IK
POMI'F.IA.
les ornements se composent d’arabesques et d’dcailles de poissons; les ehapiteaux manquent ; ces colonnes ont été portées au musée. Au fond de la cour et en face du prolliynim, est une grande niche également (ui mosaïque, encadrée d'une ligne de bucardes * ; le cul de four en forme de coquille présente au centre une Séreide sur un taureau marin. Dans la grande niche en est une plus petite avec une corniche formée aussi de co(|uillages naturels, et de ino.saïqiies représentant des feuillages et un vase à deux anses. Du fond de cette niche l’eau tombait par plusieurs gradins dans un bassin semi-circulaire. En avant sont deux piliers carrés qui durent porter la continuation de la treille, ou un petit toit destiné à protéger la fontaine.
Au côté nord de la cour, une baie large de 6'“, 50, et que fermaieut des portes quadrivaivcs, (’onne accès h une .seconde cour à laquelle on pouvait aussi arriver directement de la rue parmi pas.sage large de 12”, 50, ouvrant sur la chaussée de la rue des Tombeaux, sous la prcinièi'e arcade* tlu portique de l’hètellerie voisine. Dans la cour, en face de cette entrée ,«e trouve un sacrarium, imc chapelle consacrée aux dieux Lares, avec un
.Vacr*/4>rn.
petit autel peint, présentant .sur sa face antérieure un pnpe s'apprêtant à sacrifier un porc, à gauche une patère, à droite une massue, et derrière un coq. A gauche de la cour se trouvait un portique soutenu par six colonnes dont le tiers inférieur peint en noir repose sur des dés colorés en rouge. Sous ce portique ouvrait un ptosticum et un assez grand nombre de pièces dont aucune ne paraît avoir pu .servir à l’habitation des maîtres, qui sans doute
‘ StDif ilo ctxjuilbci'' hiv.Tlvp.
MAISONS ET BOUTIOt’ES.
occupai(mt le premier étage dont deux escaliers attestent l’existence. . Les pièces groupées à gauche, autour d’un petit rt/riiim, composent des communs avec toutes leurs dépendances, oITice, cuisine, fourneaux, pierre d’évier, moulin, cave, etc. Dans la cuisine, le petit laraire n’est pas oublié. Dans l’angle de droite, du même côté de la cour est une grande écurie avec sa mangeoire et son abreuvoir, séparée du pnsticum par plusieurs petites chambres destinées sans doute aux esclaves. Toute cette habitation est dans un état de ruine prcs<|ue complet.
AiaiEiicK ou Maoasixs (Pl. 8). X côté de cette maison, sur la rue qui dévie vers la droite et près de .son embranchement dans la rue des Toml)caux, est un long bâtiment qui fut découvert en 1813 ; il e.st compost? d’un portique extérieur dont les arcades existaient encore presque toutes au moment des fouilles, et de boutiques pour des marchands de comestibles, ou d’objets communs comme l’indique la gros,siéreté de l’enduit qui revêt * les murailles, et des peintures qui les décorent. Une fontaine et un abreuvoir stMoblent indii|ucr que lit faisaient halte les pay.sans qui apportaient leurs denrées au marché de Pompéi. On y a trouvé en effet le squelette d’un Ane, les débris d’une petite charrette et quelques comestibles, deux foyers, un morceau de marbre, un reste de balances, deux sceaux de bronze, un mors, etc. .\u-des.sus de chaque bouli(]uc était une chambre où l’on montait par des escaliers dont les premières marches seules étaient en briques ou en pierres. Le bAtiment entier était recouvert de terrasses, et quch(ues pièces con.servent encore leurs voûtes, l’re.scpic au militm du portique, dans un renfoncement se trouve un réservoir revêtu de riment dans lequel se réunis.saient les eaux pluviales et dont le tro|)-plein s’écoulait dans l’abreuvoir en maçonnerie placé en avant. Dans l’avant-deriiière boutique plusieurs noms étaient tracés en grandes lettres rouges sur le .stuc ; un seul est lisible sur la muraille de droite : i. staivs chocvlvs. La dernière bouticpie est excessivemient curieuse ; c’est une
