‹ Pompeia décrite et dessinée (volume 2)Chapitre 55 sur 64 · TEMPLES ET TOMBEAUX · texte numérisé non relu

TEMPLES ET TOMBEAUX

auteurs les aient pris pour des temples , la majorité s'accorde à les désigner sous le nom de Curies, que leur a conservé le chanoine Jorio dans son excellent ouvrage sur les fouilles d'Herculanum l.

Suivant Cochin et Bellicard qui les décrivent comme des temples, le plus grand de ces édifices (50 m sur 20'") avait deux portes séparées par un grand piédestal qui portait un char de bronze dont on n'a recueilli que des débris 2 ; le plus petit (20 "' sur 15 m) n'avait qu'une seule entrée. L'un et l'autre étaient voûtés, et leur intérieur était orné de colonnes entre lesquelles il y avait des peintures et quelques inscriptions, probablement celles que nous savons avoir été découvertes en 1739, et qui contenaient la liste des Herculaniens inscrits par tribus.

Temples. Au sujet de ces édifices sacrés, le seul fait qui paraisse pouvoir être avancé avec quelque certitude au milieu des renseignements les plus contradictoires , et d'après le plan général des académiciens d'Herculanum , c'est qu'on en découvrit trois dont l'un était situé à gauche du grand théâtre et les deux autres au S.-E de la partie de la ville qui fut reconnue. Plusieurs auteurs, tels que Winckelmann , de Lalande, Venuti, etc., ont avancé que l'un de ces temples, consacré à Hercule, était de forme circulaire et orné de vingt-quatre colonnes , tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Le chanoine Jorio pense que ce temple n'a point existé, et que cette découverte n'est qu'une fable née de l'erreur dans laquelle tombèrent les ouvriers qui, les premiers, reconnurent le théâtre, et ne manquèrent pas, suivant l'usage, de le prendre pour un temple. Winckelmann cite, il est vrai, à l'appui de son assertion, les deux peintures de Thésée et d'Hercule, qu'il croit provenir de ce temple à cause de leur forme concave ; mais le savant archéologue allemand n'a pas remarqué qu'en tenant compte de la courbe de ces peintures, le temple n'aurait eu qu'environ /r de diamètre, et qu'il eût été fort difficile de placer vingtquatre colonnes dans un si étroit espace. D'ailleurs, il paraît hors de doute que ce fut dans la Basilique , ainsi que nous l'avons dit, et non dans ce prétendu temple circulaire , que furent trouvées ces deux belles compositions.

Tombeaux. Nous trouvons dans une lettre écrite de Naples, le 7 avril

1 Notizie su gli scavi di Ercolano. In-8°. Naples, 1827.

2 Parmi ces débris étaient une Junon, un Mars et un Apollon de demi-ronde-bosse qui déeoraient la caisse du char. Herc. et Pomp. VI, pl. 79, 80 et 81.

1750, par Gori au savant Martorelli, la mention d'un tombeau qui nous rappelle encore cette famille des Balbus, aussi célèbre dans les fastes municipaux d'Herculanum que les Holconius dans ceux de Pompéi.

«A Herculanum, dit Gori, on a trouvé un tombeau ou columbarrum intact, et dans les niches sont encore les vases cinéraires avec les noms inscrits sur chacun en lettres rouges; la plupart appartiennent à la famille Nonia. Ce columbarium est long et large d'environ sept palmes (1"',85) avec une hauteur de voûte proportionnée, et un petit escalier sur le côté. Un autel s'y trouvait. Au-dessus des niches ou loculi, au nombre de neuf, qui contenaient les urnes entières avec leurs couvercles, étaient écrits au minium, ainsi que je l'ai dit, des noms, la plupart ayant appartenu à des affranchis. »

Un autre tombeau, découvert en 1765, était décoré extérieurement de piédestaux d'un beau style. L'intérieur était un caveau de km de long sur 9m de large. Ce tombeau était également un columbarium, dont chaque niche contenait encore intacte une urne cinéraire couverte d'une tuile l.

Maisons. Le plan général des maisons était naturellement le même à Herculanum qu'à Pompéi ; aussi aujourd'hui, celles surtout qui sont recouvertes, ont-elles d'autant moins d'intérêt que les descriptions qui nous en sont restées sont plus imparfaites; elles ne se recommandent plus guère à notre curiosité que par les nombreux objets d'art qui en proviennent et enrichissent le musée de Naples. Nous décrirons les maisons qui ont été mises au jour par les fouilles modernes, mais nous nous contenterons de mentionner quelques particularités que présentèrent celles dont les restes ont disparu de nouveau.

