THÉÂTRE
plan aussi exact qu'ingénieux, que nous nous sommes permis de lui emprunter K
Sur ce plan, les deux puits qui montent seuls à la surface du sol sont restés en blanc; une teinte gris-clair indique les parties souterraines praticables; les massifs réservés sont d'un gris plus foncé; enfin le noir est employé pour marquer les murailles de l'édifice.
4u bas de l'escalier, on se trouve dans le grand corridor voûté qui régnait au sommet des gradins. Ce corridor était pavé et revêtu de marbre blanc, et recevait le jour de quatre grandes arcades et cinq fenêtres plus petites. Du corridor, un vomitoire faisant face à la scène conduit à l'escalier et aux gradins mis à découvert par le grand puits dont nous avons donné le dessin 2. Un autre puits plus étroit se trouve derrière la scène, et quelques auteurs croient que ce fut celui-là qui fut cause de la découverte du théâtre; nous repoussons cette opinion que détruit le fait attesté par tous les contemporains que, dans cette première fouille, on rencontra des statues. Peut-on supposer que ces statues aient été placées derrière le mur de la scène?
Le théâtre avait dix-neuf rangs de gradins de tuf, larges de 0n,,88 et hauts de 0m,22. Les cinq gradins inférieurs n'ont qu'un peu plus de On,,li de hauteur, étant destinés à porter des sièges3, et en effet on y trouva un bnellium en bronze orné de têtes de chevaux et de satyres.
Les gradins étaient divisés en six sections, cunei , par sept escaliers, itinera ou scalœ qui tous ont été rendus praticables. Les seize gradins inférieurs n'étaient interrompus par aucune précinction; les trois autres gradins étaient entièrement isolés, et on y arrivait par des escaliers particuliers; ils étaient surmontés d'un portique à entablement de marbre que décorait le beau quadrige de bronze dont un cheval seul nous a été conservé 4.
L'évaluation de la capacité du théâtre par les différents auteurs varie de trente mille cinq cents spectateurs, chiffre donné par Winclcelmann, à
1 Pour faciliter l'intelligence du plan, Jorio a supprimé une foule de galeries étroites et basses creusées en quelque sorte au hasard, ne conservant que celles qui, tracées régulièrement, suffisent pour parcourir toutes les parties importantes du théâtre.
2 V. Introduction historique, page 21 .
3 Nous avons signalé la même particularité au théâtre et à l'amphithéâtre de Pnmpéi.
4 V. l'Introduction historique, p. 21 et 22.
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dix- huit mille, seize mille, et même huit mille. II est probable que ce dernier nombre, déjà bien considérable, est celui qui s'éloigne le moins de la vérité.
L'orchestre était pavé de dalles très-épaisses de jaune antique, dont on voit encore quelques restes; on y arrivait, ainsi qu'aux gradins privilégiés, par deux grands vomitoires placés, comme à Pompéi, aux extrémités de l'hémicycle. Deux inscriptions, gravées au-dessus de ces entrées, nous ont appris le nom de l'architecte Numisius, fils de Publius, et celui du magistrat qui fit construire le théâtre à ses frais, Lucius Annius Mammius Rufus, fils de Lucius, duumvir pour la cinquième fois.
La scène, dont les fouilles furent commencées en 1762, et dont on peut reconnaître encore toutes les parties constitutives , avait près de 2/f de largeur K Elle présentait au fond les trois portes ordinaires, et était ornée de niches dans lesquelles les statues n'ont point été retrouvées; elle était entièrement revêtue de marbres.
A ses extrémités, à l'entrée de ce que nous appellerions les coulisses, sont deux piédestaux dont la surface n'a pas plus de lm,08 en tous sens. Il suffirait de cette mesure pour démentir l'assertion des écrivains, qui, de même que l'affirme encore le cicérone du théâtre, ont prétendu que ces piédestaux portaient les statues équestres des Balbus ; il est évident qu'ils n'ont jamais pu recevoir que des statues debout, et d'ailleurs les inscriptions qu'ils portent encore nous apprennent qu'une seule de ces statues appartenait à l'un des Balbus. En effet, si sur le piédestal à droite de la scène 2 on lit :