‹ Pompeia décrite et dessinée (volume 2)Chapitre 51 sur 64 · C. CALVENTIVM SELLIVM II V I R. I, D. VR0N1 VICVM · texte numérisé non relu

C. CALVENTIVM SELLIVM II V I R. I, D. VR0N1 VICVM

On entre dans la maison par un prothyrum pavé en mosaïque imitant des écailles, et flanqué de deux boutiques où se débitaient les produits de la fabrique. A droite de Y atrium est un triple fourneau destiné à recevoir trois grandes chaudières, disposées à des niveaux différents, et auxquelles

Fourneau.

on parvenait par quelques degrés. En face est une petite ala dont le pavé est formé d'élégantes grecques en mosaïque et au fond de l'habitation se trouve un petit xyste avec un puits et un laraire. Cette maison contenait une grande quantité de drogues carbonisées.

Dans la boutique n° 13, on a rencontré en 1846, à plus de 2m au-dessus du sol antique, un squelette de femme avec deux grands bracelets d'or et deux d'argent, quatre boucles d'oreilles, cinq bagues, quarante-sept monnaies d'or et cent quatre-vingt-dix-sept d'argent dans une bourse tissue d'or filé sans soie K

Presque en face, n° 12, au fond d'une boutique est une jolie salle qui a conservé intacte sa voûte ornée de stucs, et qui présente au centre un dieu et un cheval marins. Sur les murs sont peints des chars traînés par des paons , des panthères et des serpents.

Rentrant dans la rue de la Fortune , on trouve immédiatement à gauche en face de la fontaine du Silène l'entrée de la

Maison du double laraire, n° 27. (Pl. 83.) Cette habitation n'est pas entièrement déblayée. Dans son œcus est une peinture représentant Méléagre et Atalante; mais ce que cette maison offre de plus remarquable, est un joli laraire au fond duquel en est un plus petit avec ses colonnes et son fronton. Sur la paroi de droite du plus grand est un serpent en relief roulé sur lui-même au milieu. d'une couronne de chêne.

Dans la même rue , on trouve bientôt à gauche une ruelle étroite et

1 Cette curieuse bourse se voit au cabinet des objets précieux.

tortueuse nommée le mco storto. La plupart de ses maisons avaient leurs portes indiquées par des lanternes de terre cuite dont quelques-unes de formes bizarres. Les maisons et les boutiques contenaient souvent des objets et des peintures obscènes, ce qui a fait croire que cette rue était habitée par les courtisanes.

A l'entrée de cette ruelle sur un mur à gauche est cette inscription :

IVDICIS A V G. FELICIS.

Du même côté, après une petite ruelle, est une

Boulangerie (Pl. 84) où l'on voit un grand four et quatre moulins sur deux desquels sont gravés ces mots : sex et sohal ; un mur mitoyen la sépare de la

* Maison de l'Amour puni. (Pl. 85.) Cette maison fouillée en 1844 doit son nom à une belle peinture représentant V Amour désarmé et fait prisonnier par deux jeunes filles. Le fond du compluvium est en ciment rouge sur lequel sont tracés de jolis dessins au moyen de petits cubes de marbre blanc. Cette maison devait appartenir à quelque négociant, car un comptoir ajouté après coup par-dessus le pavé de mosaïque existe dans le tablinum. Sur ses parois étaient Y Amour puni, et une scène tragique, peintures qui ont été portées au musée. Derrière le tablinum est un petit jardin avec une cave.

L'habitation voisine est, sans que j'aie pu en découvrir la raison, nommée la

Maison des Quadriges. (Pl. 86.) Elle a été fouillée en 1844. Le portique de son atrium était soutenu par des piliers carrés réunis par des caisses à fleurs au revers desquelles étaient des peintures de la plus révoltante obscénité. Dans un angle est un puteal carré à l'extérieur ; c'est, je crois, le seul de cette forme qui existe à Pompéi. Au fond du petit jardin est un joli 1 araire en forme de niche peinte en vert et en bleu, surmontée d'une coquille , et où l'on trouva cinq pénates de bronze ; sur la muraille à droite est une grande peinture représentant un lion poursuivant un taureau et un autre lion attaquant un sanglier dans son fort; au second plan sont des mulets poursuivis par des panthères. Dans une pièce à gauche étaient deux peintures aujourd'hui au musée: un Centaure, et Vulcain entouré des Cyclopes. On y trouva une très-jolie tasse de verre bleu.

