FIDELIS
En face, au trumeau qui sépare les deux portes du Forum, est une fontaine ornée d'une tête de chien. Tournant à gauche, dans la rue des Augustals , on trouve 1'
Autel de Jupiter (Pl. 10, p. 30).
Prenant la ruelle des Thermes qui fait face à la porte du Forum , on trouve à gauche, après deux boutiques dont l'une contient encore un fourneau, et l'autre un comptoir de marchand d'huile, une maison dont l'escalier bien conservé conduit à une cave, et monte à l'étage qui par des degrés en partie détruits communiquait avec la partie supérieure de la
Conserve d'eau (Pl. 75), dont nous avons déjà parlé (p. 180). C'est une énorme salle voûtée, fouillée en 181/|, mais dont la partie extérieure n'a été dégagée qu'en ISiO; elle est soutenue par trois arcsdoubleaux descendant jusqu'au niveau des caves. Il y a apparence qu'elle n'a jamais servi. Au bout de la ruelle, on se trouve en face de la
Maison de Pansa (Pl. Jl) , que nous prendrons pour type, comme offrant plus qu'aucune autre toutes les parties constitutives et ordinaires
1. On remarquera l'analogie du mot POMPEHANA , ainsi écrit, avec le nom de la ville, tel qu'on le trouve constamment dans les inscriptions osques : flU Rfl HdVIT
d'une hal)itation pompéienne; mais, avant de la décrire, nous demanderons au lecteur la permission (Texposer (fuclques considérations générales.
Les monuments des Romains, répandus sur la surface entière de leur immense territoire , semblaient construits pour l'éternité, et, malgré les ravages du temps et des barbares, sont parvenus jusqu'à nous en grand nombre, et plusieurs dans un état de conservation suffisant pour que depuis longtemps on ait pu en étudier l'ensemble et en comprendre les parties. Il n'en était pas de même des habitations particulières, qui, toutes formées de matériaux moins solides , avaient piesque entièrement disparu, ou au plus avaient laissé quelques traces informes, souvent inintelligibles et ouvrant un large champ aux conjectures. La découverte de Pompéi a pu seule nous initier aux secrets de la vie privée des anciens, et nous permettre de les suivre pas à pas dans leurs demeures, comme nous les avions depuis longtemps accompagnés dans le Forum, dans les temples , dans les basiliques et dans les théâtres.
Les maisons des Romains furent très-petites dans l'origine, et durent être à peine comparables aux plus modestes habitations de Pompéi ^; plus tard, elles s'agrandirent de telle sorte qu'y loger quatre cents esclaves ne fut plus regardé comme une chose extraordinaire. A Rome, oi^i les terrains, par l'accroissement de la population, avaient acquis une immense valeur, les étages se multiplièrent au point qu'on en compta quelquefois jusqu'à onze, et qu'Auguste, dans l'intérêt de la sûreté et de la salubrité publiques, dut rendre un décret qui fixa la hauteur des maisons à 70 pieds, que Trajan réduisit encore à 60.
Il n'en était pas de même à Pompéi, oii la plupart des maisons paraissent n'avoir eu qu'un rez-de-chaussée surmonté tout au plus d'un premier étage, que recouvrait en partie une terrasse appelée Solarium.
Ces maisons n'ont généralement aucune fenêtre sur la rue, et nous verrons que, même à l'intérieur, beaucoup de pièces n'étaient
i. C'est qu'à cette époque le nombre des esclaves était très-limité : «Ne sais-tu pas, dit Apulée à son adversaire, qu'un consulaire, Antoine, n'avait chez lui que huit esclaves ? que Carbon, maître de l'État, en avait encore moins? que Manius Curius, illustré partant de récompenses militaires, puisqu'il entra trois fois en triomphateur par la même porte, n'avait dans les camps que deux valets d'armée pour le servir? Ainsi cet homme, qui avait triomphé des Sabins, des Samuites et de Pyrrhus, comptait moins d'esclaves que de triomphes. »
Apologie.
éclairées que par la poiie, ou par une imposte ouverte au-dessus de celle-ci.
Le peu d'étendue et la distribution des maisons de Pompéi ne font que conlirnier ce (pie nous savions déj;i par lanl de ((^moignaj^es de ranti(iuité, que la vie des Uoniains se passait presque entièrement au dehors, et que, si l'intérieur de leurs habitations ollrait quehpie magnilicence, ce n'était (pie dans les parties où pénétrait le public, les salles réservées à la vie i)rivée nuuKpianL souvent de Futile et toujours du contbrtable.
Un dos traits caractéristiques des maisons de Pompéi est l'absence totale de cheminées ou de poêles, usage qui, du reste, dans ce pays, s'est conservé en partie jusqu'à nos jours, et que ne justifie pas complètement un climat ou parfois le thermomètre descend jusqu'à deux degrés au-dessous de glace. Les Pompéiens, comme les Napolitains modernes, avaient recours au brazier , au focone, ustensile aussi incommode que dangereux , auquel ils donnaient les noms de camini portaliles, focuU^ ifjnilabula j, ou enfin (ïesc/iarœ, mot qui semble prouver l'origine grecque de cet usage.
Le pavage en mosaïque est presque général à Pompéi ; il avait reçu des Grecs, ses inventeurs, le nom de AiGogtccoto;, et fut introduit à Rome au temps de Sylla^ Les cubes Cjui composent ces mosaïques sont de marbre, de pierre calcaire , de lave grise ou d'émaux colorés. On trouve aussi quelques exemples d'un dallage en marbre, d'aires en stuc peintes avec un certain soin , et surtout dans les habitations les moins riches ou les pièces les moins importantes, un sol en opus signinum, sorte de composition inventée dans la ville de Signia, et dont Pline nous a conservé la recette : <( On broie, dit-il, des tessons de terre cuite ; on les lie avec une pâte de chaux, et on forme avec cet enduit des aires ou pavés dans les appartements-. »
La distribution des maisons, quoique subordonnée aux localités, ainsi qu'au rang, à la fortune et au nombre des maîtres, était assez généralement uniforme. Les principales divisions consacrées par l'usage se répétaient dans chacune d'elles, et il n'existait guère d'autre diffé-