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LES METS. — LES REPAS

O URSUIVONS nos indiscrétions jusque dans la cuisine où les mets, sous

la protection de Fornax, cuisaient dans les marmites et dans les appa-

-4- reils à feu lent ou sur les grils ; les œufs étaient placés sur des plats spéciaux, les pâtés dorés dans les fours prenaient les formes les plus pittoresques, ainsi que nous le montrent les moules retrouvés, simulant des porcs, un lièvre, un poulet, etc. ; les coquilles étaient aussi très usitées en pâtisserie, ce qui rappelle que les premiers moules furent de véritables coquillages.

Un grand nombre de comestibles furent retrouvés à Pompéi et sont exposés dans les vitrines des musées de Naples et de Pompéi. En voici la liste : petites fèves, blé, olives, framboises, figues, dattes, noix, œufs, noisettes, pains, une gimblette ( taralJo de Naples), du raisin, des poires, prunes, haricots, amandes, oignons; on trouve des restes de poisson, de la pâtisserie, des ossements de poulet, des olives dans des amphores de verre remplies d’huile, de la viande dans une casserole de bronze, du miel (?), du caviar. Puis on découvrit du jonc pour empailler les bouteilles (comme pour le fiasco italien), des coquilles d’escargots, des huîtres et des coquillages de table. On conserve encore des amphores sur lesquelles on lit le nom mulsuni (vin au miel) ; les Pompéiens consommaient également un produit qui devait être délicieux, dont nous ne connaissons pas la nature et que contenait le vase sur lequel était inscrit : Liquanem optimum.

la maison gréco-romaine

Etciit-ce du garum de premier choix (i) ? car le garum s’appelait aussi liquamen (2).

Moules à pâtisserie. (Musée de Naples.)

Bouilloire en bronze. (Musée de Naples.)

Fourneau et réservoir à eau chaude. Bain-marie. (Bronze du Musée de Naples.)

Enfin dans Yoecus réservé aux jours de fête, les lits sont dressés et les

( 1 ) Le garum était une sauce au poisson, très relevée.

(2 Quant au menu, Martial nous en donne un qu’il composa lui-même : « Sans oublier l’herbe qui porte à l’amour, il y aura des tranches d’œufs entourant un plat d’anguilles bardées de rue herbe) et des tétines de truie arrosées de saumure de thon; mais ce n’est que pour ouvrir l’appétit dit-il. Venaient ensuite un chevreau qui à lui seul formait un service, puis des ragoûts qui n’avaient pas besoin de découpeur, des fèves et des choux nains, un poulet et un jambon. Pour le dessert il y avait les fruits doux et du vin de Nomentanum. » (Les anciens commençaient leur repas par des œufs et finissaient par des fruits.)

POMPÉI

■tables sont chargées de vases d’argent ; le repas commencera non sans que le maître ait offert une libation aux dieux; pendant le festin, les convives

(Peinture de la Casa del Centenario.) (Peintures du Musée de Naples.)

accoudés se divertiront des facéties des nains boutfons (i).

Primitivement les hommes mangeaient couchés et les femmes assises,

Rhyton, (Musée de Naples.) Le repas. (Peinture d'Herculanum. Musée de Naples.)

mais quand les mœurs devinrent plus relâchées, le même lit vit les deux sexes étendus, comme nous le voyons dans quelques peintures.

(i) Val. -Max., II, i.

LA MAISON GRÉCO-ROMAINE

Entre autres, ces trois petits tableaux, très médiocrement exécutés, qui décoraient une salle à manger. Dans

le premier, nous voyons le repas proprement dit, une table est entourée de lits, une douce intimité règne parmi les convives, plusieurs même s’embrassent, une femme lève un rhyton et en fait jaillir le vin ; dans le haut de la composition, nous lisons : « Facitis vobis suaviter —

Symposium ( i ). (Peinture du Musée de Naples.)

ego cauto — est ita va /eus. » Le personnage du milieu chante et les autres s’amusent.

Dans le deuxième sujet’, trop dégradé, une femme nue danse devant l’assistance au son de la flûte dont jouent les tibicines

Symposium. (Peinture du Musée de Naples.)

assis, pendant que le vin coule encore et qu’un personnage applaudit.

Le troisième tableau indique la fin du repas, la table est enlevée, les invités ne sont guère vaillants, l’un est ivre, un esclave le soutient; un autre convive se fait chausser tandis

, , . . . Symposium. (Peinture du Musée de Naples.)

qu un^clianson lui olire encore a boire.

A la tin du festin, des vases ornés de squelettes circuluaient dans les

\ i j Symposium , réunion de buveurs.

LA MAISON GRECO-ROMAINE

mains des convives pour inviter l'assistance à jouir de la vie peu assurée du lendemain. Du reste beaucoup de triclinia de Pompéi possédaient des

Danseurs. (Peinture de la maison de Holconius.)

mosaïques dont le milieu était occupé par un squelette ou une tête de mort; c’était toujours pour exciter les convives à faire bonne chère et à protitei du présent. Une épigramme de l’Anthologie exprime le sens et la morale de ces figurations :

« Oui, voilà la vie, ce n’est pas autre chose, c’est le plaisir; arrière les chagrins! L’existence de l’homme dure si peu ! Tout de suite donc du vin, des danses, des couronnes de fleurs, des femmes!

Amusons-nous aujourd’hui, car qui peut compter sur demain. »

De nombreuses peintures de Pompéi nous montrent encore des danseuses exécutant les pas les plus variés, agitant des écharpes et des thyrses fleuris, -portant des cistes et des œnochoés. Nous voyons (p. 1 8 8) un groupe de deux femmes qui dansent, enveloppées de ces étoffes transparentes comme '< tramées d’air », la coa vestis. D’autres jouent les mystères de Bacchus, la tête renversée et le torse

Vase en argent. (Trésor de Boscoreaie.

Musée du Louvre.)

POMPÉI

tendu ; la tête semble pâmée sous l’ardeur du dieu qui les pénétré.

Des danses s’exécutaient aussi parmi les convives qui s’entraînaient dans de chaudes étreintes, et Horace reproche aux Romains que « la vierge à peine adolescente apprend avec joie les danses voluptueuses de l’Ionie, elle y ploie ses membres dociles, et dès l’enfance rêve d’incestueuses amours... » (2).

(0 tl y avait des ecoles de danse, et Macrobe dit y avoir vu garçons et filles exécuter des danses obscènes.

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