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LES PETITS THERMES ET LA PALESTRE MUMCIPALE

APonipéi, lin établissement spécial et privé existe dans les petits t/irr/ucs qui, outre les différentes pièces nécessaires à Tusag-e des bains, conserve, encore intact dans bien des parties, un espace réservé aux exercices du gymnase (i).

I^a situation qu'occupe cette construction rappelle les villas de Crassus Frugi et de Diomède. Comme ces deux dernières habitations, les petits thermes occupent la i)ente de la colline de tuf sur laquelle s'élevait Ponqiéi ; des escaliers nondjreux mettaient en communication le plateau et la vallée tout en ménageant de belles terrasses exposées au midi.

De la rue, se voit le dallag'e du protliyrinii qui, orné d'une mosaïque, re[)résente deux lutteurs se détachant en noir sur un fond blanc, et les peintures cpii ornent les parois de la salle d'exercices nous montrent un lutteur de profession, aux bras monstrueux, à la tète de brute ; il vient de vaincre son adversaire qui, étendu sur le ventre, scndjle être eu pitoyable état; sans lâcher prise, le vainqueur reçoit la récompense décernée jKir le président des jeux.

Dans un autre panneau nous voyons un jeune homme debout, armé d'un strigile, rapi)elant quelque statue antique A' apoxyovihiie . Puis une autre peinture re[)résente un éphèbe vainqueur à l'escrime, tenant une palme et un bouclier. Plus loin, un individu vêtu du pallinvi ^ porto

(i) Stiabon dit que Xaplos, bien ([ue deveiuie romaine, avait conservé des mœurs grec- ([ues : elle avait ses (yjAt'^/cs, ses gi//iiniises, ses phratries. C'est ce que nous voyons aussi a Pompéi.

à ];i main un objet que Ton suppose être une petite o-nirhuidr de Heurs dont on formait les couronnes, et que l'on voit dans plusieurs peinture?

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Mosaïque du <. pi-othyrum » des petits thermos. l'ili I' 7J»

de Pompéi , représentant des Amours vendeurs de ileurs et de couronnes.

Dans ces exercices hygiéniques, le lutteur portait souvent un

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Lutteurs. (Peinture.)

couvre-oreilles pour éviter les l)lessures graves ; le sang ne devait pas couler dans ces luttes d'émulation, ce qui n'enqièchait pas de se casser les dents et de se contusionner les membres.

Les athlètes étaient de doux sortes, les athlètes lourds et les athlètes légers. Les premiers s'exerçaient à la lutte, au pugilat, au pancrace; les seconds se livraient à tous les exercices lourds ou légers et étaient considérés comme les plus parfaits ; si à trente-cinq ans, le lutteur n'avait pas gagné de couronne, il quittait cette profession. Ces athlètes se nourrissaient d'un pain spécial (i) et étaient obligés de s'imposer un régime particulier, subissaient une alimentation forcée, puis prenaient des lavements (2). Il leur était Après la lutte. (Peinture.) j.gcon-ji^andé de manger lentement, de bien broyer leurs aliments afin de devenir plus robustes : l'ordinaire était le pain et le porc rôti que l'on saupoudrait d'aneth, ils

ne buvaient de vin qu'après s'être désaltérés avec de l'eau.

La vie que menaient les professionels de ïagvnistique n'était guère relevée et ne développait que le corps en soignant la bête. Gailien (j) résume cette existence ainsi : « Manger, boire, dormir, se décharger le ventre, se vautrer dans la poussière et dans la boue. » Néanmoins les

(i) Les athlètes pour conserver leur énergie mangeaient un puln très réconfortant (coliphla) ayant une forme bizarre, et qui se vendait couramment dans les rues de Rome (Martial).

Ca) Saglio. Dictionnaire des antiquités. Atlileta.

Athlôte vainqueur à l'escrime. "■ ' °

(Peinture.) (3^ Gall. Hymne, 87, V.

Athlète se servant du strigile.

(Peinture.)

exercices corporels formaient les hommes beaux et souples, surtout r[uan(l à cette distraction salutaire se joignait une cul dire intolloctuelle.

Pompéi possédait aussi une palestre niuuicipalc située à côté du temple d'Isis, et impropro ment appelée C'iiria Isiaca. Elle comprenait une grande cour entourée d'un porticpie où fut trouvé le Doryphore du musée de Naples (i). Cet édifice date de réi)oque samnite, mais fut réduit lors de la reconstruction du temple d'Isis. Un petit tribunal auquel on accédait par quelques marches, devait supporter le siège du président des jeux, et une inscription osque nous fait connaître que Vibius \ inicius, questeur de Pompéi, édifia cette palestre destinée aux jeunes gens de la ville, aux frais et d'après le testament de Vibius Adiramus.

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La palestre municipale.

(.) Voi

)p. VI, III, 2.