* A l'angle du vico-storto et de la rue des Augustals est une boutique qui fut fouillée en 1845 en présence de M. Bayard de la Vingtrie, ingénieur en chef du chemin de fer. Dans cette boutique dont le comptoir revêtu de beaux marbres contient sept jarres de terre cuite, on trouva un grand nombre de monnaies d'or et d'argent. Elle fait partie de la

* Maison de Mercure (Pl. 87), découverte en 1845. Celle-ci n'a de remarquable qu'un assez bel atrium tétrastyle, dans le tablinum quelques oiseaux et panthères , dans une pièce à droite deux femmes ailées, tenant l'une un bouclier, l'autre un bassin et un préféricule, enfin sur la muraille du xyste une caisse à fleurs entourée de trois côtés de peintures grossières représentant des vases et des feuillages.

A côté de celle-ci est la

* Maison des savants, degli scienziati (Pl. 88), fouillée en 1845 ainsi que plusieurs boutiques voisines en présence des membres du septième congrès scientifique italien. On y trouva en dépôt un grand nombre de blocs de marbres précieux placés aujourd'hui dans le temple de Mercure, ainsi qu'une petite statue héroïque découverte dans la même maison. Cette habitation n'offre plus rien d'intéressant ; il en est de même de la

* Maison de l'Empereur de Russie (Pl. 89) , qui fut déblayée le 10 décembre de la même année devant l'empereur Nicolas Ier.

Faisant quelques pas en arrière, on trouve au coin delà ruelle d'Eumachia une

* Fabrique de savon (Pl. 90), qui n'offre rien de remarquable qu'un assez grand four. De l'autre côté de la ruelle est la

Maison du Roi de Prusse (Pl. 91), ainsi nommée parce qu'elle fut fouillée en 1822 devant Frédéric Guillaume III et son fils aujourd'hui régnant. On y voit une peinture représentant Mars et Vénus debout, la déesse se regardant dans un miroir qui a la forme d'un tournesol. En avant est un pavé en mosaïque où sont représentés des canards, une ancre, un dauphin et un trident. On trouva dans cette maison quelques statuettes, des balances, des ornements de lit, des strigiles et des écritoires de bronze, une boucle d'oreille , deux bracelets et deux anneaux d'or , enfin un disque de marbre sur lequel sont sculptés d'un côté deux masques, de l'autre un hippogriffe.

Plus loin à droite dans une impasse à l'entrée de laquelle est un de ces

piliers pour les eaux que j'ai déjà signalés, on trouve en face d'une porte latérale du temple d'Auguste, l'entrée de la

* Maison de Vénus et Mars (Pl. 92) , fouillée en 1820 , et qui doit son nom à une peinture qui y fut trouvée dans le tablinum K Dans le xyste, entre deux viviers de forme oblongue, était une table de marbre dont le pied était orné d'une figure de génie. Dans une boutique à droite du prothyrum est un puits de 35m,25 de profondeur dont l'eau n'a tari qu'en 1849.

Continuant à parcourir la ruelle d'Eumachia, on rencontre à droite la

* Maison de la pêcheuse, délia piscatrice (Pl. 93) , découverte en 1822 et 1823. Dans Y atrium est une caisse à fleurs en maçonnerie. On passe de là dans une chambre à coucher où sont trois peintures très-effacées, YEnlévement d'Europe , Narcisse2, et la Vénus péchant à la ligne1 qui a donné le nom à la maison.

Tournant à droite dans la rue des Orfèvres , on arrive à la

* Maison d'Hercule et d'Augias. n° A, (Pl. 9/j). Séparée par un mur mitoyen de l'école de Verna, elle "était assez vaste et avait un bel atrium tétrastyle; aujourd'hui elle n'offre plus rien de remarquable.

Maison du sanglier, n° 8, (Pl. 95). Elle fut fouillée de 1816 à 1817 et doit son nom à une mosaïque qui décore son prothyrum et représente en noir sur un fond blanc un sanglier attaqué par deux chiens. Le pavé de Y atrium, est entouré d'une bordure représentant des murailles , des portes de ville et des tours crénelées h. Les pièces qui environnent Y atrium ont également des pavés de mosaïque blanche et noire, à l'exception de la salle à droite du tablinum dont le sol est formé d'un assemblage de beaux marbres. Le pavé du tablinum est encadré d'élégants rinceaux ; sur la muraille de gauche sont peints Mars et Vénus. Le péristyle est fort beau et soutenu par quatorze colonnes ioniques qui ont conservé leurs chapiteaux. Deux autres colonnes, posées sur des piédestaux, décorent l'entrée de Yœcus, dont le pavé en mosaïque n'a conservé que quelques restes de la belle grecque blanche, noire, rouge et jaune qui l'entourait. A droite du

1 Herc. et Pomp. II, pZ. 65.

2 w. ni, pi. m-,

3 Id. III, pl. 110.

4 Hekc. et Pomp. V, pl. 4. Mosaïques.

On conserve au musée d'Avignon un fragment de pavé de mosaïque absolument semblable trouvé à Orange en 1826.

péristyle est l'entrée d'un vaste jardin auquel on montait par un escalier de briques, dont les marches décrivent des segments de cercle concaves.

