‹ Pompeia decrite et dessineeChapitre 47 sur 61 · I.K TOMBEAU DE LA SECONDE TïCIlÉ (PL. 32. p · texte numérisé non relu

I.K TOMBEAU DE LA SECONDE TïCIlÉ (PL. 32. p

Le TOMBEAU DE .Sebvilia ( Pl. 33, p. 92);

Et on arrive h la

‘Malson de Cicébon. (Pl. 34.) Cette habitation est dé.signéc par qucl- (jues antiquaires sous le nom de Villa de Fruÿi, parce que, au-dessus d’une niche ornée d’un IVoiitisqiice et do deux colonnes, on trouva cette inscription aujourd’hui au musée :

T 11 E R M A E M. C R a s s l F R V O 1 A 0 V A MARISA E T B A L.

«t Thprnics d’eaii de mer el baiû d*e«u dnuce de M. Cra&sos Friigi ; JamiArins affraudil, dirfcttur. m

Nous avons préféré conserver le nom de Maison de Cicéron , bien (pi’il ne soit pas prouvé que cette demeure .soit réellement, celle dont l’illustre orateur parle souvent sous le nom de Ponipeiaiiiim , el dans laquelle il ejoinposa une grande partie de ses traités de Ofpcii.i, de Divinatione et de Sciiectute. De là il écrivait à .\tticus : « Je .suis ici dans un endroit trèsagréable, mais .surtout fort retiré; un homme qui compose y e.st à l’abri des importuns-». Dans le second livre des Académiques, intitulé Lucullus, on lit au cliap. ni : » Nous étions arrivés à la villa d’Hortensius, près de Bauli, ayant décidé que si le vent le permettait nous nous rendrions par mer, Lucullus à sa campagne de Naples, et moi à mon Pnmpeianum ». Et plus loin, chap. xxv : « Pour que notre vue ne nous trompe pas, jusipi’oii peut-elle s’étendre? Je vois d'ici la campagne de Calulus près de Cumes;

' Hesc. et Pniip., vu, pl. 5.

* L. XV cp. Ifl.

PnMPKIA. f

jfi IIP vois pas celle (|im j'ai à Pompéi ; fl n’y a |>onrtan( pas cl’ obstacle cpii nous en cache la vue, mais mon regard ne peut porter aussi loin, seU iulemU tongiùs acics non potesl •.

Cette dernière circonstance s'applique asseï bien à la maison qui nous occu|)P. et qui est du petit nombre de celles de Pompéi que rien no sépare de Bailli. Du reste son étendue, la richesse do ses pcintmcs, parmi lesquelles figuraient les litiil ttanseiiscs, les c/uulre groupes de centaures et les douze petits faunes dansant sur la corde, tant de fois reproduits par la gravure, la beauté de ses mosaïques, dont faisaient partie les précieuses scènes théâtrales signées par Dioscoride, de Samos', enfm la magnificence 'do ses marbres, la rendaient digne de l'opulent orateur. Découverte à différentes reprises de 17/i9 il 1778, cette maison occupait un large espace dont la plus grande partie f a été remblayée plus tard, et nous ne voyons aujourd’hui qu’une cour a formant un quadrilatère irrégulier * où se trouvent (pielqucs bassins on maçonnerie, et précédant un xyste b entouré de portiques avec des terrasses comme è la villa de Diomède, portiques encore praticables en grande partie quoiqu’ils ne soient pas dégagés à l’e.vtérieur.

Sur la rue des Tombeaux se présentent ensuite une rangée de boutiques c et une citerne d. Devant les boutiques régnait un portique. Dans celle (|ui est la plus voisine de, la citerne aiijoiird’biu recouverte, est un comptoir en maçonnerie qui la fait reconnaître pour un thermopole. En avant de celoi-ci s'élevait une treille ombrageant des bancs pour les buveurs; des trous avaient été pratiqués dans le trottoir pour recevoir les poteaux qui la soutenaient. Près do cette bouti(|Uc est la porte de la maison P. « A l’entrée de cette porte, dit Mazois, .sont deux cônes tronqués engagés dans le mur; quelques personnes croient qu’ils renfermaient chacun un pie l de vigne; mais ne serait-ce pas plutôt deux de ces simulacres coniques nommés ngyci que l’on plaçait aux portes des maisons, et qui étaient ordinairement consacrés h Bacchus et au .Soleil , divinilé.s qui , indépendamment de leurs autres attributions, présidaient encore aux rues?»

