurs. Sur celle que nous reproduisons (iig. 49. p. >^4 , ([ui fait partie d'une série, est figuré un rejnis dedébaurhés étendus sur un lit de ce genre devant une table ronde à trois pieds.

Dans une maison de la deuxième région (II, 3, 15, au milieu du jardin, on voit encore un sigma en maçonnerie très bien conservé

(fij?- 50, P- «5}-

Le sigma n'était pas, comme le lit du triclinium, limité à trois convives; il donnait ])lace parfois à une dizaine de personnes; celui de notre figure 49 n'en a rei,-u que cinq. La jilace d'honneur était à l'extrémité du lit. à droite, la seconde place à l'extrémité à gauiiie. jiuis à coté de la seconde la troisième et ainsi de suite.

A l'heure des repas on recouvrait les tricliniums de matelas, de coussins, de couvertures. Quelquefois la niai,onnerie semble avoir été faite pour supporter des lits en bois, sans pieds, que l'on posait par-dessus, au moment du repas, avec les couvertures et les coussins. Le triclinium de la maison de Fabius Secundus 'V. 4, 13; parait bien avoir été ainsi disposé. Dans les jardins, au milieu de la verdure des péristyles, se dressaient des tricliniums mobiles, qu'on enlevait après le repas et dont nous ne trou-

Fig. 49. — Peinture représentant un lit de table appelé sigma p. 84. 85. 142).

vons plus trace. Comment expliquer autrement la présence dans plusieurs péristjdes de fourneaux et d'autels iIII, 6, 5; IV, i, 25; IV. 7, 2;V, i, 18). Les tables des tricliniums d'intérieur étaient généralement mobiles et de formes variées, comme tous les meubles (voir fig. 49. p. 84) ; celles des tricliniums en maçonnerie se composaient le plus souvent d'une plaque de marbre plus ou moins belle, ronde ou carrée, posant sur un pied. Dans la maison de Salluste (VI, 2, 4;, après le repas, on pouvait enlever la plaque en marbre et du jiied resté en place jaillissait un jet d'eau.

Fig. 51J. — Lit de table appelé sigma ,p. 84).

Au fond du périst3'le, dans la même situation c^ue le tablinum par rapport à l'atrium, une grande pièce, généralement bien ornée et bien meublée, servait de lieu de réunion, de salon et aussi d'occi/s ; on l'appelait exedra (voir fig. 22, 15, p. 50 .

Le péristyle formait, autour d'un jardin, un promenoir couvert et en même temps aéré. C'était, en effet, jjour les habitants de la maison, un lieu de promenade à l'abri de la pluie, du vent et du soleil contre lesquels ils étaient encore garantis par des voiles ou rideaux manœuvres à l'aide de cordes qui avaient leur point d'arrêt à des anneaux ou à des crochets fixés aux colonnes 'voir plus haut, p. 59-60). Caesius Blandus, un ancien soldat habitué à une vie active, faisait des marches sous le portique de son périst3'le (I^". i, 40) ; sur un des murs de ce portique il a gravé l'indi-

PO M PKI

cation que, en le parcourant dix fois, aller et retour, il faisait une course de 640 pas.

Le jardin du péristyle était toujours ou presque toujours orné au centre d'un bassin avec un jet d'eau. Sur les parois de ce bassin, dans la maison de Pansa 'VI, 6, i}. on a peint des roseaux et des poissons : i)arfois aussi, afin que l'eau ait une belle couleur, les parois du bassin i)rofond étaient peintes en bleu 11, 4, 4: 1\'. A. 3 : dh y inrna^cail aussi des arcs rentrant, des renfoncements où l'eau agitée par la retombée du jet deau se brisait en paillettes d"aryent : tel était le bassin du péristyle de la maison de ^léléagre ^VI, 9, 2 . Dans certains bassins

les poissons dont c était l'instinct tnanaient des abris où se retirer; un curieux exemple de cette disposition se voit dans une des maisons de Championnet II,. 2, 3, et aussi I \', 2, 16 . Comme liiniihu iuni, le l)assin du péristj'le était souvent orné, à s(jn extrémité, d'une statue d'où l'eau s'écoulait parfois en fontaine voir iiy. 30, 31. ]). 63, 64}, mais on ne trouve plus guère ([ue rem])lacement de ces statues, les œuvres d'art ayant été enlevées par les Pompéiens et, le plus grand nombre de celles «[ui se Lrou\aient encore en place transportées au musée de Naples. 11 faut mentionner cependant la charmante statue du satyre de la maison du Centenaire III, 7, 6, voir plus loin, ]). 131 .

Dans le péristyle de la maison du Cilharisie 1. 4, 5 , toute une chasse d animaux en bronze, deux chiens, un sanglier, un lion, une biche, un sL'r])cnt, lançaient de 1 eau dans un beau bassin en marbre de forme semicirculaire. Près de ce même bassin, on trouva la belle statue archaïque du joueur de lyre qui donna son nom à la maison. C'est le péristyle de la maison du haune \'I, 12. 2 qui a fourni le beau pied de table en forme de sphinx accroupi.

