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LE COSTUME DES FEM:\IES ET DES HOMMES

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CERTES, le costume dit Tépoqne, il est le reflet des mœurs et subit rinfluence des latitudes. Vn Congolais ne peut s'hal)iller comme

un l\s(|uiniau. Etait-il logique donc qu'en un climat tempéré et agréable,

le costume préféré ait été le plus léger? Le plus beau vêtement fut aussi le plus simple, celui qui épousait la forme. Les fines et capricieuses étoffes, drapées en de beaux mouvements, caressèrent cette forme, qui tour à tour, dévoilée, cacbée ou devinée, fut ex|)riniée par un pli. Le corps ainsi enveloppé, pouvait d'un simple mouvement se montrer nu dans sa splendeur; aussi la vision artiste des Grecs fut-elle émue quand Pliryiié se révéla sur la plage d'Eleusis et à l'Aréopage. Nos Pompéiens, sous ce rapport furent bien les héritiers des Hellènes, c'est pourquoi, chez eux, ne faut-il pas considérer la pudeur comme nous la respectons aujourd'hui.

Si l'habit ne fait pas le moine, la nudité ne fait pas l'impudicité. Le nu peut toujours être chaste et l'habillement peut devenir indécent;

tout est dans l'intention (i).

l-'oiiiiiio à sa tdilcllc. (rviiiliii-f do la Casa di Trillolcmo.)

(i) Faiit-il le dire, la pruderie inodcriie n'est qu'une parente éloignée de la vertu, n'en est que le masque. De nos jours, du reste, la pudeur a un code particulier et manque de sincé-

LA MAISON GRECO-ROMAINE

Pot à lai-il. (Musée lie jNaples.)

Boite de fard. Rouleau à friser,

(Musée de Naples.)

Quel([iics petits drlails sur los coslimies ([uo nous avons (It'jà a[)C'i"(;us viiMidiout iiiaiiilcnaiit nous (loiiiicr inu^ idée [)lus [)i'cciso des haljitants Aii la villu; nous i'cious avec eux plus ample connaissance.

Dans son boudoir, en l'absence de tout témoin, dit Ovide, la femme prépare les attraits factices; elle n'a pas de corset, mais ses seins sont entourés de Va fa scia ^ après ({ue les fards, les teintures et quelques mouches bien placées enluminaient le visage. La coiffure était variée, frisée au petit fer, les cheveux étaient

aussi flottants sur les épaules en belles boucles ou relevés à la manière de Diane. Les peig-nes étaient en buis et en ivoire; quant à ceux d'écaillé ils servaient d'ornement à la coiffure ainsi que les épingles à tète ornée d'Amours, de petites Vénus et d'oiseaux. La chevelure se parait aussi d'un diadème de perles et d'or ou était enveloppée d'une

Femme porlaut la /».sc/«. (Fragment ^ésille. Euflu Venaient d'une peinture de la Casa dcl Ccii-

teiiano.)

s'ajouter les pendants d'oreilles, d'or, de perles et de corail, des bracelets et des colliers de toutes les formes : filigranes, feuilles d'or g-ravé, seri)ents ornés de pierreries, etc.

Miroir 111 bronze. (Musée lie INaples.)

illé, sinon de logique. Dans les salons, nous voyons de jolies

lenunes, du nieilleur inonde, outrageusement, mais savamment

décolletées, qui se montreraient ofl'ensées si elles se faisaient voir, par inadvertance, un

peu plus vêtues, dans tout autre lieu.

]-"pinglo en ivoire et peigne pour coiU'ure (Musée de Naplcs.)

Pour la tuiiiqno aux petits plis, en soir, on laiiio ot autres tissus, il y en avait de toutes couleurs : vert de mer, bleu azuré, jaune safran, incarnat et pourpre. JMais le poète des Aniouvs prévient que toutes les couleurs ne peuvent aller aux mC'mes personnes et que les femmes do goût se reconnaissent à riiarmonie de leurs étoffes.

Jja tunique, très échancrée dans le haut, laissait voir le cou, les épavdes et la naissance de la g-orge ; par contre, les robes longues traînant jusqu'à terre étaient surtout portées par les femmes de distinction.

Nous vo3'ons aussi parfois la patoi^iata^ tunique semée de fleurs et d'ors qui était le vêtement des jeunes filles et des jeunes femmes ; la cilla niydc \Q\\A\\.

compléter le costume en s'attachant sur l'épaule ou sur le devant })ar un camée ou une fibule d'or.

Quant au jx'plos ou hùnafio/i, il était souvent bordé de dessins et les femmes s'en enveloppaient entièrement pour sortir. Un voile transparent s'ajoutait quelquefois, il était porté par les femmes mariées.

Les chaussures étaient de différentes couleurs et faites de diverses matières, on en trouve àPompéi, fabriquées avec des fils d'herbes [ha.vca)^

Parures en or. (Musée de Naples.)