I'aiiriqlk de Poteries. (Pi,. 9). Le four qui se trouve dans l’arrièreboutique, est d’une construction très-remarquable. C’est un fourneau à réverbère, bAti en pierres et en briques, formant un massif carré de 2”,G0 sur 2", 40, et 0”',90 de hauteur. La voûte du fourneau est plate et percée de petits trous pour laisser entrer la flamme dans le four, qui se trouve aiidciNSus. Celui-ci avait A l’intérieur 1”,25 en tous sims et l”‘,80 de hauteur nu milieu de .sa voûte. Ceth* voûte, qui e.st la partie la plus singulière de la
POMPEIA
conslniflinii, pM forméo de vases de terre cuite emboit('s Iiîs uns dans les autres, comme on le fit dans le vr sifn-le pour la fameuse coupole de Saint Vital de Ravenne Des ouvertures ménagées dans les parois du four et garnies de luyaux de terre cuite, permettaient de modérer la chaleur fl
KxiiP » Vr4«-rle«
volonté. Dans une pièce à gauche, et comnmnicpiant également avec la boutique, se trouve un four plus petit que l'on n’a point entièrement dégagé, mais dont la construction ne présente rien de rcinaripinble.
Les monuments suivants sont ceux désignés sous le nom de :
IsTiiiMM ( l’i.. 10, page 73).
ToMUK \ POKTK DK MAHIIRK ( l’i.. 11, page 73).
Tombeau iuixk (Pi.. P2, page 74).
Tombeau des Iubei.la (Pi.. 13, page 75).
Exceimk skpii.ciui.k (Pi.. 14, page 73).
Tombeau de Céils et Labéo\ (Pu. 13, pagi* 73).
Enc.kixte seplucrale (Pu. 16, page 7()).
Tombeau de Sauvius (Pu. 17, page 77).
Tombeau de Gratus (Pu. 18, page 77).
Tombeaux nui.xiis (Pu. l!t et 20, page 77).
S.ARcopiiAr.E.s (Pu. 21, page 77).
Tombeau de Diomède (Pu. 22, page 77).
Tombeau des exeams de Diomède (23, page 78).
Traversant la rue des Tombeaux pour en visiter le côté p|)|)osé en reve-
' P^or faire mieux coiUpn'iKlrc rafr^ncemoot ilei^ matériaux de ces visites curieuses, unmi avons «lonné aux c6tés île notre vigiicUe un exemple des ]fttteries de Pompei 1 cl de cellt# de Kavemic 4.
En diveis endii»ils tic PtmiiV-i, ol notaïunient à oMe même <le falttitjue, on trouve îles nmraiHes daii8 les<]uclles sont emplojé.-s comme inatérianx «le prainP-s jimphores \ vin.
MAISONS ET BOUTIQUES. Î19
nant vers la ville, nou.-; trouvons en face îles deux derniers inonument.s la famcii.se
M VISON DK Diomkdk (I’l. '2li). Cette mai.son est désignée par les divers auteurs sous les noms de maison de campagne, maison du faubourg, ensa pseihto-urbana, ou suhnrbaiia, enlin de mai.son d’Arrius Uioméde. .Sa situation eu face du tombeau de ce personnage ne peut pas toutefois être regardée comme une preuve décisive qu’il en était le propriétaire, pui-scpic toute la rue était bordée de tombeaux, et que celui de Noevoleia Tyché et de Munatius l’austus étant également voisin de cette belle habitation, pourrait tout aussi bien avoir été lu sépulture de .ses propriétaires.
l’Ius voisine du volcan que toutes les autres, cette mai.son dut être détruite la première, aussi auoune ne paraît avoir fourni un pareil nombre de victimes. Découverte en 170S, elle est ime des plus vastes qui soient sorties des fouilles, et en même temps une des plus intéressantes par le nombre de .«es dépendances et sa di.stribulinii toute particulière.
