‹ PompeiChapitre 77 sur 110 · I.A MAISON GRÉCO-ROMAINE · texte numérisé non relu

I.A MAISON GRÉCO-ROMAINE

porte (le fond du jardin qui coinuiuui(ju;ul à des champs dunl ou a retrouvé la trace des sillons antiques.

La décoration p;énérale de cette habitation date de l'époque des premiers empereurs antérieure à Tan 63.

Quant au nom donné à cette villa, il n'est guère motivé que par l'inscription

Clefs des conduites d'eau. (Musée de jN'aplcs.)

d'une tombe, située vis-à-vis l'entrée de la villa, où se lit sur une plaque :

M ■ ARRIVS • I • I. • DIOMEDKS SIRI SVIS MEMORIAE MAGISTER PAG • AVG • EELIC • SVBVRB

[tnum Connt/j/eA \

Casa di Castoie e Pulliice.

Vi /\4

« Marcus Arrius Diomedes, affranchi de Julie, maître du faubourg ^ugustus FelLv, à sa mémoire et à celle des siens. »

Jusqu'ici, les fouilles du faubourg [pagus) n'ayant pas été poursuivies,

on suppose que la maison la [dus inq)ortante, découverte à cet endroit, dut avoir été la demeure du magister pagi.

Bien d'autres maisons de Pom- [)éi mériteraient encore d'être citées : celles delL' Aucora ; di Castore e Polluée^ avec ses deux atrla unis par \\\\ pvristrliiini. La maison de Cornélius Rufus, dont \ atrium possède un si beau cartahulinii de marbre (ch. vi). Celle dcl Balcone avec sa vasque surmontée d'un Amour. La maison de JhciukI u.s, au tahliiiuin égyptien (pi. en couleurs n"\j. La Casa di ApoLlo; celle dite di Adonv avec sa grande conq)osition représentant Adonis blessé ; la casa dcUc Nozze d'Arge/ito, ainsi nommée en souvenir des noces d'argent de LL. .MAL le roi et la reine d Italie, etc.

Deux maisons importantes cependant nous restent à voir : celle des / â-^^Uy^^h^ . f^ettii et la rasa di Meleagro.

La maison des A ettii, découverte en i8y5, grâce à la nouvelle méthode

Maison des Votlii.

adoptée, a conservé ses peintures et ses marbres; nous la retrouvons à peu près telle que les anciens nous Tout laissée ; aussi y respire-t-on la

vie, il n'y manque que les Pompéiennes.

L'entrée du protliyrum possède une peinture obscène , maintenant masquée par un volet, et où le mauvais œil peut servir d'excuse, mais dont l'expression symbolique tendrait à prouver que la fortune des \ ettii était d'un poids égal à leur amour vénal, car dans le sujet il y a une balance. De chaque côté de ïdtj-liini toscan était fixé un cofîre-fort dont les restes ont été laissés en place et recouverts d'une vitre. Des petites chambres sont adossées au protliyi'UDi et quelques peintures en décorent les parois blanches : Ariane abandonnée, Jléro et Léan- (Ire, puis des oiseaux.

Lin troisième sujet n'existe plus , il ne reste que les crampons de fer qui le fixaient au mur. A-t-il été emporté

par les anciens, ou bien '^^'•'"'" '^^ ^" '"''''"" '^'' ^''"" '' emplacement du colfre-fon.

le tableau était-il en bois et fut-il détruit par le temps? Ce vide se présente encore dans le mur de Vexedra de cette même maison. La décoration générale est du dernier style pompéien et est encore bien conservée, quoique

LA MAISON GRECO-ROMAINE

Vu

Iiilc'riour de la Casa dol Balcone

d'une année à l'autre quelques beaux rouges, découverts si ])rillants, noircissent à l'air. Mais la partie la plus séduisante de l'habitation est sans contredit le viridariuni qui occupe le milieu à\\ peristylium. Les colonnes supportant l'architrave ont été complétées en partie afin de soutenir la toi-

POMI'EI

lure qui'garaiitit (le nouveau Vdnihiilacritiii et les peinlurcs des portiques. Dans le vii'idariitin où Ton a l'ctrouvé la trace des plates-bandes, des plantes vertes et des fleurs y croissent luainlenant aux mêmes places que jadis ; on a même reconstitué des toulîes de lierre d'après les spécimens peints existant sur les cimaises du péristyle. Des coupes, des vasques

