‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 129 sur 293 · L. IV. Carm. I · texte numérisé non relu

L. IV. Carm. I

Dans ces deux passages, la partie est évidemment prise pour le tout. Le pulpituin n'était pas

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fut le premier qui mit en usage ce moyen de rafraîchir le public'. Auprès de la crypte est, ainsi que je l'ai dit, une des principales entrées du théâtre, ouvrant sur le corridor voûté conduisant au sommet de la seconde cavea et portant la sununa carra. On arrivait à cette porte par le portique du Forum triangulaii-e.

Au centre de l'orchestre, c'est-à-dire de la partie K comprise entre les gradins inférieurs de l'avant-sccne, s'élevait un piédestal M, dont il ne reste plus de trace et que quelques auteurs ont cru avoir été destiné à porter une statue , qui évidemment eût coupé le point de vue de la manière la plus désagréable. Nous devons plutôt y reconnaître la t/njmèle j, ce petit autel sur lequel, ainsi que je l'ai dit, on sacrifiait à Bacchus au commencement du spectacle. Cet autel, il est vrai, n'existe point ordinairement dans les théâtres romains ; mais nous ne devons pas oublier que Pompéi était une colonie grecque, une ville de la Grande Grèce qui dut conserver plus d'un souvenir, plus d'un usage de la mère patrie.

Le mur d'avant-scène ou proscenium 0 0 s'étend entre D D et N N sur une largeur de 21'", 30 ; il portait le plancher en bois N N ou pulpitunij, formant l'avant-scène sur laquelle se tenaient les acteurs. Ce plancher étant détruit permet de voir aujourd'hui à découvert le dessous du pulpitum ou V hyposcenium , lieu ou se plaçaient les instruments propres à imiter le tonnerre, dans lequel rentrait le rideau d'avantscène, et sur lequel enfin étaient ménagées les trappes pour les apparitions. Le mur d'avant-scène 0 0 présente une niche semi-circulaire et six carrées que l'on peut supposer , avec quelque vraisemblance , avoir été destinées k contenir les musiciens quand ils n'étaient pas placés aux côtés de l'avant-scène sur le pulpitum lui-même. Ces musiciens nonseulement soutenaient la voix des acteurs- et des chœurs, mais, de même

seul arrosé de parfums, car Sénèque dit formellement que, par d'étroits tuyaux disposés avec art, on faisait monter à une hauteur considérable et retomber sur les spectateurs une suave rosée aromatisée de safran. »

« Hodiè ulrum tandem sapientiorem putas qui invenit (]ue7nadinodu7n in immensam altitudinem crocum laten-

libus fistulis expnmat »

Epist. XC.

1. Cneius Pompeius antè omnes aquœ per semitas decursu œstivum 7ninuit fervorem.

Val. Max. L. II, c. i, § 0.

2. Cicéron fait ressortir avec sa finesse ordinaire le ridicule de cet accompagnement de flûte

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que chez les modernes, ils jouaient pendant les entr'actes. Le premier ado du P.sciulohfs de IMaule se termin(î par (-l-s mois :

u Pciulunt <[uo j(* vais romltiiii'r mes foiirIxM'ics, n; joueur de flûte vous divertira. » Tthircn vos inlt'ii'i'i hic (Ifleclavcril.

iMiliii, au fond s'élève ce (jue les anciens appelaient proprement la scène P \\ mais (jui correspond à notre toile de Tond, dont elle ne diiïère ({u'en ce (iirelle était (Tune construction solide, richement décorée de colonnes, de marbres et de statues, mais restant constamment la môme pour toutes les pièces que l'on représentait , sauf quelcjues décorations mobiles qu'on y ajouta plus tard, qu'on appelait .s'ce/?a ver.silis ou Irigoncs mobiles, et qui tenaient lieu de nos coulisses.

La scène de Pompéi avait été dépouillée de tous ses marbres, et tout porte à croire que l'édifice, endommagé par le tremblement de terre de 6l\, était en réparation à l'époque de la catastrophe de 79. Elle présente les trois portes ordinaires; celle du milieu Q, ouverte suivant l'usage au fond d'un hémicycle, était Vaula regia ; les deux autres P P étaient les hospitales. Entre ces parties sont deux niches R R qui contenaient les statues de Néron et d'Agrippine.

Derrière la scène est le postscenium S S, lieu où se retiraient les acteurs ; enfin derrière celui-ci s'étend une vaste cour T ï adossée au Quartier des soldats U, qui pouvait répondre à notre foyer des acteurs et dans laquelle on descendait par un plan incliné V, à la droite duquel est une grande salle X qui servait sans doute de magasin pour les accessoires.

Enfin, à gauche de la cour et près de l'entrée du grand corridor B, on voit dans la muraille la copie d'une inscription aujourd'hui au musée, qui nous apprend le nom de l'architecte :

marTorius m. l. primvs architectvs.

« Martorius Primas, arcliitccte,'affranchi de Marcus. »

Dans la partie de l'édifice qui communique au Forum triangulaire, on a trouvé quelques fragments de statues de marbre, une grande quan-

daus les scènes les plus pathétiques de la tragédie: «Puisque, dit-il, il récite de si beaux vers au son de la flûte, je ne vois pas de quoi il a peur. »

yon inlelUgo quid metnat cûm tdm bonos septenarios fundal ad tibiam.

Tuscul. L. 1, 44.

AMPIIlTHKATRi:. 2i3

tité de bois carbonisé , des morceaux do draperies appartenant à des statues de bronze, un très-grand nombre de tuiles et d'inscriptions presque toutes frustes.

Ampiiithkvtrk. ÏjCs anipliithéàtres destinés aux combats des gladiateurs et des bétes féroces sont une invention romaine ; comme Tindique leur nom Ày-oiOc'aTpov . ils se composent de la réunion de deux théâtres placés en face l'un de Fautre . et dont les deux orchestres réunis formaient l'arène. Nous avons dit, et Ton verra par une inscription de rampliithéàti'e de Pompéi \ que ces monuments portaient aussi le nom de spectacula, lieu d'où l'on regarde, mot qui n'est que la traduction de l'expression grecque. Nous n'avons pas de données précises sur les premiers amphithéâtres qui furent construits à Rome ; ils ne durent y être établis que lorsque les théâtres et les cirques ne sufllrent plus aux plaisirs du peuple, quoique déjà ceux-ci eussent été ensanglantés par plus d'un combat. Rome dut à Statilius Taurus , ami d'Auguste, le premier amphithéâtre construit en pierres, dont les débris ont formé la petite éminence occupée aujourd'hui par la place de Monte- Cifon'o. Plus tard, Yespasien éleva ce prodigieux Colisée, le plus gigantesque de tous les travaux exécutés par les Romains, ce Colisée où pouvaient s'asseoir à l'aise quatre-vingt-sept mille spectateurs.

Vue extérieura de l'Amphithéâtre.

L'amphithéâtre de Pompéi est loin d'atteindre ces proportions colossales, mais tel qu'il était, il pouvait encore contenir vingt mille spectateurs, nombre bien considérable pour une ville de cet ordre. Placé

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