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L'ARGENTERIE

T^-rOus arrivons aux oljjets d'art en argent on on l^ronze. Les objets usuels 1\ de Pompéi ont nn si grand cachet artistique que l'on pourrait sans scrupule les classer dans la catégorie des objets d'art ; ils forment une si vaste collection que, selon les circonstances, nous en avons semé un

grand nombre en route ; nous ne nous arrêterons ici que sur les principaux spécimens empreints d'un caractère d'art supérieur ; un volume ne suffirait pas pour les étudier et les reproduire.

Les vaisselles d'argent surtout étaient devenues le critérium plein de gloriole de la fortune ; l'excès de cette mode extravagante, importée d'Orient, fut expié, dit Pline, par la guerre sociale de Sylla ; mais le goût des parvenus resta toujours le même. Nous en avons la preuve dans les superbes vases d'argenterie du musée de Naples, dans les trésors de Bernay et d'ilildesheim, mais surtout dans celui découvert près de Pompéi, à lîoscoreale, dans la propriété de M. de Prisco et offert généreusement au musée du Louvre par M. le baron Ed. de Rothschild.

M. Héron de Villefosse, avec une consciencieuse et sympathique érudi-

Yase à boire. (Scyplnis ilu Musée de Naples.)

LES ARTS

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tion (1 ), a décrit et comuiciité une à une les pièces de celte collection, (loa pièces). Cette argenterie fut trouvée dans la cuve d'un pressoir d'une villa rustique enfouie près Boscoreale, au nord de Pompé:. A côté de ce trésor gisait un squelette entouré de cent pièces d'or et de bijoux.

Un autre cadavre retrouvé dans

l'habitation fut moulé comme ceux dont

nous avons déjà donné les croquis

(ch. i), il vient encore apporter sa

note lugubre et macabre; le mouve-

Cantharc eu argent. (Musée de Naplcs.)

Vase à boire en argent. (Cantharus du Trésor de Boscoreale. Musée du Louvre.)

principale est ornée d'un buste de femme qui serait la personnification de la ville d'Alexandrie ; cela ne nous surprend guère, Pompéi, nous 1 avons vu, possède assez de souvenirs de ces rives du Nil.

M. Héron de Villefosse en fait une description très détaillée, on y retrouve une trentaine d'emblèmes divers tels que Vuraeas,

ment impressionne dans sa terrible réalité; ce torse comme scul[)té émergeant de sa cangue de plâtre ne serait pas désavoué par un de nos maîtres modernes.

Les quatre-vingt-quinze pièces se répartissent en coupes, vases, cuillers, plateaux, coquilles, casseroles, salières, moules à pâtisserie, miroirs et phiales.

La phiale

^ aso à boire en argent. (-Modiolus (lu Musée de Xaples.)

(i) Comnuinications faites à rAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres dans les séances ordinaires du 28 juin et 8 novembre et dans la séance publique annuelle du i5 novembre 1896 (Extraits desC. R. de cette Académie) et fascicules IX et X des Monuments et Mémoires de la Fondation Piot.

Empreinte humaine provenant de la villa rustique de Boscoreale.

l'arc, le carquois, le croissant, la corne, le sistre, la panthère, le lion, etc., que de choses renfermées dans cette patère qui mesure 22 centimètres ; malgré cela, les objets sont si bien distribués et équilibrés ([ue l'aspect n'en est nullement alourdi ; ce travail délicat est d'une excellente facture.

Quant aux coupes, elles sont ornées d'ustensiles de table et d'aliments, d'animaux, de fruits et de champignons ; plusieurs portent la signature : CABEINOC [Sabci/ios) ; l'art avec lequel sont exécutés ces objets se passe de commentaires.

Puis ce sont des canthares où des Amours jouent sur un àne, une panthère, et sur un lion auquel un patto espiègle tire la queue, puis c'est un éléphant conduit par des Amours dont l'un prend la trompe, enfin mille riens charmants, d'esprit alexandrin. Ce sont encore

des grues

Vase à verser le vin. (Lagona de Boscoreale. Musée du Louvre.)

et des cigognes décorant deux vases et donnant à manger à leurs progénitures ou volant à tire-d'aile.

Deux belles pièces aussi ces œnochoés à goulot bilobé, où un Génie ailé et une Victoire sacrifient un taureau devant la statue de Minerve.

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Vase il boire. (Scyphus de Boscoreale. Musée du Louvre.)

LES ARTS

Nous voyons ensuite de charmants vases ornés d'olives au feuillage décoratif ; des salières soutenues par des griffons; enfin les deux miroirs dont le centre est occupé })ar Léda et Ariane. Celui d'Ariane est signé en pointillé du nom de l'auteur M. Domitius Polygnos. Pour terminer, il convient de citer les deux vases aux squelettes que l'on faisait circuler

Filiale en urgeut reprosenlani la ville d'Alexandrie. (BoscoiX'ale. Musée du Louvre.)

après les repas, selon la mode épicurienne. Des inscriptions grecques sont gravées en pointillé et on y relève les noms d'Euripide, Monimos, Ménandre, Archiloque, Zenon, Epicurc, Sophocle et Moschion.

On découvrit aussi à Pompéi des statuettes en métal précieux; ainsi un Jupiter assis, en argent; un Harpocrate et des Isis ; une lampe votive en or ; de petits squelettes humains et des Lares eu argent. Enfin sur une des canthares trouvées dans la Casa di Mcleagro, nous lisons les noms : SOSINI LAPll.

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