Virùlariuiu do la maison des VcUii.

de marbre pur sont placées à profusion dans les allées sinueuses et dans les parterres fleuris ; deux cippes de marbre, autour desquels est sculptée une torsade de liserons, suj)portent chacun un hermès hifruns dont le meilleur représente Ariane et BaccJuts haihii. Une statuette de Priape ityphallique, de style égyptien, était située sur un des socles du viridaiiiim ; il est maintenant placé sous les verrous dans le veiicreiiin des Vettii dont les murs sont décorés de mauvaises pochades. liCS autres statuettes de bronze et de marbre représentant /JaccZ/iis et Si/r//c, des Amours et des enfants (putt/j n'ont pas quitté leurs socles. Les conduites de plomb obs-

LA MAISON GRECO-ROMAINE

tnitHVS ont L't(' rL'ptii'c'cs, cl à c<'iiaiiis jours les roliiiicts et k'S clefs ;iiili(nies s'ouvrent; alors les l'iros dt' hroiize Meii aux ncux (rar^'cnt laissent cracher les oiseaux ([u ils tiennent (hins les l)ras, les bassins de marbre s'emplissent et le clapotement de leau revient donner discrètement un peu de vie à la maison pimpante où le soleil se joue dans la transparence des vasques.

Ivcs peintures que possède cette riche habitation paraissent, pour la plui)art, terminées d'hier, les rouges vifs et les noirs profonds se marient dans la pénombre de Ycxcdra et des oeci, encadrant des sujets mythologiques : Pcnthée tue par les Baciliaritcs, Hercule ciij'aut étouffuiit les serpents, le Suj)pliec de Direé (i) forment trois compositions ornant une même salle ; puis Ixion, Pasiphaë et Ariane sont les personnages principaux d'autres sujets décoratifs-

\Jc.vcdra qui se trouve dans l'axe du vi/idar/u/n est la pièce la [)lus ponqieusement décorée; nous y voyons une longue frise placée au niveau de la cimaise où les Amours et les Psychés qui l'animent, se livrent à tous les travaux, et les blonds enfants aux ailes blanches se découpent en rose sur un fond noir. Les Lampe. /.«cerart/je/isi/e. (Musée de .x^.iji.s.) murs sont divisés en panneaux rouges (PI. en couleurs, n° XI), dont le milieu est occupé par des groupes enlacés de danseurs et danseuses, puis encadrés d'un large chanq) noir où des détails très soignés, guirlandes et verdures, s'enchevêtrent en des méandres gracieux peuplés d'oiseaux (2). De petits sujets d'allégorie mythologique distribués en grand nombre, alternent avec les Amours dans la décoration des frises.

Enfin le laraire (p. i'38) est placé dans un \)ehi afj-iimi situé non loin du premier, à côté de quel([ucs chambres modestes et de la cuisine dont on a laissé les ustensiles en place; un escalier desservait les petites cluunbres du premier étage qui donnaient sur le petit atrium au laraire. Dans cette

(i) Planche en couleurs n" VIII.

(2) Planches en coiileuis n"~ ^' et XI.

liul)il;ili()ii «U's \ ftlii, il l'ait l)()ii d'y rester, (Vy inéditer longtemps, installé sous le peristyliuin. Là, connue dans un rêve, les visions antiques assiègent l'esprit : <|uand dans le jardin les Heurs éjjanouies exhalent leur parfum, (|uand leurs tiges vertes courbent sous le vent; quand à la douce lumière tamisée sous le portique, les chambres se creusent en des trous

PL-rislylium ilo la Cusa </(' Meli'iiifiij.

sombres qui font vibrer l'éclat des colonnes ensoleillées, sous le ciel radieux d'une belle matinée.

Voici maintenant la Maison de Mélcagre [di Meleagro) située à l'extrémité de la rue de Mercure, près des murailles de la ville ; elle s'offre à nous comme une des plus fastueuses et sa fondation date de l'époque samnite. Son nom provient, sans trop de raison, d'une très médiocre peinture du piotliyrum représentant Méléui^rc et Atalanlv^ à la(|uelle faisait face Mercure offrant une buurse à Furtu/ia. \Jatriuni toscu/i possédait de belles peintures transportées ;i Naples : / ulcai/i don liant à Tliétis les armes d' AeliiUe ; Pans et Hélène ; puis sous le eartihuliiin^ supj)orté par des griffons, est creusée dans le sol une case revêtue de marbre, que l'on suppose

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avoir dû servir h. rafraîchir les ])oissoiis. Par suite de la disposition du terrain (jui sYHendait peu eu profondeur, t)n passait direelcnient de; le////;//// situé à ^•aiiche, au pcristyhum par une

larg-o baie que fer-

Lampadaire eu bronze Lrchniichus.

