‹ Pompeia décrite et dessinée (volume 2)Chapitre 8 sur 64 · L. CAECILIVS PHOEBVS POSVIT L. D. D. D · texte numérisé non relu

L. CAECILIVS PHOEBVS POSVIT L. D. D. D

« Lucius Caecilius Phoebus a érigé cetle statue sur un lieu donné par décret des décurions. »

Dans le sanctuaire on trouva deux crânes humains, et dans deux coffrets de bois brûlé divers objets d'or dont une très-petite tasse; enfin, deux grands et beaux candélabres de bronze aujourd'hui au Musée.

Aux côtés de la porte du sanctuaire sont deux niches larges de 0n,,65, hautes de ln,,20, décorées de pilastres corinthiens et de frontons en stuc, destinées sans doute aux statues de quelques autres divinités associées aux honneurs rendus à Isis, ïuwaîoi ou 2ukapwjxoi ôeoi, probablement Osiris et Horus. En avant de la niche de gauche est un autel o destiné à recevoir des offrandes; il est probable qu'un autel semblable existait au pied de l'autre niche.

Derrière le sanctuaire, dans une niche n, était un Bacchus isiaque en marbre grec, dont malheureusement la tête était brisée. Cette statue était, comme celle d'Isis, peinte et dorée dans quelques-unes de ses parties. On lit sur la base :

N. POPIDIVS AMPLIATVS PATER P. S.

« Numerius Popidius Ampliatus père à ses frais. »

On sait qu'il est à peu près reconnu que le Bacchus des Bomains était le même que l' Osiris des Égyptiens. La présence de la statue de ce dieu

clans un temple cTIsis est une nouvelle preuve à l'appui de cette opinion.

Les côtés de la niche présentent une particularité qu'aucun auteur ne paraît avoir remarquée : on y voyait sculptées deux oreilles humaines en stuc , dont une seule subsiste aujourd'hui. Ce singulier moyen de donner aux temples et aux autels des dieux des oreilles pour entendre les prières n'est pas sans autre exemple ; j'ai publié moi-même un autel de la bonne déesse conservé au Musée d'Arles, et où se retrouvent ces mêmes oreilles symboliques r.

Revenant à la façade du temple, on trouvait aux côtés du grand escalier deux petits piédestaux g f auxquels étaient appliquées les deux fameuses tables isiaques dont l'une était brisée ; l'autre est conservée au Musée de Naples. Cette table, haute de lm,52, et large de Om,kll, porte gravées au sommet quatorze figures dont treize sont tournées vers la première, qui est un peu plus grande, et paraît être Osiris. En effet, au-dessous de ces figures, elle présente vingt lignes d'hiéroglyphes dans lesquelles Champollion jeune a reconnu une invocation à Osiris et à Isis.

En avant du sanctuaire s'élève un autel isolé r sur lequel étaient consumées les victimes. En face est une espèce de puits carré h de construction moderne servant de regard au canal du Sarno. Dans l'angle de Yarea s'élève une édicule i renfermant un escalier qui conduit à une petite cave dans laquelle Bonnucci croit reconnaître un bain destiné à la purification des initiés. Les murs de Pédicule sont recouverts d'élégants bas-reliefs en stuc; ils représentent des initiés qui prient, Mars et Vénus, Mercure et une nymphe, des amours , des dauphins et des génies.

Par une disposition assez bizarre, motivée sans doute parla forme du terrain dont l'architecte pouvait disposer, l'entrée du temple k est placée dans un angle du portique et sur le côté N.-O. qui seul était parallèle à une voie. C'est, ainsi que nous l'avons dit, au-dessus de cette porte que se trouvait l'inscription de Popidius Celsinus.

Près de cette entrée étaient un tronc destiné à recevoir les offrandes, et deux élégantes vasques de forme carrée et de marbre blanc, qui durent contenir l'eau lustrale ; elles sont aujourd'hui au Musée , et sur le bord de l'une d'elles on lit ces mots :

LONGINVS II VIR.