Venuti2nous a laissé la description d'une espèce de cave dont nous

1 « Je n'omettrai pas, dit Jorio, une observation qui, au point de vue archéologique, rend unique au monde ce petit coin de nos environs. Aujourd'hui dans cet étroit espace, nous pouvons regarder comme existant trois étages de sépultures bien différentes; et, qui me contesterait le droit d'en supposer un quatrième? Immédiatement sous le sol actuel existent les sépultures chrétiennes; à 25 ou 30 palmes de profondeur, on rencontre souvent des tombeaux romains construits en briques. Beaucoup plus bas, au niveau du sol de l'ancienne cité, existent les tombeaux des Herculaniens, dont faisait partie celui mentionné par Gori; et enfin après tout ce qui a été écrit si doctement sur les premiers habitants d'Herculanum {Dissertazione isagogica p. 10), qui pourra nier que ceux-ci aient été aussi enterrés sous le sol qu'ils avaient foulé? Voilà donc quatre cimetières d'époques différentes et de nations bien diverses comme classés les uns sur les autres sous la moderne Résina. »

Notizie sugli scavi di Ercolano.

2 Marcello Ventiti. Descrizione délia prima scoverta de-W antica città di Ercolano. Venezia, 1749.

chercherions en vain l'analogue dans, les ruines- de Poinpéi, quoiqu'un exemple en ait été découvert à Stabia. On entrait par une petite porte de marbre blanc1 dans une pièce de peu d'étendue, suivie de deux plus grandes , toutes trois pavées de marbre ; une banquette, également recouverte de marbre, régnait au pied des murailles; à sa surface se présentaient les orifices d'énormes jarres de terre cuite, dolia, ensevelies en partie dans la terre, en partie dans la maçonnerie des banquettes, ainsi nous l'avons vu aux comptoirs des marchands d'huile de Pompéi. Au fond était une sorte d'armoire creusée dans la muraille sur une largeur d'environ 2m, et dans laquelle existait encore intacte une étagère composée de marbres de diverses couleurs, ressemblant aux gradins qui, sur les autels modernes, reçoivent les chandeliers et les vases de fleurs. Sur ces gradins, on disposait sans doute des vases de cristal contenant les vins les plus précieux. Malheureusement, ajoute Venuti, ce monument curieux fut détruit pour employer les marbres à d'autres usages.

Maison des Papyrus. De toutes les habitations sorties des ruines de Pompéi, de Stabia et d'Herculanum, la plus importante et par elle-même et par les objets qui y "furent trouvés, est celle qu'on désigne sous les noms de Maison de campagne, des Papyrus ou d'Aristide. Le même hasard qui avait produit la découverte du grand théâtre amena celle de cette splendide demeure, située à peu de distance à l'ouest de cet édifice.

En 1750, un particulier creusant un puits rencontra des murailles" antiques; aussitôt Charles III ordonna des fouilles qui, continuées jusqu'en 1760, produisirent les plus merveilleux résultats, bien qu'il ait été reconnu que déjà les anciens avaient fait quelques tentatives pour arracher aux cendres et aux laves une partie des trésors qui y étaient enfouis, tentative qu'heureusement pour nous ils abandonnèrent bientôt, rebutés sans doute par la dureté des matières qu'il fallait percer.

Aujourd'hui, en l'absence de documents précis et surtout d'un plan qui fut, dit-on, dressé avec soin par l'ingénieur suisse Charles Weber, chargé de la direction des fouilles, mais qui n'a point été publié, il serait impossible de donner une description de cette villa ; nous savons seulement que la plupart des pavés étaient en marbre et qu'il y avait, comme à la maison de Diomède, un vaste jardin avec un large vivier et un beau péristyle rec-

1 Probablement semblable à celle du tombeau de Pompéi, p. 73.

tangulaire entouré de colonnes de stuc. Voici le tableau que Winckelmann a tracé de cette partie de l'habitation :