La porte de la maison de Cicéron n’est séparée du 'tombeau et de riiémicycle de Mamia que par une petite rue. C’est sur le mur qui existait

* HF.m.. et Pouf., III, pî. 124.

* Des rmiillps faites <l.Tn.s le sol de cetlc cour ont mis à dwonvert des squelettes entourés de vase iUlvprtTs, et a)>{>.irtf‘nant sans d*mU* A PépfMjiie la plus reeuhie de Penipéi.

MAISONS ET BOUTIQUES. - • , . i3«

h droite, à l’entrée de celte rue, qu’étaient peints les deux serpents dont j’ai parlé p. 68.

A ce même angle s’élève un piédestal (Pr.. .35) qui portait la statue du tribun Titus Suedius Clemens, ainsi qu’une inscription aujourd’hui au musée, mais remplacée à Pompéi par une copie :

'■ EX AVCTORITATE ' -

I M P. C A E s A R I s VESPASFANI AIT..

LOCA PVRLICA A PRIVATIS POSSESSA T. SV EDI VS CI. EM EN S TRIBVNVS CAVSIS GOONITIS ET M E N S V R 1 S F A C T I S R E I ' PVBLICAE POM PEIA NORVxM R EST IT VIT.

« Le tribnn Titus Snedins Clemens par onlrc de l’enip»;ieur Vespasien Auguste ayant pr* connai.ssaniH? de.s cau-ies et fait relever les mesures, a restitué à la nüc do Pompéi les t4,Train.s du dimiaiiic public rpi’avaient envahis des particuliers. »

- Il nous rc.'tte h voir, avant de rentrer dans la ville : ' -

- J.H TOMBEAU DK MaMia (Pl. .36, p. 92); '

. Lk sepulciiretu.m (Pl. 37, p. 92); . '

Le banc de Mamia (Pl. 38, p. 92); . • ,

Le tombeau de Porcius (Pl. .39, p. 9/i).

Le banc d’Ailis Veius (Pl. /fO, p. 94) ;

Le tombeau de Cerrimus (Pl. 41, p. 94) ;

Après avoir franchi la porte d’Herculanum, nous trouvons k gauche, dans la rue Domitienne, un • •

* Ther.mopolk. (Pl. 21.)^. Une inscription aujourd’hui effacée avait fait connaître le nom du maître de cet établis.sement, Perenninus Mmpherois; Les verres, fondus par la chaleur de l’éru|)tion, avaient laissé leurs traces sur le marbre du comptoir. Un peu plus loin est la

Maiso.n des vestales. (Pl. 22.) La mai.son qu’on dé.signc sous ce nom que rien ne paraît avoir motivé et que démentent au contraire plusieurs peintures qui y ont été trouvées, fut découverte en 1769; elle se compose de deux habitations distinctes placées en équerre, communiq'uant entre elles, etavRnt dù appartenir à deux familles unies par les liens de la parenté ou de l’affection; La plus petite a son entrée .sur la voie

* Nous reprenons ici In .série do n«' du plan intrà-muros.

