‹ PompeiChapitre 72 sur 110 · LES CULSINES. — LES LATRINES. — LES BAINS. — LE VENEREUM · texte numérisé non relu

LES CULSINES. — LES LATRINES. — LES BAINS. — LE VENEREUM

NOUS voici arrivés nnpcri.sfyliitm (i) importé par les Grecs, qui présente le même aspect que IV///'/////? con'/it/iic//, mais il est plus vaste : c'est Varca qui prend de plus grandes proportions, on peut s'y promener et les enfants pouvaient y courir et jouer quand des plates-bandes ornées de fleurs n'en meublaient pas la plus grande partie, ce qui constituait alors le v/ri(/(/riii/ii ; des piscines aussi occupent le milieu de la cour, des statues, des jets d'eau, de petites cascades, des vasques et des tables de marbre, des hermès, des bronzes, viennent enjoliver ce coin charmant, devenu le lieu préféré ; les portiques sont larges, des colonnes nombreuses supportent l'attique, et l'eau des toits, recueillie dans un chenal courant au ])as de la colonnade, se perdait dans quelque citerne.

Parmi les pcristylia les plus grands, nous pouvons citer celui de la maison dcl Cciiteiiario découverte en 187;), juste 1800 ans après sa destruction ['.i) . L'intérêt qu'ofl're surtout ce peristylluin. consiste dans le changement de style qu'on y avait opéré. Les colonnes du portique, dont il reste quelques-unes bien conservées, sont enduites de stuc blanc et peintes en rouge à la base, tandis que leurs chapiteaux toscans sont cerclés de filets bleus et écarlates, mais les colonnes dégradées laissent voir

[i)L(i pcri.sti/liiim présente la même disposition que les anciens cloîtres. (2) Cet anniversaire donna lieu à des fêtes et un magnifique recueil intitulé : Pompei e la 1-egiuiie sottcridlti... fut édité pour la circonstance.

LA MAISON GRECO-ROMAINE

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qu'elles avaient été réformées, mises au ji;-orit du jour (i) et unies entre elles par un treillage de bois, faisant de ïarca de ce pcristyliuin un enclos qui a Inen pu servir à enfermer quelques animaux vivants.

Primitivement ce pcrhfyUiini était d'ordre ionique avec colonnes can-

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Pcristylium. (Maison de Holconius.)

nelées et construites en tuf, les chapiteaux déposés qui gisent encore le long du mur sont de même matière; seules les colonnes avaient été conservées, mais leurs cannelures furent bouchées et nivelées avec une épaisse couche de stuc, et les nouveaux chapiteaux se ra})prochèrent du dorique romain (2). Même certaines colonnes ont été complètement remplacées et construites en briques. La base rouge, du reste, n'est pas d'une époque très reculée et a été mise après coup à beaucoup de fûts de tuf cannelés ; car les maisons les plus anciennes n'ont pas de ces cimaises aux colonnes

(i) Cette i(>lection doit dater de Tan i5 à l'an d'i après J.-C. Une inscription trouvée sur les niiirs en lait foi.

(2) Les chapiteaux ii l'ompéi oH'reut souvent une grande fantaisie qui n"est d'aucun style spécial, ils sont pompéiens et paraissent avoir subi des influences égyptiennes.

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dont plusieurs même n'ont aucune base, comme dans le dorique grec. Nous trouvons un autre exemple de ces réfections de la dernière époque dans une planche de l'ouvrage de JMazois qui reproduit un atrium tctra- .\ty/c où les colonnes dégradées laissent voir une première assise en tuf cannelée, sur laquelle s'élève, en briques, le reste de la colonne ; l'opération du nivellement avait eu lieu pour les cannelures et une couche de stuc enduisait les colonnes dans toute leur hauteur, mais ici, le cimaise est noire. En principe, il peut donc être établi que les colonnes de briques recouvertes de stuc furent surtout utilisées après l'an i ") de notre ère, et que les colonnes de tuf sont les reliques d'anciennes maisons datant de la période gréco-samnite.

