‹ Pompeia décrite et dessinée (volume 2)Chapitre 27 sur 64 · VIII K. FER H · texte numérisé non relu

VIII K. FER H

TABVLAS POSITAS IN MUSCARIO C,CC. VIIII. SS. CCCC. XXX.

Sous une grande partie du monument s'étendent des citernes dans lesquelles on puisait par une ouverture qui existe dans le portique oriental. Les eaux pluviales y étaient amenées par un caniveau de pierre qui règne au pied des colonnes tout autour de la cour. Ce caniveau est interrompu de distance en distance par des trous carrés un peu plus profonds, dans lesquels se trouvaient précipitées les impuretés que les eaux pouvaient charrier K

i Nous avons déjà signalé et nous indiquerons encore plus d'une fois dans les monuments et les maisons de Pompéi la présence de ces cavités faciles à curer, ingénieuse précaution qui ne laissait arriver dans les citernes que des eaux propres et dégagées de toutes matières étrangères.

On est entré longtemps dans le quartier des soldats et dans les fouilles de Pompéi par une ouverture moderne a pratiquée dans l'angle S.-E. de l'édifice; immédiatement on trouve à droite un petit escalier conduisant au premier étage, converti en habitation pour les gardiens. Cet étage , répétition du rez-de-chaussée, n'avait entre les diverses pièces qui le composaient d'antre communication qu'un balcon continu en bois dans le genre de ceux qui, de notre temps, relient encore les différentes chambres de la plupart des auberges *, On voit encore dans la muraille les trous de scellement des poutres qui portaient le balcon.

Suivant le portique oriental, nous trouvons, après- plusieurs chambres de soldats, une petite -salle b qui dut être la prison de la caserne. Trois malheureux y furent trouvés les fers aux pieds. Ces fers ou ceps ont été portés au musée et remplacés par une grossière copie en bois; ils consistaient en dix-huit morceaux de fer hauts de 0"',10 environ, s' élevant perpendiculairement sur un plateau transversal dans lequel ils étaient rivés ; à leur extrémité supérieure ils portaient une ouverture dans laquelle on passait une barre qui retenait les jambes des prisonniers engagées de telle sorte qu'ils ne pouvaient se tenir qu'assis ou couchés.

A côté de la prison est un large escalier c conduisant à un appartement plus vaste que les autres, et qui dut être la demeure du commandant. /Vu fond d'un grand portique d, soutenu par quatre piliers carrés, s'ouvrent deux magasins e e, et la cuisine / dont les murs de deux côtés étaient garnis d'âtres relevés. Ces salles entièrement ruinées sont converties en jardin. Après une petite chambre / se présente un second portique g dont le toit reposait sur trois colonnes ioniques. C'est sous ce portique que se trouvaient une porte ouvrant sur le postscenium de l'Odéon, et la principale entrée de la caserne h, donnant sur une rue qui longe le mur de ce postscenium. Le seuil très-bien conservé laisse voir la trace de scellement des crapaudines qui recevaient les pivots des battants de la porte. A droite de celle-ci est une chambre k destinée au portier, et le portique lui-même dut abriter les soldats de garde à l'entrée de la caserne. Une autre porte plus petite m, placée non loin de là dans l'angle N.-E., conduisait à la cour qui s'étend derrière le grand théâtre. Le côté septentrional nous

1 Cette disposition est encore une preuve de plus à l'appui de notre opinion , car on la retrouve dans la vaste caserne que l'empereur Adrien avait ménagée pour les soldats prétoriens dans sa fameuse villa de Tivoli.

m POMPE I A.

offre, après huit chambres de soldats, un escalier étroit n qui en rejoint un beaucoup plus large, partant de la cour du grand théâtre et montant aux portiques du Forum triangulaire.

Le côté occidental ne présente qu'une suite de cellules interrompue par un terre-plein dont il est difficile de deviner l'usage; peut-être était-il destiné à soutenir les terres du Forum; ce n'est qu'une simple conjecture que nous émettons, et sans y attacher plus d'importance qu'elle ne mérite. Ce terre-plein portait des chambres à la hauteur du premier étage.

Les cellules sont toutes semblables; l'une d'elles o, vers l'extrémité du portique occidental , contient encore un de ces moulins que l'on croit avoir servi pour l'huile 4.

Moulin à huili^.

Enfin au centre du quatrième côté de l'édifice était une salle plus grande p 2, dont les parois étaient décorées de trophées militaires peints sur muret dont un fragment est conservé au musée de Naples. C'est dans cette pièce, qui, par sa forme et sa position, ressemble au tablinum des habitations particulières, et que tout annonce avoir été la chambre du conseil, le lieu de réunion des chefs, que furent trouvées des armes, des casques richement ornés qui pourraient bien n'avoir eu d'autre destination que celle de décorer la salle; si cette conjecture était véritable, elle ferait tomber les conséquences qui ont été tirées de la forme inusitée de ces armes, plus convenables pour des gladiateurs que pour des soldats. Plusieurs pièces d'armures étaient incrustées d'argent ; sur l'un des casques était représentée la prise de Troie. Ajoutons en terminant que, dans une pièce voisine, on découvrit une trompette d'airain fort singulière, aujour-

1 Un moulin semblable à celui-ci fut trouvé à Stabie; nous en verrons un autre exemple i Pompéi.

2 Cette ralle entièrement défigurée, ainsi que les pièces voisines, est convertie en logement pour les gardiens.

d'hui au musée, à laquelle étaient ajustées six flûtes d'ivoire, recouvertes de bronze, et une chaîne qui permettait de la porter suspendue au cou. Enfin , au milieu de la dernière pièce q est un àtre relevé antique qui sert encore de cheminée aux gardiens.

Nous avons achevé la visite de ce monument, si intéressant à tant de titres; pouvons-nous espérer que l'examen auquel nous venons de nous livrer aura achevé de prouver que ce n'est pas sans de justes raisons que nous lui avons conservé le nom de Quartier des Soldats?

Quartier des Soldat?.

TC|iiil,'irium.

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