Autour du bassin, dans tout l'espace compris entre les colonnes, s'étendait un véritable jardin avec ses fleurs, ses plates-bandes et ses allées", nous en avons un bel exemple dans la maison des \'ettii ; on a retrouvé, sous les cendres, le dessin des plates-bandes et ainsi a jiu être

roiuaini; de la luaiion d'Apollon (p. 89).

reconstitué le jardin, oii, pour ne pas faire d'anachronisme, on n'a admis que des plantes peintes sur les murailles de la ville antique fig. 52, p. 87). Le bassin du péristyle de la maison du Centenaire était abrité par une vigne ; celle qui la remplace puise la vie là même où se sont desséchées les racines de la vigne antique, et, plantant ses pieux dans les mêmes trous où enfonçaient les anciens supports, le jardinier de Pompéi a rétabli

Fig. 53. — Le périsule de la maison des Vettii ^p. 86-S7, 91).

le berceau. Parfois le péristyle ou son bassin sont entourés d'une balustrade basse, dont le sommet, creusé en sillon, recevait des fleurs (IV, II, 6; VI, 5, 10; VI, 9, 3; VI, 13, 2) ; des caisses mobiles ou en maçonnerie, de formes variées, servaient au même usage; on a vu aussi les fleurs et la verdure envahir l'atrium, faire du tablinum un jardin (IX. 2, 33^ et ceindre l'impluvium d'une bordure fleurie l'VI, 5. 4 ; VI, 5, 13). Les Romains aimaient beaucoup les jardins et, là où le péristyle faisait défaut, ils réservaient autant que possible derrière la maison un coin de terre à la culture. Nous avons vu plus haut ce jardin affecter la forme d'un second péristyle ou s'étendre au delà. Le mur qui

88 l'OMlMvI

l'entourait, sf)uvent couvert de peintures représentant des arbres, des fleurs et de l'eau, prolongeait dans la perspective le jardin réel. Ailleurs ce sont des chasses IV. 2. 48 ou le désert avec ses fauves poursuivant leur proie 1\', 2. 25 : \'. 1. iS ; V. 2. 23 : \', 4. < : ^', 5. 3 • Quelques-un^ de ces jardins sont vastes, particulièrement ceux de Pansa 'VI. 6. 1, et d'Epidius Kufus IX. i, 20'; ; celui de la maison du Centaure \'I, 9. 3} est suspendu sur la voûte de vastes soussols; la maison de Méléagre ("VI. g, 2 en a deux, un grand et un \)\us jK-tit.

Une des particularités de ces jardins, qu'ils fussent dans un péristyle ou en dehors, est l'abondance de l'eau; elle s'élançait du bassin central et retombait en gerbes : des statues, des enfants tenant des coquilles (voir fig. 32. p. 66), ou des animaux de toutes sortes \-oirfig. 30. 31 . p. 63, 64), la versaient dans de belles vasques en marbre aux formes variées ; elle jaillissait même, comme dans la maison d'IIolconius II, 4, 4 et du Jialcon IV, 12, 28 , des colonnes où l'amenaient des conduits dissimulés.

Des fontaines en mosa'iques de verre, aux vives couleurs, auxquelles se mêlaient des coquilles, ornaient les jardins tk- ])lusieurs maisons. On en connaît dans une maison située sur la limite des fouilles et, depuis peu de temps, accessible aux visiteurs, certainement la plus belle III, 10, dans les maisons de l'Ours W , 2. 45 , du duc de Toscane 1\', 4, 56}, des Scienziati VI, 14, 43, de la Grande et de la Petite Fontaine 'VI, 8, 22, 23}, près de la voie des tombeaux. Celle que représente notre figure 53 (p. 89" a dt)nné son nom à la maison de la Grande Fontaine. Il n'y a pas de péristyle dans cette maison mais, comme cela arrive souvent, un jardin devant lequel court une colonnade. Au centre de l'hémicycle formé inir la fontaine, au-dessous d'une tète de ili\inii(' fluxialc une bouche en Ijronze laissait échapper l'eau qui, coulant sur un e.scalier en marbre de six degrés, se brisait en petite cascade. Sur les pieds-droits, deux masques en marbre, dont celui d'Hercule, attirent l'attention. Dans la maison voisine, celle (le la petite fontaine \'I. 8. 23 une fonlaiiu' du même genre s'appuie à un mur où. sur un beau ciel bleu, se ddac hcnl ilo l)ranches d'arbres peuplées d'oiseaux. Au bas, sur le rebord du bassin, étaient disposées des statuettes aujourd'hui bien connues : l'enfant à 1 oie. le pêcheur à la ligne, l'enfant couché, cou\ert du rucuUus (manteau à capuchon'. Le mur de fond du jardin de la maison du Torello était occupé i)ar trois grandes niches d'une architecture monumentale d'où l'eau jaillissait dans un bassin; des mo.saïques en verre ornaient leurs bases- V, i, 7). Dans la maison du Centenaire (III. 7, 6 et aussi dans celle de M. Lucretius III. 3, 5 ; fig. 56, p. 93) une petite niche couverte de mosaique

en verre abritait un beau silène en marbre envoyant dans une vasque l'eau qui, avec mille reflets, descendait en s'éparpillant sur des degrés. Cette niche formait le centre d'une singulière décoration dont la peinture principale simulait, sur trois côtés, un aquarium plein des poissons les plus variés. Deux fontaines revêtues de mosa'ique en verre , de coquilles et de rocaille formaient le fond de l'ornementation du péristyle de la maison de l'Anchora VI, lo, 7 et 16; voir p. 93 . Dans lu maison d'Apollon A'I, 7, 23. — Fig. 51- P- 86 .

