I.ES DEUX FORUM
mière de son vivant par quelque membre de sa famille, la seeomlc après sa mort par l’autorité :
Q. SALLVSTlü P. F. . •
II VIR. •^I. D. QVINQ.
P.VTUONO n. D.
«A 0" Sallustc, fils de Publius, Duumvir chargé de rendre la jnsüce, Oninquevir et patron de, la colonif, i>ar décret des Occutions. »
G. CVSPIO C. F. PANSAE II^VIR. I. n. QVART. QVINQ.
. . ' EX. D. D. PEC. PVB. •
«A Ciiius Cuspiiis Pansa, fils de Gains, Duumvir chargé de reiulro la justice.,' quatre fois Quiuquenr, aux frais du public par décret des Décurions. »
Une seconde statue était érigée en l’honneur du même personnage; l’in.scription est à peu près la meme, seulement Pansa y est en outre qualifié pontife. , ,
. En avant de l’un des piédestaux et devant la basilique, on voit l’ouverture d’une citerne dans le pavé du Forum.
Nous allons maintenant passer en revue les monuments divers qui entourent cette place. Arrivant par la rue de l’Ecole, qui débouche dans l'angle S.-E., on trouve, avant d’entrer nu Forum, une fontaine composée, comme toutes celles de Pompéi, d’un bassin carré, surmonté d’un cippc ^ avec un inascaron jetant de l’eau. C’est de ce point qu’est prise notre vue générale du Forum (planche IV).
École plblique (Pl. J). Le premier bâtiment qui se présente sous le portique oriental est une grande salle carrée de 21 "',25 sur 1()"’,75, fomiant < le coin de la rue des Orfèvres, sur laquelle elle porte le n“ I *, et possède une seconde entrée. Gau, frappé de l’analogie de la disposition de cette salle avec celle des écoles d’Orient, n’a pas hésité è y reconnaître un lieu consacré à l’instruction de la jeunesse, et cette supposition' e.st confirmée par une inscription qui se trouve placée près de la porte : ' '
c. CAPELLAM. -D. V. , I. D. O. V. F. VERNA GVM DISCEMIBVS V Vema^ït ses élèves invoquent C. Capclla, dnumvir chargé do rendre la justice »
Cette inscription, tracée en grandes lettres rouges, est maintenant
illisible. ’ , -
comm'andemeul d’un clwf si>écial, l’un appelé préfet des ouvriers, prœfeclus /bfcronifM, rnutre,'
. préfet des. chariots, prœfeclus vehicuidrum.
* Depuis qiudi|ue temps la direcliori des fouilles a fait ntimr*rotcr les 61ifices de cerlaine.s nii»;.
' Nous aurons soin d’indiqner ces numéros qui facilitent beaucoup li-s reehefclu;s.
Nous avons déjà indiqué sur Valbuin qui fait face ù celte salle, de l'autre côté de la rue des Orfèvres, une autre inscription du même genre au nom d’un maître d’école, nommé Valenlinus (page 31). Il est probalde que Venin précéda ou suivit Valenlinus, et qu’on négligea d’effacer une des inscriptions. Quoi qu’il en soit, ici comme dans les écoles d’Orient, nous trouvons un renfoncement dans lequel se plaçait le ])iofesseur, des portes dans les angles de la salle, afin de ne pas se trouver en face de la chaire, enfin des niches prati((uées dans toute l’étendue de la muraille pour déposer les livres, les manteaux et les provisions des élèves.
Après avoir franchi la me des Orfèvres, sur laquelle se développe le magnifique album décorant le mur méridional de l’édifice d’Eumachia, nous arrivons à ce momiment même.
ÉuifiCK d’Eimvciiiv (I’l. K). Cet édifice fut découvert de 1819ù 18:21; on y trouva les squelettes de deux hommes, dont l’un était coiffé d'un cas(|ue, et dont l’autre avait été horriblement mutilé par la chute d’une colonne. Sur le linteau d’une petiht porte donnant sur la rue des Orfèvres, est placée une inscription qui était répétée sur de gros blocs do marbre ayant fomié l’ai chitravc de la façade principale sur le Forum * ; elle est ainsi conçue :
KVMACHIA. !.. F. SACF.an. PVn. -SOMIKF. svo ET
M. NVMISTRI FRONTOMS FIU. ClIAmDICVM CRIITAM IHIRTICVS CONDORDIAE AVC.VSTAE PIETATI. SVA PE0V>'IA FECIT EADEMyVE DICAVTT
« Eumncliifu fille de l.iidus, prêtres publique * en son nom et au nom de sn» fils Marcus NninisbT Fronlo a d il ses frais et dtidié k la (lonrtmle et ft la auguste un chaleidiqne, une enrpte et des portiques. »
Une grande difficulté se présente dès l’abord; c’est l’application de ces trois dénominations à l’édifice que nous avons sous les yeux. Il n’est pas deux auteurs qui soient d’accord sur la signification du mol Chakidiqur, ni même sur son étymologie *. Ouant h la première question, nons'eroyons
■ Cc8 sont dépolis sur le sol du Forum en avant de rédifloe.