Elle e.st divisée en deux parties situées à un niveau dilTérenl; aus.si indiqueron.s-nous .sur notre plan, par des lettres et par une teinte moins foncée, les bAtiments qui se trouvent sur le sol le moins élevé, di.stiguant par une teinte foncée et par de.s cbilTres ceux qui occupent la position supérieure. Ces derniers, qui composent la partie con.sacrée A l'habitation, couvrent un terrain exhaussé d’environ l’SfiO nu-dessus du pavé de la rue des Tombeaux; on y monte par un pciTon de 7 marebes I, que surmontait une .sorte de porche formé d'un toit h fronton soutenu ]>ar deux colonnes ilont les féts .sont encore en place
POMPF.IA.
Apr&s avoir franchi le seuil, et une espèce de petit vestibule ou prnihynim 2 de forme triangulaire, on se trouve dans le péristyle 3 (|ui, par une
tpitrro <1^ It MjUon d»
disposition indiquée par Vitruve comme propre aux maisons de campagne, ne SC trouve pas relégué, comme h l’ordinaire, dans la partie la plus reculée de l’habitation
I,e péristyle était entouré de 14 colonnes d’ordre dorique revêtues de stuc, lisses cl peintes en rouge par le bas, blanches et cannelées dans les deux tiers supérieurs. Le chapiteau était orné de ([uelqnes filets rouges. On voit encore dans la muraille les trous des chevrons du toit qui couvrait les portiques et venait s'appuyer sur les colonnes. Autour de l’oren 4 était un caniveau, d’où les eaux s’écoulaient dans une citerne placée au-dessous, dans laquelle on pouvait puiser par deux margelles cannelées 3 placées entre les colonnes; l’une était en travertin et l’autre en marbre, et toutes deux étaient pointes en rouge ; on y voit encore les traces du frottement de la corde. Sous le po]'ti(|ue, à droite de la porte d’entrée, est un escalier (i descendant aux bâtiments que nous appellerions aujourd'hui les communs, et à un corridor 7 qui conduisait au jardin .situé, comme je l’ai dit, à un niveau inférieur. A coté de la porte de l’escalier est un petit larairc dans lequel on trouva une Minerve. Sous le porti([ue oriental du j)érislyle, exi.sle l’entrée 8 de plusieurs pièces formant un charmant petit bain, qui avant la découverte des thermes publics avait déjà donné des renseigne-
> On a coutiUDC h ville »le pbeer l’atrium pr^s <lc rentrûo, mais dans bs inaiâtms de CAUiiugnt* If inTÎstyli’ «• présent’ le premier, et ratrimii vifut ensuite enmiii’*» de portitjues ouverts sur les l*.’ilestres et les alli'es «au l’on st’ pnunên»'. Vitrcvk L. VI. C. K.
MAISONS ET BOUTIQUES
ments bien précieux. U'aboid se prési'nte une petite cour triangulaire O, entourée de deux côtés d’un portique soutenu par six colonnes octogones à cliapileàux très-simples, et présentant à l’une de ses extrémités un petit
fourneau destiné sans doute à la préparation de quel(|ue boisson chaude à l’usage des baigneurs. On y trouva un chaudron, une poêle à deux anses, un gril et plusieurs pots de terre. Dans l’angle fi côté du fourneau est un petit cabinet de toilette.