L'habitation voisine a emprunté à des peintures qui la décoraient le nom de

* Maison des grâces, n° 10. (Pl. 96. ) Découverte en 1816 et 1817, elle consiste en une grande boutique avec arrière-boutique et une petite cour entourée de quelques chambres de peu d'étendue. Dans l'arrièreboutique, une peinture presque effacée représentait Uranie indiquant d'une baguette un globe céleste; les autres peintures ont entièrement disparu. Dans la cour est une sortie sur la rue des Douze Dieux. On a trouvé dans cette maison deux pendants d'oreilles en or ayant la forme d'un tonneau, deux galons d'or et une statuette de bronze représentant un enfant coiffé du bonnet phrygien, sans doute Ganymède. Près de la porte on découvrit encore un admirable vase de bronze, forme Médicis, chef-d'œuvre de richesse d'ornementation et de perfection de ciselure 1.

Peinture des douze dieux. (Pl. 97.) Sur le mur de cette habitation et dans la ruelle dont elle occupe l'angle est une peinture exécutée d'une manière peu correcte, mais curieuse en ce qu'elle nous offre avec leurs attributs les images des douze divinités principales, les Du consentes ou DU majorum gentium. En commençant par la gauche on trouve successivement Vénus, Diane, Apollon, Yesta, Minerve, Jupiter, Junon, Vulcain, Gérés, Mars, Neptune et Mercure2. Ge sont les mêmes divinités dont Ennius a rassemblé les noms dans ces deux vers que nous a conservés Apulée (de Deo Socrat.) :

Juno, Vesta, Ceres, Diana, Minerva, Venus, Mars, Mercurius, Jovi', Neptunus, Volcanus, Apollo 3.

Au-dessous de cette frise on voit, également peints sur la muraille, deux de ces serpents que nous avons déjà rencontrés si souvent dans les rues et carrefours de Pompéi.

1 Herc. et Pomp. VII, pl. 72

2 Herc. et Pomp. V, pl. 11.

3 Winckelmann a publié un beau putealàe marbre conservé au musée du Capitole, et autour duquel sont également sculptées les douze divinités principales. Sur ce monument Vesta est remplacée par Hercule, qui pourtant ne fut jamais compté au nombre des douze grands Dieux.

Monumenti inediti, I, pag. 4, tav. 5.

En face de ces peintures et à l'angle opposé de la ruelle des Douze Dieux est la

* Maison d'Héro et Léandre, n° 12. (Pl. 98.) Cette maison n'est découverte qu'en partie, et on ne voit qu'un vaste atrium, les pièces qui l'entourent, le tablinum et quatre colonnes du péristyle. Un atrium plus petit dépendait de cette habitation et avait également son entrée sur la rue des Orfèvres.

De l'autre côté de cette rue et au coin de la ruelle d'Eumachia est la Maison de Ganymède, n° 53. (Pl. 99.) Cette maison, dont la partie antérieure est seule déblayée, était assez belle; mais, ainsi que nous l'avons vu à celle du prince de Russie, elle n'avait point de tablinum, et un simple mur séparait Y atrium du péristyle. Dans une pièce à droite de Y atrium , on voit peints Apollon, Adonis, Vénus péchant et plusieurs génies. Le péristyle entourait de trois côtés un assez grand jardin. Dans une pièce à droite qui put tenir lieu de tablinum sont deux peintures, Ganymède endormi que l'aigle de Jupiter s'apprête à enlever, et Endymion également endormi visité par Diane.

