‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 13 sur 293 · Ann. L. XV · texte numérisé non relu

Ann. L. XV

4. Voy. la rue des Tombeaux et la via délia Casina deW Aquila.

5. Voy. la rue de la Marine entre la Basilique et le temple de Vénus.

ASPl'CT (IKNKKAL.

tangiilairos placées par lignes dans le sons de leur loiigueui-, (jui allcignait quelciuefois l'%2(), sur une largeur de 0'", 55.

Dans les rues, la chaussée, encaissée entre deux liolloirs élevés, man/ines, et munis de bornes, inctœ, devait fonner une espèce de torrent presque infranchissable pendant les mois de décembre et de janvier où les pluies tombent dans ce pays avec une si terrible abondance.

Rue de Stabia.

Pour obvier à cet inconvénient, on avait ménagé, de distance en distance, des rangées de pierres ovales et saillantes entre lesquelles les roues des chars devaient passer S et qui permettaient de traverser les rues à pied sec et en outre dispensaient en tout temps de descendre des trottoirs, toujours plus élevés que les nôtres et atteignant parfois la hauteur de 50 centimètres. Quelquefois à l'entrée des ruelles inacces-

i. (I Ces pierres, dit avec raison Dyer, n'avaient pas beaucoup d'inconvénient pour les ligues ou chars à deux chevaux dont les roues passaient facilement dans leii espaces vides ainsi que les chevaux librement harnachés.» (Pompeii, 2« édit. 18G8, p. 71.) Comment faisaient les cliariots attelés d'un seul cheval?

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sibics aux voitures, ces pierres faisaient suite aux trottoii-s sans interruption et formaient une sorte de pont sous jeciuei étaient ménages des passages pour l'écoulement des eaux '.

Les bornes et les pierres qui forment les bordures des trottoirs sont souvent, et surtout devant les boutiques, percées de trous qui servaient à attacher les chevaux.

Les principales rues découvertes jusqu'à ce jour sont : la Voie des Tombeaux ou faubourg Atif/iislo-Felix, qui conduisait d'Uerculanum à la poi'te de Pompéi ; la rue Cotistildirc ou Doinilieniie , qui lui fait suite dans la ville qu'elle traverse en partie du N.-O. au S.-E.; la rue qui rencontre celle-ci à angle droit et qui sous les trois noms de rue des Thermes^ de la Fortune et de Aola, se dirige du S.-O. au \.-E. jusqu'à la porte de Nola; la rue des Auguslals ou du Temple d'Aufjuste, qui est à peu près parallèle à la rue de la Fortune; la rue des Orfèvres ou de la Fontaine d'abondance, devant le premier nom à la quantité de bijoux trouvés dans ses boutiques, et qui, partant à angle droit du côté oriental du Forum, longe l'édifice d'Eumachia; et la rue du Forum, qui commence à l'angle N. du Forum, à côté du temple de Jupiter et vient, en séparant la rue des Thermes de celle de la Fortune, changer son nom en celui de Mercure et aboutir à la muraille septentrionale de la ville. Nous verrons que cette dernière était une des plus commerçantes de Pompéi; enfin, du nord au sud se dirigeait la rue de Stabia, cjui s'étendait de la porte du Vésuve à celle de Stabia-.

Du côté du N.-E. on arrivait à Pompéi par la voie Popilienne, qui, traversant Nola, s'étendait jusqu'à Reggio ; enfin une troisièm.e voie franchissait le Sarno et, se partageant aussitôt en deux branches, 2;ao;nait Stabia et Xuceria.

Presque toutes les rues de Pompéi nous ofTrent des fontaines, placées le plus ordinairement à l'angle des carrefours. La plupart des grands édifices en renferment également. La ville, s'élevant sur un monticule,

1. Voy, Rue de la Fontaine d'abondance, à l'entrée du Vicolo délia Maschera.

2. Quelques rues de Pompéi n'ont pas reçu de dénomination officielle ; nous avons cru devoir sur notre plan leur donner des noms empruntés aux principaux édifices qui s'y trouvent, afin de faciliter rint3llig3nce du texte et nous avons vu avec plaisir que ces noms avaient été acceptés par Dyer, Overbeck et plusieurs autres archéologues. Ces rues sont celles de Narcisse, de Modeste , du Faune, de Fortunata, de la Marine, de la Basilique, d'Eumachia et de VEcole, auxquelles nous avons dû ajouter celle de la Fontaine du Bœuf, récemment déblayée.