Au troisième côté ado.ssé à la muraille qui longe la rue des Tombeaux, e.st un bassin de 2“, 17 de largeur, 2"', 8.5 de longueur et 1“,10 de profondeur, revêtu do stuc, et dont le rebord, pluleus, est couvert de dalles do marbre. On y descendait par trois marches pratiquées dans l'un des angles. L’eau s’écoulait h volonté sur la voie publi<|ue. Cette baignoire, baptisleriiim , destinée au bain froid en commun, recevait l’eau d’un mascaron dont on voit encore la trace; elle était abritée par un toit h double versant soutenu d’un côté par la muraille, de l’autre par deux colonm^s. La cour et le portique étaient pavés en mosaïque. La muraille au-dessus du bassin était ornée de peintures représentant sur fond bleu divers poissons et mollusques; on y l’econnaissait entre autres la sèche, seppia, et le poisson /i long bec que les Napolitains nomment pcxre spada. Les panneaux fi droite et il gauche de celui-ci offraient des arbres et des oiseaux sur fond jaune. Ces peintures que Mazois a pu dessiner sont aujourd’hui presc|ue elfaeées, et il en est de même do prc.sf|uc toutes celles qui décoraient les diverses pièces de cette splendide demeure ; heureuse-
PO.M PE IA
iilfiit elles iiou.s ont été con.siü'vécs par la gravure*, et (|uelques-uiis des sujets qui orcupaieiit des milieux do panucaux exi.stent au musée de Naples. '
La .salle 10 était Vfipodyleriiim ou sfxilialonuni , où l'un quittait .ses vêtements. \a' frigidarium H et le lepidarium 12 ne contenaient point de baignoires, mais servaient .seulement, par la température graduée (pi’on y entretenait, à empêcher la transition trop brusque de l’air libre et froid à la chaleur étoiilTante de l’étuve ou sudalnrittm. Ils étaient pavés en mosaïque. et ornés de corniches en stuc et d’élégantes peintures.
C’était au.ssi dans le lepidiirium , (pi’ainsi que nous l’avons déjà dit, le baigneur, au sortir de l’étuve, s’a.sseyait sur des bancs de bois pour se soumetli'e aux mas.snges, aux' frictions et aux autres opérations en usage. Dans cette petite .salle, la fenêtre était fermée par un chàs.sis mobile en lK)is carbonis<s au(|uel tenaient encore des fragments de vitres; charpie carreau avait 0"',27 en carré. Cette salle recevait la chaleur de l’étuve par une ouverture rondin revêtue de stuc -.
J.’étuve 13 était une sidle oblongue, pavée en mo.saïque, terminée par un hémicycle dont le cul de four est formé d’une coquille de stuc, et orné de petits has-reliefs coloriés, représentant dos animaux et des figures. Au fond de la niche est une fenêtre de ()’',<)5 sur 0"‘,73 ; une .seconde fenêtre de même grandeur est percée au-dc.ssus de la niche. Cette étuve servait à volonté, soit pour les bains de vapeur, soit pour les bains d’eau chaude, ain.si que le prouve une Inugnoire en stuc autrefois revêtue de marbre.
Le. sol, reposant sur des piliers de briques, mspmsura catdariorum, permettait de circuler à la vapeur brûlante, rpii |K)uvait se répandre également dans l'épaisseur de la muraille par un espacement ménagé à cet elfet, ainsi que nous l’avons déjà vu aux bains |)uhlics.
A côté du siidiiloritiin e.st ta pièce là que Mazois op|jclle l’officine des bains; bien ipi’elle soit très-petite, on y trouve une table en pierre, une sorte de cave, un fourneau pour chaulfer l’eau, trois piédestaux qui portaient des va.ses de bronze, enfin Ir^s traces d’un escalier de Ixiis qui con-
> Ces (n'intmvs ont ôtù (»our la preniiiTe fois à Naple.s en 1796, sous le titre de GU ornati
delle pareti e<i i pavimêati delC antica Pomjtei, tnrisi in ramf. En 180 *. parut dans la m^mc ville un alias in-folio de cent planches ; enfin Cis ih'Ui ouvrages ont été mis À contrihutlon en 1810 parles iNÜteors fninrais irilerculamim cl l’ompei ^T. 1, pl, 03 à 98. Paris; F. Didot).
* On a cru ijiie crjte mvcitiire était destinée à contenir une lampe, mais ses furois ne p^irtenl aucune trace de fuiiiée, et d'ailleurs, pour un pareil usage l'ouvertore iveiH point été drculaire.
