‹ PompeiChapitre 53 sur 110 · CV.M DISGENTES SVOS ROGAT {Sic) (i · texte numérisé non relu

CV.M DISGENTES SVOS ROGAT {Sic) (i

Une peinture trouvée dans une troisième école, montre un élève que

SSJ^^^S^

L'École. (Peinlurr du Musée de Naplcs.)

le maître fouette vigoureusement pendant que les autres, bien sages, étudient leur leçon.

Pour la suite des autres inscriptions que nous donnons, il serait intéressant do nous rendre compte sommairement des diverses langues en usage à Pompéi et de jeter un coup d'œil sur les alphabets. Cela peut nous aider à trouver un attrait de plus à ces ifraj/iti, une des particularités curieuses de Pompéi ; car là, la vie se découvre sans fard, dans les détails les plus imprévus.

(i) Willems : page 44- I'P solécisme est probablement imputable au peintre d'ensciones.

GUIDÉS par les érudits qui se sont occupés de la question, nous pouvons nous aventurer un instant dans ce domaine épigraphique.

Le grec, l'osque et le latin furent parlés à Pompéi. L'ancien idioino osque était encore compris par le peuple dans les derniers temps de Pompéi, car les farces atellanes qui se jouaient durent nécessiter l'emploi de cette langue dont la chaude couleur plaisait tant à Rome. De plus, les inscriptions osques que nous retrouvons à Pompéi font supposer que le langage des ancêtres n'était pas oublié, qu'il se lisait encore et qu'il devait être même usité à Pompéi dans les anciennes familles osques de la ville, jalouses de conserver entre elles ce lien, vieux souvenir du pays.

Le P. (iarrucci a recueilli, du reste, des i^rafjiù osques ainsi que des paroles latines écrites en osque, comme il a vu des mots latins en lettres grecques ; aussi dans les inscriptions à la pointe y trouve-t-on des substitutions, des additions et des transcriptions de lettres, car les grafjiti furent souvent l'œuvre de gens du peuple.

Quoique les inscriptions grecques soient rares à Pompéi, cette langue fut parlée et comprise dans toute la Campanie (les monnaies de Naples ont des inscriptions grecques), mais les gens instruits en affectaient l'usage. La littérature grecque était si goûtée que les femmes elles-mêmes parlaient couramment cette langue ; ce (jui, du reste, naturel à Pompéi, devenait une pose ailleurs ; aussi cela horripile particulièrement Juvénal qui ne trouvait rien de plus fastidieux de voir qu'une femme se serait crue dépourvue d'agréments si elle n'avait l'air grec ; toutes leurs passions

les i)lus secrètes étaient exprimées en grec ; en grec, elles faisaient l'amour ! « ZOH KAI MTXH ! » Cette apostrophe amoureuse est également rappelée à Pompéi par une inscription tracée sur le mur d'un couloir de la maison de Popidius Prisons.

S'il était bon genre de parler grec, les femmes romaines, quand elles employaient leur langue, estropiaient les mots en simulant de petites hésitations comme quand on bégaye ; ce vice de prononciation était devenu un agrément, comme le dit Ovide.

Perse rapporte aussi que de son temps, il était très distingué de parler du nez : Rancidnlum quiddam halha de tiare loeutus.

Même d'une façon naturelle, le latin n'était pas parlé avec pureté ; les grécismes ne sont pas rares à Pompéi et les souvenirs osques firent souvent changer la prononciation latine que l'on retrouve dans le dialecte napolitain.

Ainsi le premier vers de l'Enéide tracé par un individu peu familier avec la langue du Latium et dont l'accent osque se fait probablement sentir, prononçait 1'/' comme la lettre /. Aima vilunique eano Tlo... y>o\\v Arma virumque raiio Trojae (i).

Examinons maintenant le caractère particulier à chaque écriture.

L'alphabet lapidaire romain est trop connu par les lettres capitales dont nous nous servons ; mais à Pompéi, nous voyons s'y glisser quelques particularités : ainsi E est formé de deux lignes parallèles et verticales : II ; et F est désigné ainsi : li. L s'écrit Ii ; M, IIll ; et l'N, PI. A partir de l'époque de Sylla, l'I long par nature est représentée par un I plus haut que les autres lettres, et se rencontre particulièrement sur les inscriptions lapidaires.

Les lettres ordinairement employées dans l'écriture cursive à la pointe offrent une combinaison des caractères lapidaires et cursifs proprement dits qui, dans la prati([ue, donnent un mélange de lettres régulières et de lettres abrégées.