1 Introduction a l'Histoire de France, pl. 30. In-f°. Paris, 1838.

Sous le portique, contre Te mur qui fait face au sanctuaire, est une niche t dans laquelle était peinte une figure d'Harpocrate; au pied de cette image était un banc de bois presque réduit en poussière. En avant, le portique présentait un entrecolonnement double formé par deux piliers carrés avec des demi-colonnes engagées.

Du côté de l'enceinte, adossé au théâtre, se trouvent plusieurs chambres m auxquelles on arrivait par des portes ouvertes sous le portique. L'une d'elles, qui a une entrée sur une ruelle conduisant de la rue du Temple d'Isis au théâtre, était la cuisine des prêtres d'Isis. Sur ses fourneaux étaient encore des œufs et des arêtes de poisson. Derrière cette cuisine est un escalier sur lequel furent trouvés couchés les squelettes de plusieurs prêtres, qui périrent dans leur fuite retardée peut-être par le regret d'abandonner le sanctuaire de leur déesse. La pièce voisine de la cuisine, avec laquelle elle communique, était sans doute le réfectoire, et les autres chambres étaient destinées à l'habitation. Dans la plus grande de ces chambres, celle attenant au réfectoire, on trouva un malheureux qui, renfermé au moment de la catastrophe, avait commencé, à l'aide d'une barre de fer, à percer une muraille, mais avait péri étouffé avant d'avoir pu mener à fin son entreprise dont on voit encore les traces.

Dans l'angle b de la cour est un petit autel. -De ce côté b c est une trèsgrande salle / placée derrière le sanctuaire, et dans laquelle on entre par cinq arcades; elle paraît avoir été le. lieu où se célébraient les mystères et où pénétraient les seuls initiés. Cette supposition est confirmée par les peintures qui la décoraient, et qui, toutes, étaient relatives au culte d'Isis. Les principales ont été sciées et transportées au musée ; on y a reconnu la déesse avec le sistre, Anubis, plusieurs prêtres tenant des palmes et des épis, des Ubœus ou serpents à coiffe, des ibis, des hippopotames, des fleurs de lotus, etc. C'est aussi du temple d'Isis que proviennent une superbe coupe de bronze incrustée d'argent, de 0,n,85 de diamètre, reposant sur un pied de marbre; un admirable trépied de bronze, soutenu par des sphinx , l'un des plus précieux ornements du musée ; enfin une petite figure accroupie de porcelaine verdâtre, les mains et les bras appuyés sur les genoux, et le corps couvert d'une légère draperie.

A. la suite de la salle / est un passage m communiquant au grand théâtre.

Dans une maison voisine, on a trouvé deux sistres de bronze qui sont également au musée.

46 PGM PEU,

Le corridor conduisant au théâtre sépare le temple d'Isis du Temple de Jupiter et Junon (pl. d) , découvert de 1766 à 1768, situé derrière l'Odéon, et le plus petit de tous les temples de Pompéi. L'espace qu'il occupe n'a en totalité que 21' de longueur sur 7m de largeur. Son entrée se trouve élevée de lra 18 au-dessus du niveau de la rue, et du seuil on descendait deux marches pour pénétrer d'abord dans un petit portique a, dont le toit était soutenu par deux colonnes,

Eiil

Plan du Temple de Jupiter et Juuou.

et qui n'existe plus aujourd'hui; il ouvrait à l'une de ses extrémités sur une petite salle b qui servait sans doute d'habitation au gardien du temple ou de resserre pour les ustensiles sacrés. Vient ensuite une aren ou cour découverte d, au fond de laquelle, dans l'axe du monument,

Temple de Jupiter et Junon.