Du même côté de la rue des Orfèvres est la

Maison du changeur ou de la reine d'Angleterre, n° 40 (Pl. 100), découverte en 1838 en présence de la reine douairière Adélaïde, veuve de Guillaume IV. Le prothyrum était richement décoré, mais ses peintures ont beaucoup souffert. Dans le vaste atrium sont un grand laraire et un puteal en marbre blanc non cannelé, ce qui est peu commun. Dans une pièce à droite sont peints quelques sphinx, un paysage, un pigeon mort et un poisson. Dans Yala du même côté se trouve la peinture qui a donné le nom à cette habitation ; elle représente un sac entr'ouvert d'où s'échappent des monnaies d'or, d'argent et de bronze. Au-dessus on voit une tablette pour écrire et une machine à compter, un abaque. Les chambres à gauche de Y atrium n'ont que de médiocres peintures, des oiseaux, des raisins et des paysages.

La seconde partie de la maison présente une disposition particulière : derrière le tablinum et au lieu de péristyle règne une longue galerie qui vient aboutir à une ruelle, sur laquelle se trouvent une boutique avec deux grands comptoirs de marbre blanc et une cuisine avec un four et un fourneau bien conservés. Plusieurs grandes pièces ouvrent au fond sur cette galerie; la principale est Yœcus, dont la façade est soutenue par deux

piliers carrés, et dans le sol duquel est une grande auge en béton qui fut probablement un vivier pour des poissons rares. Au fond de cette salle était une très-grande peinture représentant une chasse au sanglier; elle a péri avec la muraille, qui s'est écroulée. Le iriclinium voisin est pavé en mosaïque.

Dans deux chambres donnant sur la galerie et faisant face à Yœcus sont quelques peintures, un canard, un poisson, un paysage, et Ulysse entraîné par Minerve loin de Calypso endormie.

Un mur sépare cette habitation de la

* Maison des colombes, n* 37, (Pi. 101), remarquable par son beau compluvium de marbre, et les deux charmantes colombes peintes dans le iriclinium.

En face est la

* Maison du médecin, n° 26 (Pl. 102), petite et sans intérêt. On y a trouvé quelques drogues et un assez grand nombre d'instruments de chirurgie.

A côté est la

Maison de François II, n° 30 (Pl. 103), découverte en présence de cet empereur en 1819. Elle occupe l'angle de la rue des Théâtres ; son entrée est d'un style sévère, les pilastres qui l'accompagnent ayant des tailloirs carrés au lieu de chapiteaux ; peut-être ceux-ci devaient-ils être sculptés. Le péristyle offre une particularité intéressante ; au moment de la catastrophe, on était en train de remplacer ses chapiteaux doriques de stuc par des chapiteaux ioniques de marbre blanc; deux de ceux-ci sont en place et seulement dégrossis. Cette habitation ne conserve plus aucune peinture. On y trouva une boucle d'oreille d'or, un petit vase d'argent orné de figures de Faunes, un grand vase de bronze sans anses et richement orné, deux lampes, quelques grilles, un fourneau de fer et une petite statue de terre cuite servant de support à une lampe.

Tournant à droite dans la rue des Théâtres, on arrive au

Propylée du For cm triangulaire (Pl. P, page 122), et au

Tribunal (Pl. R, page 126).

A côté de cet édifice sont les

Temple d'Isis (Pl. C, page (il),

Temple de Jupiter et Junon (Pl. D, page 46).

En sortant de ce dernier temple, on trouve dans la rue de l'Odéon un pont sous lequel passe le canal du Sarno, et à côté ï1

* Atelier du sculpteur. (Pl. 10/i. ) Cette maison assez étendue, découverte de 1769 à 1796, est aujourd'hui dans le plus triste état de délabrement et n'offre plus rien d'intéressant. On y trouva des statues à peine ébauchées, d'autres presque finies, une quantité d'anses de bronze de formes variées et très-élégantes, des blocs de marbre près de l'un desquels était encore la scie qui venait de le partager, enfin tous les outils à l'usage de l'artiste, et quelques autres objets de bronze, parmi lesquels une espèce de bassin à deux anses au fond duquel on voit en relief un guerrier et une femme assise, et un vase très-élégant dont la base est formée de sphinx, et l'anse de deux génies ailés.