POMPEIA

Doinilicmie orn<^e de quafre deini-colonnos revtMiies de stuc. Au milicMi se présente le prolhyrum flanqué de deux salles pavées en mosaïque, ouvrant sur la rue et sur Valrium, et ayant sans doute servi de vestibules. Dans celle de droite est un banc en maçonnerie, dans celle de gauclie, une peinture représentant un Faune découvrant une nymphe endormie, sujet souvent reproduit <i Pompéi. ]'alrium toscan est pavé en mosaïque noire seniée régulièrement de cubes blancs, et entourée de bandes blanches. Au milieu est le compluvium qu’encadre un entrelacs de mosaïque blanche et noire. A gauche sont plusieurs chambres dans un com|)let état de délabrement. Au fond, le lahlinum pavé en mosaïque ouvrait sur un petit jardin au centre diujuel est une grande piscine ayant servi de baignoire ou de lavoir. A la droite du tablinwn est une chambre à coucher ouvrant également par une fenêtre sur le jardin ; on y observe l’entaille pour la tète du lit, que nous avons déjà rcmar([uée dans rime des chambres de la maison de Pansa, A gauche est un corridor dans lequel on trouve l’entrée de |)lusicurs salles cpii ont dù servir de communs, et celle d’une sorte de vestibule sur liKiuel ouvrent les portes d’un petit cecus dans Taxe de Vutrium, et de deux chambres à coudierdont une, pavée en mosaïque, conserve son estrade et deux peintures presque effacées, dans l’une desquelles je crois pouvoir reconnaître Paris et Uél'ene. Pùifin, dans le mt‘me vestibule, se trouvent au fond une autre petite chambre et un grand réservoir revêtu de ciment, et à gauche le coiridor réunissant cette première habitation à la maison voisine; dans celui-ci est l’entrée d’une grande pièce sans ornements, ouvrant sur la rue de Narcisse , cl qui st'rvait sans doute de magasin.

: La seconde maison avait son entrée principale sur cette même rue;

-c’est sur le seuil de son prolhyrum qu’existe en mosaï([uc le mot sai.vk, (|uc nous avons reproduit en tête de notre, avant-propos. Aux cotés du prothyrum sont deux salles pavées en mosaïque, dont l’imc présente sur son seuil deux serpents noirs entrelacés sur fond blanc. atrium toscan a conservé une partie de son pavé en mosaïque, et surtout de l’élégant encadrement qui entourait le quant aux peintures qui le décoraient, elles

ont toutes disparu. Au fond de Vatrium se trouvent un corridor qui conduit aux communs aujourd'hui ruinés, au lieu de tablimim une petitechambre à coucher, et à coté la porto d’un grand triclinium pavé en mosaKjue, ouvrant par une large baie sur le péristyle, l’n corridor et une piîlile salle percée de deux portos réunissaient Valrium au péristyle. A

MAISONS ET BOUTIQUES

droite, dans le corridor, se trouve la porte d’une antichambre précédant une salle de bain dont la baignoire en pierre e.viste encore. Prés de celte porte sont une niche pour un chien de garde et les restes d'un escalier qui conduisait à l’étage supérieur. Knfin, sous le corridor même, c.st un puteal de terre cuite dont l’enibouchurc n’a pas moins de 0"',00 de diamètre. Franchissant une porto dont le seuil de marbre blanc orné de deu,\ petites téte.s de lion avait dû former primitivement le dessus d’une table, on se trouve dans le péristyle. Celui-ci est un quadrilatère irrégulier entouré de quatorze colonnes compo.sites réunies h leur base par un ptuteiis; sous le portique sont encore, au soubassement, (|uelques belles peintures représentant divers animaux, loups, cerfs, tigres, lions, chèvres, rennes, etc, sortant à mi-corps du milieu de fleurs gigantes([ucs , et plusieurs sphinx accroupis paraissant servir de cariatides. Dans les panneaux de la muraille, on voit quel(]ues héros peints en camaïeux jaunes, et au-dessus, des médaillons où sont représentés des poissons, des criislacés et du gibier. Au centre de Varca e.«t une vaste piscine partagée en deux parties inégales; la plus petite servait de baignoire, ainsi que l’indiipient les degrés par lesquels on y descendait ; la seconde c.st presque entièrement remplie par un gros mas.sif carré en maçonnerie qui porta probablement une fontaine monumentale. Parmi les pièces qui entourent le péristyle, trois seulement méritent d’attirer l’attention ; l’une fîst une petite chambre ados,sée à l’alriiini, pré.senlant dans son pavé les restes d’un labyrinthe en mosaïque blanche et noire; les deux autres sont placées au fond du péristyle et appuyées aux murailles de la ville. I.’une est une vaste exèdre qui était pavée en mosituiuc, l’autre c.st un sanctuaire, uu sacrarium, ou milieu duquel s’élevait un autel en l’honneur des divinités dont les images occupaient trois niches en forme de coquilles et ménagées dans les murailles. A côté, reste encore une dernière pièce à laquelle il serait dilTicile d’assigner une destination positive, mais qui paraît avoir été un cabinet d’étude ou une bibliothèque. Outre les .s((uclettes d’un homme et d’un chien, on a trouvé dans cette maison plusieurs objets précieux parmi lesquels un croissant d’argent et divers ornements de femme, une provision d’huile dans des va.ses de verre, des châtaignes, des daties, des raisins et des figues sèches. F.nfiu, derrière la mai.son, au pied des remparts, étaient couchés dix autres s(iuelettcs dont un avait (juatre anneaux au même doigt, des boucles d’oreilles, un collier, deux brncelels. et une lanterne de bronze è la main.