« Cette maison de campagne, dit-il, renfermait une grande pièce d'eau, longue de deux cent cinquante-deux palmes de Naples (66"', 30) et large de vingt-sept palmes (7'",10), dont les extrémités se terminaient en portion de cercle. A. l'entour de cet étang, il y avait ce que nous nommons des compartiments de jardin, et il régnait tout le long de l'enceinte un rang de colonnes de briques revêtues d'une couche de stuc, au nombre de vingt-deux sur le côté le plus long et de dix dans la largeur. Ces colonnes portaient des solives appuyées par un bout sur le mur de clôture du jardin, ce qui formait une feuillée ou berceau autour de l'étang. On trouvait sous cet abri des cabinets de formes différentes, soit pour la conversation, soit pour prendre le bain; les uns en demi-cercle, les autres carrés par leur plan ; des bustes ainsi que des figures de femmes en bronze étaient placés alternativement entre les colonnes. Un canal d'une médiocre largeur circulait le long de la muraille du jardin , et une longue allée conduisait au dehors à un cabinet ou pavillon d'été de forme ronde et percé de toutes parts, lequel s'élevait de vingt-cinq palmes de Naples (6"', 60) au-dessus du niveau de la mer. Au sortir de la longue allée, on montait quatre marches et l'on parvenait ensuite à un pavillon où l'on a trouvé un beau pavé de marbre d'Afrique et de jaune antique K »

Les statues de femmes et les bustes que Winckelmann nous apprend avoir décoré les entre-colonnements, sont aujourd'hui au inusée de Naples; ce sont les six célèbres danseuses et les bustes de Cl. Marcellus, Sapho, Epicure, Platon, Speusippe, Architas, Héraclite, Démocrite, Sénèque, Scipion l'Africain, Sylla, Lépide, Auguste, Livie, Gaius et Lucius César, Agrippine, Caligula, Ptolémée Philadelphe, Ptolémée Philomètor, Ptolémée IX dit Alexandre I, Ptolémée Apion et Ptolémée Soter I, ceux enfin des deux Bérénices et de deux autres personnages inconnus 2.

Le magnifique Faune ivre de bronze 3 était placé en tête de la piscine du xyste ou jardin, entre deux charmantes figures de même métal , deux jeunes gens entièrement nus penchés en avant et les mains étendues à.

1 Winckelmann. Découvertes d'Herculanum, 4e partie, page 38.

2 Herc etPoMP. VII, pl. 9 à 20.

3 Ibid. VIII, pl. 32 et 33.

4 Ibid. VI, pl. 40 et 41.

On les avait pris d'abord pour des lutteurs, mais on paraît s'accorder aujourd'hui à y reconnaître deux nageurs prêts à s'élancer dans l'eau.

Au centre du péristyle était un autre bassin ou baptisterium ayant pu servir de bain froid ; aux angles de celui-ci s'élevaient quatre fûts surmontés d'autant de bustes de bronze de travail grec sur l'un desquels on lisait le nom de son auteur, Apollonius fils d'Archias, Athénien. En avant, de chacun de ces piédestaux était une petite fontaine ornée de coupes de marbre. Dans le même péristyle furent trouvés un cinquième buste et une statue de bronze. Dans un cabinet pavé en mosaïque et n'ayant pas plus de 2m,10 en tous sens, à une profondeur de 27,n au-dessous du niveau moderne, on découvrit du 27 novembre au 16 décembre 1754 une fontaine selon Paderni 1 , deux fontaines si l'on en croit les académiciens d'Herculanum, ornées d'une grande quantité de figures de bronze; on y voyait Silène assis sur un rocher, la main appuyée sur un tigre qui lançait l'eau par la gueule; deux jeunes Satyres avec les cornes et les oreilles de chèvre et des yeux d'argent, tenant dans la main un rhyton 2 et portant chacun sur l'épaule une outre jetant de l'eau ; deux enfants debout près de piliers surmontés de masques comiques; deux autres enfants également debout près de deux petites colonnettes portant chacune un vase ; deux autres enfants de plus petite proportion avec les yeux d'argent, ayant un vase sur l'épaule ; deux enfants tenant des dauphins sous le bras ; enfin un vieux Silène couronné de lierre, la barbe longue, le corps velu, les pieds chaussés de sandales; il est à cheval sur une outre de peau de bouc dont il tient les deux pattes dans ses mains ; de la large ouverture du col l'eau s'élançait en abondance 3.

