I.F.S TOMBKAUX. — I.F.S TF.^[PI.KS KT I.KS CULTES -S
siiié on roctaiig-l(> ri (|iii coui'ait au pied de la coIoiiiKuh^ |u)ur rorovoir les
eaux (lu toit.
I/emplaccmcut ('Mait. certes, dio-nc i\(? la
déesse protectrice dont les fêtes avaient lien
an printemps ; le mois d'avril lui était consacré, époque où la nature s'éveille et ne
chante que ranioui-, où la sève monte et où
la terre reprend son action féconde, où le
g-ernie s'exaspère, où les ilenrs éclosent et
où les tièdes et capiteux effluves enivrent
les cerveaux : tout s'unit ponr chanter Vénus, la mère de la Nature.
Bien des offrandes étaient déposées sur ses antels et suspendues aux parois de son temple : Une belle qui vieillissait consacrait son miroir à Vénns (i). Les courtisanes désireuses de mener une vie régulière dédiaient à la déesse les olijets les plus divers, et des tableaux, reproduisant les portraits des donateurs, étaient accrochés dans le temple comme ex-voto. L ne autre courtisane consacre à Vénus sa propre image, la ceinture qui embrassait son sein, le Pan (2) qu'elle aimait, son ballon et ses thyrses. Les jeunes filles lui offraient leurs jouets,
des osselets et l'amoureuse colombe.
De toutes les images de A énus
représentées à Pompéi, la plus rare
est la Vénus céleste. La déesse est
alors couronnée d'un diadème d'or
et entièrement vêtue d'une tunique
bleue constellée d'étoiles jaunes ;
Vénus tient le sceptre et porte une branche de myrte appuyée sur un
aviron ; l'Amour, placé à ses côtés lui présente un miroir.
Ofli-ande à Venus.
(Peinture.)
(jolouibes oilortcs à \ c-nus. (i'einture.
(i) Anthol. grecq.
(2) Symbole des courtisanes qui sont tout à toux.
La même figure, avec les mêmes attributs, se trouve aussi dans uue graude frise représentant les noces d'Hercule et d'Hébé. IjO milieu de la composition est occupé par un temple, celui de Vénus; la déesse, debout, en occupe le centre; d'un côté, l'Amour, coilîé d'un casque et armé d'un bouclier tient le même sceptre que Vénus ; de l'autre côté, Priape, habillé de A^ert, relève son vêtement. Sur les degrés du tcnq)le, Hébé, jeune et gracieuse, présente la main à Hercule porteur de la massue et de la peau du
Les noces d Hercule et d'Hébé. (Pcinlure).
lion de JNémée. Derrière lui des pas top /tores tiennent sur leurs épaules une édicule, placée sur \\n fcrciiliini ; puis deux autres individus, vêtus de ïan^ustirlave portent l'arbre du jardin des llespérides, enfin deux figures très détériorées ouvrent la marche. De l'autre côté du temple, une prêtresse s'avance tenant un sistre, associant ainsi Isis à la cérémonie; elle est suivie de deux prêtres vêtus de la toge et des porteurs ont sur leurs épaules un fcrcuhnn sur lequel on croit distinguer quelque chose que l'état de dégradation ne permet pas de préciser et où Fiorelli reconnaît un phallus (i). Ensuite un bœuf blanc, paré pour le sacrifice, précède un personnage qui porte un agneau placé siir ses épaules ; puis le défilé est terminé par deux hommes supportant un trône orné de feuillages dont le coussin estoccu[)é par une couronne d'argent.
(i) Ce détail rappellerait les processions de Lampsacjue.
Li:s TOMBKALX. — LKS ÏEMPLKS KT LES CULTES
Il est curieux, dans ce sujet, de voir Vénus, patronne de Ponipéi, présider à l'union d'ilercide et d'IIéhé; la déesse de TAniour ne pouvait se désintéresser des aventures du héros. Hercule, d'a])rès les anciens, aurait fondé Pompéi où l'on pense, du reste, qu'il avait un temple, élevé sur le Forum triangulaire ou agora grecque.
ni
Le temple grec dit d'iiercule
Du saiictiiairc jj;-rec qui aurait été coustruit vers le vr' ou le v° siècle avant .!.-('.., il ne reste plus (jue la podium^ les (le<^-rés et quel(|ues chapiteaux crt)nlre duricpie t^ree.
Ce monument ôhni ps('//f/(x/ijjfc/-c et préseiilait la même silhouette que le petit tenq)le de Cérès à P;estum, avec cette dillerence ([u'au lieu de six colonnes de l'ace (hexastyle) le temple y;vcc de Pompéi en a sept, ce qui devait produire un elFet bizarre, car la colonne du milieu donnait naturellement dans Taxe de la })orte de la ce/ /a. Cette particularité est rare et ne se retrouve (pi'à Textrémité postérieure du temple colossal de Zeus à Agrigente (dont les colonnes mesurent iG m. H') de hauteur sur 3 m. 4 J de diamètre à la base). Le sanctuaire doricpie de Ponq)éi ne mesure que 3i mètres de longueur sur 20 m. 5o de largeur, les colonnes avaient i m. a5 de diamètre à la base. (Le temple de Cérès à Ptestum mesure 32 m. 2 j sur i4 111. 25 et ses colonnes i m. (Jo de diamètre à la base.) Aiin de donner une idée approximative de ras[)ect extérieur de l'ancien temple grec de Ponq)éi, nous reproduisons l'état actuel du tenq)le de Cérès de Pivstum.
Trois autels de petite dimension et une enceinte destinée, croit-on, à conserver les cendres des victimes, sont situés devant la façade du sanctuaire. En cet endroit, le taijleau qui se déroule est grandiose, la masse puissante du jxjf/iu/ii se prolile sondjre et sinq)le sur le ciel d'or ; au loin la mer scintille et vibie comme une lame tl'acier, oll'rant le contraste saisissant de 1 éclatante lumière et de la noii'c pesanteur de Tondjre.
Un petit tenq)le monoptère qui n'est autre qu'un hidciiUU s'élève [)lus
LES TOMBEAUX. — EES TEMl'LES ET LES CULTES
avant et ciitoui'c un piitcul ; la l'oudro avait tVa[)[)é cet endroit et Nnmurins Trcbius, inaj^'istrat su[)i'ènic [iiicdivtiicticits) l'avait t'ait consacrci', selon
Tcmplo giX'C dit ci'IIuixiile.
l'inscription os({ue retrouvée sur les débris du fronton, car tout lieu où Jupiter avait montré sa puissance devenait sacré.
11 paraît étonnant de voir, (pie de ce teni[)le, il reste si peu de chose ;
Le tciiiplu de Cûrcs à Piostuiu.
sa destruction fut antérieure à la catastrophe ; il s'était écroulé lors du tremblement de teri'c de l'an Ç>^, cl ses matériaux furent alors em[)loyés à d'autres constructions. En ce temps, nous dit Properce (i), la religion
(i) LIvr. II. Elfr. VI.
primitive était ])icii néf^ligée, « l'araignée voile de son réseau les autels (le nos dieux et l'herbe envahit, à notre honte, leurs temples abandonnés ».
Temple grec dit d Hercule
A j)]us forte raison, les aneiens sanctuaires détruits n'étaient pas toujours réédifiés. Les Pompéiens étaient, du reste, bien de leur temps et se livraient avec ardeur à de nouvelles croyances, délaissant au besoin les anciennes idoles devenues trop vieilles pour être efïîcaces.
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