‹ Pompeia decrite et dessineeChapitre 38 sur 61 · FLAMINI AVG. PATR. COL · texte numérisé non relu

FLAMINI AVG. PATR. COL

« A Marnis HoVonius Rufntv, fils de Marcus, duumvir clktrgé iwîur ia cinquième fois de rendre la joatice, (fuinquevir pour la seconde fois, tribun des soldais nommé par le peuple, flamine d'Auguste, patron de la colonie, par décret des duumvirs. »

Dos traces encore visibles sur la pierrc qui porte cette inscription font penser que les Pompéiens y avaient érigé un blselliurn ou une statue en riionneur de cet Holeonius* auquel la ville devait plusieurs de ses principaux momunents, ainsi que l’atteste une autre inscription placée sur la scène et cpie nous avons déjà citée :

MM. H0I.C0N1. RVFVS ET CELER CRVTAM TRinVNAL TllEATRVM s. P.

AD DECV8 coloni.f;.

« Marcus Holconliis Rnfus et Marcus Holcouius Olcr ont étigé h leurs frais nno rrypti*, un tribunal **l un Ihéâlre pour rornemenl de la colonie. »

Mous avons décrit le tribunal (page 126'!. C’e.st dans la paitie

* Non» vpiTons qn'iim' statue ériin'*e an même macistrat a éUi difonveite dans la rue

de rOilêitn.

P0MPK1A.

su|x'ricurf! du tliùàtrc et en dehors de riiémieycle que sc trouve la crypte I, espèce de tour carrée au dehors et ronde en dedans, liaute d’environ 4"' et large de rr,70; c'était un réservoir qui fournissait l’eau nécessaire h l’arrosement du théâtre. Il est difficile toutefois de nous rendre compte par quel procédé oti pouvait élever l’eau à une si grande hauteur. I.C théâtre étant découvert , on ne peut supposer que le ré.servoir ait été rempli par les eaux pluviales qu’on y aurait ras-scmblées. Cependant, nous ne pouvons douter du témoignage de tous les auteurs antiipies qui nous disent que, pour tempérer la chaleur, celU; eau était répandue on pluie fine .sur les spectateurs, et qu’on pmi.ssait même la recherche jusqu’à 1a parfumer avec des essences.

Auprès de la crypte est, ainsi que je l’ai dit, une des principales entrées du théâtre, ouvrant sur le corridor voûté conduisant au .sommet de la seconde cavea, et [Mu-tant la summa cavea. On arrivait à cette porte par le portique du Forum triangulaire.

Au centre de l’orchestre, c’est-à-dire de la partie K comprise entre les gradins inférieurs et l’avant-.scènc, s’élevait un piéde.slal M, dont il ne reste plus de trace, et (|ue quelques auteurs ont cru avoir été destiné à porter une statue, qui évidemment eût coupé le point de vue de la manière la plus désagréable. Nous devons plutôt y reconnaître la Ihijm'clf, ce petit autel sur lequel, ainsi que je l’ai dit, on sacrifiait à Bacchus au commencement du spectacle. Cet autel , il est vrai , n'existe point ordinairement dans les théâtres romains; mais nous ne devons pas oublier que Pompéi était une colonie grecque, une ville de la (’irandc-Grèce qui dut conserver plus d’un souvenir, plus d’un usage de la mère patrie.

Le mur d’avant-scène ou proscenium O O s’étend entre D D et N N sur une largeur de 24“,50'; il portait le plancher en bois N N ou pulpilum, formant l’avant-scène sur laquelle se tenaient les acteurs. Ce plancher étant détruit permet de voir aujourd’hui à découvert le dessous du pulpilum ou V hyposcenium, lieu où se plaçaient les instruments propres à imiter le tonnerre, dans lequel rentrait le rideau d’avant-scène, et sur lequel enfin étaient ménagées les trappes pour les apparitions. Le mur d’avantscène O O présente une niche .semi-circulaire et six carrées que l’on |vcut supposer, avec quelque vraisemblance, avoir été destinées à contenir les musiciens quand ils n’ étaient pas placés aux côtés de l’avant-.scèiie sur le pulpilum lui-même.