POMPEIA

ÎU

A côti^ de la Maison des Vestales est la

* Maison m; ciiini'nr,iK\. (Pi,. ‘2S. ) Découverte en 1771, cette hahitnüon a dû son nom à un grand nombre d’instrumenls de chirurgie qui y ont été trouvés et qui sont déposés au musée de Naples. Parmi ces instruments on en a reconnu plusieurs encore ên usage aujourd'hui, tels que des ventouses ou cucurbitulæ, des scalpels, des spatules, des lancettes, des ciseaux, des tenailles et un spéculum dont un mécanisme t'i vis, aussi simple qu’ingénieux, faisait écarter ou rapprocher simultanément les trois branches. On a trouvé aussi dans cette habitation un fourneau en fer tout incru.sté de lapilli, auquel s’adaptaient h volonté quatre vases couverts en bronze et plusieurs vases de verre, dont un très-haut de forme rectangulaire et îi goulot très-étroit, et un autre du même genre, mais cylindrique.

Les chambres de cette habitation assez vaste étaient oniéns de peintures et de pavés en mosaïque. Au fond, 5 droite du xystc, est un cabinet où l'on voit encore une jolie peinture représentant la Toilette de Vénus. La façade de cette maison est remarquable par .sa construction, ainsi que plusieurs des murailles intérieures; au lieu de briques ou de moellons, on y a employé de grands blocs de concrétions calcaires produits par les eaux du Sarno.

* Doi axe ou POIDS riiBUC. (Pi.. 2A. ) Auprès de la maison du chirur- . gicn, une large porte donne entrée à une grande salle pavée en mosaïque,

au fond de laquelle est un piédestal qui dut porter uné .statue, peut-être celle de la Ju.stice. Les objets trouvés dans cette salle ont fait penser que C’était un bureau de douane, telonium, ou de poids public, fionderarium.

On y a recueilli en effet des balances à deux plateaux, des romaines de bronze, et surtout une grande quantité de poids de toutes sortes, les uns en plomb, les autres en marbre ou en ba.salte, la phqiart ronds, et portant leur valeur indiquée par des inscriptions, telles que c. pox. , pox.

TA., etc., ou par des points en creux ou en relief. Los plus singuliers étaient en plomb et de fonne rectangulaire portant gravés ces mots : kme et iiABBKDis (sic), achète, tu auras *; sur le Iléau de l’une des balances, un lisait :

IM P. VESP. AVG. IIX. c. IM P.

AVG. T. VI. c. EXACTA IN CAPITO.

« Sous le builièmc cousulat de Vespasicn empereur Angnste, et sous le sixième de Titus, emi>erpur Auguste, vérifié au capltoic. »

* On doit n’marquer que s<tuvent les poids Pl mesures empninUtienl la forme des objets qn'ou

MAISONS ET BOUTIQUES.' ' . 235

Deux degrés de marbre conduisaient à une arrière-cour où étaient des écuries, et qui avait une porte coclièrc sur la rue de Narcisse. On y trouva quelques boucles de harnais, les restes d’un cliar à deux roues, et deux squelettes de chevaux ayant chacun au cou trois clochettes de bronze.