Outre les nombreuses sculptures que nous avons déjà mentionnées, on trouva encore dans cette habitation un admirable Mercure au repos en bronze4, deux daims, un porc et un corbeau également en bronze, et, parmi les marbres, un Homère, une Minerve étrusque dont Winckelmann faisait le plus grand cas, un buste de Ptolémée Soter, deux Bacchus indiens, une statue attribuée à Sylla, le groupe trop fameux du Satyre et

1 Gibelin. Transactions of the royal Society of London.

2 Vase à boire en forme de corne.

:i Herc. etPoMP. VI, pl. 64, 98, 99, 100; VIII, pl. 38 4 Ihid. VI, pl. 363 37, 38 et 39.

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de la chèvre1 ; enfin le merveilleux chef-d'œuvre connu sous le nom d'Aristide, mais que beaucoup d'archéologues croient être une statue d'Eschine 2.

Les peintures pour avoir été en plus petit nombre n'en étaient pas moins dignes de cette splendide demeure. En 17/i6 on y trouva quatre précieux monochromes sur marbre qui après avoir orné à Portici le salon particulier de la reine sont passés au musée de Naples. Les trois premiers représentent Silène, une scène de tragédie composée de trois figures 3, et Thésée délivrant Hippodamie des mains du centaure Eunjtlias k. Le quatrième camaïeu, le plus admirable de tous, et peut-être la plus pure de toutes les peintures antiques parvenues jusqu'à nous, offre deux jeunes femmes jouant aux osselets, en présence de trois de leurs compagnes 5. Audessus d'elles sont écrits leurs noms : aeaaih , ahtq, niobh , «doibh, et iaeaipa , et plus haut encore , celui de l'artiste Alexandre d'Athènes,

AAEEANAP02 A0HNAIO2 ErPA<DEN.

Parmi les nombreux et riches ustensiles recueillis dans, cette habitation nous devons mentionner deux candélabres ornés de griffons dévorant un taureau et un daim, deux autres richement ciselés, un trépied, des crotales 6, un grand vase de bronze, un autre à "trois pieds en forme de coquille avec un manclie.se terminant en griffe, un petit cadran solaire plaqué d'argent de la forme d'un jambon, un lit et un bisellium de bronze décorés d'animaux en bas-relief et d'incrustations d'argent, enfin une grande quantité d'objets de verre, et de grains.

Voilà certes bien des trésors inappréciables recueillis dans une seule fouille, et pourtant la villa Herculanienne -nous réservait une découverte plus intéressante encore ; je veux parler de celle qui la fait désigner sous le nom de maison des Papyrus.

Le 3 novembre 1753, dans une pièce de peu d'étendue, et dans quelques autres endroits de l'habitation on trouva dans une bibliothèque, mille sept cent cinquante-six volumes7, qui, quoiqu'en apparence réduits

1 Herc. et Pomp. pl. 56. C. Famin, cab.'sec. pl. I.

2 Ibid. VI, pl. 71.

3 IMd. II, pl. 46.

* Ibid. pl. 18.

' 5 Ibid. II, pl. 17. y,

6 Sorte de cymbales.

7 Ces volumes méritent beaucoup mieux ce nom que les livres desjnodernes; ce sont en effet de véritables rouleaux, volumina, formés de longues bandes de papyrus, divisées en pages écrites à cAté les unes des autres et d'un seul côté.

à l'état de charbon, peuvent cependant encore être déroulés et lus1. Dans la salle spécialement consacrée à leur conservation, les manuscrits étaient déposés dans des armoires à hauteur d'homme appliquées contre les murailles, et dans un meuble placé au milieu de la salle. Le bois des armoires était carbonisé, et Winckelmann rapporte que dès qu'on y portait la main, il tombait en poussière.

Cinq cents manuscrits environ ont été déroulés jusqu'à ce jour; malheureusement aucun n'est d'une bien grande importance littéraire; la bibliothèque paraît avoir été composée presque exclusivement d'ouvrages philosophiques, la plupart écrits en grec. Les volumes connus et publiés sont le traité d'Épicure sur la nature, ceux de Philostrate sur l'orgueil, et de Métrodore sur les sensations, neuf traités du philosophe Philodème sur la musique, les vices et les vertus, les vices, la rhétorique, la vie et les mœurs (abrégé du livre de Zénon sur la liberté du raisonnement), sur les philosophes, enfin sur ce qui est utile au peuple suivant Homère. Le seul ouvrage latin est un poëme sur la guerre de César et d'Antoine attribué à Rabirius,

On trouva dans la bibliothèque quatre petits bustes de bronze portant gravés les noms Démosthène, Zénon, Hermarque et Épicure 2.

