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Esculapc. (Bronze du MusOe de Xaplcs.)
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LES TOMBEAUX
LES TEMPLES ET LES CULTES
Paiera pour les libations aux dieux du foyer. (Terre cuile du Musée do Pompci.)
blanches, outrer dans la salle, deux d'entre eux poser sur la table les dieux Lares (|ui avaient des bulles d'or suspendues à leur cou; le ti'oisième, faire le tour de la talde et prononcer à haute voix ces mots : « DU propitli ! » Or ces dieux, disait l'amphitryon, s'appelaient Ccidoii, Fclirion et Luvroii.
Aux Lares aussi, le soldat offrait une; j)art du butin au retour de la guerre et les esclaves libéi'és consacraient leurs chaînes. La nouvelle épousée, en entrant chez son mari, pour se rendre favorables les dieux de sa nouvelle
famille, jetait sur le foyer une pièce de monnaie, et les femmes stériles plaçaient près des autels des ex-voto phalliques. Maisquand arrivait le jour des Saturnales, les images des dieux étaient cachées par des masques de terre cuite pour leur épargner une honte et les soustraire aux injures et à la licence des esclaves. Caton conseille de balayer tous les soirs \q foyer et de le tenir propre avant de se coucher. Toutes les calendes, ides et noues du mois, on devait y faire des libations selon sa fortune ; peu de chose suffisait pour remplir ce devoir ; un peu de sel, quelques fruits et du vin devaient satisfaire les divinités protectrices. C'était un culte peu dispendieux mis à la portée de tous. Mais les honneurs rendus aux dieux se manifestaient aussi par des gestes d'adoration accompagnant une prière ; on posait la uKiiu droite sur la bouche pour envoyer unbaiser, ou bien l'on baisait sinqdemeut sou pouce puis l'on dirigeait la main horizontalement vers la divinité invoquée (i). Eu passant devant un temple
Foyers d'autel domestique. (Terre cuite (Musée de Pompéi.)
Foyer d'autel domestique.
(Teri-e cuite du Musée de Pompéi.)
0 Cette coutume existe encore clans ITtalic niéiidioiiale.
on une image sacrée, le païen ne devait pas mancpier à ce devoir. On appuyait aussi le pouce sur l'index en cntr'oiivrant la main et en cour-
rclits foyers ou Ijronzc.
retilc lable servant d'aïUel (Anclabris). Petit foyer eu bronze.
(Musée de ?\aj3lcs.)
bantla tète devant lidole dont les mains, les pieds et la tète étaient couverts de baisers, ce (]ui usait considérablement les statues vénérées (i).
Trépieds pliants eu bronze, pour les offrandes aux dieux. (Musée de JN'aplcs.)
Outre les laraires d'un caractère général, il y en avait qui trahissaient la profession de ceux qui les possédaient. Ainsi, dans le Plro di Balbo^ il existe une curieuse peinture dénotant que le propriétaire du local était
(i) Voir Je nos jours, les pieds de la statue de saint Pierre, it Rome.
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certainement loueur (raninianx. Dans un mur do l'habitation, une simple niche est creusée; sur le fond est peinte im(> fcnuuo montée sur un àne et portant un nouvcau-né (Miunailloté. 11 faut y voir certainement la déesse /i/Muia, patronne des nudclicrs cpii, au premier abord, paraît échappée
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Autel dodié à Epona. (Peinture d'une maison du Vico di Balbo.) y
de quekpie peinture représentant la Finte en Éi^yptc. Plus bas, un homme conduit un àne et un mulet, puis le serpent symbolique.
Plus loin, dans l'atrium du banquier Jncundiis, s'élève un autel de marbre enrichi d'un bas-relief représentant le temple de Jupiter vacillant sous les secousses du tremblement de terre de l'an 63. Un taureau va être sacrifié à Vénus pour apaiser la colère des dieux.