Plusieurs habitations, et non des moins luxueuses, n'eurent pas toujours la place suffisante leur permettant d'établir un pcristylluni complet. 11 en existe à trois portiques, puis à deux portiques, quand le jardin occupe un angle ; dans ce cas, des pilastres peints sur les murs font face aux colonnes correspondantes : ainsi dans la maison de Jucuiidus où entre deux colonnes de milieu, vis-à-vis une c.vedra, s'élève une gracieuse coupe de marbre munie d'un jet d'eau. Les pilastres sont quelquefois en relief de stuc, tels sont ceux de la maison dcUc Paretc ncra qui a un peristyliuni à trois portiques et de la maison di Adonc au jx'ristyli uni h deux portiques. Dans plusieurs ])cristylia et jardins, il existe quelquefois, adossées au mur principal, des fontaines en mosaïque ou des chàteaux-d'eau munis de niches et de statuettes. Il n'y a guère que les fontaines en mosaïque qui soient bien conservées, elles attirent par leur couleur bleue dominante. Ornées de coquillages dans leurs principales lignes, elles ont un aspect bien rornro (jui, dans le cadre pompéien, ne fait pas mauvais effet; des statuettes d'Amours ou de pécheurs en ornaient les socles. Lfne de ces fontaines possède, sur les deux montants, des mascjues servant de lampes que l'on remplissait d'huile ; les flammes passant par les yeux et la bouche devaient donner un éclairage quelque peu fantastique. (Il y a des fontaines en mosaïque dans des maisons dcl/' Orso, dci Sciciizati, dvlla Piccola Fontana, del/a Gidiide Foiitaiia et dans deux autres habitations. \ oir Planche hors texte, n" XII.)

LA MAISON GRECO-ROMAINE

Une niche en mosaïque existe aussi dans la nuiison del Ccntcuario, élevée de quelques degrés de marbre, [)ar où l'eau descendait en cascalelli! dans une piscine. L'ornementation a un cachet ég-yptien et une statue d'Hermaphrodite, trouvée non loin, occupait probablement le fond de la niche placée au milieu d'un ensemble décoratif, dont le motif de fond représente des animaux sauvages ; sur le même plan que la fontaine, des bassins de ciment, qui ont bien pu servir de vivier,

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rcrislyliulu de la Casa délie Nuzze d' Argenlo .

possèdent des ouvertures circulaires où sont enclavés des l)ouchons de

Apothcca. (Maison de Paquius Procuhis.)

terre cuite perforés ; sur les parois extérieures sont figurés des canards,

Armoire en bois, Apothcta. (ReconstiUilion. Musée de Pompéi.)

des poissons ot dos cétacés que l'on voit peints sur un fond bleu vert

d'eau, donnant rillusion d'un aquarium véritable.

Des chambres s'ouvraient aussi sous les portii[ucs du j)ei-ist) l/ii/n, ainsi que situées audessus, mais leur place variait selon les besoins ; elles furent plutôt occupées par les serviteurs, ot celles qui étaient le mieux décorées durent servir de gynécée, placé comme l'on sait dans le lieu le plus retiré de l'habitation; ou bien servirent comme les chambres de ïatriu/)i, surtout quand celles-ci furent réservées aux étrangers, aux hôtes de la maison, ou même converties en apothcca, car on voit encore sur les murs les clous et les traces laissées par les planches et les rayons.

Dans le fond du pcristyliiini se trouvaient ordinairement Voecus et Vcxcdra, qui, comme nos salons modernes, étaient des lieux de réunion, où l'on causait, dansait, lisait, où l'on faisait de la musique. A Pompéi il y eut aussi des oeci coriiitinciis , c'est-à-dire ornés de colonnes supportant une terrasse (maisons (Ici Ldhci-i iilo et (Il Meleagro). Les jours de fête, Voecus servait de salle à manger ; quelquefois, le mur du fond est percé d'une baie (ce (pii n'arrive jamais pour les cxcdrae) donnant sur le xystu.s ou jardin de rapport, qui était situé à l'extrémité de la propriété

Oecus corinthien. (Casa di Meleagro.)

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et où l'on cultivait les lé<^'unies ; les choux de Pompéi étaient renommés et Pline dit qu'il était bien agréable d'avoir sous la main de (|uoi se nourrir; c'était la femme qui s'occupait du potager et qui faisait les conserves au vinaigre.

Sur le jjcristyliain, donnait aussi le triciiniuin d'hiver placé dans un

Oecus voùlO. (RcKiou IX. IiisuLi I. Piuo de Slabics

des angles du portique; quelques-vins donnaient en même temps sur ïdtriuDi. Cette pièce a souvent une large fenêtre, car il nous semble que les Pompéiens ne durent guère aimer prendre leur principal repas dans l'obscurité, le coena avait lieu ordinairement vers la huitième heure, c'està-dire avant trois heures de l'après-midi. Trois lits spéciaux, trirliniinn, étaient dressés et entouraient la table sur trois côtés, ofï'rant neuf places sur les lits. On mangeait couché et accoudé; aussi fjoscr le coiu/c r//cz quelqu'un (i) était-il synonyme de dîner en ville. Cette habitude ne fut pas générale, elle existait surtout chez les gens aisés, et des peintures de

(i) Pétrone, xxvi

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