une fontaine rococo, d'où l'eau s'écoulait de tous côtés, avec mille reflets, sur les marches d'une série de petits escaliers disposés en cercle, se prolonge par une peinture en trompel'œil représentant l'arche d'un pont, une rivière et des canards ; l'eau qui se déversait dans la fontaine semblait continuer l'eau peinte sous le pont ; quand les couleurs fraîches et vives se reflétaient dans l'eau véritable, l'illusion devait être facile. Les Pompéiens, en effet, aimaient beaucoup voir, dans la verdure, le reflet de l'eau et entendre son murmure : de là ces nombreuses fontaines et ces degrés en marbre sur lesquels l'eau s'écoulait en cascades enfantines, ces bassins aux formes variées. Les jardins des péristyles et les autres aussi étaient ornés de tables 'voir fig. 97. p. 143) de vasques, de vases en marbre ou en bronze fig. 54. p. 90'. de colonnes portant des bustes, des vases, des Janus ,fig. 55, p. 91;. de petites fontaines minuscules

l'"ig. 53. — Fontaine en mosjïque yp. SS).

comme celle que Ion voit encore en pkice dans la maison d'IIolconiu;; (II. 4, 4 . Ce ^oùt des petites statues était poussé parfois jusqu'à l'enfan tillage ; le jardin de la maison de 31. Lucrelius III, 3, 5 nous en ofFrtun curieux exemple. Surélevé de près d'un mètre, ce jardin sétend

derrière le tablinum : au fond, dans une niche en mosaïque et en coquilles qui ressemble à celle de la maison du Cen- UMKiirc 111. 7, 6 , un Silène, tl'un très beau travail, laisse échapper de son outre gonflée l'eau (|ui, jiar un escalier de cinq marches, s'écoule dans un bassin. A droite et à gauche, des hernies portent des bustes à double face : Baccluis et Ariane d'un côté, de 1 autre un Faune et une Bacchante. Autour du bassin orné d'une colonne sur laquelle reposait une vasc[ue de jaune antique percée d'un jet d'eau, le jardin est parsemé de petits marbres aussi dissemblables ])ar leurs proportions que par leur \aleur artisti(iue : un faune a])puyé à une colonne ; un autre, tenant dans une corl)eille un petit chevreau vers lci|ucl se dresse la mère, charmante composition : jniis. ibis, la])in dont l'un mange une grappe de raisin, canard, liermès à double visage, cheval, vache, amours chevauchant des <lau])hins et attaqués par des poulpes; sur le devant, un jeune faune tire une éj)ine du pied fourchu île Pan fig. 56, p. 93 .

Les fleurs, chose fragile, les plates-bandes et l'ordcjnnance des jardins ont disparu sous les cendres du Vésuve. On a pu cependant reconnaître que les jardiniers pompéiens avaient beaucoup de soins de leurs plantes.

Vase en bronze ayant orné un jardin ;p. 89. i4'6).

Un petit ressaut en terre, entourant le pied de la tige, retenait l'eau d arrosage. Le jardinier actuel de Pompéi a découvert que ses confrères de l'antiquité, pour ménager les faibles racines des fleurs destinées à être transplantées, enfouissaient dans le sol, après l'avoir percé de trous, le pot où jusque-là la plante avait vécu. De sorte que ses racines puisaient les sucs nourriciers sans être froissées et sans changer de milieu. On a retrouvé aussi le dessin du jardin de Vettii [voir fig. 52, p. 87 ; le jardin de Pansa conservait le tracé des sillons voir fig. 22. p. 50 ; dans le jardin du second périst\'le de la maison d Ariane

IV, 4, 51 , les plates-bandes qui longent la grande allée ont encore leur bordure de briques posées sur champ; dans les plates bandes mêmes, des demi-cercles concentriques, inscrits dans trois rectangles, également dessinés par des briques, permettaient, en semant dans chaque compartiment des fleurs de couleurs variées, de former. i)ar leurs dessins, des tapis parfumés. Les murs des maisons de Pompéi nous offrent aussi des peintures qui nous instruisent sur les jardins ou tout au moins sur l'idéal que s'en formaient les Pompéiens. Une clôture en treillage dont la ligne droite est rompue par des hémicycles et des angles rentrant, des vasques d'où jaillissent des eaux, des arbres où sautillent des oiseaux, où Ijrillent des fruits et des fleurs, de distance en distance des pavillons, des cabinets rustiques aux bois desquels s'accrochent et montent des vignes et des plantes grimpantes et, se promenant avec grâce dans ce décor, ces grands oiseaux rares, majestueux et décoratifs, si chers aux anciens. Ces murailles sont instructives; elles nous font connaître aussi la flore des jardins de Pompéi, leurs arbres et leurs plantes dont les cendres ne nous ont rien conservé. Un savant italien, ^L O. Cornes, en a fait une étude spéciale. Nous reconnaissons, dans les peintures, parmi les arbres, l'acacia, le cyprès, le

Fig. 55. — Buste et colonne ayant décoré un jardin ^p. Sg).

q2 POMPl-1

laurier, le laurier-rose, le pin des jardins, le platane d'orient, le chêne ; au nombre des arbres fruitiers cultivés, l'amandier, le châtaignier, le figuier, le noyer, le pêcher, l'olivier, le dattier, le cerisier, le grenadier, le pommier, le ])()iricr, le cognassier, le mûrier, la vigne. Viennent ensuite les plantes décoratives : l'acanthe sans épine, cuûiithiis mollis. dont se sont inspirés les sculpteurs des chapiteaux corinthiens de l'époque samnite voir fig. ig, p. 45}. l'aloès, le lierre grimpant, le tamarin, le m\rle, le roseau, le jiajn rus ; ])uis les fleurs : la marguerite des prés, la rose trémière. la nielle des blés, le lis, la rose de Damas, l'iris, le glaïeul, le narcisse, le coquelicot, le pavot. Les plantes utiles, les plantes des jardins potagers ne sont pas (oubliées : la fève, l'asperge, le melon, le potiron, la courge, le froment, etc..