Une autre maison de Pompéi, dite dcl Cciitcuario, possède un laraire qui a une partie de son abaque creusée en forme de patera et dont la pein-
turc murale offre des particularités ingénieuses. On y voit Bacchus accoutré (.l'un curieux travestissement, vêtu d'une longue tunique verte et tout entier couvert de grappes de raisin noir. 11 tient de la main gauche un thyrse orné de pampres et paré de la luitra. Le dieu verse de l'autre
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Bas-relief du larairo de Jiicundus. (Marbre.
main du vin contenu dans une canthare à une panthère (i) placée à ses pieds. Dans le fond est esquissée une haute montagne semée de pins para-
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Aulel à Kornax. (l'eiiitnrc
sols, sauf au sommet ; à la base se trouvent peints des treillages supportés par des pieux et rappelant absolument la façon de cultiver la vigne encore en usage dans les environs de Home. Cette montagne pourrait donc
La panthère était consacrée à Bacchus comme étant l'animal le plus ardent.
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rappeler le A ésuve avant réruptioii de l'an jO ; le via renommé de ces parages est connu maintenant sous le nom de Lacryina-Christi.
Bacclîus ici est le Pénate honoré dont le sang se métamorphose en vin, et tout porte à croire que l'habitant de la maison del Centenario devait pos-
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Laralrc dcdié à Bacchus. (Peinture de la Casa del Centenario.) (Musée do Xaplcs.)
séder des vig-nobles importants. Au milieu du fronton qui couronnait le laraire, figurait une chouette symbole de Minerve, patronne des foulons (i). Dans cette peinture, on peut retrouver presque tous les détails donnés par Strabon etPlutarque {•2) et suivre, dans ses grandes lignes, la silhouette du Vésuve, dont le changement le plus grand est dû à l'existence du cône
(1) Voy. Gazette aich., année 1880, et Xiccolini.
(2) Voy. chap. i.
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de cendres actuel. Ce document est le seul où Ton puisse, avec quelque ressemblance, retrouver l'ancienne forme du volcan.
Deux laraires restent encore à voir : l'un est situé dans une cuisine qui se trouve protégée par Fornax, la déesse des fourneaux. L'Abondance personnifiée est entourée d'images représentant un lièvre, un porc, des poissons
Laraire ilo la ii'aison des Vctlii. (Sluc l-1 pcliiUire.)
des pains, etc. ; toutes ces victuailles étaient ainsi placées sous l'ég-ide de la déesse pour obtenir des mets succulents ; les I.ares complaisants sont placés encore ici, prêts à surveiller la cuisson.
L'autre autel a été découvert en iSjp et est placé dans la maison des Fettii, l'une des plus riclies liabitations de Ponipéi. II est recouvert d'ornements de stuc, rouges, bleus et jaunes; sur le champ du fronton sont sculptés et peints une paiera^ un bucranc et le couteau des sacrifices. La figure principale de la peinture est un Génie vêtu de la toge, la
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tèlo voilée comme le prêtre accomplissant un sacrifice, il tient la patvia et Xai'crra; comme acolytes, les Lares pocillatores sont à ses côtés, an-dessous le Génie du lieu et l'œuf déposé comme offrande. D'après les attributs du fronton et l'aspect sacerdotal de la figure du milieu, on serait tenté de croire (jue les Vettii ont bien pu faire allusion aux rites des taurobolcs, cérémonies instituées en l'honneur de Cybèle et d'Atjs, son amant. L'inscription la plus ancienne que nous connaissions qui relate la célébration des taiiroholcs est de i33 après J.-C. Elle fut trouvée aux environs de Naples, et il y est écrit « qu'une femme Herennia Fortunata avait accompli pour la seconde fois le sacrifice du taurobole [lar les soins du prêtre Ti. Claudius (i) ».
Sous Hadrien, l'usag-e de ces pratiques était assez répandu, car elles furent introduites à Rome sous Pompée ; il est permis do supposer qu'importée d'Orient avec le culte de ^lithra, cette coutume commença de bonne heure à s'exercer en Campanie, mais jusqu'ici, aucun document certain n'a été trouvé à Pompéi.
liC baptême chrétien dont la vertu régénératrice était invoquée, n'a-t-il pas eu quelque influence sur les païens pour accentuer un usage déjà réputé de boire du sang et de s'en inonder le corps, attribuant à cette cérémonie étrange une vertu purifiante dont les païens dévots d'Italie ont dû s'empresser d'admettre les effets, heureux d'accueillir une nouvelle pratique qui eut ses fanatiques ?
(i) Boissier. La /■clis^'ion romaine.
LE CHRISTIANISME A POMPEI.