LA .MAISON GllECO-KO.MAlXE

mais les escarpins les luieiix [xji'lés <lureiil èlie de eouleiir l)Ianche, comme le (lit Martial.

Jai femme, parée et pomponnée, munie de son fldhclluiii est prête à monter en Ivctivd.

Si la femme anti([ue, janniis trop belle, s'eiilourait des artifices inspirés de Vénus; les lionunes jeunes et elTéniinés (il n'en nuaupuàt pas à Pompéi) disputaient aux fennnes leurs charmeuses faiblesses. Ils étaient souvent vêtus de la crocota de covdeur jaune usitée par l'autre sexe. Les élégants portaient chevelure brillante, avaient parfum à profusion, hal)itde pourpre, air langoureux, la [)oitrine en avant et les jambes épilées (i).

Un vêtement commode était surtout Ydiiisii.sticl(i\'c ou la Idticldvc, tunique relevée à la ceinture et ne descendant [)as i)lus bas (pie les genoux; les deux faces sont ornées

l'"Iaiiilje;iu un broii/.o. (Musée de rs'aplcs.)

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Fcninie au voile. (PeinUu-o de la maison de Lucrelius.)

de deux raies parallèles écarlates, comme ou le voit dans beaucoup de (i) Martial.

nos dessins (i). La laticlavc était portée par les personnes d'un rang plus élevé et la différence avec Wnii^nsticlavc ne consistait que dans la

largeur plus grande de la bande de pourpre. Puis venait la toge ; mais, par son ampleur, devenue encombrante, elle fut avantageuse- » ment remjilacée par un vêtement plus pratique, la laccriia, qui était la toge réduite. Y) Ensuite le palliiiin (le même que Y liimatinn (les femmes) fut très usité, nous le voyons porté sur le corps nu qu'il enveloppait, faisant valoir admirablcMuent les formes élégantes des é[)lièl>es (voir la statue en terre cuite, eh. vi).

En général, les Pompéiens durent porter beaucoup de vêtements de laine, car les foulons qui les nettoyaient, furent assez nomljreux pour former une association prospère.

Teigne en ivoire. (Musée de ïVaples.)

(i) QucKiLidois CCS baiulcs ctiiicnl Ijleucs.

TROISIEME STYLE DECORATIF -- vakii;ïi: lir, ypti knnk

( M A I s O .>■ DE C . J i; C U X D f S )

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LES ^lETS. — LES RETAS

POURSUIVONS nos iiuliscrétioiis jusque dans la cuisine oîi les mets, sous la protection de Fornax, cuisaient dans les marmites et dans les appareils h feu lent ou sur les orils; les œufs t'taient placés sur des plats spéciaux, les pâtés dorés dans les fours prenaient les formes les plus pittorescpies, ainsi que nous le montrent les moules retrouvés simulant des porcs, nn lièvre, un poulet, etc. ; les coquilles étaient aussi très usitées eu pâtisserie, ce qui rappelle ([ue les premiers moules furent de véritables coquillages.

Un grand nombre de comestibles furent retrouvés à l^ompéi et sont exposés dans les vitrines des musées do Naples et de Pompéi. En voici la liste : petites fèves, blé, olives, framboises, figues, dattes, noix, œufs, noisettes, pains, une gimblette (/<7/y///o de Naples), du raisin, des poires, prunes, liaricots, amandes, oignons ; on trouve des restes de poisson, de la pâtisserie, des ossements de poulet, des olives dans des ampbores de verre remplies d'iiuile, de la viande dans une casserole de bronze, du miel (?), du caviar. Puis on découvrit du jonc pour empailler les bouteilles (comme pour le Juisco italien), des coquilles d'escargots, des huîtres et des cof[uillages de tal)le. On conserve encore des amphores sur lesquelles on lit le nom luulsum (vin an miel); les Pompéiens consommaient également \\n produit r[ui devait être délicieux, dont nous ne connaissons pas la nature et que contenait le vase sur ler[uel était inscrit : Liquainrn optlinuw.

Etait-ce du i^arutu do premier choix (i)? car le L;aruiii s'appelait aussi li(li/(unc/i (3).

Kuiirncaii et i"ijsei*\oii" à e;ni cli;iiide. B;iiii-inai'iL'. (Bronze du Musée de Xa])les.)

Bouilloire on bronze. (Musée de Xaples.)

Moule à pâtisserie. (Musée de Naples

Enfin dans \\)ci.us réservé aux jours de fèfe, les lits sont dressés et les

(1) Le giiniin était une sauce au poisson, très relevée.

