I-ig. B
Quelques maisons, même sans posséder à\itriam, avaient un espace libre d'une certaine étendue, qui était convertie en vir'uhniuin. (jardin d'agrément) orné d'un porti(]ue sur un ou plusieurs côtés, des massifs de maçonnerie, évidés dans toute leur longueur et installés entre les colonnes, servirent à planter des massifs de verdure et des fleurs. C'était le coin frais et coquet de la maison simple (lu petit commerçant, qui, quoique logé à l'étroit, était maître chez lui. Du reste à Pompéi, chaque famille semble avoir eu son liotne petit ou grand, somptueux ou modeste (i).
'*'^' ^' Quoi qu'en disent certains auteurs,
rien ne démontre mieux les habitudes d'intérieur que la visite des maisons de Pompéi où tout avait été combiné pour rendre la vie aussi aimable (pie possible et où chaque habitation importante était un petit centre que protégeaient les dieux.
Certes les Pompéiens durent éi)rouver un grand plaisir à s'entourer de jolies choses et de bibelots, les statuettes de marbre de Vatiitim et du pcristyliitin, les couleurs vibrantes des murs aux amoureuses images, les frais portiques ombragés par le vclarituii, le parfum des lleurs du viridarium, le bruissement des jets d'eau ; les douces colombes et les paons brillants qui animaient \c pcristyliu/it (2), tout concourait à séduire et à parer une
-:iâ*S
Maison moderne de la campagne des environs de Pompéi.
(1) Beaucoup de malsons simples de I^mpél ressemblent singulièrement h celles ciul existent actuellement aux environs et habitées par les paysans; nous y voyons le même escalier, les mêmes terrasses, les mêmes chambres voiitées, le môme genre de lenêtrcs extérieures, généralement placées assez haut : tout rappelle la petite maison antuiue.
{2) Certaines peinlures reproduisent des paons et des colombes aux(iuels des lemmes
donnent ii manger.
POJMPEI
Terrasses prenant vue sur la vallée <lc Sarnus.
existence désœuvrée passée au sein de si jolis écrins. Aussi les maisons de Ponipéi sont-elles construites avec la plus grande fantaisie et la plus
parfaite ingéniosité, selon le goût et la fortune du propriétaire et suivant la disposition du terrain. Ainsi les maisons fpii dominent la vallée offrent une vue admirable, elles sont bâties avec art et un grand sentiment des beautés de la nature ; les maisons se superposent et ont ainsi plusieurs étages conduisant à des chambres recouvertes de terrasses spacieuses, que le soleil envelop[)e toujours et que Ton ondîrageait au moyen de vc/aria ou de tonnelles dont on voit encore la base des colonnes. C'étaient vraiment les sotai'ia fleuris, délicieux à habiter et où la brise de mer venait adoucir la chaleur du jour ; le soir, de ces demeures privilégiées, que l'on rencontre aussi depuis la porta Marina jusqu'à la villa de Diomède, ou assistait au coucher du soleil que la mer semble absorber. Quel charme s'y dégage à jamais! S'y reposer après une longue promenade dans la ville; s'asseoir aux mêmes places que les PonqK'iens et vivre du passé !
Les maisons situées dans l'intérieur de la ville ont jjien aussi quelque vue sur les montagnes par les fenêtres des cénacles supérieurs; un petit so/ariu/n souvent était installé sur la
terrasse de plusieurs toits. On peut juger de Solarium. (Peinture d'un oecus . de la maison des Vctlii.)
1 effet produit dans certaines peintures qui en
représentent la disposition. Enfin les toits de Pompéi étaient presque
plats, en mortier battu ou légèrement bombés; mais ceux qui étaient
Vi ;<v
LA MAISON GRÉCO-ROMAINE
Vu ,1
recouverts de tuiles avaient peu de pente. Nous pouvons en voir quelques spéeiniens dans diflerents dessins. ^f
Quant aux escaliers qui desservaient les pièces supérieures, il y en avait de différentes sortes ; la })lupart étaient en bois et ont disparu ; on suit leur trace le long du mur et les premières marches qui existent encore sont en pierre ou formées d'un massif de maçonnerie. Ceux-ci sont praticables, mais leurs marches très hautes offrent peu tle largeur; l'escalier ne montait pas toujours d'un seul trait, il se coudait à angle droit, formant un petit palier à mi-luiuteur et était sou-
^ent supporté par un
aie de pierre qui
laissait libre une Escalier. (Rôgiou vu. Insnla VI.)
grande niche que quelquefois les Lares occupaient, ou bien servait de placard ou apotlievd .
Une maison de la rue de Xola fait exception par la dimension de son escalier qui occupe un espace relativement considérable et donne un cliam[) suflisant pour j)erinettre à trois personnes d'y passer de front. Certaines hal)itations im[)ortantcs ont jusqu'à trois escaliers différents; ainsi la maison di Arriana^ car le tahlijiiini , Voecits et le tricliiiiiini, par leur haute élévation, venaient interrompre les communications des pièces supérieures où se trouvaient le gynécée, le logement des esclaves [ergastum) et des provisions de toute nature; du reste, il semble que le coenaculum
Escalier. (Rue de Slabies. Région VII. Insiila II.)
Vi'
(lo ïafrii/m et celui du jx-iistylinin out toujours formé des corps de log'is distincts; aussi eurent-ils des escaliers spéciaux.
Les cocnacula que louaient certains propriétaires possédèrent souvent des escaliers particuliers ([ui donnaient directement sur la rue. Ce furent probablement ces chambres supérieures qu'habitaient les petits boutiquiers
CcUior. (Région VHI. Insula IV.)
[iiKjjiilini) do Poinpéi dont il existe i\o nombreux magasins n'offrant aucune place pour le logement.
Il y a aussi les caves; mais plusieurs sont murées à Pompéi à cause des émanations méphitiques; rarement les maisons en possèdent, il n'y avait guère que les grands propriétaires et les négociants en vins qui en eussent installé. JNon loin de la portd Mcifiiui , nous voyons d'immenses caves, mais elles ressend)]onl plutôt à des celliers, leurs soupiraux grillés donnent sur un jardin situé en contre-bas. Certains marchands se contentaient de planter des riolia en pleine terre dans leur jardin.