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Herc. et PoMP., V. mosaïques, pi

MAISONS ET BOUTIQCES. 2G7

revêtu de stuc. A gauche est un giaiid (ricliiuKiit ({ui avait luie issue sur le péristyle. Le lablinum placé entre deux fauces est entièrcmeut ouvert devant cl derrière. Le péristyle fort petit, n'ayant de portique (jue du coté adossé au tabliiuon, était soutenu à ranj2;le j)ar un pilier de bricpies. Dans les fauces ou corridor de droite est l'entrée de la cuisine; ce corridor conduit en outre directement à Va'cus qui conserve encore quelques peintures, Didon apprenant le départ d'Innée, et une scène religieuse presque ellacée ; sur le pavé de cette salle étaient épars des fragments de flûte et d'un cadran solaire. Au fond du péristyle on voit un petit autel découvert le 2i mars 1810, surmonté du symbole ordinaire des deux serpents et du prêtre faisant la libation; cette peinture est presque effacée; à coté un posticiim ouvre sur la rue de Fortunata. On trouva dans cette habitation plusieurs ustensiles très-élégants de bronze et de verre, un très-beau candélabre, un vase d'albâtre d'une forme gracieuse, une petite table de porphyre et la statuette d'un jeune homme appuyé sur un cippe.

BouLA.xGEKiE (Pl. 17). Nous avous déjà trouvé une boulangerie

Plan de la Boulangerie.

dans la maison de Pansa ; en voici une plus considérable découverte en 1809, qui occupe à elle seule un bâtiment spécial d'une assez grande étendue. Un mur mitoyen la sépare de l'Académie de musique, et son entrée 1 est également sur la rue Domitienne. A droite et à gauche de cette entrée sont deux boutiques 2 avec leurs dépendances 3, et des escaliers ayant conduit à un logement qm existait au-dessus. Ces boutiques n'ont point du servir au débit du pain , qui se confectionnait dans la boulangerie avec laquelle elle n'ont aucune communication. Une peinture trouvée à Pompéi nous a appris que souvent le pain se débitait sur des tables dans les places publiques; souvent aussi les particuliers, ainsi que cela se pratique encore à Naples, apportaient leurs grains à la boulangerie pour y être convertis en pain. On ne doit

2 lis

rOMIM- lA.

(lonr pas être ctonnr de ne rcnconlitM- ici aucune boutique destinée h la vente dr> produits do l'usine.

Après avoir IVaiiclii le jji'ollnjnun, on li-oiive un atrium tétraslyle A présentant quatre i)iliers carrés, échancrés seulement dans l'angle rei2;ardanl V {mi)hn'iuiii , v[ ayaiil porh'^ au lieu de toit, une terrasse à Luiuclle 011 monlail j)ar l'escalicM' placé immédiatement à droite de l'entrée et dont les deux prcmièi'cs marches seules étaient en pierre.

Au pied de l'un des piliers est une petite citerne près de laquelle est déposée la pierre ronde (jui servait à la bouclier. Au centre de Valn'nni est le compluviuni et autour sont les quatre chambres /|, 5, () et 7. Dans la dernière on voit encore les restes des jambages de maçonnerie cjui portaient une table, sans doute de bois, car elle a disparu.

Intérieur de Pistrinum.

Au fond de Y atrium et à sa place ordinaire est le petit tahlinum 8 qui donnait accès, non à un péristyle, mais au pistrinum 9, salle de 10'", 70 de profondeur sur 7'", 80 de largeur, ayant une sortie, un posticum, sur la rue de Fortunata, et contenant quatre moulins plus ou moins complets, semblables à ceux que nous avons vus dans la boulangerie de la maison de Pansa. Le fragment de bas-relief que nous reproduisons ici , et que nous empruntons à un grand sarcophage du musée du Vatican, fait connaître la disposition de l'armature en bois qui

servait à incUrc ces moulins en iiiouvciiieiit ^ Autour des moulins régnait une chaussée pavée comme la rue pour résister aux pieds des bêles de trait qui les faisaient tourner, tandis que le sol du reste du pisln'iiuni était en opus siyniiuun, disposition nécessaire qui se reproduit dans toutes les boulangeries de Pompéi.

Moulin, bas-relief du Vatican.

En entrant dans le pistrinumj, on trouve à droite entre deux massifs carrés qui portaient les jarres de terre pour recevoir l'eau , l'embouchure d'une citerne jachs protégée contre les impuretés par une petite voûte qui la recouvrait. Au-dessus, sur la muraille, était une peinture offrant dans sa partie inférieure deux serpents, emblèmes des génies domestiques, rampant vers un autel chargé de fruits, et au-dessus le sacrifice à la divinité protectrice des fourneaux; elle a entièrement disparu.