Après tant de découvertes artistiques ou littéraires, qu'il me soit encore permis de mentionner une trouvaille qui a prouvé une fois de plus combien de procédés que les modernes croient avoir inventés étaient déjà connus cle l'antiquité. Dans un puits de la maison des Papyrus étaient plusieurs petits vases de bronze de la forme d'une coquille d'œuf cassée par le gros bout. A chacun était adhérent un morceau de fer en forme de crochet, et il a été reconnu par un examen attentif que ces vases fixés à une chaîne, une corde ou une courroie sans lin s' enroulant sur une roue, avaient dû servir à monter l'eau pour l'arrosement ainsi que cela se pratique encore

' Des papyrus ont aussi été trouvés à Pompéi; mais ceux-ci., entièrement carbonisés par les matières ardentes qui recouvrirent la ville, ne peuvent être déroulés, et lors même qu'on y réussirait, seraient absolument illisibles. Il n'en est pas de même des manuscrits d'Herculanum qui, ayant été enfermés dans des cendres brûlantes mais mélangées d'eau, n'ont été endommagés qu'à leur surface. Les deux ou trois premiers tours du rouleau sont ordinairement en mauvais état et indéchiffrables, mais bientôt le papyrus, quoique encore friable, recouvre quelque consistance et presque sa couleur naturelle, sur laquelle récriture se détache assez nettement. A force de patience et à l'aide d'une machine aussi simple, qu'ingénieuse inventée par le P. Antonio Piaggi, on parvient à les dérouler en les collant nu fur et à mesure sur une peau de baudruche.

- Herc. et Pomp. VU, pl. 6 et 7.

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aujourd'hui avec des vases de bois beaucoup plus grands, et à l'aide d'un manège, dans les jardins maraîchers qui avoisinent Naples, surtout du côté même de Pompéi, depuis le pont de la Madeleine jusqu'à Portici.

Nouvelles fouilles. Après cette indispensable revue rétrospective, nous arrivons enfin à la description d'édifices bien plus intéressants pour nous, puisque nous pouvons les visiter comme nous avons parcouru ceux de Pompéi. Ils forment deux groupes peu éloignés l'un de l'autre; d'un côté le théâtre souterrain exploré le premier de tous, et dont l'entrée se trouve à droite de la principale rue de Résina; de l'autre une réunion de maisons récemment découvertes et à ciel ouvert, situées, à environ 200 pas au S.-O. du théâtre, dans une ruelle, le Vico di mare, se dirigeant vers la mer.

C'est en 1828 que ces fouilles furent commencées par ordre du roi François Ier; elles furent continuées jusqu'en 1837, et dans le cours de ces neuf années, sous près de 11"1 de cendres et de lave on découvrit une rue droite, large de 5m,20, qui conduisait du Théâtre et de la Basilique au port. Cette rue est, comme celles de Pompéi, pavée en polygones de lave, et bordée de trottoirs et de maisons ; mais comme elle n'était point une des principales, nous n'y trouvons pas de boutiques, et les habitations n'y présentent généralement que leur posticum ou sortie de derrière.

En descendant dans les fouilles, on voit d'abord à gauche sur le trottoir un puteal tout usé par le frottement de la corde ; puis à droite une maison qui n'est découverte qu'en partie et à laquelle on n'a pas donné de nom. Son entrée, qui n'était qu'un posticum, était précédée d'un porche soutenu par deux colonnes. Après avoir franchi le seuil de marbre, on trouve dans le ps&udoihyrum à droite , un petit réduit et la loge du portier ; à gauche une petite chambre où l'on a découvert et laissé en place des amphores, plusieurs mortiers, une moitié de moulin, une petite table de marbre carrée adossée à la muraille; enfin un plat qui était raccommodé par des attaches de fer2. Le péristyle, large de 18"\ n'est découvert qu'en partie; aussi ne peut-on savoir si le quatrième côté était muni d'un portique; des trois côtés que nous voyons, celui du S. adossé à la rue, et celui de l'O.

1 Nous avons dit qu'on nommait ainsi un vestibule qui se trouvait dans l'axe de la maison, et diamétralement opposé au prothyrum, page 201.

2 Nous avons déjà signalé à la Fullonica nn grand vasé de terre, un dolium, ainsi raccommodé par les anciens, page 247.

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