LES GRAFFITI
LA multitude de ces graffiti a permis d'en faire des recueils spéciaux et un grand nombre seraient intéressants à rappeler (i). Commençons par ceux que traçaient les amoureux, confiant aux murailles leurs secrètes passions :
Scribenti mi didat A//ini\ monstretque Ciipido. Ail pcrcam ! sine te sidcus esse vclini.
(( L'Amour me dicte ce que j'écris et Cnpidon me conduit. Que je meure si je souhaite d'être un dieu sans toi. »
Puis :
Ma chère Sava, aime-moi, je t'en prie !
ou bien :
Ne/no esf be/las, nisi qui (tnun'it.
a II n'y a de beau que celui cpii aime. »
Vnle^ Messala, fac me âmes.
« Adieu, Messala, tâche de m'aimer. »
Puis encore : « iSfonia salue son ami Pagurus. »
« Ma petite poupée, celui qui t'appartient tout entier m'envoie vers toi. »
(i) Les inscriptions insérées ont été empruntées, pour la plupart, aux ouvrages spéciaux. Si quelque erreur vient s'y glisser, il faut surtout en accuser les Pompéiens qui estropiaient souvent les mots qu'ils employaient.
LA RUE. — LES INSCRIPTIONS. — LES INDUSTRIES 23i
Plus loin, ce sont les souhaits i^alauls des jeunes <:;'ens de Nola aux filles de Stables : I\<>/(i/n J'clicitcr Sitihidiuis puclhis.
Un grafflto cliarniant est bien eelui-ci :
Mrl/ic (O/ni/iiacs (itcUmui (iitiiil Vlircsliini canh', sit iitn'isiiur ( c/nis PodipciitiKi /)r(ij)ili(t rt sei>i/)ci' r(i/ico/-i/cs vcivdiil.
« ^léthé, fille de Coniinié, la joueuse d'Atellancs, aime Chrestus de tout son cœur, ([ue \ énus de Ponipéi leur soit })ropice et (pTils vivent toujours en bonne harmonie ! »
Un conseil est même donné aux amoureux :
Quisf/ifis (un(tt ralidis non dehcl /'(intilnis uli : Naiu neiuo Ihinuiuis itstus amoïc potcst.
« Celui qui aime ne doit i)as se servir d'eau chaude, car, brûlé, personne ne peut aimer les feux (de l'amour). »
Un jaloux irascible, s'en prend à ^"énus elle-même :
Qiiisqiiis ainat vcni<tt. ] cneri coA* /'/(inf^cre costas
Fustibus et hiDibos débilitai c deai.
Sernio est ilhi inilii tenentnt j)erlunderc pectus
Quai ego non possein capat illut /'rangere faste (i).
« Qu'ils viennent les amoureux, je veux rompre les côtes à A énus à coups de bâton et casser les reins de la déesse, ell(> passe aux yeux de tous pour me percer le cœur et je ne pourrais lui briser la tète ! »
Nous voyons encore les reproches adressés à une courtisane :
Feliees ndeas, j)ereas scd , Martia, si te ] ilis denari nui.vinut eiira lenct.
« Fréquente les g-ens riches, mais puisses-tu périr, ô ^[arlia. si tu n'as plus souci que d'un vil métal. »
(i) Lenorniant.
Mais il est une éi)ita[)lie, délicate entre toutes, conservée au Musée de Naples :
OVTINAM- T.ICF.AT- COLLO- COMPLEXA TeNRRE- BP.ACIOLA- ET TENEP.IS-
oscuLA- Fi:np.i:- LABELIS- i xvnc- ventis- tva- gavdlv pvpvla- cp.ede