Près de cette maison est l'entrée de 1'

Odéon (Pl. U, p. 162);

Grand théâtre (Pl. V, p. 165);

Quartier des Soldats (Pl. S, p. 129);

Forum triangulaire (Pl. Q, p. 123)

Temple grec (Pl. A, p. 38);

Bidental (Pl. B, p. 40);

Enceinte sacrée (Pl. X, p. 39);

Banc circulaire (Pl. 105, p. 40);

A l'angle occidental du Forum triangulaire est la * Maison de Joseph II ou de Fuscus. (Pl. 106.) Cette maison fut découverte en 1767 en présence du fils de Marie-Thérèse ; on la désigne aussi sous le nom de Fuscus à cause d'une inscription qu'on y trouva. Les fouilles furent continuées pendant le séjour que l'empereur fit à Naples, mais on les remblaya presque aussitôt. Heureusement on avait dessiné deux charmantes peintures de décoration 1, et le directeur des travaux, M. Lavega, avait eu le temps de lever le plan de cette habitation, une des pins belles de la ville. Depuis, quelques parties ont été de nouveau déblayées. En avant, du côté méridional, et dominant le port antique, s'étendaient deux terrasses en retraite l'une sur l'autre, et contenant toutes deux de vastes appartements à demi souterrains. Le plus élevé servait sans doute d'habitation pendant les chaleurs de l'été. Sous la terrasse inférieure s'étendaient des

1 Herc. et Pomp. pl. 100 et 108, lre série.

bains avec toutes leurs dépendances. Au bas de l'escalier se trouvait Yhypocausle renfermant le fourneau et une baignoire double pour les esclaves, au pied de laquelle était couché un squelette de femme. On a reconnu également Y apodyterium , le sudatorium et le frigidarium 4 dont la disposition et la forme étaient absolument identiques à celles des mêmes pièces dans les Thermes publics. Ces diverses salles étaient éclairées par des soupiraux. On ne voit plus de toute cette habitation que quelques-unes des pièces de ces étages inférieurs, mais entièrement ruinées, et un escalier bien conservé. La maison de Joseph II faisait partie d'un groupe considérable d'habitations aujourd'hui recouvertes, qui bordent le côté gauche de la ruelle du Théâtre.

Suivant cette ruelle, ouverte au milieu du côté occidental du Forum triangulaire, on trouve au carrefour formé par la ruelle des Douze-Dieux, une fontaine (Pl. 107 bis) dont le bord se trouvant presque de niveau avec le trottoir, était garni de ce côté d'un garde-fou en fer.

A l'angle opposé du carrefour est la

Maison d'Adonis. (Pl. 108.) Découverte en grande partie sous le règne de Murât, cette maison avait reçu le nom de la reine Caroline, mais on l'a changé depuis en celui de maison d'Adonis, tiré d'une des peintures qu'on y a trouvées. Elle se compose de deux habitations distinctes commu niquant entre elles, disposition dont nous avons déjà trouvé plus d'un exemple à Pompéi. La première, qui a son entrée sur la ruelle des Douze- Dieux, est remarquable par son bel atrium corinthien que soutenaient des piliers carrés ornés d'élégantes arabesques et reposant sur un mur d'appui, un pluteus. Sur une muraille à droite est une jolie peinture représentant une femme portée par un Centaure. Dans Yala de gauche furent trouvées deux précieuses peintures malheureusement presque détruites aujourd'hui, Versée venant de délivrer Andromède, et Vénus se dévoilant devant Adonis au retour de la chasse 2. La pièce voisine du tablinum ouvrait par une fenêtre à appui de marbre sur le jardin placé à droite de Y atrium; e\\e avait tout son soubassement revêtu de marbre gris, et le reste de ses murailles orné de peintures sur fond jaune qui ont été enlevées. A côté de la fenêtre est une petite niche carrée revêtue de marbre blanc, traversant

1 Voy. page 144 et suivantes.

2 Geix et Gandy. Vues des ruines de Pompéi, pl. IX et X.

la muraille dans toute son épaisseur ; elle était sans doute fermée par une vitre et contenait une lampe dont la fumée sortait par une petite cheminée de terre cuite ménagée à cet effet. Au fond du jardin, le plus vaste de Pompéi, était un laraire couvert d'un toit porté par deux colonnes de bri-

ques ; on montait par quatre marches de cipollino ornées de deux cippes du même marbre à la petite plate-forme où se trouve un autel. Un autre laraire avec un fronton en briques, et un autel est placé dans l'angle du jardin.

La seconde habitation ouvre sur le Vicolo délia Regina; elle a présenté une particularité très-remarquable. Au milieu de son Atrium est un de ces lits de table en maçonnerie auxquels leur forme semi-circulaire avait fait donner le nom de Sigma 1. Il est fort petit, n'ayant que 3m,50 dans

son plus grand diamètre. Une table de ce genre se voit dans une peinture tirée des catacombes de Rome, et représentant une Agape, repas fraternel

On faisait aussi des sigma portatifs, témoin cette épigramme de Martial :

Laraire.

Accipe lnnatà scriptum testudine sigma ; Octo capit; veniat qnisquis amicus erit.

Page 1