Entre la citerne et le four, dont la voûte est de la plus parfaite construction, est l'entrée d'une assez grande pièce sans fenêtres 11, pavée en mosaïque, communiquant également avec le mblinum.

Sous le four 10 qui avait un ventilateur large de 0"\57 . dans le genre de celui que nous avons signalé à la maison de Pansa, est ménagé un réduit pour la braise ; en avant une cavité recouverte d'une dalle recevait les cendres ; enfin à gauche était un vase dans lequel on mettait la farine dont on saupoudre la pelle pour que le pain ne s'y attache pas. Une grande table adossée à la muraille était séparée du four par

1. L'âne ou le cheval y étaient attelés avec des liens de sparterie, tœniœ sparteœ totus mnixus, et, par leur marche circulaire et continue, faisaient tourner les meules, muUivii circuitus intorquebant molas; la machine n'arrêtait ni jour, ni nuit, nec die taniuin, verum perpeti etiam nocte prorsùs instabili machinarum vertigine lucubrabant pervigilem farinam.

ApiLÉt, Metam., L. IX.

270 POMPHIA.

Poiilr-'o (Vunc, pi^ro 1*2 où rtaiont los pieds en pierre d'une autre gi-aii(|(' t;il)lo sur hiquelle on déposait sans doute les pains avant ou apivs la cuisson, el une pelîle auge de' pierre. I.e vase à la farine et les pieds des deux tables, que nous avions encore vus en place en 185/|, n'existent plus aujourd'hui.

Dans l'angle du jiisirinuin es! une aulre pièce ^^ où l'on trouve encore drux bassins de niaçoinierie , cpii durent servir à la manipulation delà pâle, el un escalier conduisant à des chambres d'esclaves qui existaient au-dessus de l'écurie lu. (x'ile-ci, dont la principale entrée est sur la rue de Fortiniata, avait une petite porte donnant sur le pis- (riimnt, afin qu'on put y amener les ânes ou i)lulot les chevaux qui tournaient les moulins ^ ; il est en eiïet probable qu'ici on dut employer

i. Souvent c'étaient des esclaves qui remplissaient ces pénibles fonctions, et il est assez digne de remarque que tel fut l'emploi des deux grands comiques latins, Plante et Térence, pendant leurs années de captivité. Plante n'avait garde de l'oublier; aussi fait-il souvent allusion à l'usage d'envoyer les esclaves au moulin lorsqu'on voulait les punir de quelques méfaits. C'est ainsi que dans la comédie d'Epidicus , Stratippoclès dit à son esclave : « l^rocure-toi comme tu pourras les 40 mines que je te demande; mais si tu ne reviens pas avec la somme avant le coucher du soleil, n'entre pas à la maison, va droit au moulin. »

Undè lubet : nain ni antc solcin obcanum do, Meam domum ne imbelas; tu te in pistrinum.

Act. I, se. 3.

Dans Pseudolus :

« Je savais qu'il y avait pour moi dans le monde un moulin, si je parlais. »

Pistrinum in mundo scibam, si id faxem, inilii. Et plus loin:

« Si tu ne fais pas ce que tu promets, n'aurais-je pas raison de t'envoyer au moulin? »

Sed si non faxis, numquid causa est, inlicà Quia le in pistrinum condam ?

Act. I, se. 5.

Dans le Persan du même auteur, nous trouvons ce plaisant dialogue entre deux esclaves :

ToxiLE : « En vérité, je te croyais mort depuis le temps que je ne t'ai vu. »

Sagaristion : a Oh! j'étais surchargé »

Tox. : « De fers, sans doute ?

Sag. : « Je les ai portés plus d'un an au moulin. »

Plusculum annum

Fui prœferralus ad molas.

Act. I, se. 1,

Cette coutume n'est pas moins souvent rappelée dans Térence :

« Prends garde, Dave, je te ferai d'abord étriller d'importance et je t'enverrai ensuite au moulin pour le reste de ta vie, avec un bon serment que si jamais je t'en lais sortir, j'irai tourner la meule à ta place. » Verberibus cœsum te in pi)<trinum, Dave, dedam vsquc ad necem Ed lecje atque omine, ut, si te indu cxemerim, ego pro te molam.

Andria, Act. I, se. 3.

Apulée trace un tableau effrayant de l'état des malheureux esclaves condamnés à ces pénibles

MAISONS l'T nornouES. 271

à ce service des chevaux cl non dos àiies, à eu juger \)in' la hauteur de hi mangeoire eu maçonnerie ([ui règne le h)ng de la miu'aille , à une élévation de 0"',90. L'abreuvoir était placé dans l'épaisseur de la cloison séparant l'écurie de la salle lo, ce c[ui permettait de le j-emplir sans entrer dans l'écurie.