TIIRATUE5. AMPIIITlIÉATnE.

Enfin, au fond s’élève ce que les anciens appclaienl proprement la scène P P, mais qui correspond à notre toile de fond, dont elle ne diffère (|u'en ce qu’elle était d’une construction solide, richement décorée de colonnes, de marbres et de statues, mais restant constamment la même pour toutes les pièces que l’on représentait, sauf quehpies décorations mobiles qu’on y ajouta plus tard, (pi’on appelait scnia versilis ou Irif/mies mitbilfs, et qui tenaient lieu de nos coiiliss<'s.

I,a scène de Pom|>éi avait été dépouillée de tous ses marbres, et tout porte à croire que l’édifice endommagé par le tron)blement de terre tle fi/i était en réparation ,a l’éptKpie de la catastrophe de 79. Elle présente les trois portes ordinaires; celle du milieu (j, ouverte suivant l’usage au fond d’un hémicycle, était Vaiila reyin; les deux autres P P étaient les hospitahs. Entre ces parties sont deux niches R R qui contenaient les statues de Néron et d’Agrippine.

Derrière 1a .scène est le poxlscfiuiim .SS, lieu où se retiraient les acteurs; enfin derrière celui-ci .s’étend une vaste cour T T ado.s.séc au Quartier des .Soldats U, qui pouvait répondre à notre foyer des acteurs, et dans laquelle on descendait par un plan incliné V, à la droite duquel est une grande salle X qui .servait sans doute de maga.sin pour les acce.ssoires.

Enfin, à gauclie de la cour et près de l’entrée du grand corridor B, on voit «lans la muraille la copie d’une in.scription aujourd’hui au musée, qui nous apprend le nom de l’architecte ;

marTorius m. L. PR IM VS ARCHITECTVS.

m MarlDrlut» Primtis, architecte, affranchi de Marcus. »

Dans la partie de l’édifice qui communique au Forum triangulaire, on .a trouvé quelques fragments de statues de marbre, une grande quantité do bois carbonisé, des morceaux de draperies appartenant à des .statues de bron/.e, un très-grand nombre de tuiles et d’inscriptions presejue toutes frustes.

Amimutiikatre. Les amphithéâtres dc.stinés aux combats des gladiateurs et des bétes féroces .sont une invention romaine. Comme l’indique leur nom, ÀjAçiOfotTpov, ils se composent de la réunion de deux théâtres placés en face l’un de l’autre, et dont les deux orchcsü'es réunis formaient l’arène. Nous

POMPRIA.

vnrroiii?, par iinp inscription de l’iimphitliéâtre de Pompe'-i que ces monuments portaient quelquefois aussi le nom de sprclnaih, lieu d’où l’on regarde, mot qui n est que la traduction de l’expression grecque. Nous n’avons pas de données précises sur les premiers amphithéâtres qui furent construits à Rome ; ils ne diireuit y être établis que lorsque les théâtres et les cirques ne .siiflirent pliLs aux plaisirs du peuple, quoi(|ue déjà ceux-ci eussent été ensanglantés par plus d’un comhat. Rome dut k .Statilius Taurus, ami d'Auguste, le premier amphithéâtre construit en pierres, dont les débris ont formé la petite éminence occupée aujourd'hui par la place de yionte-i.ilorin. Plus lard, Aespasien éleva ce prodigieux Colisée, le plus gigantesque de Ions les travaux exécutés par les Romains, ce Colisée OU pou>aicnt snssooir h I aise f|nalrfl-vin^l-sf*pt mille spectateurs.