• V. la note, page 93.
* AuRone interpiéUnt un ^vissage d’Homère, désigne sous 1«“ nom de chaicidievm la salb‘ que le
fait traverser A la iimmke Kuryclée, emiranl annoncer à Pénélope* le retour dTlyss<\ {Oilysséf, ch. XXIM). Arnolte, ayMilogiste de la religion chrélienne, qui écrivait <lan« lus pnonière.s années du 1V« siiVIe, s’écrie : « Je voudrais bien voir vos dieux et vos déesses péli'-inéle dans vos graiiils rhoHdtifUf.ti et dans ces palais du eirl. » « Ou écrit, dit-il .iillenrs, que vos dieux font leurs
i.ES niîux FoniiM.
devoir adopter l'opinion qui fait dn Chnicidiqiic une grande salle placée en avant de l’édifice, une sorte de porche de vaste dimension: quant au mot, la majorité s’accorde a le faire venir du nom du lieu où celte disposition aurait été inventée, Clialcis, ville d’Eubiie.
Ceci posé, arrivons à la de.scriplion du monument; après en avoir examiné les diverses jiarties, nous verrons s’il est jmssible d’en déduire (ioniques renseignements positifs sur sa destination.
D’abord .se pré.scnte .sur le l■’orum un grand porticpie A, long de ;VJ'”,50, et large de I^^.SI), s’avam^ant jus(|u’nn bord de l’-trea et conseiTant les
traces d’un pavé de marbre blanc. Aux colonnes étaient adossés des piédestaux a que durent surmonter des statues, et que (iell a pris à tort pour tes restes de piliers (barrés qui eussent porté le plafond de cette .salle dans la(|uelle nous reconnaissons le Chalcidi(|ue. Pour que la supposition de
festins dans de graitdos salles à inanger qui sont aux cieux, et dans des chaMdigufs tout d*nr. » Ai.NO!., 1. 111. Suivaut Léo BaUisLi AlberÜ, le plus ancien des critiques en cette matière, les chalcidiques aiimieut éUi une gideriu transversale, une sorte de traïusept placé aux côtés dvi trütunal des basiliques, et dormant par conséquent à rèüflce la fornic d’un T. La Térité, et en cela nous sommes d’accord avec le savant architecte florentin Becchi qui a publié une diss*ntation sur la question qui nom? OCCUPA’, la vérité nous parait être dans oe t^assage de Vitruve : «n auiem locus ent ampUor in longitudine, Chalcidica in exlremis rons/i/uantur. L'incertitude est venue d'une fausse interprétatirin de ce passage ; on en a traduit les premiers mots ; mais si lé terrai» fé pérrnet.,, tk’ n’est pas retrdre la peii-sée de l'auteur. Vitnive a fixé par ik» règles le rapport de la longueur de la iKuiUque avec sa largeur, et c'est alors qu’il ajoute : o mais si le rerruin est trop long (en proportion de la largeur) on construira à t'rxtrémifé des C/wi/cidiquex. »
Il est évideut que Vitruve indupie ici d'une manière positive que le Cbalcidique était une grande salle prfJCtHlant la liosilique, et uou pa.s une mlditioti latérale eomme le veut L. B. Alliorti, puis«]uVD adoptant sa supposition, le Chalcidique aurait élargi le plan de la basilique an lieu de dimiuncr sa longueur. Quant à roiigine du mot, Festus, qui à la vérité ein)doie celui de CAatridoRivm, dit formeUement que c’étàit une sorte de l>àtiment qui avait pris son nom dé la ville de Chalcis où il avait été inventé.
POMPEIA
(jell-fùl admissible, il eût fallu que le Forum ayant été construit postérieurejnent, on eût placé ses colonnes en avant des piliers de l’ancien édi-' ficejwur conserver l’unifonnité (les portiques; or, l’inspection seule du plan dément cette hypothèse. 1,’éilifiee d'Eutnachia a- été évidemment construit après !e Forum, pui«iue scs murs latéraux ne se trouvant pas perpendiculaires à la longueur du Forum, on a corrigé cette irrégularité par les constructions fd que nous voyons entre le Chalcidique et l’intérieur de l’édifice.
