I.RS TOMBEAUX. — LES TEMPLES ET LES CULTES
Une autre peinture représente rAljondance debout; à ses côtés un petit caïuillus, couronné de verdure, tient une guirlande de lleurs et la />'<';/<:7/« charg-ée d'aliments (i). Un jeune homme habillé de blanc joue des tihiavparcs et bat la mesure avec le svahcUuni en usage par les tihlrincs. Derrière lui, un jeune enfant conduit un porc, ceint d'une écharpe rouge à
SlatiicUe do rAboiulancc. (Bronzo du Musée de Naples.)
raies noires, à l'autel du sacrifice. Puis, comme toujours, les deux Lares encadrent le sujet.
Quelquefois la figure principale est en bronze ; ainsi cette statuette de I Abondance tenant une patent d'argent, et assise sur un siège orné de deux tritons, les pieds posés sur un escabeau décoré de deux sphinx.
(0 ^^pdtera servait dans les sacrifices pour roflVande du viu, taudis que la patella était usitée pour les aliments solides offerts aux dieux; c'est pourquoi les Lares sont appelés quelquefois à\Qu\ patella ires.
Aux côtés (le la déesse sont les deux Lares jiocillatorcs qui exécutent leur pas ; en haut de l'édicule est accrochée une lampe en forme de pied humain, suspendue par une chahielte. Un petit autel circulaire était situé au pied du laraire, et là, rencens répandu et la libation versée, le feu dévorait cette
Lorairc d'Epidus Sabiuus. (Sluc polycliromc.)
offrande, agréable aux protecteurs du foyer et nécessaire à leur vie du tombeau.
Sur les autels des divinités custodes, furent trouvées d'autres statuettes : Jupiter, Minerve, Hercule, Harpocrate, Mercure, ^'énus, Isis-Fortune, Diane, Apollon, etc. Nous voyons môme une statue polychrome d'Aphrodite cpii, nue jusqu'aux jambes, tient de la main gauche la pomme (i).
(i) Voy. chap. vi, m, 2.
LES TOMBEAUX
LES TEMPLES ET LES CULTES
Souvent les laraircs prenaient un aspect monumental et occupaient alors une place importante, tenant le milieu entre le sacrUitiii et la simple niche ; c'était le sarrarittm ( i). Dans la nuiison d'Kpidus Sabinus, un grand autel de stuc occupe lencoig-nure de ratriiini ; sur les deux côtés (pi'il présente sont
'JS 'il -Z.
peints des ornements légers de tons, des chimères et des oiseaux. Sur le soubassement s'élèvent de courtes colonnes qui supportent \\\\ fronton
(i) Le sacelluin comprenait toujours une chapelle munie d'un autel élevé à une divinité, et le sacraritiin, tout en étant souvent la salle annexe des temples où se conservaient les ustensiles sacrés, était aussi le lieu qui dans les habitations était consacré aux divins protecteurs.
A])olloii.(Bi'OQze du Muscodo Aaples.
décoré do inouluros de stuc, coloriées eu bleu, on rouge et en jaune, couleurs fondainontalos toujours employées dans ces sortes de décorations.
Dans la maison dite des Diadumènes, située à côté, il existe un laraire semblable ({ui porte cette inscription : (rcnio Marvi Nostri et Larilms duo J)i(((li(ni('iii lihciti. De même, dans une habitation située non loin du Forum triangulaire, se trouve un autre autel de stuc colorié l^'fm ''^ i avec fronton, situé vis-à-vis un i'c'//r/Y7//». Devant
■ ' ' "J* ' une image peinte de l'Abondance, entourée des
serpents agathodénions, des statuettes de bronze étaient disposées sur l'abaque du laraire; on y voyait Hercule à côté d'Apollon et Esculapc voisinant avec iMercure ; puis les inévitables statuettes protectrices intermédiaires. Devant cette assemblée des dieux, brûlait une lampe ornée d'un croissant, emblème de Diane ou d Isis.
C'est à ces autels, que le jeune homme de libre naissance, à l'âge de puberté, venait déposer la prétexte et la pourpre qui protègent l'ont'ance et suspendre sa bulle d'or ou de cuir au cip[)e qui représentait les dieux du foyer (i). \Àx aussi, les prémices du repas étaient offertes aux dieux, et dans les joyeuses occasions ou les fêtes appelées laralia, on ornait les autels de guirlandes et les portos des laraires étaient laissées ouvertes. Alors dos couronnes de Heurs se tressaient et les dieux disparaissaient enfouis sous les roses et les feuillages ; après le service on versait aussi l'offrande sur le foyer. A la fin de l'orgie donnée par Trimalchion (a), nous voyons trois esclaves, vêtus do tuniques
(i) Perse. Sat., v.
(2) Pét. Sut., IX.