MAISONS ET BOUTiyL'ES.
cltiisail à l’clage supérieur aujourd’liui détruit. J.es bains étaient aliinenlés par un réservoir ()ue formait la .salle 15, <|ui est voi.sine. et sans issue. Hcvenant nu péri-style, on trouve à gauche, à re.xtréniilé du portique, un passage, fatices, 10, conduisant à un Jardin IS, éicié au même niveau (|ue l’aire du péristyle, et du(|uel on descendait par vingt larges degrés à une terra.s.se A.\, longue de ÛH'“ et large de que Mazois croit avoir été
couverte d'une treille, mais dans lacpielle je pens<‘ ipi’on doit plutôt rcconnailrc un jeu de paume ou de boules, un sphærisimum.
Sous le corridor 10 est l’entrée d’une ass»;z grande salle 17 qui dut être une gard<‘-robe, ?i en juger par les débris d'armoires, de tablettes et d’étoffes qui s’y trouvaient, et par rab.scnce de toute décoration; elle était éclairée jiar trois hnièti'os sur le jardin. .Après uiuî petite chambre 11) dont la fenêtre ouvrait .sous le portique, une antichambre ou proaelon 20, très-richement peinte, accompagnée d’un petit cabinet, loge de l’esclave cubiatluris, du valet de chambre, précède une chambre à coucher 21 cpii paraît avoir été la principale de l’habitation. Cette pièce, terminée en hémicycle, était éclairée par trois fenêtres d’on la vue s’étendait ù la fois à l’est, au sud et à l’ouest; chaque fenêtre était surmontée d’une plus petite, de forme carrée. Contre la muraille de la partie rectangulaire sont une alcôve et un ma.s,sif creu.x en maçonnerie autrefois revêtue de marbre, une sorte de toilette où l'on a trouvé divers flacons, pliialœ, et vases rem|)lis de cosmétiques. I.’alcôvc était fermée par des rideaux, cortimp, retenus pur des anneaux de bronze dont {piehjues-uns ont encore été recueillis .sur place. I.a pièce 22 a pu .s*'rvir d’office, si, comme tout porte à le croire, la sidic 25 fut un Iriclinitim d'été, ouvrant sur la galerie 2A i|ui règne en partie au-di'.ssus de plusieurs salles qia' nous décrirons plus tard.
Le cabinet 25 est une espèce de loge pour un e.sclave prépost'! sans doute il la garde d’un escalier descendant à la partie inférieure de l'habitation, et permettant ainsi, à l’aide des porti(|ues (|ui entourent le ■xyste, d’arriver à couvert A la porte dérobée, le poxtiaim ouvrant sur la campagne. On voit encore quelques restes du plafond plat qui rouvrait cet escalier. Quant A la pièce voisine 20, elle est tellement ruinée, qu’il est inipo.ssibic d’en deviner la deslinalion.
Continuant le tour du péristyle, nous trouvons un escalier 27 conduisant A l'étage siqiérieur, où dut exister l'habitation des femmes, le gynécée.
POMI'EIA.
iîi
A côt<^, aprf’s un ciihinct dostiné peut-être ti l’esdavc alrinisis, est une salle de réception 28, une sorte de lahlinmii , ouvrant à la fois sur le péristyle et sur la galerie 2/i. Cette salle était, comme le péristyle luimême, entièrement peinte en rouge avec quel(|ues ornements d’architecture et plusieurs sujets (|ui ont été emportés au musée; on y trouva les fragments d’un vase d’argent orné, de ligures. A gauche sont deux petites pièces 29 et 30, dont la première seule communiciuo avec le tablinum ; Mazois a cru y reconnaître un cabinet d’étude et une bibliothèque. Deux autres cabinets 31 et 32 occupaient les extrémités de la galerie; le dernier seul e.st conservé, et leur destination est inconnue. Kniin, en avant de cette même galerie, et flanquée de deux larges teiTass(‘s 34, existait une va.ste salle 33 qui .semble avoir été un de ces salons, un de ces œnis empruntés aux Grecs, auxiiuels on donnait le nom de ajsicènes, et cpii sereaient b la fois de lieu de réception et de salle h manger*. Une large baie, ouvrant presque ju.s<|u’au sol , permettait de jouir de lu vue du jardin et du délicieux panorama ((u’oITrait aux regards le merveilleux golfe de Naples.
