RÉGION- VII — iNMr, V IV — N" 31 \Casa di Anianii
libre; puis les Kuhistétcrcs, les Cernai, marchaient sur les mains et se livraient avec les pieds à des exercices variés ; comme les clowns ils faisaient la roue, exécutaient des cabrioles, passant dans des cerceaux
Funambule. (Peinture du Musée de Naplcs.)
au milieu d'épées dressées. Pendant ces exercices, la musique accompagnait l'exécutant, comme de nos jours, afin de lui conserver cette invariable cadence, aide indispensable à tout équilibre.
Dans l'antiquité, toute représentation théâtrale comportait des danses,
'"^««ïjsv^»»^'^''' Funambules. (Peintures du Musée de Naples.
qui, on le sait, furent le premier spectacle des hommes. Le théâtre avait pour les exercices chorégraphiques un grand espace, l'orchestre (du mot grec ov/;/,îTr;,- danseur), spécialement désigné à cet effet. Placés ainsi au pied du premier gradin, les danseurs et les danseuses étaient vus de plus près, leur mime et leur grâce offraient plus d'attraits. La danse plus que tout autre exercice du corps a été en honneur dans
Danse satyrique. (Mosaïque du l\Iusôe cleNaples.
l'antiquité et aucune cérémonie ne pouvait se passer de danseurs ; que d'élégantes silhouettes de sa /ta triées ne voit-on pas esquissées sur les
murs dePompéi, aussi variées que mouvementées !
« Danser, dit Lucien, c'est honorer Vénus et Bacchus, la danse est une initiation à l'amour. » Ce sentiment entrait trop dans l'esprit pompéien pour être négligé et des danses grecques durent être exécutées à Pompéi, car dans cette ville aux traditions grecques et aux influences hellénistiques si franchement manifestées, il n'est pas douteux que les anciennes cadences eurythmiques de l'Hellade aient été conservées.
Parmi les danses nombreuses, VEmmelie, la Siciiinis et la Corda.v se dansaient dans la tragédie et la comédie ; la Cordax qui ne fut pas exempte d'obscénité semble s'être conservée aux environs de Naples avec la tarentelle . Ce furent aussi des danses bachiques ainsi que celle du Pressoir imitée des vigne-
rons ; la Chorea s'exécutait
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en rond et Vllormus à la- ■ /a// / quelle prenaientpartjeunes ^'^ Jj ' M garçons et jeunes filles for- ''^ " niait un collier unissant ainsi la grâce à la vigueur.
Voir danser, dit encore Lucien, c'est entendre le muet, expression fortjuste; en effet, la danse parfaite est une mime continuelle, un poème sans paroles. Le but principal de la danse était l'imitation, par les gestes, de toutes les passions de l'homme en exposant avec élégance les scènes les plus ordinaires ; de plus, elle était l'expression parlante comprise de
Danseuses. (Peinture du Musée de Xaples.j
Inlcrcoliimnium » du théâtre. (Bas-relief de marbre du Musée de Naples.)
tous les peuples, elle était la mimique universelle; telles étaient les qualités que l'on reconnaissait à la danse et qui se sont conservées dans les rythmes orientaux ainsi que dans les ballets modernes ; aussi les danseurs furent-ils appelés « hommes à mains savantes » (y£!.por6'po'j;).
Comme l'Odéou de Périclès à Athènes, qui était couvert, le petit théâtre de Pompéi servit de salle de concert, et le g-rand théâtre où les représentations durent être somptueuses, fut utilisé pendant la belle saison. Alors un velariuin tendu au-dessus de l'hémicycle était fixé au faîte de l'édifice, à des poutres assujetties par des anneaux de pierre que l'on voit encore.
C'est à Pompéi que furent employés les premiers vclaria, et Ammien Marcellin reproche aux plébéiens de s'abriter de ces voiles empruntés à la voluptueuse Campanie, accusée de la même mollesse par Valère
Maxime. Dans les fortes chaleurs, un réservoir, dont les vestiges existent encore, servait à rafraîchir l'atmosphère par une pluie légère, parfumée de safran et d'essences diverses ; de sorte qu'avec la musique, la poésie et la danse, unies au parfum des fleurs, le théâtre devenait le lieu de prédilection des délicats dont les
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« Intercolumnium » du théâtre. (Bas-relief de marbre du SOUS cliamiés pOUVaicut êtrC raS- Musée de Naples.)
sasiés.
Le grand théâtre est d'une construction moins ancienne que le petit
théâtre grec, il fut construit sous Auguste par l'architecte Marcus
Antonius Primus, aux frais des frères Olconius Marcus Piufus et Marcus
Celer. L'hémicycle comprend trois cavées, cinq coins et des tribunes ;
FOMPEI sur k" premier g-radiu on voit lu place qu'occupait le biscllium destiné
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Vue d'ensemble du grand théàlrc.
au père d'Olcoaius, flamine d'Auguste, dont le nom est rappelé en lettres