* l’.VBRiQL'E DE SAVON. (Pi.. 25. ) On y a trouvé des débris de/ savon et on y voit sept bassins qui avaient servi à sa fabrication. A côté e.st la

^'Taver.xe de PiiŒnus (Pl. 26.), dans laquelle on découvrit une caisse percée au couvercle pour servir de tirelire, les squelettes d’un homme et de deux animaux. Parmi plusieurs inscriptions peintes sur le mur extérieur, on peut déchiffrer celle-ci :

• M. HOLCONIVM PRISCVM . “C. GAVl.VM RVFVM 1 1 V I R.

• PHOEBVS CVM EMPTORIBVS- .1 ■ . . SVIS ROGAT. .. \ . -

U Pluplms et scs pratiques invoqueut M. Holconius Pri.scus, et C. Gaulus Rufiis Duumvirs. »

On trouve ensuite une ' ^ '

.. Citerne pi bi.iole (l’r.. 27), destinée à suppléer , les fontaines lorsque l’eau venait à leur manquer dans les temps de sécheresse. C’est un

Cit^rn« publique.

édicule voûté, ouvert d’un côté, et auprès duquel se trouve un petit autel . con.sacré aux Lares compilâtes. En avant de cet autel est une fontaine

vendait dans les boutiques où ils étaient employés ; c’est ainsi qu’au musée de Naples, on en voit un ayant la forme d'un pojr, qui dut appartenir .à un ebarentier, un osselet frigantesque qui servit dans une boucherie, etc. . . ’ ' .

POMPE IA

devant laquelle nous tournons ù gauche dans la rue de Narcisse, où nous trouvons, après plusieurs habitations insignifiantes, la

Maisoa des Amazones. (Pl. 28.) Le plan de cette petite habitation est assez singulier; en efict, elle présente d’abord une petite cour carrée sans cowijluviiim , dont les murs oITrent dans le bas un combat de coqs, et au-dessus de jolies figures de danseuses sur fond amarante. A sa place ordinaire est un très-petit où se voit encore , dans une espèce de niche, un bel Apollon tenant son carquois. Au fond est une sorte iValrium toscan ayant à ses côtés deux pièces élégamment décorées, üans la première, on voit encore Bacdius assis sur un tonneau, et en pendant Silène jnès de son âne; dans la seconde se trouvent deux cbarmanles Amazones à cheval, et au milieu une composition fort endommagée. Venus, -

r Amour et les Grâces.

A côté de cette habitation on voit le posticum ou porte dérobée de la Maison des Danseuses, dont nous trouverons rentrée principale sur la rue de Modeste, puis la

* Maison de Nakcisse. (Pl. 29.) Découverte en 1811, cette maison doit son nom h une gracieuse peinture qui y fut trouvée L Son plan est très-simple; le vestibule ou prothyrum est llanqué de deux chambres ouvrant sur un atrium toscan, au milieu diujuel étaient une table ronde en marbre portée par un pied cannelé, et un compluvium également en marbre. Au fond de celui-ci est le tablinum entre deux corridors ou fauces, donnant accès à un portique en équerre soutenu par trois colonnes, et formant péristyle de deux côtés seulement. Ce portiipie enferme un petit xyste è droite duquel est un (araire, simple niche de briques. Sous le portique è gauche sont plusieurs chambres; enfin au fond est le salon, rccn/5, à côté diKjuel est un posticum ou porte dérobée. On trouva dans cette maison une cassette contenant des instruments de chirurgie, des onguents et môme de la charpie, et un vase cylindricjue de plomb orné de bas-reliefs, du genre de ceux dont nous avons parlé (2).

l'n mur sépare cette habitation de la

* Maison d’Isis (Pi,. 80) qui, découverte en 1813. n’olTre plus rien de remarquable.