l-’e.space 3.5 qui fait suite au tnbtiniim sur le péristyle, dut être une sorte (l'ala garnie de bancs où les clients attendaient les audiences particulières que, le patron donnait dans le cabinet voisin 36, disposition que nous avons déjè indiquée dans In maison de .Sallusie. On trouva dans l’ala le sepielette d’un chien, dans le cabinet trois médaillons de marbre sculptés des deux côtés, ciiK] masques et une table ronde d’alhôtrc ayant servi de fontaine du milieu de laquelle l’eau jaillissait et s’échappait autour par dix têtes de lion. Kn face est une pièce un peu plus grande 37 qui dut être une chambre d’esclave, peut-être celle de celui qui était jiréposé îi la garde cl à l’entretien du péi'istyle; 38 et 39 .sont également des chambres è coucher; dans 1a première, la place du lit de deux esclaves était indi- ([uée par une double alcôve-; la seconde, plus grande, était sans doute
• n Ou fait rncon* de giaujus siillfs d'niu; aiitm luanién* que celles que l’oo voit en Italie, et que les Grecs ap[>ellent cysicènes. Ces salles sont toujours touroëpsaii septciitriou ; on fait aussi en sorte «prcllt’S aient vue sur les jardins, et que leurs (Kirtes soient dans le milieu. O's salies «loiveut être assez larges pour contenir deux taltles à trois lits (»p[)osêes l’une à l'auth^ avec la place in^essaire t»our le service. Elles ont, à droite et à gauche, dis feuètres qui ouvrent comme des i*ortes afin que de dessus les lits on puisse voir les janlios. n Virsi ve. L. VL r. 6.
L'o?cm de Pt‘mpéi est toururt h ron«*st e! non au ii »rd, mais Vitruve lui-même dit quelques lignes pins loin qu’il faut bien se plier aux exigences des IncalitAs.
*Ci.'tU! salle est aujourtrhtii omipêe {>ar un escalier ronduisaut i une chambre destinée aux g.trdieiis.
MAISONS ET HOUTIQUES,
ÎÎA
i-üscrvéi! à quoique serviteur d’un rang plus élevé, tel que rinicndant, le Itf-i Joiiiesticcp procuralor. Le plancher en est enfoncé.
A la suite, et la dernière autour du péristyle, est une salle AO, dont le plancher est également détruit, et qui dut servir de logement au portier; elle communiquait avec les communs dans lesquels nous allons dcscetidre par l’escalier (>.
Cette partie des bAtiments était séparée du reste de l’habitation par une cour longue et étroite a qui portait le nom de Mesaiila, entre-cour, et dont selon toute apparence 1a destination était d’empécher la communication • des incendies qui pouvaient s’allumer facilement dans les bâtiments con- ■ . i
sacrés à 1a boulangerie et à la cuisine. Les communs avaient une entrée b sur la rue des Tombeaux, avec une sorte de vestibule triangulaire, et une loge c pour un portier. Un corridor d ayant à sa droite une resserre c, conduità unesortud’n/rinm^autourduquelsctrouvaientuneasscz grande salle g qui fut peut-être la cuisine, une petite pièce h qui put servir d’office, trois chambres i, ;, A, un portique l soutenu par cinq colonnes, et enfin un cabinet ni. Toutes ces constructions étaient tellement ruinées qu’il était presque impossible de déterminer positivement leur destination ; aujourd’hui c’est bien pire encore, le tout ayant été converti en logement pour les gardiens. On y a trouvé un grand nombre de morceaux de verre à vitre très-(-pnis, des vases de terre, une bouteille sicspeiiflue à un clou,
(|uatre liéches et un râteau de fer, une amphore pleine de millet, uw' lampe, quelques ustensiles de cuisine, et le squelette d’un homme auprès de celui d'une brebis portant encore une clochette au cou.