Des terrains, presque ou totalement dépourvus de constructions, clos de murs et fermés par une porte, ne communiquant avec aucune maison, se remarquent dans divers quartiers de Pompéi. Ils devaient servir à des usages divers. Les uns étaient sans doute des jardins séparés de la maison dont ils dépendaient 11. <k 3; H. 5. 36 ; quelques pièces construites autour permettaient d'y passer la journée 11. 6, 5 et, quand il y avait une cuLsine II, 5, 15^ et un triclinium IV, 11, 1 d'y manger. D'autres pouvaient être des restaurants avec cabinets particuliers dans un jarilin II. 0. <> . (k's palestres ou des lieux destinés aux exercices physiques II, 6, 2), des jardins ûe maraîcher 111. i. 30 . tles terrains où étaient nourris des animaux au sud de 1. 5. a : entrée par ce même numéro; \oir aussi ^'I, 5, 7: \' 1 . 11, i-.'. : \'l. 6, 12. etc. .

Quand le laraire ne se trouvait pas dans l'atrium de la maison ni dans la cuisine, c'est dans le périst3'le qu'il fallait souvent le chercher; des niches fvoir fig. 42, p. 78 ; 1\', 4, 57 . des édicules encore en place en font foi (IV, 7, 17; V, I. 18; \'l, 16, 7 . Cependant ces niches contenaient parfois, comme celle de la maison du poète \'I, 8, 5: voir fig. 62, 63, p. 102, 103 , une statue dépour\ue de tout caractère religieux.

Les colonnes des périst\'les supportaient le plus souvent une architrave. La mieux conservée et la jjIus intéressante est celle de la maison des Noces d'argent \', 2, ii sur laquelle subsistent encore de curieuses peintures voir aussi \'I, 5, 5 . Le second péristyle ou jardin de la maison d'Ariane (I\', 4. 51; a retenu un fragment de son anliilra\e a\ec des têtes de lion en terre cuite servant de gargouilles. l)ans une maison de la IIP région ^IH, 10. d , le péristjle porte encore sur tout un coté, audessus des piliers, son couronnement de cintres. Quand un des côtés du ])érist3'le, généralement le coté nord, était jilus élevé que les autres, ce

péristyle s'appelait péristj'le rhodien Noces d'argent, V, 2, <? . Souvent, entre les colonnes, se balançaient, comme ornements, des disques en marbre suspendus, sculptés des deux côtés, appelés oscilla. On en a trouvé dans les maisons des Capitelli figurati i'IV, 4, 57 , de la Parete nera ^IV, 4, 59, dans la villa de Diomède. Ceux de la maison des Aniorini dorât i VI, 16, 7^ ont été remis en place. Parfois un miroir formé dune plaque de verre épaisse incrustée dans la muraille du péristyle ou de l'atrium, permettait aux femmes de donner, avant de sortir, un coup d'œil à leur chevelure, à l'arrano-ement de leur voile. Il v en avait dans la

Fig. 56. — Le jardin de la maison de Lucretius ip. 88. 90 .

maison du Cithariste I, 4, 5 ; quelques-uns sont encore en place: dans une maison de la III" région III. 10, b et dans la maison des Ainorini dorai i VI. 16, 7 .

Nous signalerons, en terminant cette étude sur les péristyles de Pompéi. celui de la maison de l'Anchora VI, 10, 7 . La différence de niveau faisait l'arrière delà maison VI. 10. 16 plus bas que les autres parties, de la hauteur d'un étage. Dans la partie la plus élevée, à la place du péristyle, une galerie rectangulaire dont les colonnes alternaient avec des piliers carrés formait balcon tout autour et au-dessus du péristyle. Celui-ci, situé en contre-bas, avait une décoration unique à Pompéi et originale : douze niches cintrées dans chacun de ses côtés longs, quatre niches et la porte dans l'un des petits côtés ; dans l'autre petit côté, celui

du fond, un édicule avec fronton entre deux fontaines en abside autrefois revêtues de mosaïque en verre, de coquilles et de rocaille ; dans chaque niche, la base d'une statue. Tout autour, courait un cr\-pto-portique éclairé par des ouvertures rondes pratiquées dans la voûte des niches. Au centre, un jardin avec de l'eau. On devait jouir là. pendant les chaleurs de l'été, d'une délicieuse fraîcheur.

.Soit à l'extrémité du péristj'le. soit dans le jardin ou au bout d'un corridor, une porte de derrière, posttcinii, donnait à la maison une issue dérobée. Par là. s'il suivait le conseil d'Horace, le maître delà maison disparaissait, pendant que le visiteur importun l'attendait dans 1 atrium. \^e posticum, souvent en communication a\ec la cuisine et les roinnmns, remplaçait l'atriiiiii de .service.

A l'origine, le foyer familial se trouvait dans l';iirium : c'était toute la cuisine de l'antique maison. .V l*om))éi. un certain n(jml)re de maisons ont encore un fourneau dans leur atrium (I, 4, 2 ; II, 5, 39; III, 6, 5; I\'. 2. 51 ; \', ,=,, 2 ; \'l, 10, 4, etc.^ sans que pour cela la cuisine fût toujours supprimée II, 5. 39). Faut-il voir dans ce fait un souvenir, une survivance des usages d'autrefois? Sous les galeries de quelques péristyles on a trouvé aussi des fourneaux (III. 6, 5 ; 1\'. 1. j^ : i\'. 7. 2) ou encore prés du jardin flV, 3, 22). Ceci s'explique par la proximité d'un triclinium en i)lein air et aussi parce que, au milieu du péristyle ou dans le jardin, on pouvait dresser des tricliniums mobiles voir p. 84-85). Ces fourneaux, sans doute ceux des atriums aussi bien i[ue ceux des péristyles et des jardins, placés près des salles à manger ou des tricliniums en ]ileiii air servaient, non à faire les plats, mais à les tenir au chaud. <Jn comj^rend ainsi ([u ils n'aient |)as rem]dacé la cuisine.

