‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 134 sur 293 · Ces inscriptions ont été trouvées le 2 avril · texte numérisé non relu

Ces inscriptions ont été trouvées le 2 avril

2. Ces inscriptions présentent une énigme assez difficile à expliquer. Que veulent dire les mots PRO LVD. pro ludis? On a cru devoir traduire pour les jeux, et voir par conséquent dans l'inscription la mention de jeux célébrés dans l'amphithéâtre par certains magistrats. Cette interprétation eût été parfaitement acceptable si dans la troisième inscription on ne tj'ouvait pas les mots PRO LVD. LVM. que le P. Garrucci lit pro ludorum luminatione, pour l'illumination des jeux, et M. Mommsen, pro ludorum luminibus , pour les lumières des jeux. Cette explication ne nous ayant pas paru complètement satisfaisante, nous avons consulté l'un de nos savants confrères, M. Léon Rénier, connu par les études spéciales qu'il a faites de l'épigraphic antique. Nos lecteurs seront heureux de trouver ici sa réponse, dont nous avons cru devoir adopter les conclusions si bien motivées :

« L'interprétation du P. Garrucci et celle de M. Mommsen, dit M. Léon Rénier, prouveraient, si l'on était forcé de s'y tenir, que l'on donnait des jeux à la lumière dans l'amphithéâtre de Pompéi, ce qui ne me paraît pas admissible. Voici comment j'interprète le passage de l'inscription : Morcws GANTRIYS, liarci Filius,

i28 POMPEÏA.

ccrl' conli'c une lioiiiu', d'un ours coulre un laurcau, clc. Une d'elles, beauc()U[) [)lus (•uri(Mise , nous a clé conservée par la gravure; elle parail r{^prrs(Milei- l(\s appivis d'un combat de gladiateurs. On y voit un Imiis/c ou niaîlr(; des gladiateurs seniblanl donner des conseils à ceux (jui vont conibaltre, pendant que deux autres gladiateurs assis attendent leur lour, et qu'un musicien s'exerce à sonner d'une de ces immenses trompettes recourbées dont la musi([ue grossière animait les combaltants.

Au milieu du côté occidental, ce méiïie mur est percé d'une petite porte carrée, le calabohis , {\m donnait enlrée aux bétcs féroces renfermées dans les loges placées sous les gradins.

Au-dessus du podium s'élèvent les gradins divisés en trois étages ou caveœ. Dix-huit gradins composent l'étage supérieur , summa cavea; une précinction ou passage le séparait de l'étage intermédiaire, la média cavea, formé de douze gradins. Par une disposition que je n'ai trouvée dans aucun autre amphithéâtre, le gradin supérieur de cette cavea était à dossier et se terminait à chaque escalier par un bras taillé dans la pierre, de manière à présenter l'aspect d'une suite de larges canapés.

Ainsi que je l'ai dit, cette cavea était entièrement séparée de la

MARCELLVS rfui/mVlR PRO LVD/s, 'LV ^iinatione , CVNEOS III Faciendos Curavit EX Décréta Decurionnm. PRO LV Dis, LY Minatione; c'est-À-diie au lieu des jeux et de l'illumination, qu'il devait donner à l'occasion de son élection aux fonctions de Duumvir. L'ellipse de la conjonction et n'a rien qui doive nous surprendre; elle était de règle dans le style épigraphique (Voy. Mokcelli, De Stylo inscr., p. 448G, id. Rom.). Les honneurs municipaux se payaient ordinairement par des jeux, des spectacles, des distributions de sportules, etc., dépenses improductives que l'on échangeait quelquefois, comme ici, contre d'autres dépenses équivalentes dont le résultat devait être plus durable. Dans une inscription de Djemilah (l'ancienne Colonia Cuiculitanorum) que j'ai publiée dans un mémoire qui fait partie du dernier volume de la Société des antiquaires de France, on voit un magistrat de cette ville élever une basilique ou lieu d'un spectacle de gladiateurs qu'il devait donner. On pourrait citer beaucoup d'exemples analogues.

0 Les interprétations du P. Garrucci et de M. Mommson sont tout à fait conjecturales; la mienne s'appuie sur deux exemples qui me paraissent concluants. Le premier m'est fourni par une inscription de Rome publiée \)2LT FahieXti, Inscript. Domcstic, Y*. 243, n. 656, et par Orelli, p. 3324, laquelle se termine ainsi POPVLO VlSCERATIoneî?i GLADIATORES DEDIT LY MIN Xlionem LY DOS Junoni Sospilœ llagnœ Recjinœ SOLVS FECIT.

« Le second se trouve dans un6 inscrijition du recueil de Muratori, pi. 652, n. 6, dans laquelle on lit :

VS. SPORTVLAS ITEM POPVLO FIERI ET

PYERIS NVCES SPARGI DIE Supyd Scripto ET

LVMINATIONE.

« Cette dernière inscription est une inscription funéraire dans laquelle il n'est question ni de jeux ni de spectacles, c'est ce qui me fait penser que dans celles de l'amphithéâtre de Pompéi il n'y a pas de connexité entre les mots LVD et LVM ; ces mots désignent deux spectacles différents que les nouveaux magistrats devaient donner au peuple, et dont un décret des Décurions les avait dispensés en leur imposant l'obligation d'appliquer à la construction de l'amphithéâtre une somme au moins équivalente à celle qu'ils avaient ainsi économisée. »

AMiMiiTii!:.\n;H.

cavea inférieure, Vima cavca , par le passage découvert contenant les escaliers. Il serait impossible, sans le secours d'une coupe, de faire comprendre la disposition des gradins de cet étage inférieur, il se compose, aux deux exfrémilés, de cinci gradins a h r d e , semblables à ceux des autres mrra?de l'ampliilhéàtre , c'est-à-dire hauts de 0"',37, larges 0"\82 et creusés légèrement au fond afin que les pieds des spectateurs ne pussent pas incommoder les personnes assises sur le gradin inférieur. Cette précaution n'existe dans aucun autre amphithéâtre, non plus que la moulure qui décore le bord des gradins et leur donne une élégance à laquelle on n'est point habitué.

Coupe de la première Cavea.

Au milieu de chacun des deux grands côtés de l'amphithéâtre est un vaste espace fermé à chaque extrémité par un petit mur à hauteur d'appui f g, perpendiculaire dm podium m n. Cet espace ne contient que quatre gradins h i k l au lieu de cinq. Ceux-ci n'ont que 0'".35 de hauteur, mais ils sont plus profonds que les autres de 0"\08 et n'ont point de moulures. Il est certain que ces gradins réservés aux vestales, aux magistrats et autres personnages considérables, étaient couverts de tapis sur lesquels on posait des coussins, des chaises et des bisellium.

Les caveœ^ suivant l'usage, étaient divisées en coins, cunei, par de nombreux escaliers qui, rayonnant autour de l'arène, aboutissaient aux portes donnant sur la galerie extérieure ou deambulacmm.

Deux cunei entiers ont été restaurés au N.-E., et on les voit aujourd'hui tels qu'ils étaient au temps où venaient s'y asseoir les habitants de Pompéi et de Nuceria.

Citons encore , en terminant la description de ce monument , des inscriptions^ qui sont répétées sur deux pierres déposées sur le sol, l'une

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