s'élève un grand autel de tuf é, orné de triglyphes, et dont la forme rappelle celle du fameux tombeau des Scipions du musée du Vatican. W. Gell croit reconnaître dans cet autel le pulvinar, espèce de lit sur lequel on couchait les statues des dieux dans les cérémonies religieuses nommées lectisterrws , qui se pratiquaient dans les temps de calamités publiques. Un perron de neuf degrés, occupant toute la largeur de l'édifice, conduit au sanctuaire que précédait un pronaos f, soutenu par quatre

colonnes de face, et une en retour de chaque côté en avant des pilastres des unies. Aucune de ces colonnes n'est restée à sa place , mais on a retrouvé un des chapiteaux des antes, chapiteau de fantaisie, ayant toutefois plus d'analogie avec l'ordre corinthien qu'avec tout autre; il est déposé sur l'autel. Un autre chapiteau, découvert dans la même enceinte, présente au centre une tête barbue d'un grand caractère, qui a donné lieu à bien des conjectures. Gau a cru y reconnaître la tête de Neptune, d'autres celle d'Esculape, et ils en ont tiré la conclusion que ce temple était dédié à l'une de ces divinités. Deux statues médiocres de terre cuite, trouvées dans ces ruines représentent, dit-on, Jupiter et Junon ; mais elles ont été prises aussi pour Esculape et Hygie, et de là sont nées de nouvelles conjectures qui ont été émises par Winekelmann dans le premier volume de V Histoire de l'Art. Aucune de ces suppositions ne nous paraît bien suffisamment justifiée ; cependant, nous avons cru devoir donner à cet édifice le nom que lui assignent les plans et les ouvrages les plus récents, tout en reconnaissant que de nombreux ex-voto pieds, mains, etc., en terre cuite, aient pu fournir un argument puissant en faveur de la dédicace du temple aux divinités de la médecine. La cella g, dont l'enceinte s'élève encore dans quelques parties à 2 ou 3m au-dessus du sol, était isolée des murs de l'enclos ou péribole par un étroit passage ; au fond est un massif destiné à porter la statue de la divinité. Le sanctuaire était pavé de mosaïques, et ses parois étaient revêtues de peintures dont il reste à peine quelques traces.

Temple de Jupiter. A l'extrémité septentrionale du Forum, dont il formait

Temple de Jupiter.

la principale décoration, s'élevait un temple (Pl. E) construit en pierres et en laves revêtues d'un stuc très-dur. Sa position sur la place la plus

importante de la ville, une tête colossale de Jupiter avec les cheveux e; la barbe légèrement colorés en rouge, trouvée dans le sanctuaire lors de sa découverte en 1816 et 1817, ont fait supposer avec vraisemblance qu'il était consacré au maître des dieux Tout indique que ce monument, îenversé sans doute par le tremblement de terre de 63, était en pleine restauration à l'époque de la destruction de la ville; sans cela, on ne sairait expliquer la disparition complète d'un grand nombre de colonnes qui n'ont point été retrouvées; de plus, dans un souterrain existaient divers fragments d'architecture qui, évidemment, y étaient emmagasinés en attendant le moment d'être remis à leur place. Plusieurs de ces fragments paraissaient avoir appartenu à d'autres édifices *.

Le temple de Jupiter était élevé sur un podium ou soubassement, laut de 3m, auquel on montait par un escalier de treize marches partagé par un repos. Les dix premiers degrés n'étaient que deux petites rampes aa placées aux deux extrémités de la façade et séparées par une esplanade ou pulpitum b longue de 10m,35 et large de 3m,80, qui dut servir à l'acomplissement des cérémonies publiques. Le bas du perron était flanqué de deux larges piédestaux ce et de deux autres plus élevés, sur l'un desquels étaient encore les pieds d'une statue chaussée de cothurnes. Les huit degrés supérieurs régnent sur toute la largeur de la façade et conduisent au fronaos ou porche d qui présente à la façade six colonnes de 0m,90 de diamètre et trois en retour de chaque côté, plus les antes qui font saillie en continuant les murs latéraux de la colla. La largeur du pronaos est de l/im,87, et sa profondeur, jusqu'au mur de la cella, de 12"', 10. Dans son pavé et dans celui de la cella sont quatre ouvertures longues de 0n,,90 et larges seulement de 0,u,10, servant à éclairer les salles contenues dans