' IIerc. et Poiip.. Il, pl. SK. '

* V. jvijîe 197. - ‘ .

MAISONS ET BOUTIQUES

ia7

Tourimnt ù droite, nu bout do la rue ilo iVarcis.se et au pied des imiraille,s, on rencoutre la rue de Mode.stc, h rentrée de liicpielle se jirésenle à gauche la

Maison de Nbi’tune. (Pi,. ;il). Cette maison fouillée en IHIik e.st petite et irrégulière, mais elle renferme (jue!(|ue.s peintures intéres.siintes. Au milieu de son atrium toscan, est un beau complucium en marbre entouré d'une caisse à (leurs en maçonnerie revêtue de stuc peint en rouge; en tête du compliwiiim sont une table et un puteal de marbre ; au milieu était un piéde.stal, portant un petit .Silène également de marbre. Deux ou trois Amours en bronze furent trouvés autour du compliiL'iwn. Les murailles de \' atrium conservent encore des peintures dont la principale, cpii a donné son nom îi la maison , est un Scplune armé du trident, debout sur le bord d'un bassin. Sur d'autres panneaux on voit des ajgnrs, àesjmons et un char attelé d'un chevalet d'un mulet conduits par un lézard.

Dans une petite chambre, à droite du prothyruin, des pcinlui-es assez médiocres offrent Ariane donnant à Thésée le peloton qui doit le guider dans te labyrinthe, Apollon et Diane, des .\mours et des danseuses, l’n ]iclit laraire est creusé dans la muraille. Dans 1a pièce de l'autre côté du prothyrum, d'autres peintures fort endommagées représentent Diane, Cér'es et IVnu.A. Dans le tablinum, il ne reste que quelquc.s jolis médaillons malheureusement pres(|ue effacés, renfermant chacun deux têtes. Les Pompéiens faisaient sans doute grand cas de ces dernières peintures, car on s'occupait de les détacher [lour les transporter ailleurs; l'un des médaillons avait déjà été enlevé, et autour d'un autre on avait commencé à entailler la muraille pour l'enlever également.

Plus loin, à droite de la rue de Modeste, se trouve la

* M VISON DES DANSBISES. ( Pi.. M), découverte CD 1HÜ9. l'atrium ne présente qu’un compluvium do pierre ; il n’a point de chambres sur ses côtt's; les peintures qui décoraient s«'s murailles ont entièrement di.sparu; parmi elles étaient quatre charmantes danseuses de.squellcs la mai.son a emprunté son nom. La di.sposition de cette habitation est exceptionnelle; le tablinum étant reporté vers la gauche, le corridor, fauces, fait face au prolhyrum, et à sa droite se trouvent deux chambres adossées ouvrant l’une sur Valrium, l’autre sur le péristyle. Dans le tablinum dont le centre est pavé en mosaïque, on voit une peinture médiocre re|)résentant Mé- Icagre el Atalanle. Derrière le lablinum est un aasez beau péristyle dont

le portique entourait de trois côtés un petit jardin au fond duquel est un joli larairc surmonté d’un fronton soutenu par deux colonnes; à droite, un grand triclinium n’a conservé de ses j)eintui’es qu’un Persée montrant à ■ Andromhie là télé de Méduse réfléchie dans l'eau ^ A' côté du triclinium SC trouvent une élégante chambre k coucher et un postienin ouvrant sur la rue de Narcisse. On' a découvert dans celte maison un beau vase de bronze et un grand candélabre composé de deux tubes carrés rentrant l'un dans l’nuti-e, ce (jui permettait de hausser et baisser la lumière à volonté. I.a base, formée de trois griffes, se pliait de la manière la plus ingénieuse et se remontait au moyen d’utm clavette suspendue à -une chaînette de bronze, qui conserve encore une étonnante flexibilité-.

