LA VOIE DES TOMBEAUX. — LES VILLAS SUBURBAINES
Dès qu'on franchissait les portes de Pompéi on entrait dans la cité des morts. La rue de chaque côté de laquelle les vieux Pompéiens avaient leurs dernières demeures faisait suite, sans autre interruption que la porte du rempart, à la rue où les vivants continuaient leurs vaines agitations. Par quelque porte qu'on sorte de Pompéi, par la porte de Stables, de Nola, d'Herculanum, de Xocéra ou du Vésuve, on rencontre des tombes. A mesure qu'on déblaiera les autres portes et leurs abords, le résultat sera le même.
Seule la voie qui sort par la porte d'Herculanum a été déblayée jusqu'à une certaine distance ffig. 113, p. 156). Cela suftira pour que nous puissions nous rendre compte de l'agencement des sépultures.
Cette voie au delà de la porte dHerculanum n'était pas uniquement bordée de tombeaux. Sur un de ses côtés un assez grand nombre de boutiques, dont une partie abritée sous un portique, offraient sans doute aux parents et amis des défunts les objets c^u'il était d'usage de déposer dans les tombes, les vases fabriqués dans les poteries voisines, les denrées nécessaires aux repas funéraires (fig. 114, p. 157;.
Sous un terrain dépendant d'une \illa située près de la voie des tombeaux, à droite en descendant, plus bas encore, du même côté, à l'extrémité du terrain déblayé, presque en face de la villa de Diomède, on a découvert des tombes carrées, en pierre, contenant des sépultures par inhumation d'éjDoque préromaine. Ce sont des tombes osques ou samnites. Comme mobilier elles contenaient des vases grecs peints, très médiocres, conservés aujourd'hui au musée de Pompéi, qui sont du IIT siècle avant J.-C. Pas plus que les édifices et les maisons, les tombes ne nous ont, jusqu'à présent, renseignés sur la période antérieure au 111° siècle. Il y a lieu d'espérer que les fouilles que poursuit M. Sogliano dans cette partie ancienne et peu explorée des sépultures nous donneront un jour, sur
ce point, des documents d'un haut intérêt. Les autres tombes sont romaines et toutes à incinération.
A la plus ancienne époque, les urnes sont enfouies dans le sol d'un espace clos qui reste vide ou sur lequel on élève un autel. Autour d'une des tombes appartenant à cette série, la première à gauche, en sortant de la porte d'IIerculanum. on a créé la légende du factionnaire qui.
Fig. 113. — La voie des tombeaux p. 155).
n a3'ant pas voulu abandonner son poste parce qu'il n'était pas relevé de sa garde, y mourut. Ce petit édicule n'était pas une guérite, mais une chambre funéraire avec un 1)anc j^our les parents et les amis, dans le sol de laquelle une urne reposait sous un autel; au fond, un bas-relief funéraire donnait le nom du défunt, M. Cerrinius Restilutus. A cette classe ajipartiennent aussi les tombes en forme de banc demi-circulaire [schola' voy. \ le piibl., fig. 46, p. 87) que l'on voit près des portes d'IIerculanum. de Stabies et de Nola. Ces bancs étaient généralement découverts mais parmi ceux de la voie des tombeaux, il en est un qu'abrite une voûte.
Les tombes prirent ensuite la forme d'un temple extérieurement orné de .statues. Tels sont les tombeaux des Istacidii et de Diomède (fig. 115,