1 Récemment, quelques antiquaires ont voulu reconnaître dans cet édifice le temple de Vinus protectrice de Pompéi, mais les preuves qu'ils apportent à l'appui de leur hypothèse me paraiisent trop peu coucluantes pour qu'elle puisse être adoptée.

2 Ce souterrain semble être voué à perpétuité à cette même destination; il sert encore aujourt'hui de magasin pour les objets de gros volume trouvés dans les fouilles.

Plan du Temple de Jupiter.

TEMPLES. AUTELS. 49 le soubassement de l'édifice. La longueur de la cella est de 18"', 50 hors œuvre, ce qui donne, par conséquent, 30n,,60 pour la longueur totale du temple. Les colonnes du porche étaient d'ordre corinthien ; toutes étaient renversées, et il ne restait plus que leurs bases et la partie inférieure du fût, qui nulle part ne s'élevait à plus de 2"1 au-dessus du sol. On les a égalisées récemment en plaçant quelques boisseaux sur plusieurs d'entre elles ; il en est même une que surmonte un chapiteau fruste \ D'après leur diamètre, ces colonnes devaient avoir environ 10'" de hauteur. Près de l'une d'elles on trouva le squelette d'un malheureux qu'elle avait écrasé dans sa chute. Le sol du pronaos était formé de grandes dalles dont plusieurs sont en place. Une grande porte, dans les pieds-droits de laquelle on reconnaît encore la trace des gonds, donnait accès à l'intérieur de la cella e, qui semble indiquer que ce temple était du nombre de ceux que Yitruve nomme Hypèthres, mot dont j'ai expliqué la signification au commencement de ce chapitre. Il était divisé en trois nefs par deux rangées, chacune de huit colonnes, et deux pilastres ioniques qui portaient un entablement et un second rang de colonnes d'ordre corinthien, lesquelles ont entièrement disparu. Les trois nefs étaient fort inégales, celle du milieu ayant 9m,30 de largeur, tandis que les autres "n'ont que lm,50. Le sol présente les restes d'un encadrement en mosaïque blanche et noire qui entourait un pavé de marbre. Les murs étaient couverts de peintures de couleurs éclatantes, mais sans sujets. Autant qu'on peut en juger par ce qui reste, le soubassement était noir avec des fleurs et des filets blancs; les grands panneaux étaient rouges et séparés par des bandes peintes en marbre jaune, et encadrées de vert; enfin, audessus d'une bordure en forme de grecque de diverses couleurs s'étendait une frise verte, rouge, brune et amaranthe. Outre la tête de Jupiter, on a trouvé dans la cella un cadran solaire, une sorte de bouclier, un petit buste adhérent à la muraille, et un groupe de bronze composé d'un vieillard tenant par la main un jeune garçon et d'une femme portant un enfant dans ses bras.

Au fond dû sanctuaire sont trois chambres voûtées ou opisiodômes f, qui servirent probablement à renfermer Yœrarium , le trésor de la ville, et aussi

* Nous ayons préféré reproduire ce temple sous l'aspect plus pittoresque qu'il présentait encore il y a peu d'années avant cette espèce de restauration.

50 PO M P El A.

celui du temple. Enfin, derrière ces salles, on voit un petit escalier dont l'entrée se trouve dans l'angle au fond de la nef de gauche ; il conduisait à la galerie élevée que formait le second ordre de colonnes de l'intérieur du temple.