* Maison diîs vases de verre.' (Pi.. 33). Pe l’aulré côté de la rue de Modeste, presque en face de lu Maison des danseuses, est une. maison découverte en 18/il et remaripiable par son beau péristyle

au milieu duquel s’élevait une treille, perffuta, porUîe par quatre colonnes peintes à l’imitation d’écailles de couleurs variét.'s. Au fond du péristyle est un joli monopodium •' de marbre blanc, et à gauche sous le portique se voit un massif qui poi’ta un coffre-fort. A côté de l’exodrc est un triclinium où ses trouvent encore plusieurs peintures représentant des poissons et des sèches. On a trouvé dans cette maison quatorze ou quinze vases de verre de diverses grandeurs. '

l'n peu plus loin, du même côté de la rue, se présente la

Maison des fleurs. ( Pl. 34), dans laijuellc on entre par \e posii-

c«m, la porte principale ouvrant sur la rue de la Fullonica. Cette habitation, fouillée en 180Î), doit son nom aux gracieuses peintures qui la décoraient, parmi lesquelles étaient dos femmes portant des fleurs dans les plis de leurs draperies. On y trouva une mosaïque représentant un sanglier poursuivi par un chassinir et par un chien qui le tient déjà par les oreilles; ’au-doKsus on lisait cette inscription ; PPSTV8 CVM TOROVATO; qùcl- -ques antiquaires croient y voiries noms des' auteurs de la mosaïque; ne doit-on pas plutôt y reconnaître ceux du chasseur Pestus et de son chien Torquatus? Cette hypothèse me semble d’autant plus admissible, que le

‘ Hero. r.t l’oxp., ni, yl. 97. » ll.i.l. VU, pl. i5.

. ?,Tahle à un seul |)io<I.

MAISONS ET BOUTIQUES.' ' ' ;

nom dt' .Tonjualus^ porte-col lier, est trôs-convenahle pour uii chien. Audessous de la chasse tHait représenté un combat de coqs *^. "

* Maison dk Modeste. (Pl. 35). Celte petite habitation, découveile : en 1808, fait le coin de la riuîlle de Mercure et de la rue à laquelle j’ai ' donné son nom ; elle dut appartenir à un négociant dont le nom eût été parfaitenxTil approprié à sa demeure s’il se fût réellement nommé Modeste; malheûi’cusement rien n'est moins certain, car ce noiii a été emprunté à une'inscription en lettres rouges, MOÜKSTVM, qui se lit, non pas sur la maison même) mais en l'ace, de l’autre coté de la rue et sur la

muraille de la maison de Salluste. On suppost; (|ue ce Pompéien était marchand de liqueurs; telle est du moins l’opinion de ceux (pii crurent voir une enseigne dans une peinture extérieure d’un mérite médiocre représentant Ulysse rcpotissaiil le breuvage fatal que lui o/f're Circé, Cette .peinture est aujourd’hui détruite, mais Mazois nous l’a con.servéc par la : gravure. Dans Vatriuin est un compluvium entouré d’une caisse h (leurs en maçonnerie; on y voit aussi les premiéiTs marches d’un escalier. Au fond • du tablinum, pavé en mosaïque, une peinture pres(}ue elfacée représentait Phryxus et llellé,- . ' ■

Suivant la ruelle do .Mercure, ôn trouve nu coin de la' rue de la Fullom'ea la

.Maison d’IIebcule. (Pl. 3ü). Sa façade bizarre offre un grand mur couvert de losanges rouges^. blancs et jaunes; on y lit à droite cette inscription : ■ . > ■ . , . :

' - M. OLCONIVM ' - * .

HVFVM AED. QF' SERIN VS. • •

. ■ n Serinus vous prie il»; faim Edile .M. Olcoiiius Kutiis » *. . ‘

En entrant dans la mai.son, on voit à droite nu -fond de r«(rium un-

grand œcus richement décoré de peintures dont les principales sont des

musiciennes, Jupiter, Junonet Vénus, composition qui a beaucoup .souffert,

enfin Hercule assis appuyé sur sa massue, et lole debout posant la maiîi. sur

• Cetic mos;iïqnc avait été «louno»' par l'ordiiuiud IV à son llls le priiuîe de Saleme. A la monde .celui-ci, elle a été au musée où elle ii'est qu'eri dép^t, mais où sa».s doute elle restera. ,