l)ansun coin du jardin 111, 8. f,' ; 1 1 , 5, 15; H, 6, 6) ou communiquant avec l'atriuin III, 10. 3; II, 2, 30; \'I, 14. 43": ou avec le péristyle (VI, 5, 10; VI. 7, 19; II, 3, 16, etc.), la cuisine et les pièces de service, quoique séparées de l'habitation, restaient à proximité du triclinium en plein air ou des salles à manger. .Sa partie essentielle, le fourneau, consistait généralement en un bloc de maçonnerie formant une lat)le recouverte de larges briques plates, avec un rebord tout autour. Au-dessous, un réduit gardait la provision du combustible (voirfig. 57, p. 95). Quelquefois le fond de cette talile était divisé par des petits murs en plusieurs com]iarlinienls sur lesquels, au-dessus des charbons embrasés, on plaçait les vases à cuire. Tel est le fourneau de la maison de Pansa (VI, 6, i). .Souvent le cuisinier mettait les charbons sur la table même du fourneau et exposait les vases au feu sur un trépied, la viande sur un

gril, quelquefois aussi à la brochette. Des peintures de laraires représentent des opérations culinaires (voir p. 69). Dans la cuisine de la maison des Vettii (VI, 15. i", le trépied surmonté de la marmite et le gril sont encore en place (fig. 57, p. g5\

La fumée s'en allait par où elle pouvait : par une fenêtre ouverte au dessus du fourneau 'I^', 7. 51, par la porte. Un petit nombre de four-

F'g- 57- — L^ fourneau de la cuisine de la maison des Vettii (p. 92, 94, 95).

neaux étaient recouverts d'une voûte percée d'un trou que traversait un tuyau 'II, 7, 28, temple d'Isis ; I. 3, 8; III, 2, 5: VI, s. 12-13). Une plaque perforée placée dans l'intérieur du fourneau et sur laquelle posaient les charbons, établissait le courant d'air qui activait la flamme (IV, 12, 15 . Les fourneaux, de diverses grandeurs, étaient parfois au nombre de deux (VI, 9, 3; \'l. 11, 10) ou, placés en équerre dans un angle, ils s'appuyaient à deux murs (II, 7. 11' Au fourneau était attenant un four à pâtisserie, trop petit pour le pain (I, 2, 28 ; III, 3,5 — voir fig. 58, p. 97), auquel s'ajoutait parfois un tout jDetit moulin (IV. 14, 19 ; "N', 4. 7). Quand, dans la maison, on fabriquait le ]3ain pour la

famille, la cuisine ou une pièce voisine renfermait un moulin et un grand four comme ceux des boulangers (IV, i. 47: IV. 2. 51: VI. S. 20].

Dans certaines maisons, grandes et belles cependant, on cherche en vain la cuisine. C"est qu'elle était au premier étage, et. parfois aussi, le triclinium ainsi que la latrine. dont on voit encore le tuyau de descente. Lusage de manger au premier étage était ancien : presque général autrefois, il avait été peu à peu abandonné pour les pièces plus commodes du rez-de-chaussée et surtout pour le triclinium en ])lein air : mais, do cet antique usage, toutes les pièces de l'étage supérieur avaient conservé le nom de ccnacuJcu salle à manger.

La cuisine, la latrine et le bain étaient, dans les plus antiques maisons, inséparables. Le bain se chauffait au foj^er de la cuisine puis, ainsi que les eaux ménagères, utilisait la canalisation des latrines. Cet usage a survécu. Dans beaucoup de maisons la latrine occupe à la cuisine une place voisine du fourneau, souvent même sans séparation 1\'. 2. 20; I\'. 3. I : voir surtout \'l. 16, ii\ Ouant aux Ijains des maisons jirivés, nous verrons (|ue c'était encore par la cuisine (ju'on les chauffait Ln face du siège de la latrine, un ])lan incliné vers la fosse. cou\ert de larges briques, servait, comme nos éviers modernes, à vider les eaux ménagères (IV, 4, 24-25 ; \'. 2. 4S : VI, 13, 12 ; VI, 1Ô, 7). Quelquefois, tout à fait indépendant de la latrine. cet évier se déversait dans la rue par un tuyau spécial (I\'. 15. 5 .

Quand la latrine était bannie de la cuisine, on utilisait, pour la placer, un recoin cjuelconque : l'espace libre sous l'escalier \'. 2. 4: \'I, 14.40', un renfoncement près de la porte d'entrée 'IV, 4. 41 : 1\'. 10. S ; parfois, elle occupait une édicule spéciale 'IV, 4, 25 : V, 2. i ; I\'. 2. 47. Rarement elle communiquait directement avec un égout, mais reposait sur des fosses très profondes IV, 4. 24-25; II. 4. 7: \'\. 3. 7) ; elle avait aussi, tout simplement, un écoulement direct sur la chaussée, même sur le trottoir ^11, 4, 41 : III. 7. i ; IV. 3. 24: IV. 7. 10; VI. 15. 5).

