Roux, Vue des ruines de Pompéi, pi
MAISONS ET nOUTIOUES. 2-9
droite contenait le l)ulTet chargé de coupes, de vases et de flacons.
Tout porte à croire que cette habitation si riche, si élégamment décorée, avait été fouillée par les anciens eux-mêmes ; car on n'y a découvert qu'un très-petit nombre d'ol)jets, parmi lesquels une trèscurieuse lampe de bronze à douze becs en forme de barque et quelques Pénates.
Dans la ruelle voisine on a trouvé le squelette d'une femme que Ton suppose avoir été la maîtresse de la maison, ceux de trois hommes, probablement ses esclaves, un petit miroir d'argent, trois anneaux d'or, des boucles d'oreilles, un collier composé de chaînes d'or, cinq bracelets de même métal, trente-deux pièces de monnaie et un sceau portant le nom EVTiciiiA.
Maison des cadavres moulés (Pl. 115). Du côté opposé à la maison de Salluste est une habitation dont la façade s'étend depuis l'école d'archéologie jusqu'à la fontaine du carrefour formé par la voie Domitienne et la rue de Narcisse. A gauche de cette façade s'ouvre le prot/iijrum très-large et peu profond conservant sur la rue un seuil de 4'", 35 de long auquel on montait du trottoir par un degré qui n'existe plus. On trouve en entrant un très-vaste atrium qui n'a point de chambres sur les côtés ; à gauche est la muraille moderne de l'école d'archéologie ; à droite, la muraille antique est ornée de niches carrées à tablettes de marbre, larges de l'",34, et profondes seulement de 0'",21. Au delà de l'entrée du tahliimm , tout est écroulé, mais d'énormes ruines indiquent que cette maison, comme toutes celles de la même ligne, avait en contre-bas deux autres étages où l'on descendait par un passage voûté partant de la rue et communiquant aussi par une porte avec V atrium, u Le premier de ces étages, dit Dyer*, contient des bains, un tricliniumj, un grand salon et d'autres pièces utiles aux usages privés de la famille. Devant ces chambres est une terrasse qui ouvre sur une grande cour entourée de portiques et ayant une piscine au centre. Les colonnes du côté de la maison étaient un peu plus hautes que celles des trois autres côtés, afin de donnera la terrasse une plus grande élévation. Au-dessous de ce second étage il y en a encore un troisième en partie sous terre, qui contient d'autres bains et diverses pièces destinées au
t80 POMPEIA.
ogcmcnl des esclaves; il élail divisi; en pclilcs cellules sombres et luiini(l(\s, à j)eine (!(; la loiigueui' (Tun homme, w
lu'veiiDiis à rûlage siij)('riciii- de niveau avec la rue Domilienne ; nous y verrons (jue, par une (lisj)()silion excej)lionnelle (|u'explique la (K'cliviliMlu sol, c'est à di'oile de Wifriiini, (ît non au fond, (lue se trouve le péristyle plus large (pie profond ayant neuf colonnes aux grands côtés et cincf aux petits. Ces colonnes en bricjues n'ont pas aujourd'hui plus de i'",50 de hauteur et ont perdu tout leur revêtement.
Sur la rue en avant du péristyle est un petit bâtiment établi et restauré sur rem[)lacement d'une ])outique; dans son unique salle sont exposés les cfualre cadavres moulés en 18G3 par le procédé inventé par le commandeur Fiorelli^
C'est dans une petite rue conduisant de la ruelle d'Eumachia à la rue du Lupanar, rue qui à cette occasion a reçu le nom de Vicolo degli scheletri^ que le 5 février 1863 furent trouvés ces cadavres. Ces malheureux étaient sans doute restés enfermés dans leurs maisons et n'avaient essayé de fuir qu'au dernier moment, lorsque l'eau, la cendre et le lapillo les avaient chassés ; mais il était trop tard ! Déjà les matières volcaniques avaient rempli la rue fort étroite, et bordée de grands murs presque sans portes ni fenêtres, jusqu'à une hauteur de près de 5 mètres , et ce n'est qu'à cette élévation au-dessus du sol qu'ils furent rencontrés. Ils ne faisaient peut-être pas partie de la même famille, car ils étaient couchés assez loin les uns des autres. Deux corps cependant formaient un groupe, composé d'une femme et d'une jeune fille âgée d'environ quinze ans. C'est ce groupe que l'on voit à droite en entrant dans la petite salle de la rue Domitienne. Les deux femmes sont tombées l'une à côté de l'autre, mais en sens inverse; leurs vêtements d'étoffe grossière semblent indiquer qu'elles n'appartenaient pas à la classe riche. A toutes deux, la partie antérieure du corps sur laquelle elles étaient étendues est fort mal venue au moulage, mais heureusement il n'en est pas de même de la partie placée en dessus.
La femme que l'on peut supposer avoir été la mère paraît avoir été asphyxiée rapidement par quelque dégagement de gaz, et être morte sans convulsions ; elle est couchée sur le côté droit dans une pose tran-