* On rencontre souvent dans les inscriptions de Pomixii les trois si^rles O, V. F. sôp.aré9 ou réunis* conime ici en un seul siftuu 0^ ün a cm longtehips devoir les traduire jsiroro# ut faveat. Selon 4e P, U;uTuc«i ( Qufslioni Pompeiane, j». 35 c’t*sl une foriuule.de vote en ti voue d’un candidat, et on

l’OMPKIA.

iiO

son épaule^. Au fond du xyste est un laraire en forme de niche dans lequel

sont peints le serpent symbolique et deux ministres tenant les vases d’eau

lustrale. . • '

- l’ar la rue de la Fullonica, on arrive à la

M VISON DU POETE. ( Pl* 37.) L’ habitation désignée sous ce nom et

((ucl(|uefüis aussi sous celui de ]\laison d’ Homère h cause des peintures tirées

de riliade qui la décoraient, est située sur la rue des Thermos, en face

de cet établissement et à l’angle dé la Vue de la Fullonico, qui la sépare de l’habitation de Pansa; elle fut déblayée de 1824 à 1820. Il est probable que,' malgré sa dénomination moderne, -elle ne fut autre chose que lu demeure d’im riche joaillier; en elfet, les deux boutiques 1 et 2 qui se

Pian Ut la MaUon Uu Po^Us.

trouvent à la façade communiquent avec le prolfnjruin au lieu d’être indépendantes, et dans ces boutiques on a trouvé un grand nombre do bijoux; entre autre Ueux ‘colliers d’or, une corde d’or tressée sans soie, (juatre bracelets imitant des serpents, dont l’un ne pesait pasmoins de deux cent

doit lire oral vos faciatis ou oral ut facialh, vous prie do. faire... A l’appui de sou opiuiou il cite • .

cette iiiscriptiou : , , • •

A El». TA CI. ' . ■

UH fl TUS. ,

• Je voni prio rto faire édilo .M. .Matins. •

Ouclqucfuis le uom dos prétendants n'élail dési.cnô que par une initiale Comme sur les linitoüns do vote. Nouvelle preuve à l'appui de celte hypothèse : les noms des candidats sont presque toujours accompagnés de fominles laudatives, telles que Dignhsimum, Probissimum, Digimm Rripublkœ, etc., et surtout de la formule V. It. oimm bonum, désignation qne nous savons par Seuùqiie être or<lia,ii renient appliquée aux candidats : omnes caudidatos bonos viros dictmiu ( Epist. 3).

Sons avons accepte volontiers celte Interprétation des sigles O. V. F. Mais nous ne croyons pas iivec le savant napolitain qu’on doive l’étendre à la formule ROGAT dan<« laquelle nt>us persistons à ne Voir antre choie qu’une invocation adressée à nn magistrat. Nous verrons près de la maison du Taureau <le limoze une inscription où |e mot rogat est suivi des mots, ut favtat on toutes lettres, ce <|iü ne laissé place a aucun «toute.

' Herc. et Fump., II,.pl. (it • ; .

•MAISONS ET BOUTIOUES.

vingt griimincs, quatre boucles d'oreilles ornées clioeum' de deux perles, plu.sicurs anneaux d’or très-pesants, dont Tun avait un large chaton recouvert d’une lame de cristal de roche, et destiné à recevoir des cheveux ou un portrait, etc. On y a recueilli en outre une foule de coins et d'instruments en bronze et en fer qui durent servir à la fabrication de ces joyaux, des poteries, un petit poêle portatif d’une forme bizarre, et une lampe magninque. On y trouva aussi plusieurs .sc]uolctles. L’emplacement qu’occupe cette mai.son est un |)cu irrégulier, mais l’architecte a su rendre ce défaut insensible ti l’intérieur.

La porte était, comme à l’ordinaire, flanquée de deux piliers; sur celui de gauche était écrit en lettres rouges aujourd'hui effacées :

•M. HOI.CONIVM AED.

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