Contrairement à la ]ilu])iirt de nos \ilk's de province il y- a moins d'un siècle, Pompéi avait une latrine dans cliaque maison, même dans les plus modestes, vaste parfois et à plusieurs jjlaces (III, 2. 27 : IV, 4. 4: VI, II. 191 et avec une (VI, 13. -) <>u deux (\'I. 12. 2 ; VI, 9. 6) fenêtres. Dans la mais(jn des noces d'argent (\', 2. à . c'est une petite construction à part, bien peinte,, avec un r()l)inei. Rue de Xola III. 2, 5; m. 5, 9 il en existe dont le siège, chose rare, est complet. <Jn a utilisé comme siège une margelle de puits en terre cuite (V, 2, 9 Des maisons des rues de Stables [III. 2, 5) et du Balcon pensile (IV, 10. 5 présentent

des modèles très simples mais intéressants, à cause de leur état de conservation. Dans beaucoup de boutiques, la latrine occupait un des angles du fond, abritée par un petit mur 'I, 4, .

il en est qui étaient communes à deux boutiques III. i, 10- 1 1). De larges tuyaux en terre cuite, visibles encore dans les murs, reliaient à la latrine du rez-de-chaussée celle de l'étage supérieur (II, 3, 29; VI, 3, -,'). La vidange se faisait quelquefois par un nett03'age quotidien à l'aide d'un

Fig. 58. — Fourneau de cuisine avec four e: petit moulin à bras ^p. 6b, 95;.

trou percé au revers de la muraille à laquelle s'appuyait le siège (III, I. 20; I^", 9, 27 . Les fosses se vidaient par un regard que fermait un disque en pierre muni d'un anneau (I\'. 12, 1 1 ; V, 2, 48; VI, 16. 7). L^ne niche, une console, une simple brique plantée dans la muraille servaient à poser la lampe (IV, i, 8; III, 2. 12. — Pour les latrines publiques construites d'après un tout autre système, voir Vie publique, p. 60-61)- Ouelques belles maisons, une dizaine environ, si l'on excepte les villas de Diomède et de Boscoreale qui sont suburbaines, sont pourvues de bains privés. Ces bains, le plus souvent, se composent de deux pièces seulement, le tepidarium et le caldarium. Tels sont les bains des maisons du Faune (VI, 12. 2). du Cithariste (I, 4, 5), de Caesius Blandus (IV, I. 40). Il arrivait qu'une pièce voisine fût aménagée pour remplacer celle 1- 7

98 POMPl-I

qui nianquiiit. Aux bains de la maison du Cithariste, une petite pièce, séparée par un corridor, contenait une cuve et, sans doute, tenait lieu de frigidarium. iJans les maisons du centenaire IX. 7. 6) et des noces d'argent (\'. 2, a) où les bains sont luirliculièrement luxueux, le frigidariitiii est en plein air : le dernier même se trouvait dans un jardin ; chose très recherchée par les Romains qui, à défaut de la réalité, s'en donnaient l'illusion en peignant sur les murs des frigidariums des fleurs, des arbres où volaient des oiseaux sous une voûte bleue (voir Vie publique, p. 107-10S . ].es bains de la maison des noces d'argent sont précédés d'une pièce à double emploi dont la première partie servait d'apoditérium (lieu où on ôte et remet ses vêtements) tandis qu'un lit de repos occupait la seconde partie

Le fourneau qui envoyait la chaleur sous les hypocaustes s'alimentait presque toujours par la cuisine.

Dans la rue des Sciiolc, près du Forum (II. 2. 17^. des bains vastes et très luxueux, dont il subsiste quelques beaux restes, étaient sans doute exploités par un particulier ciui avait comme clients les riches Pompéiens. Tel devait être aussi, dans le \oisinage de l'amphithéâtre, le Balneum Venerium (Bains de Vénus) appartenant à Julia Félix. ].,a descrijjtion qui en a été faite le montre orné avec un grand luxe et construit d'après les raffinements les plus modernes, comme les bains centraux (voir Vie piihlicjiic. \). 11(1 . 11 comprenait des bains séparés ))our le-~ hommes et ])i)ur les femmes.

Beaucoup de maisons avaient leur cave. i)arfois profonde [lus. occ. 13 et vastes (IV. A. 12). Des escaliers y donnaient accès II. 2. 27 ; II. 3, 171 ou des pentes douces (IV. 15. j l.a i)orte de l'escalier n'était souvent ([u'une simple trappe (I\'. 1. 31^ '. I\ . 1. 39: I^^ 2. 35). Des soupiraux ouvrant sur la rue 1 1 . 2. jy : 1 1 1 . 7. 6 ou soigneusement dissimulés dans les péristyles I. 3. 3; II. j, 1 ; II. 6. g: I\'. i. 40 les éclairaient. Diomède. qui avait dans sa villa des sous-sols considéralîles utilisait comme cave le cryj)to-portique de son jardin oii l'on voit encore la trace des amphores.

Les vastes sous-sols servaient aux maisons j^articulières. mais sans doute aussi au commerce et à l'industrie II. 6. S : 1\'. i. 43:1\', 15.15: VI. 9. 10 .

Dans une des maisons deChampionnet II. 2. i) une jolie chambre en sous-sol. peinte en blanc, éclairée par des soujiiraux. devait. ])endant les fortes chaleurs, offrir un lieu de repos frais et charmant.

