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VA P

Tessèrcs. (Musco de Naples.)

dition que nous avons conservée également dans le mot poulailler. Cette dénomination est très juste, car dans l'antiquité, oii les théâtres étaient à ciel ouvert, les oiseaux de toute sorte venaient se poser sur le faîte du mur contre lequel s'adossaient les spectateurs de la cavée supérieure. Ce n'est pas qu'au théâtre que furent utilisées les tessères ; on s'en servait à l'amphithéâtre, dans les contrats et en témoignage d'une hospitalité reçue ou donnée. Elles étaient alors minces et longues et por-

Gavée iufei'iourc du tliûàtrc couvert. (Places d'honneur.)

Hémicycle et orchcslre du théâtre couvert.

lya

Comi'dicn.

(Statue en terre cuite du

Musée de Xaples.)

talent les noms des dcnx amis qnl, an jonr d'une séparation, la brisaient par le milieu, chacun en gardant ];i moitié, afin que si dans l'avenir, le liastu'd les fit rencontrer, ils pussent se reconnaître en joignant les deux brisures. Des tessères furent aussi distribuées par les magistrats opulents lors des fêtes données à l'amphithéâtre, elles donnaient droit, dit ÏNIartial, « aux animaux de l'tirène ou aux oiseaux qui venaient avec joie chercher un refuge dans le sein d'un maître que le hasard leur })rocurait, ce qui les empêchait d'être mis en pièces ».

Quels principaux spectacles donnait-on aux théâtres de Pompéi ?

Les riches llonuiins qui venaient

Comédienne.

(Statue en terre cuite du

Musée de Xaples.)

en villégiature en Campanie eurent certainement le goût du tliéàtre grec

dont le théâtre latin et les acteurs de PompalUuDi, jouer des reste, la conicdia palment représentée par Livius Andronicus et les maîtres classiques.

gala d'Afranius du jouée par les acteurs plaire aussi aux po-

n'était que l'image, péi durent, revêtus du

pièces grecques

du

liata était brillamles auteurs, tels que, Naevius sans compter Puis la comcdia toi" siècle av. J.-C.

portant la toge dut pulations; elle représentait des scènes de la vie romaine , badine et railleuse.

Les acteurs, les uns grimés en satyres, les autres affublés de masques grinuiçtmts aux yeux profonds et à la bouche l;u-ge comme des gargouilles

-Masque de marbre. (Musée de Xaj

MONUMENTS PUBLICS ET DELICES DE P0:\1PEI

prêtes à avaler tous les spectateurs, dit Lucien, étaient appelés A/,s7/7o//.y (1).

C'est ainsi, rapporte Valère Maxime, que les Etrusques désignèrent primitivement une sorte de comédiens ([ui, lors de l'enlèvement des Sabines, vinrent donner à Rome des représentations , ils charmèrent tant les jeunes Romains par leur nouveauté, que le nom fut alors conservé (2).

Au dire même des Romains il n'y avait que les acteurs grecs qui

jouassent bien, qui fissent rire ou couler les larmes; mais ce ([ui dut plaire

surtout aux Pompéiens, comme produit de la Campanie, ce furent les farces

atellanes, pièces mimées

de Naples, fut le berceau.

scènes de terroir, dont

survécu. Elle était assez

Masque do marbre, (Musée de Naples.)

Masque de marbre. (Musée de Naples.)

lesque ; mêlée de danses lait scitura ; puis plus d'e.vudia, et Novius et à donner à l'atellane un

dont Atella, ville voisine C'était la comédie osque, quelques personnages ont souvent grossière et buret de chants elle s'appetard, elle prit le nom Pomponius cherchèrent caractère littéraire (3).

Acteur.

(Pciulure du Musée de Naples.)

variés d'expression et la bouche évasée servait à donner une bre vocal dont la puissance auair du théâtre.

(1) Les masques étaient très si large munie d'une ouverture plus grande résonance au timrait été amortie dans le plein

(2) Les acteurs qui voulaient ' conserver longtemps leur voix et leur santé se soumettaient h un régime particulier, ils pratiquaient sur eux l'opération de l'infibulation qui avait pour objet d'empêcher le commerce avec l'autre sexe, mais nous voj-ons dans l'antiquité quelques comédiens perdre leur talent quand une courtisane riche se mettait entête de briser leur boucle. (Juv. Sat. vi.)

(3) Boissier. Dict. des antiquités de Saglio : Atellanae fabidae.

Les pièces étaient ainsi intitulées : Crotulc i'cl pctitor, Papns practcritiis, Maccus scqucstcr, etc. Ce dernier type d'allure grotesque avec son grand nez couvert de verrues et son crâne dénudé était grand buveur et débauché, nous le retrouvons dans ley.'///rA///r7/rf de Naples qui est la ville d'Italie où les mœurs antiques sont le plus fidèlement conservées.

II y avait aussi un nommé Biicco, fourbe et gourmand, puis Dorscjiiius qui était bossu; enfin Maiidricus avec sa large bouche munie de crocs,

Chœur, chanteuse, n libicen » et cithariste. (Peinture du Musée de Naplcs.)

fut le véritable croque-mitaine. On peut se rendre compte de ce que purent être ces comédies saugrenues, mimées dans la façon vive, animée et Ijruyantc du peuple napolitain moderne dont le geste traduit tout, ayant, selon une expression pittoresque, « la main loquace ». 11 n'y avait pas que les acteurs de profession qui jouassent de ces farces et souvent elles ne furent qu'un feu roulant de saillies et de bons mots adaptés à une donnée générale où chacun faisait assaut de drôleries dans des scènes bouffonnes et obscènes. Les allusions i)oliti(|ucs servaient aussi à mille traits satiriques lors des élections municipales, les crimes des empereurs furent même censurés dans ces mimes et ils s'en vengèrent quelquefois cruellement. La musique prêtait son concours aux repré-

Syringe.

Embouchures de flûtes.

Musiciens et instruraculs de musique. (Musée de Nnples.)

sentations et à la fia du premier acte du Pscudoliis de Plaute, l'acteur prévient que pendant qu'il continuera ses fourberies, le joueur de flûte divertira l'assistance. Cicéron dit aussi, en parlant d'un acteur qui déclame d'un air effrayé un passage terrible : « Puisqu'il récite de si beaux vers aux sons d'une flûte si agréable, je ne vois pas pourquoi il a peur. » Nous voyons aussi employer la syringe, les cymbales, le tambourin et la double flûte. Ce dernier instrument se jouait en employant le capisfrum, large bande de cuir percée d'un trou que l'on plaçait à l'embouchure des

Jn"/

Cithai'èdes. (Peinture de la Casa del Citarîsta.)

instruments afin d'obtenir des sons pleins et plus fermes. Quant à la cithare aux sons harmonieux et doux, on en faisait vibrer les cordes à l'aide d'un morceau de plume ou de bois, le plectnnn, ce qui n'empêchait pas de les pincer avec les doigts. Si tous les joueurs de cithare s'appelaient citharistes, il n'en est pas de même du titre de citharede qui n'était donné qu'au véritable artiste, au musicien parfait, improvisateur des airs que lui inspirait son génie ; c'est le titre donné à \ Apollon Musagète.

A la volubilité de la langue et à l'aiguillon de l'esprit, succédaient l'agilité du corps et la cadence du rythme. Les funambules dansaient sur la corde tendue, faisant des tours d'adresse, jouant de la musique et versant l'eau d'un rhyton dans une coupe tout en maintenant l'équi-

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