On a trouvé dans cette boulangei'ie de grandes amphores pleines de grains et de farine, et plusieurs pains. Sur l'un de ceux-ci, d'environ 0"',20 de diamètre, on avait écrit à l'aide de caractères mobiles les mots siligo granii ^ farine de froment, et sur les autres, c ciccra, farine de pois chiches. Ces marques étaient ordonnées par la police, afin que les acheteurs ne pussent être trompés sur la qualité de la fai'ine employée.

. Ecole d'Archéologie (Pl. Z). Une maison voisine de celle de Polybe et faisant face à la ruelle de Mercure et à la boulangerie a été restaurée et rendue habitable ; c'est là qu'est le siège d'une institution nouvelle qui fait le plus grand honneur au gouvernement italien et au surintendant des fouilles, le commandeur Fiorelli. Ce fut sur la proposition de ce savant qu'un décret royal du 13 juin 1866 établit à Pompéi une école d'archéologie pour l'étude et la description de ses monuments. Les élèves entretenus et logés dans la ville même prennent l'engagement d'y passer au moins deux années, et les places étant données au concours , les jeunes gens qui ont été admis sont , comme en France ceux.de l'École d'Athènes, tout naturellement désignés pour les chaires d'archéologie, de mythologie, de littérature grecque et latine, d'histoire et de géographie, vacantes dans les diverses universités du royaume. Après un premier concours resté sans résultat, un second fut ouvert le 2 janvier 1868 et décida l'admission de .MM. Eduardo Brizio, de Turin, et Fr. Salvatore Dino, de Naples, qui sont aujourd'hui les premiers élèves de la nouvelle école ouverte le 15 mars de la même année. Une bibliothèque spéciale contenant tous les classiques grecs et latins , la plupart des ouvrages modernes se rapportant aux études archéolo-

travaux. Après avoir peint leur hideuse maigreur, leurs corps meurtris par la fouet et à peine couverts de sales haillons : u Tous, dit-il, étaient marqués d'une lettre au front, avaient les cheveux rasés d'un côté et portaient au pied un anneau. »

F)onlem litterali, et capillum semirasi, et pedes annulali.

Métam., L. I. X .

giqiies, enliii tous criix (jui Irailcnt (rilcrculaiiuni cl de Pompci , est à leur disposilion cl à celle des savants (nii viciiiiciil cludicr les luiiies*. La [)ensée fccoiide (lui a i)résidé à la l'uiidaliuii de l'école a déjà porté ses fruils. Avec la collaboralion de leurs maîtres, les élèves ont commencé sous le lili'c de (iionuilc dcf/li scaci di Poinjjci ^ inioni série, la publication (Tun l'ccueil mensuel (jui ne contient pas seulement la simple continuation du journal des Touilles , mais encore d'excellents articles sur les monuments découverls, sur des points d'archéologie et sur les nouveaux ouvrages se rattachant à l'étude de l'antiquité.

Quelques essais de moulage sur l'empreinte laissée par des portes et autres objets dans la cendre el le lapillo agglomérés et durcis par les torrents d'eau qui accompagnèrent l'éruplion avaient été tentés depuis longtemps, quand en 1863 une pensée bien plus ingénieuse vint à l'esprit du commandeur Fiorelli. Les cadavres enveloppés par les cendres y avaient laissé après la destruction des chairs une cavité, un véritable moule ne contenant plus que le squelette desséché; M. Fiorelli, faisant remplir de plâtre ce moule, a obtenu déjà par ce procédé la reproduction de cinq cadavres dans la pose où la mort les avait saisis. Nous

Squelette découvert en 1868.

parlerons bientôt des quatre corps moulés en 1863 ; un cinquième ne date que de 1868 et n'est pas encore exposé à la curiosité des voyageurs ; c'est celui qui est conservé dans l'une des salles de l'école d'archéologie et que nous reproduisons ici.

1. Fr. NiccoLiM., Giornale degli scavi, nuova série 1868, J""^ liv., p. li.

MAlSOxNS I:T IJOLTIOLliS. 273

Ce mallieurcux fut trouvé coucIk' h j)lat vcnlrc dans une pièce à gauche de Vatn'iim de la maison de Gavius Rufus ; six autres scfuelettes étaient auprès de lui. Ce moulage, le mieux réussi de tous à l'exception de la jambe gauche qui n'a pu être reproduite, est aussi celui dont l'expression est la plus terrible ; c'est la personnification du désespoir poussé à son dernier paroxysme.

Maison dk S.vlluste, ou d'Actkon. Cette maison (Pl. 18) doit le premier de ces noms à une inscription qu'on lisait sur son mur extérieur :

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