Les écuries étaient .semblables aux nôtres. La mangeoire courait tout

le long du mur : quand elle était en maçonnerie, elle a subsisté jusqu'à nos jours ; on en voit une. en très taon état, dans la partie basse de la maison de l'Anchora Vl, 10. 16 . et une autre, divisée en trois compartiments, dans une maison de la même région (^'I, 3, 28). Quand la mangeoire était en bois, on reconnaît sa place soit par le support en maçonnerie sur lequel elle posait, comme dans la maison de Pansa (VI, 6. i^. soit quelquefois par les trous qu'ont laissés dans le mur les supports en bois qui la maintenaient. Les maisons devant lesquelles le trottoir s'in-

Fig. 5g. — Maison avec fenctres du premier étage (p. 73, 99, 100)

cline en pente vers la chaussée pour donner accès aux voitures avaient sans doute des écuries et des remises 1.1.3:1.5, 2;III, 1,2 cS; IV, 13, 17J. On sait peu de chose des étages supérieurs des maisons de Pompéi, car presque tous ont péri. Il n'y en avait guère dans les plus anciennes maisons. Plus tard, quand l'habitation devint plus grande, on suréleva l'atrium tétrastyle ou corinthien ou le péristyle pour construire des chambres, le plus souvent sur une partie seulement de la maison fig.59,p.gg). Il n'existe guère en effet à Pompéi de maison dont le premier étage ait couvert tout le rez-de-chaussée. Aujourd'hui si l'escalier est conservé, dès le premier étage on rencontre le vide. Dans la maison de Méléagre cependant VI. 9. 2 et dans les maisons restaurées du Balcon (IV, 12. 28), des Xoces d'argent V. 2, a\ de Fronton (V, 4, c) le visiteur peut circuler au pre-

joo POMI'HI

mier étage dont le sol est solide. On ne doit pas considérer comme maisons à plusieurs étages celles qui couvrent les pentes au sud de la ville (voir fig. 7, 8, p. 14. 15 . Elles sont cependant curieuses à étudier avec leurs jardins suspendus, leurs escaliers et leurs galeries (voir spécialement II, 2. 29 et 31). Les fenêtres intérieures du rez-dechaussée aussi bien que celles du jircniier étage sont largement ouxertes, munies de volets en bois dont on voit encore les gonds. Un volet reconstitué dans la maison des Noces d'argent glissait dans une rai-

Fig. 60. — La maison au balcon ^p. luuioi;.

nure (V, 2. a). .\u rez de-chaussée, au contraire, les fenêtres donnant sur la rue ressemblent à des meurtrières (voir fig. 39, p. 73) ou sont remplacées par des lucarnes fermées avec des grilles en fer dont plusieurs subsistent encore ilV, 12, 28). Les fenêtres extérieures de l'étage supérieur avaient une dimension normale (fig. 59. p. 99 — H. 4. 27}.

Dans certaines maisons, un balcon couvert, enfermé dans un mur percé de fenêtres, faisait saillie sur la rue, agrandissant ainsi les i)ièces du premier étage. En glissant des poutres neuves dans les trous des vieilles poutres consumées, sous un balcon qui ne tenait ])lus que par habitude, on a réussi à conserver à une maison de Pompéi son aspect ancien (fig. 60, p. 100): on l'appelle, pour cette raison, la maison drl Bahoiu

LES DIFFÉRENTES PARTIES DE LA MAISON POMPÉIENNE loi

pcnsile (II, 12, 28). Un autre balcon subsiste, mais rasé au niveau du parquet, au-dessus de la porte d'une maison de la troisième région (III, 8, e); on voit encore des débris de balcon dans deux maisons de la quatrième région (IV, 12, 17; IV, 15, 4 —voir Vie publ.^^g- 70, p. 127). Le balcon du Lupanar a été récemment reconstruit d'après les débris qui en subsistaient (IV-, 12, 18).

Les escaliers ou les restes d'escaliers sont nombreux et ce fait prouve bien qu'à Pompéi beaucoup de maisons avaient sur quelques-unes de leurs parties un premier étage. Cet étage était en maçonnerie, en pierre, en briques et aussi en bois. Dans la maison d'Ariane entre autres (I\', 4, 51), on voit un bel escalier en pierre ; les bains centraux (III, 4) , c^ui étaient en construction au moment de la catastrophe, ont un escalier en briques destiné à être recouvert de marbre.

Les escaliers en bois ont disparu mais les premières marches en pierre ou le bloc de maçonnerie sur lèscruels ils posaient sont encore visibles. Toutefois il ne semble pas que ces marches aient toujours fait partie d'un escalier. Quelque bonne volonté qu'on y mette, on ne peut supposer que, placées comme elles le sont, les deux marches d'une boutique de la rue de Stables (IV, 2, 12) aient été les premières marches d'un escalier. On en peut dire autant de deux groupes de marches voisins, dans la même boutique de la rue de Nola (IV, 4, 52). D'autres demanderaient, à ce point de vue, un examen attentif. Peutêtre ces marches servaient-elles à déposer les volets de la devanture pendant que la boutique était ouverte. Il fallait bien les mettre quelcj^ue part. A terre ils auraient été exposés à être renversés au grand

Fig. 61. — Vitre encore en place dans une lucarne de la maison de Caecilius Jucundus ip. 104).

i.,2 POMPEI

détriment des marchandises. Quelquefois, le long- du mur. dans la maison du Faune par exemjde \'i. u. 2', et dans une rue de la troisième région ])ercée entre les iles 5 et 7, on voit encore, tracé à l'avance sur l'enduit de la muraille, le profil des marches à poser qui a survécu à la disparition des marchés elles-mêmes.