LA CASERNE DES GLADIATEURS. - ANNONCES DE SPECTACLES. LE COMBAT DES NUCÉRINS ET DES POMPÉIENS

i-i!S la vallée duSanuis était installée la caserne des gladiateurs où ont été trouvés des casques, des armes, une selle, et des instruments

de musique en usage dans les amphithéâtres. On y voit un vaste préau entouré d'un portique (juadrangulaire de cent colonnes servant aux exercices préliminaires des combats, et les soixante chambrettes, situées sous les portiques, durent être occupées par les gladiateurs, lors des jours de fête. La colonnade supportait un étage supérieur formant un balcon sur le devant, qui mettait en communication les diverses chambres.

Une partie de cet établissement était réservée à la prison où furent

Fers disciplinaires. (Musée de Xaples.)

Fers diseijiliuaircs. (Musée de Naplcs.)

trouvés quelques squelettes pris par les tibias dans des entraves de fer (i). Sur les colonnes du portique, couvertes d'inscriptions à la pointe,

[i) Dans la ciisunie ruroiit trouves (j!5 siiurlellos.

MONUMKXTS l'LBl.lCS HT DKLICKS DI-: PoMlM-:i

nous lisons les éloges adressés aux gladiateurs: Rnstico féliciter ! Bis i-ictor lihcrtus! Victor Vcncri pcinnani fcrct, etc. Parmi les principaux graffiti des combattants de ramphithéàtre, il existe une esquisse représentant un gladiateur samnite auprès duquel sont inscrites trente-deux victoires, une palme et une couronne. Puis dans une ruelle voisine, située

Caserne des gladiateurs.

entre les deux théâtres, un autre graffito livre les noms barbares de Viriotalus , Scqnaniis, Viriodiis, etc.; le nombre fabuleux des victoires est en regard des noms.

Un dessin curieux de ce genre est celui où se lit cette inscription : Campaiu, vtctonà unà cum Nucerinis j>eriistis. « Campaniens, par votre victoire, vous avez péri en iiièiiic tem[)s que les Xucérins. » En effet, nous lisons dans Tacite ({u'cn lan j(j de notre ère, un certain l.ivineius llégulus donna à Ponipéi un condjat de gladiateurs, les habitants de Nucérie, ville voisine, furent invités, mais une bataille générale

Graffito.

turc on voit l'amphithéâtre ; les combattants sont aux mains, dans l'arène, sur les gradins, sur les escaliers, partout les Nucérins tombent mortellement frappés. Aux alentours, sont plantés des arbres ; des constructions s'élèvent (i) ainsi que de petites échoppes en plein vent, protégées par

Graflito.

suivit la fête, un grand nombre de Nucér rins furent tués. Les vaincus portèrent plainte à Néron, et le Sénat romain décida de priver Pompéi des spectacles de l'amphithéâtre durant dix années. Ce qui explique le sens de ce graffito tracé par quel- ({ue Nucér in.

Un document encore plus explicite a été retrouvé dans la ville et représente le combat lui-même. Dans cette mauvaise pein-

VAvfR' u\i \/|R\r3rA((

GrafiUo.

des vcla et où se débitaient des boissons chaudes et fraîches. On aperçoit deux hommes portant une lectica (litière) utilisée par les femmes et les indolents pour se faire conduire au spectacle que des ré-

(i) Iiidicaliun que l'on devrait suivre pour fouiller a cet endroit.

clames, inscrites à VaUntm, annonçaient quelques jours d'avance. Sur un mur situé près de la maison dite del Ccntciiario s'étalait l'afïlchc suivante dont voici la traduction : « A'ingt couples de gladiateurs

•(Vîiufiîdi

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\c & u^. . te*, c ^t 'n!'.-... '"*,.-

Combat des Pompéiens et des Nucérins. (Peinture du Musée de Naples.)

payés par Decimus Lucretius Satrius Valons, prêtre de Néron, fils de César Auguste, et dix couples de gladiateurs payés par Decimus Lucretius Valens , se battront à Pompéi les 8, 9, 10, 11, 12 avril {vi. V. IV. m. Pli. wvs APR.). il y aura une chasse accomplie et les tentes seront étendues {vEL.i ervnt). (C'est ce dernier détail que nous donne la peinture de la rixe avec les Nucérins.) Puis plus bas, l'écrivain Aemdius Celer fait connaître qu'il a écrit cette inscription au clair de lune [ad lvna) (i).

' Les dates données correspondent avec celles du calendrier romain consacrées au jeu. Nous en trouvons a Pompéi la vérification pour le mois d'avril.

VP jour des ides, jeux célébrés pour les victoires de César; Y" jour des ides, jeux en

D'autres annonces de spectacles étaient inscrites à Yalbum de l'édifice d'Eumachie ; une d'elles nous apprend que « la troupe des gladiateurs de l'édile Aulus Svetius Certus combattra à Pompéi la veille des calendes de juin, il y aura chasse et velavium ».

A • SSVETTII • CERTI •

AEDILIS- FAMILIA- GLADIATORIA- PVGNABIT

POMPEIS-PRK • IVXIAS- VENATIO • ET VELA

ERVNT

l'honneur de Cérès ; IV^ jour des ides, jeux du cirque ; IIP jour des ides, jeux du cirque; veille des ides, jeux en l'honneur de Cérès.

Les représentations de l'amphithéâtre avaient aussi lieu en septembre, de la veille des noues au troisième jour des ides (8 jours).

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