Quelques antiquaires ont supposé que les décurions de Pompéi durent, à l'exemple des sénateurs de Rome, s'assembler dans cet édifice, et que le pulpilum du perron servit de tribune aux harangues; en conséquence, ils lui ont donné le nom de senacuium. Nous admettons très-volontiers cette hypothèse, car nous savons que chez les anciens, et surtout dans les villes de second ordre, on s'assemblait souvent dans les temples pour délibérer sur les affaires publiques, mais nous rejetons une dénomination qui impliquerait une idée fausse , en supposant au monument qui nous occupe une distination purement civile ; il nous paraît évident que c'était un temple, et nous ne croyons pas qu'à cet égard le doute soit possible. .

Temple de Yénus (Pl. F). A. l'ouest du Forum et à côté de la basilique, dont il n'est séparé que par une rue, s'élève un temple1 dont toute l'architecture était brillamment coloriée comme celle de presque tous les édifices de Pompéi, et qui, comme le temple d'Isis, a présenté un exemple de l'enceinte sacrée ou péribole ab c d.

Plan du Templo île Vénus.

Ce temple fut découvert en 1817; bien que, d'après une peinture qui le décorait, quelques antiquaires 2 aient suppose qu'il avait pu être dédié à Bacchus ou à Mercure et Maïa, il nous parait plus probable qu'il fut

1 V. la vignette eu tète du chapitre.

2 P. Garrucci. Questioni Pompeiane, p. 71.

consacré à Vénus; nous en avons la preuve dans l'inscription suivante, qui a été trouvée dans son enceinte ;

M. HOLCONIVS RVFVS. D. V. L D. TER C. EGNATIVS. POSTV1VIVS. D. V. I. D. TER EX. D. D. IVS. LVMINVM OBSTRVENDORVM. HS. oo oo oo REDEMERVNT PARIETEMQVE PRIVATVM. COL. VEN. COR.

VSQVE AD TEGVLAS FACIVND. CVRARVNT

« Marcus Holconicus Ruf us et Caius Egnatius Postumus , tous deux pour la troisième ibis duumvirs chargés de rendre la justice, d'après un décret des décurions rachetèrent, au prix de 3,000 sesterces (env. 600 fr. ), le droit de masquer, les jours, et firent élever jusqu'au toit le mur particulier de la corporation du collège de Vénus.»

D'ailleurs, ne semble-t-il pas fort naturel que le plus grand temple de Pompéi ait été consacre à la divinité protectrice de la ville? Or, nous savons que cette divinité était Vénus, dont nous y retrouvons le nom dans de nombreuses inscriptions avec les surnoms de Physica et de Pompeiana. Nous avons vu en outre que, lorsque Sylla envoya une colonie à Pompéi, elle prit le nom de Colonia Veneria Cornelia.

On entre dans le temple par une porte placée au midi en face du mur de la basilique, et large de 3'"; on y montait par deux degrés de pierre calcaire; dans celui qui forme le seuil, on reconnaît, à l'inspection des entailles , que la porte était à quatre vantaux retenus par des verrous. Cet édifice était d'une étendue presque quadruple de celle du temple d'isis; le mur du péribole a intérieurement 5Zr,20 de long sur 33"', hO de largeur à l'extrémité nord, et 31"', 60 seulement à l'extrémité sud, côté de la façade. Cette différence provient de ce que le terrain n'étant pas rectangulaire, le côté oriental a été rendu parallèle au forum pq au moyen d'un élargissement de la muraille de ce côté b d, tout en conservant à la colonnade intérieure sa forme régulière. Peut-être aussi ce mur a-t-il été refait ainsi lors de la construction du Forum que l'on croit postérieure à celle du temple. L'angle S.-O. du mur du péribole est construit en partie de tronçons de colonnes provenant d'édifices plus anciens ; quelques-uns, et ceci est surtout apparent à l'intérieur, conservent encore des traces de

leur revêtement de stuc. Une autre particularité assez remarquable est que le portique abcd se compose , sur chacun des petits côtés , de neuf colonnes, de sorte que, dans l'axe du sanctuaire, se trouve une colonne au lieu d'un entre-colonnement. Ue cette bizarre disposition il résulte que la porte e donnant sur la rue n'est point au milieu de l'édifice, mais fait face au quatrième entre-colonnement à partir du mur occidental.