(i) De nos jours, à Naples, d;ins le peuple, on prononce encore /■ pour /.

LA RLIÎ. — Li:S l.NSCllIPTIONS. — LES INDUSTRIES aaS

Les annonces et réclames au pinceau sont généi'alement exécutées eu

vvT^anvii^ymBi]3^>aN

AlpliiiljL'ls. osqiic li'criliM'C rclrogi'ado). grecs et romain (d'après Garrucci).

capitale nistKjuc doiil nous donnons des si)éciniens, surtout les réclames électorales.

Mifflli

Alliolic élorloralc écrite eu capitale rustique. (Vico di Tesmo.)

h'oncia/c ne fut en usage que longtemps après la capitale et servit à la transcription des édits, ainsi qu'à l'édition d'ouvrages de littértiture .

mmK ..

Afllcho électorale écrite en oncudc. (Région \ I, Insula X\ .)

Cette écriture a une forme ronde, et le V ressemble à l'Li moderne. Nous donnons une inscription peinte de Pompéi qui se rapproche de ce genre.

Arrivons iiiainti'iianl à la cursive tracée à la [)()iiitc (i).

La leltre A est ordinairement formée de trois traits, rarement celui du milieu man(jue , il se trouve ([uelquefois isolé , in-rpendieulaire ou attaché à l'un des côtés, et forme un an<^le oj)posé à celui du sommet.

Exr.MP..r.s : ^^ /^ A A ^ 1^ /N X V) A A ^ -^ A^

Le B peut se confondre avec le I), mais le prolong-emenl supérieur du trait s'accuse davantage que d;ins le ]) et prend une courbure plus prononcée.

EX.MP..S : b W (J J i 6 / ,\ [lU ciS^^ ) <^ (1 j n\

Le C conserve g-énéralcment sa forme avec plus ou moins de courbe.

Exemples :

Le D cnrsif a pour point de départ le F) dont il s'éloigne quelquefois. Exemples : J^ 2) (^ î)^ ^ W |/ h ^ î)"!)^ ^ ^ i^

L'E n'a pas toujours les trois lignes horizontales et 1'^, en croissant est essentiellement cursif; quant à la forme (( , elle a été regardée comme étantpropre à laCampanie, quoiqu'elle soit originaire du centre de Tllalie.

ExEMI

f^hiyti{,(((i:(i'^

(i) Yoii' Iiiscriplions i;rai'ccs fin trait sur h's murs de Pam/ici, ji;u' le P. Giirrucci. Bruxollos, I vol. 111-4°.

LA RUE. — LES IXSCRI l'TIOXS. — LES INDTSTIUFS

L'F se retrouve scml)l;ible dans heaucoup d'inscriptions, et la forme I', est également usitée dans l'écriture cursive.

ExE.M

PLEs :

î>f/'r/nr\

il en est de même du (1 qui est facilement reconnaissable, mais, dans les écritures indécises, la courbe, comme celle du C, est peu indiquée.

Exemples

<.\ji.asj.^cdU

J/il i)résenle parfois cette particularité d'avoir la branche de gauche très développée dans la cursive.

Exemples :

L'I est toujours le même, couché i)lus ou moins.

Exemples

(Vf

Le K peut se confondre avec l'II, il s'en trouve dont les deux traits sont horizontaux.

Exemples

KKKf/h

L'L suit la marche de l'F (I') mais renversée.

Exemples

ri/^LLu-k AU

L'M possède toujours les ([uatre traits, mais tantôt ils sont isolés les

uns des autres, ou bien croisés, les deux traits du milieu fornumt un ang-le, quelquefois la pointe en haut.

Exemples

L'N peut aussi s'écrire par trois traits isolés ou avec les pointes retournées.

Exemples

lv\MV j^'))

On confond quelquefois l'O avec l'A, nuiis 1 un des deux traits, sinon les deux, affecte toujours une forme ronde.

ExEaMPLES

^ Uc)V)6^ i) naC\D

Le P qu'il serait aisé de confondre avec l'R, a le trait oblique plus sinueux, et le trait droit qui se recourbe parfois dans cette lettre ne le fait pas dans l'R.

Exemples

>^^^^l>plt(^'''^f

Le Q se rencontre toujours sous la forme donnée aux spécimens.

Exemples

L'R, rien de particulier (pii n'ait été dit à la lettre P.

Exemples

iinp^f

L'S quelquefois se distingue peu du (i dans la cursive et même peut aussi ressembler à un I, tellement peu il est caractérisé dans cer-

l'I.. VII

:iSE^

PORTRAITS PUMPÉIE.XS

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