I.A PORTE STAIMKN.XE
LA r.ri; di-: staiî ies
LA DF.STllUCTIOX DE POMPKI ET LES FOUILLES 3;
fermait par deux l)allaiils de l)()i.s et jiar iii\e t;iille de fer ; de g-raiides salles voûtées (|iii devaient servir di'iitrepùt y donnaient accès sous le porche, et une aneienne voûte dallée de pierres polyg-ones f[ui conduisait jadis à ces magasins a été recouverte sous les monceaux de scories déposées lors des fouilles de 1817 (i). Les murailles en cet endroit bordaient cette voie importante que Ion distingue par i)laces ; les nuiisons antiques avaient envahi les fortifications devenues inutiles sous la domination romaine et
Pompéi. Côlc sud
tout le coteau sud qu'occupait une partie de Pompéi, était couvert de pittoresques constructions, étagées comme en un véritable amphitéàtre, où les terrasses étaient nombreuses; il en reste plusieurs d'où la vue est merveilleusement belle sur la campagne et la mer. De la route actuelle qui se dirige vers Salerne, la vieille cité offre une physionomie originale, et sa silhouette sur le ciel rappelle celle d'uiu' ville forte du moyen âge. Vn peu plus loin, la vue s'élargit : le Forum triangulaire, ï a gara de l'époque grecque forme la plus belle terrasse naturelle de Pompéi et eu était l'acropole : un banc en hémicycle est situé au bord de la muraille; derrière, se trouve le temple dit d'Hercule dont il ne reste (jue les cinq degrés et
i) Fioielli
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qiiehjucs cluipilcuux ; puis on apcrroit une pailic du ^laïul théâtre et quelques colonnes de l'ancien poi'liiiue pointent, légères. Les aloès, les cactus soutiennent les cendres recouvertes d'une fraîche verdure que les
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I/Acroi)olc do rompc'i.
chaudes colorations du soir viennent dorer de leurs feux. Dans le fond, le Vésuve se dessine et de sa croupe bleue, toujours la fumée s'élève, se courbe, s'étire et s'étend pour se perdre dans la nue. Non loin, nous sommes à la porte de Stables oii sous le porche se voit un cippe samnitique orné d'une inscription relatant le nom des édiles charités des travaux de
Ponipc'i. Vue prise do la porlc do Stabios.
})avagc de la voie stabienne (pii était très fré((uentée, à en ju<^'cr [)ar l'usiu-c des dalles placées sous la voûte. Les charretiers (les risarii) s'y arrêtaient et faisaient boire leurs mulets à la fontaine bien endommag-ée ipii est adossée au mur. A gauche, sur le côté, un escalier conduit aux remparts
LA DESTRUCTION DK I'OMPi;i HT l.F.ft l-OUHJ.RS
et permet de jouir diiiie vue assez éleudiie de la ville et du \ ésuve. Jx'S uondjreiiscs maisons eoiistniites sur un même modèle, que nous voyons do cluujue eôté de la rue, n'étaient pas habitées ])ar des ^ens fortunés. Dans l'une d'elles, qu'avait louée un nommé Mareus Suras, originaire de Caracène, rameur de la ilotte de ^Misène (\\\c commandait I*line, fut trouvée
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Poi-lc Slabioiine. Côlé init'i-iour (i).
la copie diiu décret inq)érial (pii lui accordait ainsi ((u"à ses compagnons, la nationalité romaine après vingt-six ans de service nnlitaire.
Deux beaux bancs en exèdre, abritant les tombes de Tullius et de -Minius, sont situés près de la porte hors la ville; ils devaient offrir un agréable repos et une vue dégagée vers la vallée du Sarnus ; là on venait attendre en jasant ceux (pd, attardés, se faisaient désirer; on y voyait passer aussi les chariots pesamment chargés apportant le ])ien-ètre et le
(1) Viiir l:i planclK' en l'oiiloiiis, 11° :i. Côté extérieur de la porte Staljieiino.
plaisir; on y entendait de loin, dans le calme champêtre, le pas cadencé des mnles pressées et le tintement de lenrs sonnailles. Des sépnltures sont situées pins loin an bord de la route et on retrouve dans la campagne, au niveau du sol antique, dans la direction de Stables, des urnes de terre cuite remplies d'os calcinés, des ampoules de verre et des monnaies.
L'exèdrc de la porte de Stables.
En poursuivant notre excursion, nous apercevons lamphithéàtre situé maintenant dans un bas-l'ond et ([ui fut le premier monument découvert. Tout proche, se trouve la porte de Nucérie non encore déblayée, mais au delà, la voie a été fouillée par M. Pacifico, le propriétaire actuel de cette partie de la route aiiti(|ue. Des tond)es de stuc renferment des statues de pierre grossièrement taillées d'un caractère archaï([ue prononcé. Les sépultiu'cs situées en ce lieu ne ressemblent pas à celles si connues de la voie des Tonihcdu.v, elles oll'rent un cachet égyptien et l'une
L'aniphilhéàlre.
d'elles était érigée à un membre de la famille Manciiis, dont voici l'inscription :
P. MAXCI. P. L. DIOGENI
EX TESTAMENTO ARBITRATV
MANCIAE. P. L. DORINIS
Tournons maintenant nos regards vers Pompéi ; une grande partie des terrains n'est pas encore déblayée et même d'anciennes scories rapportées
Tombi's (11" la voie do Nuccrie.
ont encore exhaussé le sol. On jouit de cet endroit de la plus gracieuse vue panoramiipie du pays : à gauche, au loin, la mer et Capri dont la silhouette s'aper<,^oit de différents points dans de délicieuses échappées,
POMI'El
puis la masse enchevêtrée de Pompéi, et, vers la droite, le Vésuve fièrement campé, toujours menaçant (i). J^a plus jolie campagne égaie l'œil charmé dans cette lumineuse nature ; les pins parasols élèvent leurs troncs élégants couronnés de verdure sombre et les arbres fruitiers du printemps émaillont d'étoiles blanches et roses le roux de leurs branches. Les blés verts et les lentilles en Heurs étalent leur frais tapis où se reposent les yeux, et quelques maisons blanches modernes jettent leur note gaie et vibrante qui chante sur les flancs de la montagne bleue ou rose, violette ou or, selon l'heure du jour. Quel site délicieux où les senteurs marines s'unissent au
Panorama de Pompéi (de Sorrentc au Vésuve).
parfum des champs dans un si beau décor, où l'àme ravie aime d'un égal amour et l'art et la nature ! Quel pays inspirerait mieux un nouveau Théocrite !
Le soir, le même tableau offre des aspects nouveaux. IvC ciel empourpré noie de ses couleurs les souples contours des montagnes de Sorrentc dans des buées chaudes d'un violet au velouté broché d'or ; l'île de Capri, couronnée d'une auréole de feu, paraît s'anéantir dans une apothéose; la mer rose tendre ou bleu d'airain accuse de sa ligne rigide l'horizon oîi ([uelques voiles blanches, send)lal)les de loin à des oiseaux aux ailes dé})loyées, se penchent comme i)our caresser l'onde. Tout est calme alors, tout se tait, les ombres longues s'effacent, et la pénoniljre envahit la ville froide qui
(i) Dans les dessins de cet ouvrage où se voit la silhouette du Vésuve, la fumée dans ses différents aspects est prise d'après nature ; du reste, aucune fantaisie n'a présidé à l'exécution de l'illustration, reproduction fidèle de ce qui existe.