Nous avons dit que la partie, élevée de l’habitation communiquait avec, lu partie inférieure par un escalier 25 rései-vé sans doute aux maîtres, et par un corridor en plan incliné 7 destiné au service, le long duquel l’on trouve il gauche plusieurs cabinets qui durent servir de rc.ssen-es. Nous arriverons sous un des portiques », o, p, g qui entourent le jardin. Le portit]ue », il, ainsi que les pièces qui s’y trouvent, s’étend sous l’œcuj ci/iic'ene, et .sous les deu.v terrasses qui l’accompagnent. Il serait impossible de préciser la destination de ces diverses chambres r jadis élégamment décorées; l’une d’elles cependant rr parait avoir été un trictiniiim d’été, accompagné de son office. Parmi les peintures dont il était orné, on remarquait Uranie, Melpomene, .Wi»en‘c et plusieurs danseuses. On trouva dans ces pièces du rez-de-chaussée deux squelettes dont l’un
POMPEI A
Icnait 2S monnaies de Immze de lîalba, l’aulre une monnaie d’or de Néron, Ù3 deniers d’argenl, quatre penda'iits d’oreilles en forme de quaiv
)4rdia àc Ik Maischi 4e Uionn^Ue
tiers d’orange, enfin une cornaline sur lu(]uollc était gravé un Char traîné par deux cerfs conduits par un génie ailé; tous ces objets étaient réunis ' > dans un panier d’osier.
Entre deux de ces pièces est une fontaine s adossée à un réservoir qui était sans doute alimenté par l’eau de la citerne. Mazois dit avoir reconnu sur la terrasse 34 qui est au-dessus de la fontaine les traces d’un puits qui permettait de puiser dans son réserv'oir, traces qui ont disparu depuis dans . Une restauration du sol de la terrasse.
Les portiques n, o, p, q, surmontés de terrasses, et .soutenus par des piliers carrés reposant sur un stylobate, environnent le jardin de quatre côtés. Celui-ci a .33 mètres en cairé; au contre était une piscine B du milieu de laquelle s’élancait un jet d’eau ; les bords de ce bassin pré- .sentent une succession de renfoncements carrés et semi-circulaires que quelques auteurs croient avoir eu pour destination de favoriser le frai du [jois-son. A côté s’élevait sur deux degrés une treille C que soutenaient six colonnes dont les fûts existent encore. Le portique p q offre une petite pièce à chacune de ses extrémités; l’une d’elles y parait avoir été un cabinet de repos, et l’autre z un laraire, un oratoire dont la niche avait dû contenir une statuette. L’entrée de celui-ci est maintenant condamnée. Dans le premier, on découvrit un sijuelctte portant encore un bracelet de bronze, et une bague d’argent. ,
DjgitizecJ by Googk
MAISONS KT BOUTIOUES. ' ^ îil
1j;s deux portiques de l’est et du midi st>nt dans un parfait état tie conservation. Le premier « o, consolidé par dos contre-forts modernes, est . de niveau avec le jardin, tandis que les trois autres sont élevés de quatre degrés pour donner de la hauteur et de la lumière aux caves dont nous parlerons tout à l'heure. A ses extrémités se trouvent deux jolis cabinets n et O richement décorés. Non loin du dernier, et sous le portique même, se trouve un passage u conduisant h un escalier v qui descend à on long corridor vortté, un crypto-portique , ou cella vinaria, large de 2 “,75 et haut de 1 “,45 qui s'étend sous toute la longueur des trois portiques A p, /> 7 et (/ O. Cette galerie .souterraine était éclairée à Heur de terre par des soupiraux eu forme de barbacane. C'est dans ce lieu (jui
C««« d# lâ MalMMi 4* ttfoo^de.
