‹ Pompei, la ville--les moeurs--les arts;Chapitre 68 sur 76 · LES BIJOUX. — LES VERRERIES · texte numérisé non relu

LES BIJOUX. — LES VERRERIES

L'art avait pénétré partout, les yeux ne pouvaient se passer du charme qu il procure et au luxe des argenteries et des bronzes ciselés, vanité des hommes, les femmes venaient ajouter celui des parures qui fut leur apanage; elles ne se trouvèrent jamais assez chargées de ces colifichets au tintement argentin, qui ne furent en somme que la sonnaille de l’esclavage, le tribut payé à la superstition.

Les bijoux en or dont nous donnons les dessins furent trouvés sur les cadavres des jeunes femmes de la maison de Diomède; leur finesse de détails et la minutie d’exécution n’ont pas été surpassés de nos jours ; leur aspect étrusco-grec n’est que le garant de leur ancienne origine, car les Etrusques furent renommés par leur habileté dans l’art de l’orfèvrerie line qu ils tenaient de 1 Orient et de la Grèce, et dont les hommes comme les femmes firent un grand usage. Il est à remarquer que les bijoux de style grec ne comportent pas toujours de pierres précieuses, « les artistes grecs paiaissaient attribuer une plus grande supériorité au mérite du travail qu’à la valeur de la matière employée (i) ».

Mais à Pompéi les pierres précieuses furent très recherchées, le musée de Naples en conserve assez d’exemplaires magnifiquement gravés. 11 est des camées si finement travailles en haut-relief que l’on ne saurait trop admirer

Boucle en or, trouvée sur un des squelettes de la villa de Diomède. (Musée de Naples.)

(i) Archéologie grecque de M. Collignon.

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1 habileté excessive des artistes, ainsi exercée sur des surfaces si exiguës de

cornaline, d’améthyste, d’émeraude, de topaze, de cristal de roche, d jaspe, d’agate et de grenat. La pâte de verre fut aussi d’un usage très et les femmes peu fortunées, ou trompées par les marchands, se paraient de ces simili très bien exécutés; des boules de toute couleur se retrouvent chaque jour à Pompéi et plusieurs perles de verre incolore étaient recouvertes d’une mince couche d’argent.

Le verre, du reste, à Pompéi était d’un emploi journalier; à part les vitres de certaines maisons encore en place, ou conservées au musée de Pompéi, le musée de Naples pos¬

sède la plus belle collection de verreries antiques provenant de la ville ; vases, pots, entonnoirs, petites amphores, coupes, plats, bocaux, carafes, verres à boire de toutes dimensions et de formes différentes. Plusieurs verres sont ornés dans la pâte même par l’application de cabochons et de petites graines sur la surface encore en fusion. De beaux types de ce genre, blancs ou fumés, semblent provenir de Bohême ou de Venise. Les verres moulés fabri-

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