L amphithéâtre de Pompéi est loin d’atteindre ces proportions colossales, mais tel (|u il était il pouvait encore contenir vingt mille spectateurs, nombre bien considérable pour une ville de cet ordre. Placé â l’angle

S.-E. de l’enceinte de Pompéi, cet édifice, reconnu dés 1748, fut le premier qu’on entreprit de déblayer; mais depuis une partie avait été recouverte, et ce n’est que sous le régne du Ferdinand II qu'il a été entièrement dégagé. Dans l’introduction de cet ouvrage, nous avons raconté la querelle .sanglante qui eut lieu dans cet amphithéâtre entre les Pompéiens cl l<!s Nueéricns; nous avons dit aussi que les premiers y étaient réunis nu moment où se déclara la fatale éruption ; il parait (|u’ils eurent le temps de s’enfuir, car mi n’a trouvé, qu’un Irés-pelit nombre de squelette.s.

‘ V. fKigi* !7(î.

TllftATHES. AMPHITHft ATFIE.

ni

Nous ne répéterons pos les détails que nous avons donnés sur les eombiits de gladiateurs à l'occasion des bas-relwfs du tomtieau de, Scaunis (page 87) ; mais nous avons réservé pour les citer ici deu.\ des inscriptions qu'on a lues sur Valbum do rédillce d'Euinacliia ; ce sont des affiches de spectacle :

CAMIUA GI.AniATOIIIA VENATIO ET VELA.

« 1-1 tmiiiir* il»' (iladiateiirs, chassa et Vflnriiim. »

A. SVETTII GERU

AEDILIS EAMIUA T, I. A D I ATO R I A PVtîNAIUT POMPEfS PH. K. IUaNIAS VENATIO ET. VELA.

« La troupe <le Gladiateurs de l’iAJilc .Aiilus Sv»>ttiwi Orius oombattra A Pomp»'*i la veille des calendes ite juin ; il y aura chasse et velarinm »

Revenons à rainphithéûlre témoin des jeux sanglants qu’annonçaient ces affiches. Il e.sl formé de pierres de lave, et son architecture est à l’extérieur dénuée de tout ornement ; nous verrons (|u’à l’inlérieur, au contraire, elle était plus soignée que dans la plupart des monuments de ce genre.

Pour diminuer les frais de construction, on avait bAti l’édifice dans une espèce de bassin creusé en partie de main d’homme, de sorte que l’arène •se trouve beaucoup plus bas ipie le .sol extérieur rpii atteint le niveau de la ' seconde prmnctioii. I.c plus grand diamètre de l’aniphithéAtre est de tâO"'; le plus petit de i,a direction de l’ovale est du N. au .S. ; à scs extrémités se trouvent les deux entrées principales ouvrant stir l’arène ; celle du Nord seule y eondiri.sait directement^; le pa.ssage au contraire qui •se présente à l'extremilé méridionale de l’ellip.se, .s’il eût été continué en ligne droite, eût abouti aux remparts; pour remédier A cet inconvénient, il tournait brusquement A droite sous les gradinSj et venait déboucher .sous l’une des arcades tournées A l’oue.st vers la ville. '

(Inaranle autnîs arcades, dont plusieurs servaient de vomitoinxs, et condui.saient au grand corridor circulaire sur lequel reposent les gradins, entourent l’édifice; par une di.sposition tout exceptionnelle elles sont .sur-

• Voir sar les inscriptions do ce genre U Mvanti" dissertation du P. G.irroeei. A«om>Lo-

oiQiit -«APoutAW. Nouvtllr t4ric, ii» 15. Février 185J,

* V . I.a lettre an comniencerocnl dn aiapiire.

PO.MPEIA.

monWes d’un deambulacrum, large terrasse h laquelle on arrivait par cinq grands escaliers extérieurs. Là se trouve un nombre égal de petites arcades donnant accès au .sommet de la troisième rarea, et qui portent .sur leurs voûtes le.s loges des femmes auxquelles conduisaient plusieurs e.scaliers.

4 l’entrée du grand voinitoire du nord .se trouvent h l’intérieur deux niches qui durent contenir des statues de magi.strats municipaux, d’après les inscriptions qui se li.sent au-de.ssous, à droite :

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