servait de cave, h en juger |>arla quantité d’amphores h moitié ensablées qui. y furent trouvées contenant encore du vin desséché, et an pied d’un petit escalier j, que .s'accomplit le drame le plus déchirant que nous aient révélé les fouilles de l’ompéi/
Au moment de l'éruption, 17 femmes et enfants crurmit trouver unrefuge assuré sous ces voûtes impénétrables ; des provisions qu’ils \ avaient portées leur assuraient r(!xistence pour <)uelques jours ; mais bientôt les cendres fines cl brûlantes y pénétrèrent par les soupiraux , une vapeur ardente remplit la galerie; les malheureux se précipitèrent
vers la porte il était tro|x tard ! Tous périrent étouffés et à moitié ense- ,
vdis. C’ast la qu’on les a reliouvés, au bout de 17 siècles, la tête encore ‘
POMl'El A.
enveloppée des vêtements dont ils s’étaient voilés le visage, soit pour se préserver des cendres ardentes, soit par un acte suprême de décence et de résignation. On recueillit près d’eux divers bijoux, des monnaies, un superbe candélabre, des clefs, les restes d'une ca.ssettc, un peigne double en bois, etc. Les murs présentaient encore la silhouette des cadavres, et la cendre durcie avait gardé les empreintes des seins, des bras et des épaules d’une jeune fille d’une admirable beauté *. Cette intéressante victime dut être la fille du propriétaire de riiabitation, à en juger par les vêlements précieux qui la couvraient, et on voitencore sur la cendre (|uel(|ues traces d’une de CCS étoffes légères que Pétrone appelait du vent tissé, vniliis lextilis'^. Elle portait un superbe collier compo.sé d’une chaîne d’or en filigrane décorée au milieu trime petite plaque a laquelle sont attachées deux chaînettes terminées par dos feuilles de pampre, un joli bracelet formé de deux cornes d’abondance réunies par une tête de lion, deux pondants d’oreilles.
Abandonnant sa famille, et ne songeant qu’à .sauver sa vie et ses richesses, le père, au lieu de chercher un asile dans le crypto-portique, avait essayé de s’échapper par la porte D ouvrant sur les champs et vers la mer au milieu du portique occidental ; mais là aussi la mort l'attendait. On a trouvé son sc|uelette tenant encore à la main les deux clefs de sa demeure, dont une inscrustée d’argent, et portant au doigt un anneau formé par un serpent à deux têtes, un om/j/iûàîoïc; auprès de lui avait succombé un esclave qu’il avait chargé de quelques vases d’argent, d’un assez grand nombre de monnaies impériales ou consulaires réunies dans un morceau de toile, et d’une grande et belle lanterne de bronze aujourd’hui au must'o Enfin, à quelque distance de la maison, dans la direction de la mer, on découvrit encore neuf autres squelettes qui appartenaient peut-être à la même famille. A peu de distance étaient une aire pour battre le blé, et un champ labouré dont les sillons étaient encore apparents.
Les objets trouvés dans la maison de Diomède sont innombrables; les plus précieux sont un grand cratère de verre coloré à deux anses, et un
' Ces empreintes soûl <v*n»cr>’éc8 au inusée de » Satv»io)x, 55. .
* Une lanterne presque geinliiaide fui trouvée À Hemilaiium en 1760. Htiic. ft l’ome.» Vil, pl. 6<.
MAISONS ET BOUTIOUES. «9
magnifique randiMabre dont la base porte un génie bachique monté sur une panthère *.
Kn sortant de celte maison, on trouve à droite :
Le THiCLIMlM FI.NÈBRE (Pl. ^25, p. 78);
Le tombeau de Noevoi.eia Tvciié (Pi.. 2C, p. 80);
I^K TOMBEAU DE I.A FAMILLE NlSTAClDIA ( Pl. 27, p. 83);
Le TOMBEAU DK CaLVKMIUS (JUIETUS ( Pl. 28, p. 84);
L’espace vide (Pl. 29, p. 80);
Le TOMBEAU BOND (Pl.. 30, p. 80);
Le TOMBEAU DK SCAIBLS (Pi.. 31, p. 87)’,