‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 102 sur 293 · Environ IGO francs · texte numérisé non relu

Environ IGO francs

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et pouvant contenir Imit à dix personnes. Le fond de ce bassin étant à un niveau un |)eu j)Ius élevé que celui du sol de la salle, on devait., pour y entrer, monlei" trois degrés à IN^xtérieur et en descendi"(î deux à Tintérieur. I.e degré supérieur porlait le nom de jduU'iis; l'inférieur servait de siège aux baigneurs.

La muraille du cuddariuni était jaune; des pilastres cannelés et peints en rouge soutiennent la corniche; Tim d'eux est coupé d'une manière fort disgracieuse par la porte du lepidan'inn. Dans le mur est une ouverture qui dut fournir de l'eau fraîche afin de tempérer la chaleur lorsqu'elle devenait insupportable. La voûte en partie détruite était percée de trois fenêtres autrefois vitrées; elle est décorée de simples cannelures peintes en jaune et en blanc, sorte d'ornement très-propre à faire écouler la vapeur condensée en eau. Le pavé en mosaïque est isolé sur de petits piliers de briques qui laissaient circuler la chaleur empruntée aux fourneaux voisins; les murs étaient creusés dans le môme but. Ces sortes de pavés se nommaient suspensurœ.

Strisile.

Lorsque dans le caldarmm la transpiration avait été excitée par la vapeur ou par le bain , les masseurs , tractalores , s'emparaient du baigneur et lui ratissaient la peau avec un instrument recourbé de corne, d'ivoire ou de métal nommé strigile^ puis ils le livraient aux reunclarii ou aliptœ'- , chargés de le frotter d'onguents et de parfums.

1. Le manche du strigile portait le nom de capulus et la lame recourbée celui de Ugula. On a trouvé ici et déposé au musée une espèce de trousseau formé de quatre strigiles, un petit vase à parfums et un miroir, le tout eu bronze et réuni par un anneau brisé.

Herc. et Pomp., VII, p/. 87.

Les baigneurs apportaient souvent leurs strigiles ou les faisaient porter par leurs esclaves :

« Va, esclave, purte les strigiles aux bains de Crispinus. »

I, puer, et strigiles Crispini ad balnea dvfer.

Perse, Sat. V.

'1. De àXsbœ, oindre. Il ne faut pas confondre les Allptœ avec les Alipili (de Ala et Pilus)^ autres garçons de bains qui épilaient les aisselles des baigneurs.

Souvent au sortir du cahlarhun , on passait brusquement au fri(ji^ darîum sans s'arrêter dans le lepidavium , témoin ces vers de Sidoine Apollinaire :

Intrate algentea post balnea torrida fluet us. Ut solidet caUdam frigore lympha cutem,

Carm. IX.

« Après les bains brûlants, entrez dans l'eau glacée, afin que l'eau, par sa fraîcheur, fortifie la peau échauffée. »

On sait que cet usage s'est conservé chez les Russes et les Orientaux et tend à s'introduire de nouveau dans les régions du Sud et de l'Occident.

Après avoir parcouru la partie publique des thermes , il nous reste à visiter l'hypocauste o\ qui fournissait aux salles de bain la vapeur et Peau chaude. On y pénétrait par trois entrées : la première était ce corridor que nous avons déjà signalé et qui partait de Y apodyterium ; la seconde est la porte c aujourd'hui murée, qui ouvrait sur la rue des Thermes ; la troisième enfin donnait sur une cour de forme irrégulière 7;, ayant sur la ruelle des Thermes une porte e également condamnée. Cette cour paraît avoir été couverte en partie par un toit en appentis, reposant sur deux colonnes et protégeant contre la pluie le bois destiné à l'alimentation des fourneaux. De la cour partaient deux escaliers trèsétroits, l'un conduisant à l'hypocauste, l'autre aux terrasses qui régnaient sur une partie des bâtiments des thermes.

Revenons à l'hypocauste; il se compose de deux parties distinctes: le fourneau, fornax ou foniicula, et \Qprœfurnmm , espace assez étroit sur lequel donnait la bouche du four, et où se tenait le chaufTeur nommé fornacarius , foniacator j, ou plutôt, selon Tinscription qu'on lisait sur les bains mêmes, furnacator. On a trouvé dans le prœfurnium une assez grande quantité de résine dont on se servait pour activer le feu.

Le foyer était rond et n'avait pas moins de 2'", 20 de diamètre ; il avait à sa partie inférieure deux conduits qui portaient l'air échauffé sous les pavés suspendus et dans les murs creux des étuves.

Les chaudières n'étaient point placées au-dessus, mais à côté du fover; toutes deux étaient engagées dans le massif du fourneau. La

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