PO M P
le squelette seul restait, complètement décharné; tel est celui que nous voyons en place dans la maison du squelette (IV. 14, 9). Mais quand la victime était ensevelie sous une pluie de cendres humides, celles-ci se moulaient étroitement sur le cadavre, pénétrant dans tous les creux de son visage, dans les plis de ses vêtements : puis, desséchées et durcies avant que les chairs fussent consumées, elles en gardaient un creux au milieu duquel le squelette seul était resté. Fiorelli, après avoir enlevé les ossements, fit couler, dans ces moules, du plâtre lic[uide: il (il)linl ainsi ces fidèles portraits de Pompéiens que l'on ne peut, sans émotion, contempler au petit -Musée de Pompéi, si instructif (v. fig. 1:2, p. 25; 13. p. 27). Ce ne sont pas de vaines images plus ou moins fidèles, mais l'empreinte prise sur les Pompéiens eux-mêmes, au moment où, il y a près de deux mille ans. ils venaient de rendre le dernier soupir. On surprend le secret de leur terrible agonie, leur dernière attitude, car, emprisonnés au moment même de la mort, leurs corps n'ont pas pu se détendre. Il en est dont les mains portées en avant, les doigts crispés, les traits convulsés, révèlent une indicible souffrance. Un autre, étendu sur le coté gauche, la tête appuyée sur le bras, semble paisiblement dormir. Ces cadavres et aussi celui qui est conservé dans le musée spécial de la villa de Boscoreale offrent donc le spectacle le plus saisissant que Ton puisse voir. Les traits du visage sont d'une vérité absolue, tels que, il y a près de deux mille ans, les voyaient leurs parents, leurs amis, leurs concitoyens de Pompéi. Plus que les récits et les témoignages contemporains, plus même que la vue des ruines de Pompéi, ces simples moulages nous font les témoins de l'horreur de la catastrophe de l'an 79.