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Porte de marbre.
une porte à deux vantaux ; elle tourne sur deux pivots armés d'un godet de bronze et emboîtés dans une crapaudine de même métal. Cette porte se tirait avec un anneau de bronze et se fermait avec une serrure dont on voit encore les traces. A l'intérieur est une chambre sépulcrale à moitié souterraine, éclairée par un soupirail, et autour de laquelle règne une banquette où étaient posées des urnes cinéraires de verre, de terre rouge, ou de marbre de formes variées, et des lampes de terre cuite. Dans une niche, accompagnée de pilastres, surmontée d'un fronton, et faisant face à la porte était une grande urne d'albâtre oriental contenant les cendres et les ossements du chef de la famille. Parmi ces restes se trouvait un anneau d'or avec une pierre sur laquelle était gravée une biche. Il est plus difficile d'expliquer la présence dans ce même tombeau de plusieurs amphores de grande dimension, vases employés exclusivement à renfermer le vin ou l'huile.
Près de là, on a trouvé sur la voie, le squelette d'une femme tenant dans ses bras le plus jeune de ses enfants et suivie de deux autres. Cette infortunée portait trois anneaux d'or et de belles boucles d'oreilles; l'un des anneaux était un serpent entortillé dont la tête se dirigeait vers l'extrémité du doigt. Les boucles d'oreilles consistaient en une traverse ayant à chaque bout deux perles suspendues à un fil d'or.
A l'embranchement des deux rues, on trouve un tombeau (Pl. 12) on
1 Revètemeut qui jirésente l'aspect des mailles d'un filet.
ruines et sans inscription. Ce monument, qui n'offre rien de remarquable, se compose de deux assises carrées de pierres de taille reposant sur un degré.
Tombeau des Libella (Pl. 13). Ce mausolée, placé sur l'alignement de la rue des Tombeaux (Planche III , 3e' tombeau à gauche) est d'une parfaite conservation; ce n'est qu'un grand cippe, une sorte d'autel de travertin haut de 5m et d'une forme noble, simple et élégante; il porte une inscription répétée sur les faces méridionale et occidentale. Ces deux inscriptions ne diffèrent que par la coupe des lignes et par une faute, filo pour filio, qui se trouve dans l'une d'elles; voici celle de l'ouest :
M. ALLE 10 L1BELLAE PATRI AEDILI II VIR. PRAEFECTO QVINQ. ET M. ALLE 10 LIBELLAE. F. DECVRIONI VIXIT ANNIS XVII LOCVS MONVMENTI PVBLICE DATVS EST ALLEIA M. F. DECIMILLA SACERDOS PVBLICA CERERIS FACIVNDVM ÇVBAVIT VIRO ET FILIO
« A Marcus Alleius Lucius Libella père, édile, duumvir, préfet quinquennal, et à Marcus Alleius son fils, décurion, qui vécut dix sept ans. Le terrain de ce monument a été donné par le peuple. Alleia Decimilla, prêtresse publique de Cérès, a fait élever ce tombeau à son époux et à son fils. »
Il est assez singulier de voir la charge de décurion conférée au jeune Libella dans un âge aussi peu avancé, quand Cicéron répondait à un de ses amis qui invoquait sa protection pour obtenir ce titre, qu'il était plus facile de devenir sénateur à Rome que décurion à Pompéi.
Derrière le monument des Libella est une petite enceinte (Pl. \k) qui dut renfermer les sépultures de quelque famille d'une fortune médiocre.
On trouve ensuite le
Tombeau de Ceius et Labéon (Pl. 15), fouillé en 1813 et reposant sur un soubassement continu qui porte également les monuments suivants. (Voy. Planche III, 2e tombeau à gauche.)
Il a la forme d'un grand piédestal composé d'un socle et d'un dé; construit en moellons, il est recouvert d'ornements en stuc. La décoration est bizarre et insoucieuse de toutes les règles de l'architecture, mais par cela même elle ne manque pas d'un certain caractère. La partie supérieure est détruite, mais l'entablement, les statues et l'inscription qui la composaient ont été retrouvés, bien que hors de place. Les statues en tuf, revêtues de stuc et d'un travail médiocre, étaient celles d'un homme
couvert d'une toge, et de plusieurs femmes assez bien drapées. Voici l'inscription, qui est au musée et n'a point été remplacée :