(2) Quant au menu, Martial nous en donne un qu'il composa lui-même : « Sans oublier l'herbe qui porte ii l'amour, il y aura des tranches d'œuls entourant un plat d'anguilles bardées de rue (herbe) et des tétines de truie arrosées de^ saumure de thon ; mais ce n'est

LA MAISON' GRÉC:0-R0?»IA1NE

tables sont cliargécs Uc vases crargcnt; le repas coniiueiicera non sans que

I AX^ v'iù',S/i

Dause bacliiqiii'.

(Peinture de la Casa del Cenlenario.)

Canéphore.

Danseuse

(Peintures du Musée de Naples.)

Pvliylon. (Musée de tapies.) Le repas. (Peinture d'Hereulanum. Musée de Xaples.)

le maître ait offert une libation aux dieux; pendant le festin, les convives

que pour ouvrir l'appétit, dit-iL Yeuaieiit ensuite un chevreau qui à lui seul lorinail un service, puis des ragoûts qui n'avaient pas besoin de découpeur, des fèves et des choux nains, un poulet et un janilx.n. Pour le dessert il y avait les fruits doux et du vin de Nomentanum. » (^Les anciens coniineneaicnt leur repas par des œufs et finissaient par des Iruits.)

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accoudés se divertiront des facéties des nains boulions (i).

Primitivement les hommes mangeaient couchés et les femmes assises, mais quand les mœurs devinrent plus relâchées, le même lit vit les deux sexes étendus, comme nous le voyons dans quelques peintures.

Entre autres, ces trois petits

Symposium (i). (Pointure du Musée de Naples.)

tableaux, très médiocrement exécutés, qui décoraient une salle à mang-er. Dans le premier, nous voyons le repas proprement dit, une table est entourée de lits, une douce intimité règne parmi les convives,

SymposiLun. (Poiulure du Musée de Naplcs.)

j^^^^-J:::^ plusieurs même s'embrassent, une

femme lève un ryt/ion et en fait

/ jaillir le vin ; dans le haut de la

composition, nous lisons : « Faciti.f

vohis sinn'itci- — ciju caiito — est ita

vcilcas. » Le personnage du milieu chante et les autres s'amusent.

Dans le deuxième sujet, trop dégradé, une femme nue danse devant l'assistance au son de la llùte

Symposium. (Peinture du .Musée de Xaples.)

(i) Val.-Max.,II, i.

(2) Si/mijosium, réunion Je buveurs.

Ustensiles de cuisine.

Piats à œufs, moules à pâtisserie, cuillers, passoires, couteaux, chenet, marmile, bouilloire, etc.

dont jouent les tihici/ics assis, pendant que le vin coule encore et qu'un personnage applaudit.

Le troisième tableau indique la fin du repas, la table est enlevée, les invités ne sont guère vaillants, l'un est ivre, un esclave le soutient ; un autre convive se fait chausser tandis qu'un échanson lui offre encore à

boire.

A la fin du festin, des vases ornés de squelettes circulaient dans les

«sa

Vmi )v ^

Danscuis. (Pciulurc de hi maison de Holoouius.)

mains des convives pour inviter l'assistance à jouir de la vie peu assurée du lendemain. Du reste beaucoup de trlvlinia de Pompéi possédaient des mosaïques dont le milieu était occupé par un squelette ou une tète de mort; c'était toujours pour exciter les convives à faire bonne chère et à profiter du présent (i).

De nombreuses peintures de Pompéi nous montrent encore des danseuses exécutant les pas les plus variés, agitant des écharpes et des thyrses

(i) Une épigi-ammc de rAïUhologie exiniino le sens et lu nionile de ces figurations : u Oui, voila la vie, ce n'est pas autre chose, c'est le plaisir; arrière les chagrins! L'existence de rhoinme dure si peu! Tout de suite donc du vin, des danses, des couronnes de fleurs, des lemmes ! Amusons-nous aujourd'hui, car cpii peut compter snr demain, w

LA MAISON GRECO-ROMAINE

fleuris, portant des cistes et des œnochoés. Nous voyons (p. 198) un g-roupc do deux femmes qui dansent, enveloppées do ces étoffes transparentes comme <( tramées d'air », la roa vc.sti.'i. D'autres jouent les mystères de Bacchus, la tète renversée et le torse tendu; la tote semble pâmée sous l'ardeur du dieu qui les inspire.

Des danses s'exécutaient aussi parmi les convives qui s'entraînaient dans de chaudes étreintes, et Horace (1) reproche aux Romains

que « la vierge à peine adolescente apprend vasc en argent. (Trésor de Buconaie, avec joie les danses voluptueuses de l'Ionic, ^'"^''° ^^ ou%re.)

elle y ploie ses membres dociles, et dès l'enfance rêve d'incestueuses amours... » (2).

Certes, les mœurs pompéiennes furent très relâchées et la jeunesse, sous l'égide de Vénus physique, dut être bien précoce.

(i) Horace. Liv. VII.

(2) II y avait des écoles de danse, et Macrobe dit y avoir vu garçons et filles exécuter des danses obscènes.

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