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L'AMPHITHEATRE, LES COMBATS ET LES CHASSES

L'amphithéâtre, comme nous l'avons vu, est situé à l'extrémité do la ville opposée à la mer, il pouvait contenir ia.800 spectateurs et forme une ellipse de plus de i3o mètres sur 100 mètres. Son érection fut commencée dans les premières années de la colonie de Sylla et les magistrats qui contribuèrent à son édification eurent leurs noms inscrits sur les murs. Ce vaste cirque, divisé en trois cavées et vingt coins, dont les places étaient marquées de rouge, attirait dans la saison douce les habitants des pays environnants, car l'amphithéâtre de Pompéi était le seul important de la contrée. Quarante arcades extérieures entourent le monument dont plusieurs servaient de vomitoria mis en communication avec le grand couloir circulaire intérieur (la praecinction) qui court sous les gradins. Du dehors, des escaliers conduisent au deambulacrum, large terrasse extérieure que possède le haut de l'édifice, offrant la vue la plus belle par son étendue et par la majesté du site,

Arca de ramphitliéàtrc.

où l'on admire tour à tour, la mer, les montagnes, la ville et le Vésuve qui, à cette époque, était verdoyant et peuplé de villas.

Autour de l'arène on voit s'élever le podium dont le mur était orné de peintures représentant des combats de gladiateurs et d'animaux, des armes, des palmes, des génies et différentes scènes relatives aux récom-

L'Amphithéâtre.

penses décernées. Une petite porte pratiquée dans le mur du podium conduisait au spoliatorinm où l'on traînait les cadavres, et jnx's des deux \'omitoiia principaux étaient situées les cages des animaux. Les places réservées aux magistrats existent encore ainsi que le balteus, ce mur longeant les gradins, qui servait à séparer les différentes classes de la société. Un deuxième haltcus existe entre le second et le troisième macnianum (le summum maenianum). des issues percées par

places donnaient accès aux gradins en communiquant au corridor intérieur.

Des nombreuses inscriptions de ramphithéàtre; l'une rappelle que le maître du faubourg ^Jai^nstus Félix avait réparé telle partie du

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Gradins de l'amphithéâtre.

monument et que Istacidus duumvir, Audius et Sextus Capito avaient contribué aux frais des jeux et des illuminations.

Certains noms de fcmiilles de gladiateurs ont été souvent inscrits sur les affiches, entre autres ceux de Ampliatus et de Numerius Popidius Rufus. Les personnages riches organisaient des bandes de gladiateurs [familiea) recrutées parmi les esclaves qui étaient obligés de se conformer aux ordres du maître; il y avait aussi les engagés volontaires,

POMPKI

les criminels et les prisonniers étrangers que nous avons pu reconnaître dans les noms de Sequanus, Yiriodus, etc. Des programmes écrits sur des feuilles de papyrus (le Libellas muncrarius) circulaient dans les mains des spectateurs ; les trompettes et les cors ayant sonné, le combat commençait.

Une peinture provenant de rampliithéàtre de.Pompéi, nous montre

Vue extérieure de l'amphithéâtre.

un gladiateur , faisant office de corniccn , prévenant le public de la scène qui se prépare. Le directeur des jeux, le lanista vêtu de Vangitsticlave et la virga à la main, semble indiquer la place des combattants, tandis que des esclaves portent des armes et un casque.

Nous trouvons la suite du spectacle dans les stucs maintenant méconnaissables du tombeau do Scaurus (i). Sur ces bas-reliefs nous voyons buit paires de gladiateurs de classes différentes ; les blessures sont teintées en rouge ainsi que l'intérieur des boucliers. Deux cava-

(i) Grâce ii Mazois, nous pouvons en donner une rcproduetion.

liers portent la lance et le bouclier rond, ils se nomment Bebvix et Nobilioi\ et le nombre de leurs victoires est mentionné ; à côté, deux gladiateurs munis de leurs boucliers ; l'un fait signe qu'il est prêt

« Cornicea )) annonçant le combat. (Peinture du « podium » de I amphithéâtre.)

(Musée de Naples.)

au combat. Plus loin, un soldat pesamment armé, VJiotnoplacus, vient de remporter une victoire ; son adversaire armé à la légère — un vélite — a lâché son bouclier et sa lance, il est blessé à la poitrine, le sang coule ; un gelé doigt pour dévoue vaincu . Au- \^'^^?% on a cru voir la U:

tiale de Giva-ïo;, mort) ■^^'

nou en terre, il lève mander grâce, il s'adessus de sa tète, lettre grecque 0 (inisigne fatal, indi-

Combat de gladiateurs. — Bas-reliefs de stuc du tombeau do Scaurus. (D ajirès Mazois.)

quant qu'il fut mis à mort. La scène suivante est encore plus terrible : les sccutores sont aux prises avec les vctiaircs. Un sccutur est couvert de blessures que lui a faites le rétiaire avec son trident, il reçoit le coup suprême avec courage, de la main de son camarade qui l'achève. Nitimus le vainqueur semble le pousser sur le glaive pour contribuer

davantage à son exécution. Dans le fond, rautre rétiaire attend une

Casques de « secutores ».

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tilaive do gladiateur (gladius).

Armes de gladiateurs. (Musée de Naples.)

nouvelle victime, tandis que sur le premier plan, deux gladiateurs semblent fuir. Les autres figures montrent des combats analogues où un mirmillon tombe comme une masse après le coup mortel. Sénèque

s'élève avec force contre de tels spectacles : « Quelle honte, dit-il, tuer par jeu riionunc qui est chose sacrée, et cela pour l'amusement de ses semblables ! »

Cela n'empêchait pas les gladiateurs d'être adulés par la population ; leur image est assez reproduite dans les endroits les plus divers ; aussi bien sur les parois des habitations par-

Fin de combat. (Peinture du « podium u de l'ampliitliéàtre.)

Casque de gladiateur. (Musée de Naplea.)

ticulières que sur les murs des chambres des meretrices et dans les thermopoles.

Leurs exploits allaient droit au cœur des jeunes filles :

témoin ces deux graffiti

qui qualifient les gladiateurs de puellarum dents,

(toi qui charmes les jeunes filles) et de suspirium

puellarum (toi pour qui les jeunes filles soupirent).

C'est dire avec quel enthousiasme le peuple venait

assister aux jeux du cirque tant l'attrait était grand.

Il s'y mêlait aussi de ce sentiment égoïste païen

qui fait dire à Lucrèce : « Il est doux de contempler du rivage les flots soulevés par la tempête et

le péril du malheureux (pTils vont engloutir (i). » Des palmes et des couronnes récompensaient le

vainqueur, et les casques lourds trouvés dans la ville,

et dont la décoration est si riche, étaient décernés en prix. Nous trouvons

(i) Lucrèce, II, I.

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