11 arrivait souvent (|iii' le ]irii])riétaire d'une maison louait son premier étage ou une partie seulement. L'appartement ]ou('' était alors isolé

Fig. 62. — La maison Ju pocte. Otat actuel p. 51, 105. 151

du reste de la maison et on y montait par un escalier indépendant, ouvrant directement sur la rue. Ces escaliers sont assez nombreux : soi.xante-dix environ dans la partie déblayéte de Pompéi : c'est dans la quatrième région et aussi dans les belles maisons de la sixième région qu'on les rencontre le plus fréquemment (\'î. 7. 12. 1 |. 17, j| : \'\. S, io\ Ils prouvent que beaucoup de Pompéiens \ivaient non dans une maison entière bâtie, héritée, achetée ou louée par eux. mais en location dans un apparlcmcni de l'étage su]iérieur. Dans la rue de l'Aliondance. en face du monument d'Kumachia. un bel escalier en pierre encadré dans une charmante petite porte en tuf de l'époque samnite II. 3. 10). devait

desservir un bel appartement. La première région, quartier pauvre, composée surtout de petites habitations et les régions II et III n'en possèdent que très peu ; la cinquième, jusqu'à présent, pas un seul.

Fig. 63. — La Maison du poète tragique. Restitution de Hoffbauer (p. 51-; 10;

Les anciens connaissaient les vitres. On en a trouvé au marché, dans la villa de Diomède et ailleurs ; mais elles n'étaient pas en place. Le grand nombre des volets devaient être pleins ; s'il en avait été autrement, on trouverait de tous côtés, épars dans Pompéi, des fragments ou tout

au moins de la poussière de vitres, ce qui nest pas. La villa de Diomède a fourni un châssis en bois divisé en quatre compartiments garnis de vitres. Les maisons du Faune (VI, 12, 2), de Caecilius Jucundus (V. 1. 26) ont conservé des fragments de vitres en place, mais fixés dans le mur (fig. 61. p. loil. Dans quelques autres maisons (IIL 5. 2 : IV. 15. 12; V, 4. c. Fronto; VI, 15, 8^ subsistent encore, dans le mortier qui les enchâssait, quelques débris de \'itres ; mais il n'est question ici que de lucarnes, commecellede notre figure 61 (p. loi : on n"a pas trouvé de grands châssis mobiles, vitrés, comme nos fenêtres.

A propos de l'atrium, j'ai expliqué la disposition de la toiture : briques plates, à rebords juxtaposés et recouverts par une tuile scmi-cvlindrique ; de la sorte l'eau ne pénétrant pas dans l'interstice des briques plates s'écoulait dans les sillons formés par l'entre-deux des tuiles rondes vers les gouttières voir fig. 27, p. 59^. Souvent, tout au bord du toit, des antéfixes dissimulaient les extrémités des briques et de la tuile qui les recouvrait. Les toits avaient des inclinaisons diverses : ceux (jui recouvraient l'atrium déversaient l'eau dans l'impluvium: ceux qui couvraient les portiques la laissaient tomber, par des gouttières, dans des caniveaux qui la conduisaient à une citerne. Les eaux pluviales étaient aussi conduites dans les citernes par des tuyaux en ])lomb dont plusieure subsistent encore (voir plus haut, p. 651. Dans les monuments publics et aussi dans quelques maisons particulières, l'eau, en coulant dans le caniveau, rencontrait, de distance en distance, des cavités plus ou moins profondes où elle déposait le sable, la terre et toutes les impuretés un peu lourdes dont elle s'était chargée et ainsi arrivait déjà purifiée à la citerne. Les toitures des autres parties de la maison s'inclinaient vers des jardins, des cours ou vers la rue. Presque toutes les maisons de Pompéi avaient, dans l'atrium, l'élégante margelle d'un puits ouvrant sur une citerne qu'alimentaient les eaux pluviales et aussi les eaux apportées par les aqueducs et divisées entre les maisons 'voir Vie publique, y». 129-130 . Quand il n'y avait pas d'atrium, le puits était souvent dans le péristyle ou le jar- <lin ; il en existait même dans de simples boutiques '11,5, -' • H^ 5- 22) i|iii ]iarlois usaient d un puits commun jilacé dans une ouverture du mur mitoyen II, 5. 9-10; II, 5, lo-ii ; VI, 2, 2-3}.

Les propriétaires des grandes maisons cherchaient à combattre l'humidité funeste aux belles peintures de leurs murailles. Entre le mur et l'enduit qui portait les peintures, ils interposaient des briques percées de trous V, I, 71 ou munies d'aspérités qui les tenaient un peu à l'écart du mur 'VI, II, 10 et aussi des lames de plomb Vl. 12, a).

Comme conclusion à cette description de la maison pompéienne, nous donnons ici la vue de la maison du Poète tragique iVI, 8, 5, 3). C'est le type d'une belle maison de l'époque romaine ornée au i"'' siècle de notre ère, avant le tremblement de terre de l'an 63. Notre figure 62, p. 102, en montre toutes les parties principales, sauf un grand triclinium qui longe le péristyle, à droite. Ce péristyle, entouré sur trois côtés de quelques colonnes, formait un petit jardin avec une niche dans laquelle on a trouvé une statue de Silvain. Le propriétaire de cette maison n'affichait pas, comme les Vettii, un luxe de parvenu. C'était un homme plein de goût; il avait couvert ses murs de peintures qui comptent parmi les plus belles qu'ait fournies Pompéi (voir plus loin, p. 131). Dans les deux boutiques qui communiquent avec le corridor d'entrée de sa maison, on a trouvé de nombreux et beaux bijoux en or tombés sans doute de l'étage supérieur. Une peinture mal interprétée où l'on a cru voir ïérence lisant ses vers, la mosaïque du tablinum représentant la répétition d'un rôle, ont fait attribuer à cette belle maison le nom de Maison du poctr tragique. S'emparant de cette idée, M. Hoffbauer nous en a donné, avec toute la grâce de son crayon érudit et délicat, une restitution fidèle au moment où, dans son atrium, le poète répète, devant quelques invités, un rôle d'une nouvelle pièce (fig. 63, p. 103).

Page 1