(Musée de jN'aples.)

mait une porte à deux battants se rei)liaiit chacun par la moitié, et dont le seuil muni de bronzes, en fait voir encore le fonctionnement.

Cette entrée sur le pei'istyHuiit est somptueuse ; tout maintenant, dans cette partie de la nuiison, dénote qu'il devait s'y donner souvent des fêtes. Un portique, aux colonnes de stuc cannelées et à la base rouge, entoure Vaica du peristyHiuii, au milieu duquel une grande piscine est creusée , semblable à celle de la villa de Dioniède ; elle a ses parois peintes en bleu. Au centre

Lampadaire eu bronze. Lychmichus.

(Musée de Naples.)

s'élève une colonne ([ue surmontait une statuette servant de jet d'eau, et du côté opposé à ïocciis se trouve une petite cascade de marbre blanc composée de sept gradins, en haut desquels une autre statuette versait de l'eau. Dans un des angles du jardin existe une grande jarre [doUuni) de terre cuite renqjlie de chaux ; elle dut

Oonoehoé en bronze. (Musée de A'aples.)

POMPKI

clirtA ' pi'imitivcmcnt servir de vase pour planter un palmier (i), comme le montre une peinture de style égyptien (ch. vi). L'ot'r//,v <o/i//t/ue/i,

Oenoclioo en bronze.

Vase en bronze.

(Musée de A'aples.)

Oenochoé en bronze.

placé dans l'axe du pci-islyliuin, est orné de colonnes d'ordre corinthien,

Lampe, [Liicerna pcnsile. Musée de Aaplcs.)

Lampe à trois meclies. ^ Terre enile.

unies par des pleins cintres cpii supportaient la terrasse, aujourd'hui détruite. La décoration est monochrome, tout est peint en jaune, imi-

(1) Suùtone piule d'un jjaliiiier qu'Aiioiistc éleva clans un co'»/)lin'iiim Suétone. .Im^,''

LA MAISON GRKCO-ROMAINR 343

tant les laiiil)iis dorés — car, dit Pline, on dore les murs conuno / fy^JU^A^ les vases — les colonnes, les murs ainsi ([uc; les motifs d'arehiteeture fantasti([uc et les sujets niytliolot>-i([ues, tout est exécuté en camaïeu jaune ; le soidjassement est en camaïeu rouge orné do figures de Faunes. Les illuminations des fêtes données en ce lieu venaient encore accentuer l'illusion d'un salon doré.

Sur le côté gauche de ïoccits coriulhivii est placé un deuxième occus plus petit, ouvert librement sur le pcz-isty/ium., pavé en mosaï(pi(,^ et brillamment décoré <le peintures noires, rouges et bleues. L ne petite porte le met eu communication avec le frfc/iiiiu/n. criiiver de vaste dimension, ' éclairé par des ouvertures en plein cintre assez haut placées, dont Tune donne sur le petit occus, qui devait servir de lieu de conversation et où les invités se réunissaient a})rès ou avant le rei)as (on appellerait maintenant cette inbcc/'ii/iio/r). Du j)cri.stylliiiii , par une porte cintrée on pénétrait également dans le f/icli/iiiiin, décoré dans sa cimaise noire de gracieuses naïades entourées d'iris ; les murs possèdent de grandes compositions telles que le Jtigciticut de Paris oi\ Hélène présente un casque à son ravisseur; et AcliiUc sous la tcjitc, sollicite par les Grecs. Dans cette , habitation furent retrouvés quatorze ustensiles de table en argent : vases à deux anses, enrichis de bas-reliefs; coupes, passoires, etc., tous objets de luxe comme ceux do lîoscorcale. Aussi dans cette maison, dans ce cadre antique, pourrions-nous réunir les éléments propres à une fête poni- • péienne dont nous trouvons les documents dans la ville même.

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