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volcaiiiiiuc, ne pouvait posséder de sources naturelles, ui n^cevoir les eaux du Sarnus placr à un niveau beaucoup plus bas. Les eaux qui alimentaient SCS fontaines durent donc être amenées de loin par (pielquc a(iueduc; elles étaient distribuées dans la ville par des conduites de maçonnerie, de plomb ou de terre cuite que Ton a retrouvées en maint endroit. La disposition des fontaines publiques est très-simple et presque partout la même; elles se composent d'un bassin cubique, cantharus , formé de cinq pierres réunies par des crampons de fer. Au-dessus de la dalle postérieure s'élève une petite borne également cubique dont la face présente en relief un mascaron, un mufle de lion, ou un animal jetant l'eau dans le bassin. Celle que nous donnons pour exemple (Planche I) est située à l'angle d'un carrefour formé par une des branches de la voie Consulaire et une autre rue, celle de \arciss3 , tirée au cordeau et se prolongeant jusqu'aux remparts; elle s'élève en avant de la boutique de Fortunata (Pl. 12), que nous aurons occasion de décrire, et fait face à l'un des côtés de la voie Domitienne. Le bas-relief grossièrement sculpté représente un aigle enlevant dans ses serres un ([uadrupède qui paraît être un lièvre.

La vignette qui se trouve en tête de ce chapitre présente une autre de ces fontaines placée à l'angle des Propylées du Forum triangulaire (Pl. P). Dans la figure qui la décore, les uns croient voir une tête de Faune, les autres simplement un masque tragique. Les eaux pluviales et celles qui provenaient du trop-plein des fontaines étaient conduites hors de la ville par des égouts pratiqués sous les trottoirs. La vignette placée à la fin de ce chapitre ofTre les embouchures d'un des principaux égouts de Pompéi. Les eaux de plusieurs rues se dirigeant vers ce point, on leur avait ouvert deux passages communiquant à un aqueduc qui, après avoir traversé les remparts de la ville, laissait tomber du haut de ces murailles les eaux qui allaient se perdre à la mer du côté du port.

Les murailles qui bordent les rues de Pompéi méritent d'attirer l'attention du voyageur; sans parler des innombrables inscriptions peintes ou gravées à la pointe % des enseignes et des caricatures qui y sont tracées et qui seront décrites dans le cours de cet ouvrage, on y

1. Ces inscriptions, dont nous citerons quelques-unes, ont été recueillies et publiées par le P. Garrucci : I>scriptio\s grvvées au trait sur les murs de Pompéi. In-i". Bruxelles, lS5i.

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trouve roxplication cruii mol mcnlionné souvciil clans les auteurs anciens et dont cependanl , jus(ju'à la découverte de Ponipéi, la signification n'avait i)as vir. j)arfaitenient comprise : je veux parler du mot Album, le Avjy.io'Ly. (\v^ (h(3('s. Nous savons maintenant qu'on ti[)|)clait ainsi un panneau de muraille hlaiichi sur lecpiel ou traçait au pinceau les actes publics ou les aiuinnces particulières. Pompéi a présenté plusieurs exemples de ces Albums, mais il en est un qui, eu égard à une semblable destination , est vraiment monumental. L'extérieur du mur d'enceinte du collège des ouvriers en laine ou édifice d'Eumachia (Pl. K.) présente, sur la rue de la Fontaine d'abondance, vingt-trois compartiments (Pl. 1.), séparés par des pilastres et surmontés de frontons alternativement ronds et triangulaires, mais la plupart aujourd'hui détruits V Les panneaux peints en blanc étaient couverts d'inscriptions rouges et noires ; il y en avait même de tracées en blanc sur le fond noir du soubassement. Malheureusement ces inscriptions sont aujourd'hui presque toutes illisibles; mais 3Iazois a encore pu en déchiffrer plusieurs qu'il a publiées. La première, dont nous parlerons à l'occasion de l'amphithéâtre, est une annonce de combats de gladiateurs; deux autres sont des invocations adressées aux Édiles par la corporation des orfèvres auxquels, comme je l'ai dit plus haut, cette rue paraît avoir été spécialement affectée, et par un maître d'école. Elles sont ainsi conçues :

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