Au fond du Chalcidique nous trouvons l’entrée principale 6, large de 3”,90, et s’évasant vers l’intérieur. Cette porte était ornée d’un magnifique chambranle en marbre blanc décoré d’élégants rinceaux ; ce chambranle a été porté nu musée. Le seuil en marbre, d’un seul morceau, conserve encore les trous qui recevaient les verrous, et les traces des crapaudines où s’emboîtaient les pivots des portes. Sous ce pas,sagc sont les entrées des petites salles f, dans l’une de.squcllcs, située à droite, on voit les restes d’un escalier qui dut conduire à (|uelque galerie .supérieure dotit il n'exi.ste plus de traces aujourd’hui.
Aux côtés de la porte sont deux grandes niches semi-circulaires c, qui consenent quelques re.stes de leur revêtement de marbre africain et deux autres renfoncements carrés d reniplis jusqu’à une certaine hauteur et formant ain.si deux espèces de tribunes où l’on arrivait par de petits escaliers pratiqués à côté. Elles ont pu .servir, .soit à publier les édits relatifs au commerce, .soit plutôt h vendre à rencan certaines marchandises. Les quatre trumeaux (|ui séparent la porte, les deux niches et les tribunes, pré- .sentent autant de petites niches carrées c <|ui durent contenir des statues dont les socles .sont encore en |)lace.
Des traces de grilles pcrmotlent de croire (pic ce ve.stibule pouvait être fermé, et ainsi, étant interdit au public, inleiTompi’e la circulation .sous les portiques du Forum.
Iæ Chalcidi(pie, comme tout le reste de l’édifice, est construit en bri- (pics recouvertes d’un enduit (jui lui-même avait été décoré de plaques de marbre qui étaient enlevées à l’époque de la cotastrophe. On en a trouvé un grand nombre en magasin dans le.s réduits / comprfs entre les deux murs de la façade. 11 est év ident que de mèim> que tout le Forum, l’édifice d’Euraachia était en pleine restauration, l’n bloc de marbre fut trouvé avec une ligne tracée au blanc ]wur guider la scie de l’ouvrier. Les colonnes, les statues de marbre avaient été emportées. Ouelques auteurs
LES DEUX FORUM
• ^ ont cependant pensé que les Pompéiens, après la destruction de leur yrlle,
avaient pu opérer ici des fouilles pour retirer ces précieuses colonnes^' ainsi qu’on a la certitude qn’Hs le firent dans quelques autres endroits de la ville.
. Après avoir franchi la grande porte, oh trouve une vaste cour ou impluvium E pavée de marbre, longue de S7"*,70, et large de*19‘",10, entourée d’un caniveau, et qu’environnait le portique C O E F mentionné dans l’inscription. Sur le sol de cette cour, et au pied de la colonnade, étaient des piédestaux de marbre blanc qui semblaient avoir servi clc support èdes ta blés "de même matière, puis dos pierres légèrement ci'eusées dans lesc(uelles on a cru voir des cuves destinées au lavage; nous reviendrons sur ce sujet. "Dans l’axe de la porte existe sur l’Arca une embouchure de citerne \V, dans laquelle on pouvait descendre par rouvcilure ' placée au contre B, et fermée par une dalle dont l’anneau de fer-est encore mobile. Le portique, élevé sur deux degrés revêtus de marbre blanc, était soutenu h chaeun des grands côtés par dix-huit colonnes corinthiennes de marbre de Paros; et par dix colonnes du Côté adosw^ au Chalcidique; les entre-colonnements étaient plus larges du côté opposé DE, (jui ne contenait que Ixiit colonnes. On n’a trouvé en place que deux bases et un fut, mais la disposition de la colonnade est exactement déterminée par le sLylobate • de marbre sur lequel elle reposait. La largeur du portique était de
sa muraille offrait, au-dessus d’un soubassement de marbre africain à -
% * moulures de marbre blanc, d’élégantes arabesques sur fonds noirs, rouges
ou blancs, qui. sont aujourd’hui pres(|ue entièrement détruites. Sur lin '
H(Tinèssans tète.' trouvé' soi»s ce portique on lit cette inscription :
c. NORBANI
. . ■ • . • SF.CVNDARVM» - ' ^
^ M.VG. PAGI
, AVG. FELICIS
-SVBV'RBA NI - ' ■ '