A chacun des grands côtés , le nombre des colonnes du portique est de dix-sept, ce qui donne pour toute l'enceinte un total de quarante-huit colonnes. Il paraît que le temple avait beaucoup souffert du tremblement de terre de 63 ; la disjonction presque entière des marches du perron , l'absence de toutes les colonnes du sanctuaire, et la position hors d'aplomb de l'autel, témoignent qu'on ne s'était pas encore occupé de leur reconstruction , les réparations ayant commencé par le portique. Les colonnes, dont les cannelures sont pleines jusqu'au premier tiers, étaient primitivement d'ordre dorique; mais à l'époque des restaurations, on convertit leurs chapiteaux en une espèce de corinthien de fantaisie ; les bases furent ajoutées; la frise dorique fut recouverte de stuc, mais celui-ci, tombé presque partout des fragments qui ont été retrouvés et déposés sur le sol entre les colonnes, a laissé à découvert les triglyphes, marques distinctives de Tordre '. Il résulta de cet arrangement un composé lourd et disgracieux qui n'a ni l'élégance du corinthien, ni la noblesse du dorique, le chapiteau surtout étant trop écrasé pour l'ordre corinthien. Aux deux angles du portique c d étaient de petits bassins pour l'eau lustrale, posés sur un pied et appelés monopodium. A l'intérieur, les murs du portique étaient recouverts de peintures aux vives couleurs représentant généralement des paysages, des fabriques2, des intérieurs avec des figures auxquelles le caprice du peintre a donné des têtes d'homme et des corps d'enfants, ce qui, à l'époque de sa découverte, valut à l'édifice le nom de Maison des Nains, qu'il conserva jusqu'au moment où les fouilles continuées firent reconnaître que c'était un temple. Ces grotesques sont représentés jouant ensemble, combattant des crocodiles, ou occupés à des travaux domestiques; une des compositions offre Achille traînant Hector attaché à son char; deux autres, Achille et Agamemnon et Priam implo-

1 Ces fragments avaient été piqués à coups de marteau pour faire adhérer le stuc.

2 V. la vignette entête de l'Introduction historique.

rant Achille. Celles de ces peintures qui n'ont point été portées au musée sont aujourd'hui presque entièrement détruites; on en trouve cependant encore quelques traces sur le mur oriental.

Autour du portique régnait, sur le bord du toit, un élégant chéneau en terre cuite, décoré alternativement de têtes de lion et de palmettes.

La partie découverte ou area f g h i a 44m,A0 de longueur sur 22m,20 de largeur. Au côté droit, et en avant de la cinquième colonne, est un petit piédestal /-portant une statue de marhre blanc terminée en gaîne; c'est une figure jeune , d'un aspect mélancolique, et dont il serait difficile de déterminer le sexe; elle a les épaules entourées d'un manteau qui lui remonte sur la tête. Plusieurs autres termes ont été trouvés dans ce temple; mais celui-ci seul était encore à sa place.

Au fond de Y area, et entièrement isolé comme celui d'Isis, le temple proprement dit / s'élève sur un vaste soubassement ou podium de 20m de longueur sur 11™, 85 de largeur et 2™, 30 de hauteur, auquel on montait par treize degrés en pierre calcaire séparés par un repos; les sept dernières marches étaient entièrement bouleversées, mais elles viennent d'être réparées. A la gauche de l'escalier sont déposés les fragments d'une colonne ionique de Cipollino 1 surmontée d'un cadran solaire. Cette colonne, trouvée dans le temple, porte sur un cartel en relief cette inscription :

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